Mardi soir, 18h10. Je suis en train de faire la file au collège pour inscrire les enfants à la natation. Je suis arrivée à 16h, j'ai la chance (!) d'être la 85e en ligne. Je reçois enfin l'horaire des cours, et je dois absolument parler avec mon mec pour prendre une décision. Évidemment, la batterie de mon cellulaire s'éteint. Merde. On appelle le numéro 35. Je descends deux étages à la course pour trouver le téléphone public. À force de chercher au fond de mon sac, je trouve 50 sous. J'appelle à la maison.
C'est occupé.
J'attends une minute, et j'essaie à nouveau.
Toujours occupé. Merde.
Personne n'aime parler au téléphone chez nous, à part Mathilde. À cette heure, elle est partie au soccer, alors je me dis que ça ne sera pas long. J'essaie à nouveau.
Encore occupé. Merde. Merde.
Je remonte deux étages à la course; on appelle le numéro 48. Je redescends en courant.
Pendant plus de presque 10 minutes, la ligne est toujours occupée. Je remonte. Je redescends. Je rappelle. Je commence à m'impatienter sérieusement. Finalement, ça sonne. Stéphan répond:
- Allo?
- C'est moi. (légèrement contrariée) J'essaie d'appeler depuis tout à l'heure, c'était toujours occupé!
- C'était Étienne.
- Étienne? Au téléphone depuis 10 minutes? Il parlait avec qui?
- Agathe.
- Agathe!?! (Jamais entendu parler d'Agathe).
- La nouvelle amie d'Étienne.
- Ah.
- Ils veulent se rejoindre au parc pour aller jouer au tennis.
- Au tennis?
- Au tennis.
Aller jouer au tennis. Au parc. Avec Agathe. À six ans. Ben coup donc.
Depuis, nous entendons parler d'Agathe à tous les jours. Mercredi, elle a donné à Étienne sa pierre la plus précieuse. Et hier, elle a insisté pour qu'il l'invite ce samedi à son party de fête. Étienne est ravi.
Mon petit mec est un don juan.
vendredi 10 septembre 2010
vendredi 20 août 2010
38 Celcius, 2 enfants, 2 pandas, 0 éléphant, 0 singe et 1 Ravenswood
Vendredi après-midi, zoo de Washington, D.C. Il fait 38 degrés Celcius, les enfants ne veulent plus marcher. Ils ont chaud, ils ont mal aux pieds, ils se plaignent sans arrêt. "Quand on s'en va?" "Il fait chaud!" "Est-ce qu'on peut aller se baigner?" "Je voulais voir les singes et les éléphants! Pourquoi c'est fermé ce bout! C'est pas juste! Tu me l'avais pas dit!" "J'ai faim!"
Je me dis que j'ai tout raté.
Nous passons 3 jours à Washington. C'est ma quatrième visite, mais c'est la première pour mon mec et les enfants. J'avais en tête tout ce que je voulais leur montrer: Le Mall, les musées, la maison blanche, le Washington Monument, le Lincoln Memorial, le National zoo.
Beaucoup d'activités sur le programme. Trop, même. J'avais oublié qu'il est difficile de voyager avec des enfants. C'était rendu si pénible en fait que nous avons renoncé au programme prévu en plein après-midi et nous sommes revenus à l'hôtel. Dans le métro, nous nous sommes dit: ça y est, c'est le dernier voyage du genre qu'on fait. Finis les voyages plus touristiques, les visites, les villes. Ça ne sera plus que de la plage et de la piscine. Et on ne va pas en France pour notre prochain grand voyage, tel que rêvé. C'est une perte totale de temps et d'argent.
En chemin, je fais un arrêt au Beer and Wine Store du coin, pour ramasser une bouteille de Ravenswood à un prix dérisoire. Faute de pause-thé, je me ferai une pause-vin.
***
Pourtant, pendant le souper dans un pub irlandais très sympathique, les enfants parlent de leur journée avec bonheur. "Moi j'ai beaucoup aimé les pandas aujourd'hui!" "Oui, c'était trop cool! Moi, j'ai aimé les gorilles!" "Non, ce que j'ai le plus aimé c'est le musée de l'air et de l'espace hier!" "Oui, moi aussi c'est ça! C'était trop cool les fusées!"
De retour à l'air climatisé, après une pause piscine incroyablement rafraichissante (et un verre de délicieux Ravenswood), je prends un peu de recul. Oui, il est possible de voyager avec des enfants et oui, ils en retirent quelque chose. Mais je dois le faire à leur rythme. Je dois comprendre qu'ils ne peuvent marcher pendant des heures et que faire des visites touristiques toute la journée est beaucoup trop pour eux. Pour le prochain voyage, je planifierai des demi-journées de visites touristiques, avec juste assez de marche pour les fatiguer un peu, mais pas assez pour les décourager.
Et je continuerai à trouver des hôtels avec piscine, source de bonheur pour mes aqua kids et récompense bien méritée à la fin de la journée.
Je me dis que j'ai tout raté.
Nous passons 3 jours à Washington. C'est ma quatrième visite, mais c'est la première pour mon mec et les enfants. J'avais en tête tout ce que je voulais leur montrer: Le Mall, les musées, la maison blanche, le Washington Monument, le Lincoln Memorial, le National zoo.
Beaucoup d'activités sur le programme. Trop, même. J'avais oublié qu'il est difficile de voyager avec des enfants. C'était rendu si pénible en fait que nous avons renoncé au programme prévu en plein après-midi et nous sommes revenus à l'hôtel. Dans le métro, nous nous sommes dit: ça y est, c'est le dernier voyage du genre qu'on fait. Finis les voyages plus touristiques, les visites, les villes. Ça ne sera plus que de la plage et de la piscine. Et on ne va pas en France pour notre prochain grand voyage, tel que rêvé. C'est une perte totale de temps et d'argent.
En chemin, je fais un arrêt au Beer and Wine Store du coin, pour ramasser une bouteille de Ravenswood à un prix dérisoire. Faute de pause-thé, je me ferai une pause-vin.
***
Pourtant, pendant le souper dans un pub irlandais très sympathique, les enfants parlent de leur journée avec bonheur. "Moi j'ai beaucoup aimé les pandas aujourd'hui!" "Oui, c'était trop cool! Moi, j'ai aimé les gorilles!" "Non, ce que j'ai le plus aimé c'est le musée de l'air et de l'espace hier!" "Oui, moi aussi c'est ça! C'était trop cool les fusées!"
De retour à l'air climatisé, après une pause piscine incroyablement rafraichissante (et un verre de délicieux Ravenswood), je prends un peu de recul. Oui, il est possible de voyager avec des enfants et oui, ils en retirent quelque chose. Mais je dois le faire à leur rythme. Je dois comprendre qu'ils ne peuvent marcher pendant des heures et que faire des visites touristiques toute la journée est beaucoup trop pour eux. Pour le prochain voyage, je planifierai des demi-journées de visites touristiques, avec juste assez de marche pour les fatiguer un peu, mais pas assez pour les décourager.
Et je continuerai à trouver des hôtels avec piscine, source de bonheur pour mes aqua kids et récompense bien méritée à la fin de la journée.
mardi 3 août 2010
Petits cadres et chambre de grand
Depuis quelques mois, Mathilde réclame une "chambre d'ado", une chambre qu'elle ne serait plus gênée de montrer à ses amies (et amis) parce qu'elle fait "vraiment full bébé". Nous avons commencé la planification et l'achat de certains éléments importants, mais Mathilde devait d'abord faire un ménage sérieux de sa chambre avant de passer à l'étape peinture, ce qu'elle a fait le week-end dernier avec beaucoup d'efforts et d'enthousiasme.
Évidemment, Étienne veut faire comme sa soeur. Ce n'est pas parce qu'il a 5 ans qu'il n'a pas droit lui aussi à une chambre de grand. Il est donc venu me voir dimanche soir, avec dans ses mains les cadres normalement accrochés à son mur:
- Maman, tiens, mes cadres, je les ai enlevés, je ne les veux plus.
- Mais pourquoi? Il sont encore très beaux!
- Oui, mais ils ne me font plus.
J'ai réussi à le convaincre qu'ils lui font encore très bien, et qu'il fallait attendre d'avoir 11 ans pour pouvoir rénover sa chambre lui aussi.
Sauf que, depuis, je commence à trouver que, peut-être, ma vieille sécheuse ne me fait plus très bien.
Évidemment, Étienne veut faire comme sa soeur. Ce n'est pas parce qu'il a 5 ans qu'il n'a pas droit lui aussi à une chambre de grand. Il est donc venu me voir dimanche soir, avec dans ses mains les cadres normalement accrochés à son mur:
- Maman, tiens, mes cadres, je les ai enlevés, je ne les veux plus.
- Mais pourquoi? Il sont encore très beaux!
- Oui, mais ils ne me font plus.
J'ai réussi à le convaincre qu'ils lui font encore très bien, et qu'il fallait attendre d'avoir 11 ans pour pouvoir rénover sa chambre lui aussi.
Sauf que, depuis, je commence à trouver que, peut-être, ma vieille sécheuse ne me fait plus très bien.
dimanche 25 juillet 2010
Sortir de ma zone de confort
Le week-end dernier, nous devions partir en camping avec les amis. J'ai profité de ma journée de congé vendredi pour préparer les bagages et la nourriture, avec comme objectif de partir à la première heure samedi matin.
Sauf que, samedi matin, mon mec était trop malade pour aller en camping.
J'ai hésité pendant un bon moment. Je n'avais pas envie de partir sans lui, mais après avoir tout préparé, je n'avais pas non plus envie de simplement tout ranger. Et les enfants avaient tellement hâte d'y aller. Tout comme moi, d'ailleurs. Mais ça impliquait partir en camping seule avec les enfants. Monter la tente seule. Faire la bouffe au bruleur. Est-ce que ça irait?
J'ai pensé à ma sœur, qui est une grande source d'inspiration pour moi. Ma sœur qui est selon moi la meilleure maman que je connaisse, et qui part régulièrement en camping seule avec ses enfants.
Alors j'ai pris mon courage à deux mains et je suis partie.
Nous avons eu un excellent week-end. J'ai réussi à monter la tente et utiliser le bruleur sans problème. Les enfants, conscients que la situation était un peu plus compliquée pour moi, ont été fantastiques. Je craignais surtout les chicanes frère-soeur qui peuvent être parfois très irritantes, surtout en voiture. J'en avais discuté avec eux, et Étienne avait proposé la solution suivante: ils allaient faire un effort, mais ils oublieraient surement parfois et se chicaneraient. À ce moment, je n'avais qu'à dire le mot "chicane" et ils arrêteraient tout de suite. Ce fut un mot miraculeux (et que j'aimerais bien utiliser encore et encore!).
Sortir ainsi de ma zone de confort était à la fois inquiétant et excitant. J'ai l'impression d'être revenue un peu grandie. Et surtout, plus vivante.
Il est si facile de rester dans sa zone de confort. Après des années de camping avec mon mec, jamais je n'avais utilisé le bruleur, sans me poser de questions. Je me retrouve prise dans ma routine, sans la bousculer, répétant les mêmes gestes, les mêmes habitudes.
Sauf que j'ai remarqué que si je ne cherche pas à sortir de ma zone de confort, non seulement elle ne s'agrandit pas, elle diminue. S'atrophie. Et je n'ai pas envie qu'elle s'atrophie. J'ai envie d'en repousser les limites. De continuer à me sentir vivante.
C'est pour ça que je me suis fait couper les cheveux courts. Que j'ai décidé de suivre un entrainement plus structuré pour améliorer mon temps au 10k.
La prochaine étape sera peut-être d'enfin acheter cette jupe de course qui me tente depuis si longtemps. Et pourquoi pas?
***
Quelques photos de ce week-end
Pendant la pause diner aux chutes de St-Ursule. Nous avons décidé de quitter la route principale et s'aventurer un peu pour un diner plus intéressant.
Une photo au camping
Sauf que, samedi matin, mon mec était trop malade pour aller en camping.
J'ai hésité pendant un bon moment. Je n'avais pas envie de partir sans lui, mais après avoir tout préparé, je n'avais pas non plus envie de simplement tout ranger. Et les enfants avaient tellement hâte d'y aller. Tout comme moi, d'ailleurs. Mais ça impliquait partir en camping seule avec les enfants. Monter la tente seule. Faire la bouffe au bruleur. Est-ce que ça irait?
J'ai pensé à ma sœur, qui est une grande source d'inspiration pour moi. Ma sœur qui est selon moi la meilleure maman que je connaisse, et qui part régulièrement en camping seule avec ses enfants.
Alors j'ai pris mon courage à deux mains et je suis partie.
Nous avons eu un excellent week-end. J'ai réussi à monter la tente et utiliser le bruleur sans problème. Les enfants, conscients que la situation était un peu plus compliquée pour moi, ont été fantastiques. Je craignais surtout les chicanes frère-soeur qui peuvent être parfois très irritantes, surtout en voiture. J'en avais discuté avec eux, et Étienne avait proposé la solution suivante: ils allaient faire un effort, mais ils oublieraient surement parfois et se chicaneraient. À ce moment, je n'avais qu'à dire le mot "chicane" et ils arrêteraient tout de suite. Ce fut un mot miraculeux (et que j'aimerais bien utiliser encore et encore!).
***
Sortir ainsi de ma zone de confort était à la fois inquiétant et excitant. J'ai l'impression d'être revenue un peu grandie. Et surtout, plus vivante.
Il est si facile de rester dans sa zone de confort. Après des années de camping avec mon mec, jamais je n'avais utilisé le bruleur, sans me poser de questions. Je me retrouve prise dans ma routine, sans la bousculer, répétant les mêmes gestes, les mêmes habitudes.
Sauf que j'ai remarqué que si je ne cherche pas à sortir de ma zone de confort, non seulement elle ne s'agrandit pas, elle diminue. S'atrophie. Et je n'ai pas envie qu'elle s'atrophie. J'ai envie d'en repousser les limites. De continuer à me sentir vivante.
C'est pour ça que je me suis fait couper les cheveux courts. Que j'ai décidé de suivre un entrainement plus structuré pour améliorer mon temps au 10k.
La prochaine étape sera peut-être d'enfin acheter cette jupe de course qui me tente depuis si longtemps. Et pourquoi pas?
***
Quelques photos de ce week-end
Pendant la pause diner aux chutes de St-Ursule. Nous avons décidé de quitter la route principale et s'aventurer un peu pour un diner plus intéressant.
Une photo au camping
dimanche 4 juillet 2010
C'est la fête de Mathilde
Samedi dernier, nous avons célébré l'anniversaire de Mathilde. Encore une fois, elle avait eu une idée originale et simple pour célébrer sa fête: Avec 6 ami(e)s et son petit frère, nous sommes partis en bicyclette vers un parc à 20 minutes de chez nous. Nous avons fait un pique-nique, puis les enfants se sont baignés pendant plus d'une heure. Après une collation, nous sommes revenus à la maison pour le gâteau et les cadeaux.
Voici quelques photos de cette journée:



Mathilde ouvrant un de ses cadeaux préférés (déjà lu depuis!):

Et la traditionnelle photo prise devant la maison:

Pour le plaisir, j'ai retrouvé celle prise en juillet 2006... tant de changement en quatre ans...

***
J'ai fêté le 4e anniversaire de ce blog dimanche dernier. Ce soir, pour la 4e fois, j'écrivais un texte sur la fête de Mathilde. Je m'interroge parfois sur ce blog. Non pas à savoir si je le continue ou non; il est rendu essentiel à ma vie, et je suis en manque lorsque je ne peux écrire pendant un certain temps, comme ce fut le cas cette semaine. Mais je me questionne parfois sur sa direction; les textes que j'écris se perdent-ils un peu lorsqu'ils disparaissent de ma page principale?
En voulant retrouver une des photos traditionnelles prises sur le balcon, je suis retournée dans mon passé virtuel, ce que je ne fais presque jamais. J'ai lu un texte, puis un autre, puis un autre. J'étais complètement accro. Tant de souvenirs un peu oubliés... C'était comme regarder un album-photo, mais avec des textes relatant tous ces petits détails si simples, si anodins mais qui forment l'histoire d'une famille: les expressions d'Étienne, les histoires de Mathilde, les rigolades, les moments difficiles, mes inquiétudes, mes bonheurs. Tant de bonheur.
Je l'aime, mon long fleuve intranquille.
Voici quelques photos de cette journée:
Mathilde ouvrant un de ses cadeaux préférés (déjà lu depuis!):
Et la traditionnelle photo prise devant la maison:
Pour le plaisir, j'ai retrouvé celle prise en juillet 2006... tant de changement en quatre ans...

***
J'ai fêté le 4e anniversaire de ce blog dimanche dernier. Ce soir, pour la 4e fois, j'écrivais un texte sur la fête de Mathilde. Je m'interroge parfois sur ce blog. Non pas à savoir si je le continue ou non; il est rendu essentiel à ma vie, et je suis en manque lorsque je ne peux écrire pendant un certain temps, comme ce fut le cas cette semaine. Mais je me questionne parfois sur sa direction; les textes que j'écris se perdent-ils un peu lorsqu'ils disparaissent de ma page principale?
En voulant retrouver une des photos traditionnelles prises sur le balcon, je suis retournée dans mon passé virtuel, ce que je ne fais presque jamais. J'ai lu un texte, puis un autre, puis un autre. J'étais complètement accro. Tant de souvenirs un peu oubliés... C'était comme regarder un album-photo, mais avec des textes relatant tous ces petits détails si simples, si anodins mais qui forment l'histoire d'une famille: les expressions d'Étienne, les histoires de Mathilde, les rigolades, les moments difficiles, mes inquiétudes, mes bonheurs. Tant de bonheur.
Je l'aime, mon long fleuve intranquille.
mercredi 23 juin 2010
La marche des dinosaures
La semaine dernière, j'ai eu la chance d'assister à la grande marche des dinosaures de la classe d'Étienne, qui les menait à la bibliothèque de Lachine, où ils seront exposés tout l'été. On se souviendra que ces dinosaures avaient eu la chance d'avoir des cous conçus dans un stress intense par une débutante avouée.
En voici quelques uns, juste avant le départ pour la bibliothèque:

La grande marche débute:

À l'arrêt d'autobus, les dinosaures (tous herbivores, semblent-ils) sont bien nourris:


Dans l'autobus (on remarque en premier plan un tricératops, qui m'aura donné des sueurs):

On arrive enfin:



C'est con, mais j'étais fière de savoir qu'il y avait un tout petit peu de moi dans tous ces dinosaures. Que même quelqu'un d'aussi nul que moi en bricolage peut participer à quelque chose d'aussi impressionnant. Tout est vraiment possible.
En voici quelques uns, juste avant le départ pour la bibliothèque:
La grande marche débute:
À l'arrêt d'autobus, les dinosaures (tous herbivores, semblent-ils) sont bien nourris:
Dans l'autobus (on remarque en premier plan un tricératops, qui m'aura donné des sueurs):
On arrive enfin:
C'est con, mais j'étais fière de savoir qu'il y avait un tout petit peu de moi dans tous ces dinosaures. Que même quelqu'un d'aussi nul que moi en bricolage peut participer à quelque chose d'aussi impressionnant. Tout est vraiment possible.
lundi 7 juin 2010
Mathilde, son papa et le piano
Stéphan aime beaucoup la musique de Philip Glass, en particulier une pièce tirée du film No Reservations qui s'intitule Zoe Goes to the Restaurant. Stéphan et Mathilde ont essayé pendant quelque temps d'en reproduire les notes en l'écoutant sur YouTube, mais ils ont du abandonner, à leur grande déception.
Après quelques recherches, j'ai finalement réussi à trouver la partition sur le web. Depuis, Mathilde l'apprenait en cachette avec l'idée de l'offrir comme cadeau de fête des pères à son papa. Le professeur de Mathilde a plutôt suggéré qu'elle la joue lors de son concert, qui avait lieu hier. Après les deux pièces inscrites sur le programme de la soirée (la Charolaise de Couperin et un Menuet de Bach), Mathilde allait jouer, en surprise, Zoe Goes to the Restaurant.

J'attendais le moment avec fébrilité. La nervosité a eu un peu raison de la première pièce de Mathilde, mais elle a superbement bien réussi le menuet. Après les applaudissements, Mathilde a fait un grand sourire à son papa et elle a joué les premières notes de Zoe. J'ai filmé la performance de Mathilde, mais j'aurais aimé prendre en photo le visage de Stéphan, la surprise dans ses yeux, la rougeur de ses joues, son sourire si heureux. Et celui de Mathilde, radieux, lorsqu'elle s'est assise à coté de lui, et qu'elle a glissé sa main dans la sienne.
Pour toi, Mylène, qui est si loin de nous, la performance de Mathilde:
Après quelques recherches, j'ai finalement réussi à trouver la partition sur le web. Depuis, Mathilde l'apprenait en cachette avec l'idée de l'offrir comme cadeau de fête des pères à son papa. Le professeur de Mathilde a plutôt suggéré qu'elle la joue lors de son concert, qui avait lieu hier. Après les deux pièces inscrites sur le programme de la soirée (la Charolaise de Couperin et un Menuet de Bach), Mathilde allait jouer, en surprise, Zoe Goes to the Restaurant.
J'attendais le moment avec fébrilité. La nervosité a eu un peu raison de la première pièce de Mathilde, mais elle a superbement bien réussi le menuet. Après les applaudissements, Mathilde a fait un grand sourire à son papa et elle a joué les premières notes de Zoe. J'ai filmé la performance de Mathilde, mais j'aurais aimé prendre en photo le visage de Stéphan, la surprise dans ses yeux, la rougeur de ses joues, son sourire si heureux. Et celui de Mathilde, radieux, lorsqu'elle s'est assise à coté de lui, et qu'elle a glissé sa main dans la sienne.
***
Pour toi, Mylène, qui est si loin de nous, la performance de Mathilde:
Plaisirs parfumés en famille
J'ai trouvé le restaurant familial idéal.
Il y a quelques mois, pour notre club de lecture, nous avions soupé dans un restaurant vietnamien apportez-votre-vin, Pho Viet, pour discuter de Ru, le très beau roman de Kim Thuy. Après un excellent repas, nous avions eu une agréable surprise lorsque la très sympathique propriétaire, voyant nos exemplaires du livre, nous avait raconté que l'auteure était une de ses amies, entrainant une conversation fascinante.
Samedi dernier, pour fêter une amie, j'ai suggéré ce resto. Je me souvenais de l'atmosphère incroyablement relax de l'endroit, et j'espérais que les enfants y seraient bien accueillis.
Quel bonheur.
Le repas--une série de plats aux milles parfums: soupe tonkinoise, rouleau printanier, salade de papaye verte, sauté de crevettes au cari vert, beignets aux pommes, thé vert--était tout simplement délirant. L'ambiance était idéale pour une famille, très informelle mais chaleureuse, assez bruyante pour dissimuler les conversations animées des enfants sans pour autant gêner la nôtre. Et surtout, il était possible de trouver pour les enfants des mets qu'ils ont mangés avec plaisir sans avoir à tomber dans les foutues croquettes de poulet ou pizza sourire.

Je me suis dit qu'il y avait surement d'autres restaurants ainsi à Montréal, et qu'il ne me restait maintenant qu'à partir en quête pour les découvrir. Qui sait, après le Guide Resto Voir, il pourrait y avoir le Guide Resto en famille version Nathalie, que je pourrais écrire dans mes temps libres (soit entre 2:00 et 3:00 a.m. la nuit prochaine).
Il y a quelques mois, pour notre club de lecture, nous avions soupé dans un restaurant vietnamien apportez-votre-vin, Pho Viet, pour discuter de Ru, le très beau roman de Kim Thuy. Après un excellent repas, nous avions eu une agréable surprise lorsque la très sympathique propriétaire, voyant nos exemplaires du livre, nous avait raconté que l'auteure était une de ses amies, entrainant une conversation fascinante.
Samedi dernier, pour fêter une amie, j'ai suggéré ce resto. Je me souvenais de l'atmosphère incroyablement relax de l'endroit, et j'espérais que les enfants y seraient bien accueillis.
Quel bonheur.
Le repas--une série de plats aux milles parfums: soupe tonkinoise, rouleau printanier, salade de papaye verte, sauté de crevettes au cari vert, beignets aux pommes, thé vert--était tout simplement délirant. L'ambiance était idéale pour une famille, très informelle mais chaleureuse, assez bruyante pour dissimuler les conversations animées des enfants sans pour autant gêner la nôtre. Et surtout, il était possible de trouver pour les enfants des mets qu'ils ont mangés avec plaisir sans avoir à tomber dans les foutues croquettes de poulet ou pizza sourire.

Je me suis dit qu'il y avait surement d'autres restaurants ainsi à Montréal, et qu'il ne me restait maintenant qu'à partir en quête pour les découvrir. Qui sait, après le Guide Resto Voir, il pourrait y avoir le Guide Resto en famille version Nathalie, que je pourrais écrire dans mes temps libres (soit entre 2:00 et 3:00 a.m. la nuit prochaine).
vendredi 4 juin 2010
Bonheur du vendredi matin
Le vendredi, comme je ne travaille pas, j'aime bien aller reconduire Étienne à l'école à pied. Mathilde marche seule avec ses copines depuis longtemps, mais Éti est encore un peu petit pour se joindre à elles.
C'est un grand bonheur pour lui de marcher avec sa soeur, mais ça en est un pour moi aussi. Au début, il n'y a que nous et les copines de Mathilde. Puis, sur Jean Renou, on rencontre d'autres écoliers en route, parfois même une amie qui se joint à nous. J'aime surtout lorsque nous arrivons sur la 43e avenue. Nous marchons sur le trottoir, sous les arbres si vieux et immenses qu'ils touchent presque à leur alter ego de l'autre coté de la rue. Et les enfants arrivent de partout: à pied, en trottinette, en vélo, en skate, sur le trottoir, dans la rue. Toujours en rigolant, en se saluant, avec un enthousiasme qui me surprend chaque fois. Il y a dans l'air une fébrilité, un plaisir évident à l'idée de retrouver les amis. Je ne peux faire autrement que sourire.
J'embrasse Mathilde devant la cour des grands, et je suis Étienne qui court maintenant vers celle des petits. J'aime entendre les rires et les cris des élèves qui sautent à la corde ou à cloche-pied, jouent à la tag, se racontent des histoires qui semblent passionnantes. J'embrasse Étienne, et je reste un peu à le regarder à travers la clôture. Il est souriant, content de voir ses copains Daniel, Axel, Antoine, Alexandre. Puis la cloche sonne, et à chaque fois je suis émue. Ils s'empressent tous de prendre leur rang. Le silence s'installe tranquillement, interrompu par un dernier rire, un dernier cri joyeux. Bientôt on n'entend plus que le vent entre les feuilles des arbres, quelques mamans qui se disent au revoir.
Je reviens tranquillement chez moi, habitée de ce sentiment d'être devant le début de quelque chose de nouveau, que j'ai la journée devant moi, que tout est possible.
C'est un grand bonheur pour lui de marcher avec sa soeur, mais ça en est un pour moi aussi. Au début, il n'y a que nous et les copines de Mathilde. Puis, sur Jean Renou, on rencontre d'autres écoliers en route, parfois même une amie qui se joint à nous. J'aime surtout lorsque nous arrivons sur la 43e avenue. Nous marchons sur le trottoir, sous les arbres si vieux et immenses qu'ils touchent presque à leur alter ego de l'autre coté de la rue. Et les enfants arrivent de partout: à pied, en trottinette, en vélo, en skate, sur le trottoir, dans la rue. Toujours en rigolant, en se saluant, avec un enthousiasme qui me surprend chaque fois. Il y a dans l'air une fébrilité, un plaisir évident à l'idée de retrouver les amis. Je ne peux faire autrement que sourire.
J'embrasse Mathilde devant la cour des grands, et je suis Étienne qui court maintenant vers celle des petits. J'aime entendre les rires et les cris des élèves qui sautent à la corde ou à cloche-pied, jouent à la tag, se racontent des histoires qui semblent passionnantes. J'embrasse Étienne, et je reste un peu à le regarder à travers la clôture. Il est souriant, content de voir ses copains Daniel, Axel, Antoine, Alexandre. Puis la cloche sonne, et à chaque fois je suis émue. Ils s'empressent tous de prendre leur rang. Le silence s'installe tranquillement, interrompu par un dernier rire, un dernier cri joyeux. Bientôt on n'entend plus que le vent entre les feuilles des arbres, quelques mamans qui se disent au revoir.
Je reviens tranquillement chez moi, habitée de ce sentiment d'être devant le début de quelque chose de nouveau, que j'ai la journée devant moi, que tout est possible.
mardi 1 juin 2010
Chevauchée chaotique
Nous sommes au moment où la saison printanière chevauche la saison estivale. Les cours de piano ne sont pas encore terminés (on double même les pratiques pour le spectacle de dimanche), les examens de la fin de cette si importante cinquième année nous causent bien des soucis, la saison de soccer (multipliée par deux) est commencée. Ma case horaire 16h30-20h30 est souvent plus remplie que mon calendrier Outlook au boulot.
Et à travers ces activités il y a ces trucs si inutiles mais dignes du mythe de Sisyphe, la vaisselle du déjeuner à ranger, le souper à faire, l'épicerie, le lavage, les billets d'école à signer, entrecoupés de moments si importants comme Étienne qui veut me montrer qu'il sait maintenant faire des boucles et Mathilde qui découvre les garçons et veut me raconter tous les détails de sa vie sociale.
Je suis étourdie. Et comme j'ai de la difficulté à dire non, je donne tout ce que je peux jusqu'à ce que j'en aie ras-le-bol et que j'explose. À des moments évidemment tout à fait inopportuns, comme lorsqu'Étienne est si fier d'avoir bu toute sa bouteille d'eau entre le moment où nous quittons la maison et celui où nous arrivons au terrain de soccer.
Et je ne vois pas à quoi je pourrais dire non. Car ce sont les enfants qui demandent ces activités. Comment refuser le piano alors que Mathilde me dit qu'en jouer la calme et apaise ses inquiétudes? J'aime tellement voir Étienne si content de jouer lui aussi au soccer, si fier d'être enfin capable de maitriser le ballon, si heureux de rigoler avec ses copains d'école qu'il continuera à voir tout l'été grâce au soccer.
Alors j'attends que la tempête passe. Bientôt le piano sera terminé, l'école aussi. Il y aura le soccer chaque jour de la semaine, mais il y aura aussi le bonheur de manger les popsicles après les parties, de se coucher en même temps que le soleil, de se lever à une heure plus naturelle.
J'essaie aussi de me trouver un rituel de survie, de commencer la case horaire du soir avec un sourire, un verre de rosé, des fleurs coupées sur ma table. D'y aller une journée à la fois, et d'essayer de ne pas voir toutes ces activités comme une série de tâches, mais plutôt de remarquer le sourire d'Étienne sur le terrain ou d'apprécier les jolies mélodies de piano de Mathilde.
Et de penser à moi un peu dans tout ça. De trouver un peu de temps pour écrire, lire, marcher, courir, prendre le thé... Prendre des forces pour traverser cette chevauchée chaotique.
Et à travers ces activités il y a ces trucs si inutiles mais dignes du mythe de Sisyphe, la vaisselle du déjeuner à ranger, le souper à faire, l'épicerie, le lavage, les billets d'école à signer, entrecoupés de moments si importants comme Étienne qui veut me montrer qu'il sait maintenant faire des boucles et Mathilde qui découvre les garçons et veut me raconter tous les détails de sa vie sociale.
Je suis étourdie. Et comme j'ai de la difficulté à dire non, je donne tout ce que je peux jusqu'à ce que j'en aie ras-le-bol et que j'explose. À des moments évidemment tout à fait inopportuns, comme lorsqu'Étienne est si fier d'avoir bu toute sa bouteille d'eau entre le moment où nous quittons la maison et celui où nous arrivons au terrain de soccer.
Et je ne vois pas à quoi je pourrais dire non. Car ce sont les enfants qui demandent ces activités. Comment refuser le piano alors que Mathilde me dit qu'en jouer la calme et apaise ses inquiétudes? J'aime tellement voir Étienne si content de jouer lui aussi au soccer, si fier d'être enfin capable de maitriser le ballon, si heureux de rigoler avec ses copains d'école qu'il continuera à voir tout l'été grâce au soccer.
Alors j'attends que la tempête passe. Bientôt le piano sera terminé, l'école aussi. Il y aura le soccer chaque jour de la semaine, mais il y aura aussi le bonheur de manger les popsicles après les parties, de se coucher en même temps que le soleil, de se lever à une heure plus naturelle.
J'essaie aussi de me trouver un rituel de survie, de commencer la case horaire du soir avec un sourire, un verre de rosé, des fleurs coupées sur ma table. D'y aller une journée à la fois, et d'essayer de ne pas voir toutes ces activités comme une série de tâches, mais plutôt de remarquer le sourire d'Étienne sur le terrain ou d'apprécier les jolies mélodies de piano de Mathilde.
Et de penser à moi un peu dans tout ça. De trouver un peu de temps pour écrire, lire, marcher, courir, prendre le thé... Prendre des forces pour traverser cette chevauchée chaotique.
jeudi 20 mai 2010
Une nouvelle saison de soccer commence...
La saison de soccer inter-cité de Mathilde commençait ce soir. Son équipe a perdu 1 à 0, sur un tir de pénalité (ce qui ne compte pas vraiment, selon les parents :-). Cette équipe est une des plus fortes, alors la saison s'annonce prometteuse...
Une nouveauté cette année: elles ont leur nom sur leur chandail, et elles le portent avec fierté:
Pendant ce temps, le petit mec s'amuse au parc avec grand bonheur...
Cet été, notre famille vivra encore de soccer, au grand bonheur des petits et des grands.
lundi 17 mai 2010
Correspondance nocturne (bis)
dimanche 9 mai 2010
Un geste à la fois
Le week-end dernier, nous avons participé avec des collègues de travail à la Corvée du Mont-Royal, une activité familiale qui consiste à ramasser des déchets sur le Mont-Royal pendant quelques heures. J'espérais que cette activité sensibiliserait les enfants à l'importance de faire attention à l'environnement. Ils se sont bien amusés, mais avaient-ils retiré quelque chose de tout ça?
J'ai eu ma réponse hier.
Nous sommes devant le dépanneur. Un immense verre à Slush vide en plastique traine par terre. Tout naturellement, Étienne se penche, le ramasse et le met dans la poubelle juste à coté. "C'est pas bien ça, maman, c'est pas gentil pour l'environnement."
Juste pour ça, ça valait la peine d'organiser et de participer à cette activité.
J'ai eu ma réponse hier.
Nous sommes devant le dépanneur. Un immense verre à Slush vide en plastique traine par terre. Tout naturellement, Étienne se penche, le ramasse et le met dans la poubelle juste à coté. "C'est pas bien ça, maman, c'est pas gentil pour l'environnement."
Juste pour ça, ça valait la peine d'organiser et de participer à cette activité.
vendredi 7 mai 2010
Une petite histoire de corde à danser
Depuis quelques jours, Étienne a développé une passion pour la corde à danser. Il saute dans le sous-sol, sur le balcon, sur la terrasse. À deux jambes, une jambe, en chantant, en comptant.
Hier matin, Étienne a décidé d'apporter sa corde à danser dans la cour d'école. J'avais des doutes. Dans ma tête, la corde à danser c'est un truc de filles. Je ne voulais pas l'influencer ou partager mes préjugés, mais je ne voulais pas non plus qu'il se fasse taquiner. Il est habituellement très "garçon" dans ses activités, alors qu'allaient dire ses amis?
Nous sommes arrivés à l'école, et je suis restée quelques minutes à le regarder. Il est rentré sur la cour avec confiance. Il a mis son sac par terre et s'est installé. Puis il s'est mis à sauter à la corde, tout fier de lui. Au bout de quelques minutes, trois autres petits mecs sont venus le rejoindre.
-"Hey, Étienne, qu'est-ce que tu fais?"
-"Ben, je saute à la corde."
Je retiens mon souffle.
-"On peut essayer nous aussi?"
Et voilà. Bientôt, les 4 petits gars s'échangeaient la corde à danser d'Étienne, essayant de déterminer qui était le meilleur.
Étienne a une confiance en lui inébranlable. Bien qu'il m'avait dit que seules les filles apportaient une corde à danser à l'école, ça ne l'a pas arrêté. Il aime la corde à danser, il avait envie de l'apporter à l'école, alors il l'a fait. Tout simplement. J'admire cette force de caractère, cette confiance, cette capacité à faire abstraction de l'opinion des autres.
Mais ces jours-ci, je me demande comment préserver cette confiance.
L'école n'est pas faite pour les petits garçons comme Étienne, qui débordent d'enthousiasme, qui veulent tout apprendre, mais qui ne sont pas encore prêts à marcher dans un silence complet, à passer une journée entière assis sur une chaise ou à comprendre qu'il y a des moments où il ne faut pas faire le clown, même si les copains trouvent ça très drôle. Il y est très heureux, il a beaucoup d'amis, il aime apprendre. Mais il revient à la maison à tous les jours avec des bonshommes bleus ou rouges (foutus systèmes d'émulation), malgré ses efforts. Certains soirs, au lieu du turbulent petit garçon content de me raconter sa journée, je retrouve un petit garçon qui se rend directement à la voiture en silence, s'assoit tranquillement, le regard si triste que j'ai envie de pleurer.
C'est dans des moments comme celui-ci que je trouve si difficile d'être maman. Il y a ce que je lis dans les livres. Il y a l'opinion du professeur, brandissant les diagnostics et les étiquettes. Il y a la contre-opinion d'une maman bénévole qui a passé une partie de la journée dans la classe d'Éti et remarqué les injustices. Il y a ce que je voudrais pour mon fils, les contraintes avec lesquelles je dois vivre, mon besoin de le protéger et de le préparer.
Et il y a Éti, au sourire contagieux, à l'enthousiasme débordant, à la fois si solide et si fragile...
Hier matin, Étienne a décidé d'apporter sa corde à danser dans la cour d'école. J'avais des doutes. Dans ma tête, la corde à danser c'est un truc de filles. Je ne voulais pas l'influencer ou partager mes préjugés, mais je ne voulais pas non plus qu'il se fasse taquiner. Il est habituellement très "garçon" dans ses activités, alors qu'allaient dire ses amis?
Nous sommes arrivés à l'école, et je suis restée quelques minutes à le regarder. Il est rentré sur la cour avec confiance. Il a mis son sac par terre et s'est installé. Puis il s'est mis à sauter à la corde, tout fier de lui. Au bout de quelques minutes, trois autres petits mecs sont venus le rejoindre.
-"Hey, Étienne, qu'est-ce que tu fais?"
-"Ben, je saute à la corde."
Je retiens mon souffle.
-"On peut essayer nous aussi?"
Et voilà. Bientôt, les 4 petits gars s'échangeaient la corde à danser d'Étienne, essayant de déterminer qui était le meilleur.
***
Étienne a une confiance en lui inébranlable. Bien qu'il m'avait dit que seules les filles apportaient une corde à danser à l'école, ça ne l'a pas arrêté. Il aime la corde à danser, il avait envie de l'apporter à l'école, alors il l'a fait. Tout simplement. J'admire cette force de caractère, cette confiance, cette capacité à faire abstraction de l'opinion des autres.
Mais ces jours-ci, je me demande comment préserver cette confiance.
L'école n'est pas faite pour les petits garçons comme Étienne, qui débordent d'enthousiasme, qui veulent tout apprendre, mais qui ne sont pas encore prêts à marcher dans un silence complet, à passer une journée entière assis sur une chaise ou à comprendre qu'il y a des moments où il ne faut pas faire le clown, même si les copains trouvent ça très drôle. Il y est très heureux, il a beaucoup d'amis, il aime apprendre. Mais il revient à la maison à tous les jours avec des bonshommes bleus ou rouges (foutus systèmes d'émulation), malgré ses efforts. Certains soirs, au lieu du turbulent petit garçon content de me raconter sa journée, je retrouve un petit garçon qui se rend directement à la voiture en silence, s'assoit tranquillement, le regard si triste que j'ai envie de pleurer.
C'est dans des moments comme celui-ci que je trouve si difficile d'être maman. Il y a ce que je lis dans les livres. Il y a l'opinion du professeur, brandissant les diagnostics et les étiquettes. Il y a la contre-opinion d'une maman bénévole qui a passé une partie de la journée dans la classe d'Éti et remarqué les injustices. Il y a ce que je voudrais pour mon fils, les contraintes avec lesquelles je dois vivre, mon besoin de le protéger et de le préparer.
Et il y a Éti, au sourire contagieux, à l'enthousiasme débordant, à la fois si solide et si fragile...
jeudi 22 avril 2010
Parenting 101
Je reviens d'une conférence sur l'art d'être parent donnée par Dan Kindlon, un des auteurs d'un livre que je suis en train de lire sur l'éducation des garçons (Raising Cain).
Je suis sortie électrisée de cette conférence.
J'essaie tellement d'être une bonne mère, mais il m'arrive souvent de ne pas savoir comment aborder certains problèmes ou d'oublier des principes de base. J'ai pris des notes dès mon retour sur des concepts que j'ai trouvé fascinants, des idées que j'avais envie de discuter en famille, des comportements que j'aimerais changer dans ma façon d'aborder les enfants. Bien que certains énoncés du Dr. Kindlon étaient évidents ou connus, je réalisais à quel point il est important de se faire rappeler certaines vérités.
Je réalise aussi à quel point une conférence est une façon idéale pour moi d'obtenir de l'information. J'aime cette formule "executive summary", tellement plus dynamique que ces livres qui finissent tous par m'ennuyer et que je ne termine jamais. Je me promets donc de retourner à ce genre d'événement...
Une note tout de même encourageante: Lorsque j'ai dit à Mathilde que j'allais assister à une conférence sur l'art d'être parent, elle m'a dit: "Mais, maman, tu es super bonne! Tu n'as pas besoin de suivre des cours pour ça!" Étienne a exprimé la même opinion de son côté, un peu plus tard. Je devrais noter ces paroles dans un petit carnet lorsque je recommence à douter de mes talents de parent... ou lorsque je me ferai dire que je suis "la seule de toutes les mamans" qui refuse de la laisser voir un certain film ou lire un certain livre...
Je suis sortie électrisée de cette conférence.
J'essaie tellement d'être une bonne mère, mais il m'arrive souvent de ne pas savoir comment aborder certains problèmes ou d'oublier des principes de base. J'ai pris des notes dès mon retour sur des concepts que j'ai trouvé fascinants, des idées que j'avais envie de discuter en famille, des comportements que j'aimerais changer dans ma façon d'aborder les enfants. Bien que certains énoncés du Dr. Kindlon étaient évidents ou connus, je réalisais à quel point il est important de se faire rappeler certaines vérités.
Je réalise aussi à quel point une conférence est une façon idéale pour moi d'obtenir de l'information. J'aime cette formule "executive summary", tellement plus dynamique que ces livres qui finissent tous par m'ennuyer et que je ne termine jamais. Je me promets donc de retourner à ce genre d'événement...
Une note tout de même encourageante: Lorsque j'ai dit à Mathilde que j'allais assister à une conférence sur l'art d'être parent, elle m'a dit: "Mais, maman, tu es super bonne! Tu n'as pas besoin de suivre des cours pour ça!" Étienne a exprimé la même opinion de son côté, un peu plus tard. Je devrais noter ces paroles dans un petit carnet lorsque je recommence à douter de mes talents de parent... ou lorsque je me ferai dire que je suis "la seule de toutes les mamans" qui refuse de la laisser voir un certain film ou lire un certain livre...
vendredi 16 avril 2010
Correspondance nocturne
Ça a commencé par un mot que Mathilde m'avait laissé un soir sur mon lit, dans un de ses cahiers personnels, me demandant de lui rappeler quelque chose le lendemain et me disant qu'elle m'aimait. Elle avait ajouté, au bas de la feuille: "Tu peux me répondre si tu veux." Elle avait même ajouté un crayon. Je lui ai répondu, j'ai mis le cahier sur sa table de chevet, j'ai remonté sa couverture sur son corps endormi et, comme tous les soirs, déposé un baiser sur son front.
Depuis, j'ai sur mon lit à chaque soir un mot remplissant une page de cahier. Elle me raconte ses inquiétudes, ses envies ou un bonheur de sa journée et me rappelle toujours qu'elle m'aime beaucoup. Je lui réponds chaque soir, essayant de calmer ses inquiétudes, soulignant quelque chose que j'ai beaucoup aimé chez elle dans la journée, lui rappelant toujours que je l'aime beaucoup.
J'adore ces mots, qui sont une façon pour Mathilde d'apaiser ses inquiétudes à l'heure du coucher mais qui sont aussi une superbe façon d'établir le contact, d'engager une discussion plus intime et pas toujours possible quand on est quatre dans une maison.
Je sais que cette méthode perdra un jour de son intérêt, et qu'un soir il n'y aura pas de message sur mon lit. Mais j'espère me souvenir de cette correspondance si, un jour, je sens le besoin d'engager avec elle une discussion plus intime, ou de simplement essayer de reprendre contact si nous nous éloignons un peu.
En attendant, j'attends impatiemment ses messages de fin de journée.
jeudi 25 mars 2010
Grand moment pour un petit garçon
Étienne essayait d'apprendre à roulet en vélo sans arrêt dans notre entrée depuis samedi, mais c'est depuis ce soir qu'il pédale sans arrêt. Évidemment, dès qu'il a commencé à être en contrôle, il a essayé de rouler par dessus les bouts de bois dans la cour, entre les blocs de béton, à travers les trous.
Vive les mini mecs :-)
mardi 23 mars 2010
Designer de brachiosaure
Cet après-midi, j'allais faire du bénévolat dans la classe d'Étienne. J'arrive pour 12h50, tel que prévu. Alors que les enfants se préparent pour un petit repos sur leur serviette, Mme Solange, la professeure, m'installe à une table et dépose devant moi des dizaines de rouleaux de carton vides, des boules de styromousse de grosseurs différentes, des ciseaux, de la colle, des assiettes en carton, du papier de soie. Elle me sort une grande affiche illustrant différents dinosaures, puis me dit:
- Il faut faire des cous pour 5 stégosaures, 5 brontosaures, 3 brachiosaures, 2 diplodocus, 3 tricératops et un pélorosaure. Votre première étape va être de déterminer comment vous allez faire les cous pour chaque dinosaure, et ensuite vous faites venir les enfants un à un pour qu'ils fassent comme vous. Pendant ce temps, je vais les aider à terminer les queues en papier mâché.
Ouf. Clairement, Madame Solange surestime mes capacités à designer des cous de dinosaures. Pendant une minute, je panique. Solidement. Puis je prends mon courage et je lui dis:
- C'est que moi, le bricolage, je veux bien aider, mais je suis pas très bonne.
- (Elle rit) Bah, vous pouvez pas être pire qu'un enfant de 6 ans!
- Euh... c'est encore drôle.
Voyant mon désespoir, elle me fait une mini-démonstration. Madame Solange, c'est la reine du bricolage. Avec un rouleau, deux balles, un petit casseau de fraise et une assiette, elle fait une maquette de tête de tricératops. C'est étonnamment ressemblant.
- Les autre sont faciles. Ça n'est que des grands cous avec des têtes au bout. Allez-y.
Ben oui. Des grands cous avec des têtes au bout. Quand on y pense, c'est évident, non? Alors j'ai fait des maquettes pour tous les autres types de dinosaures et j'ai aidé les enfants à faire leurs propres cous, qu'ils ont ensuite enduit de papier mâché. Enfin, commencé à enduire, parce que j'ai réalisé que faire du bricolage avec 19 enfants, c'est une tâche énorme qui demande une patience infinie et beaucoup de temps.
J'ai eu énormément de plaisir à pouvoir partager un peu la journée d'Étienne, à voir son environnement, à apprendre à connaître ses amis. Je me suis même amusée à faire ces bricolages.
Mais je suis surtout repartie avec une immense admiration pour cette femme, si douce et souriante, qui passe sa journée avec des enfants qui disent "Madame Solange" en moyenne aux 30 secondes, qui ont besoin d'aller aux toilettes, qui ont mal à la tête ou un petit bobo sur le bras, qui veulent raconter une histoire ou savoir quand ils pourront manger leur collation. Elle gère toutes ces interruptions avec patience, calme, bonne humeur, alors que j'étais si dépassée par mon boulot de designer de cous de dinosaures que je n'ai même pas pris une seule photo.
Elle m'a promis de m'inviter à nouveau, pour que je puisse prendre des photos. J'espère simplement que ça sera pour nettoyer les pinceaux.
- Il faut faire des cous pour 5 stégosaures, 5 brontosaures, 3 brachiosaures, 2 diplodocus, 3 tricératops et un pélorosaure. Votre première étape va être de déterminer comment vous allez faire les cous pour chaque dinosaure, et ensuite vous faites venir les enfants un à un pour qu'ils fassent comme vous. Pendant ce temps, je vais les aider à terminer les queues en papier mâché.
Ouf. Clairement, Madame Solange surestime mes capacités à designer des cous de dinosaures. Pendant une minute, je panique. Solidement. Puis je prends mon courage et je lui dis:
- C'est que moi, le bricolage, je veux bien aider, mais je suis pas très bonne.
- (Elle rit) Bah, vous pouvez pas être pire qu'un enfant de 6 ans!
- Euh... c'est encore drôle.
Voyant mon désespoir, elle me fait une mini-démonstration. Madame Solange, c'est la reine du bricolage. Avec un rouleau, deux balles, un petit casseau de fraise et une assiette, elle fait une maquette de tête de tricératops. C'est étonnamment ressemblant.
- Les autre sont faciles. Ça n'est que des grands cous avec des têtes au bout. Allez-y.
Ben oui. Des grands cous avec des têtes au bout. Quand on y pense, c'est évident, non? Alors j'ai fait des maquettes pour tous les autres types de dinosaures et j'ai aidé les enfants à faire leurs propres cous, qu'ils ont ensuite enduit de papier mâché. Enfin, commencé à enduire, parce que j'ai réalisé que faire du bricolage avec 19 enfants, c'est une tâche énorme qui demande une patience infinie et beaucoup de temps.
J'ai eu énormément de plaisir à pouvoir partager un peu la journée d'Étienne, à voir son environnement, à apprendre à connaître ses amis. Je me suis même amusée à faire ces bricolages.
Mais je suis surtout repartie avec une immense admiration pour cette femme, si douce et souriante, qui passe sa journée avec des enfants qui disent "Madame Solange" en moyenne aux 30 secondes, qui ont besoin d'aller aux toilettes, qui ont mal à la tête ou un petit bobo sur le bras, qui veulent raconter une histoire ou savoir quand ils pourront manger leur collation. Elle gère toutes ces interruptions avec patience, calme, bonne humeur, alors que j'étais si dépassée par mon boulot de designer de cous de dinosaures que je n'ai même pas pris une seule photo.
Elle m'a promis de m'inviter à nouveau, pour que je puisse prendre des photos. J'espère simplement que ça sera pour nettoyer les pinceaux.
dimanche 21 mars 2010
De Hawaï à la Thailande
12h10
C'est aujourd'hui que je m'y mets.
Il y a longtemps que je rêve de faire une soupe thaïlandaise aux crevettes. J'ai envie d'un défi dans chacune des recettes que j'essaierai et, cette fois, le défi est de trouver les ingrédients qu'il me faut, puisque le tamarin, la menthe vietnamienne et les feuilles de citronnier kaffir ne se retrouvent pas à mon IGA. Mon collègue de travail Bobby, vietnamien et grand chef cuisiner, m'a conseillé le marché Hawaï. J'y vais donc cet après-midi.
J'ai fait une recherche sur le web pour savoir à quoi ressemble le tamarin et les feuilles de citronnier kaffir, histoire d'avoir une petite idée de ce que je chercherai dans cette immense épicerie...
14h30-Marché Hawaï avec Mathilde.
L'épicerie est si différente de ce que je connais que j'ai un flash du Leader Price en Martinique. Mathilde adore: "Maman, on ne connait rien ici, c'est l'aventure, j'aime ça!" À force de se promener et de lire les petites étiquettes (quand elles sont traduites), nous trouvons ce que nous cherchons. Et je suis bien contente d'avoir fait mes devoirs ce matin: la plupart des fines herbes sont emballées dans un sac de plastique avec comme seule identification: légume vert. C'est qu'il y en a beaucoup des légumes verts ici, et je ne les connais pas tous...
18h00-Ma cuisine
L'angoisse de la nouvelle recette. Toujours, cette inquiétude que je vais peut-être tout rater. Pour enlever un peu de pression, j'avertis toute la famille que ce sera peut-être un échec total. "C'est pas grave, on mangera des œufs s'il le faut" dit mon mec. C'est bon, alors. J'y vais.
Première étape: Préparer le bouillon de la soupe. Faire revenir les têtes de crevettes dans la casserole est un peu déstabilisant, avec tous ces yeux qui me regardent. Mathilde craint d'ailleurs que la soupe goute les yeux de crevettes.
Couper tous ces ingrédients nouveaux est un bonheur de textures et d'arômes. Mathilde aime l'odeur de la citronnelle, qui lui rappelle celle du gingembre. Je suis particulièrement surprise par les feuilles de citronnier kaffir. Elles sont épaisses et brillantes et ont une odeur citronnée, rafraichissante, enivrante. Je rajoute tous ces ingrédients à mon bouillon, et je me retrouve avec un défi imprévu: je cuisine avec tant de nouveaux ingrédients que je ne sais pas trop comment les ajuster lorsque je goute le bouillon. Je le trouve à la fois épicé mais pas aussi gouteux que dans mon souvenir, mais je change quoi? Je décide de ne pas expérimenter pour cette fois et je m'en tiens à la recette. Le rajout de menthe, jus de lime et coriandre plus tard dans la cuisson aidera beaucoup.

Résultat: Mathilde goute mais n'aime pas, Étienne ne veut pas gouter, mon mec aime beaucoup (mais après insistance de ma part il m'avoue préférer celle de chez Tung qui, il faut le dire, est complètement délirante). Pour ma part, j'ai adoré ma soupe et je suis très fière de mon premier essai. Sortir de sa zone de confort n'est pas toujours facile. Mais c'était ô combien amusant :-)
Il m'en reste assez pour un lunch demain. Avis aux intéressés.
(Préparé en écoutant Cooking, Chansons pimentées pour cuisine épicée et 3 de Nouvelle Vague, en buvant un thé vert au jasmin)
C'est aujourd'hui que je m'y mets.
Il y a longtemps que je rêve de faire une soupe thaïlandaise aux crevettes. J'ai envie d'un défi dans chacune des recettes que j'essaierai et, cette fois, le défi est de trouver les ingrédients qu'il me faut, puisque le tamarin, la menthe vietnamienne et les feuilles de citronnier kaffir ne se retrouvent pas à mon IGA. Mon collègue de travail Bobby, vietnamien et grand chef cuisiner, m'a conseillé le marché Hawaï. J'y vais donc cet après-midi.
J'ai fait une recherche sur le web pour savoir à quoi ressemble le tamarin et les feuilles de citronnier kaffir, histoire d'avoir une petite idée de ce que je chercherai dans cette immense épicerie...
14h30-Marché Hawaï avec Mathilde.
L'épicerie est si différente de ce que je connais que j'ai un flash du Leader Price en Martinique. Mathilde adore: "Maman, on ne connait rien ici, c'est l'aventure, j'aime ça!" À force de se promener et de lire les petites étiquettes (quand elles sont traduites), nous trouvons ce que nous cherchons. Et je suis bien contente d'avoir fait mes devoirs ce matin: la plupart des fines herbes sont emballées dans un sac de plastique avec comme seule identification: légume vert. C'est qu'il y en a beaucoup des légumes verts ici, et je ne les connais pas tous...
18h00-Ma cuisine
L'angoisse de la nouvelle recette. Toujours, cette inquiétude que je vais peut-être tout rater. Pour enlever un peu de pression, j'avertis toute la famille que ce sera peut-être un échec total. "C'est pas grave, on mangera des œufs s'il le faut" dit mon mec. C'est bon, alors. J'y vais.
Couper tous ces ingrédients nouveaux est un bonheur de textures et d'arômes. Mathilde aime l'odeur de la citronnelle, qui lui rappelle celle du gingembre. Je suis particulièrement surprise par les feuilles de citronnier kaffir. Elles sont épaisses et brillantes et ont une odeur citronnée, rafraichissante, enivrante. Je rajoute tous ces ingrédients à mon bouillon, et je me retrouve avec un défi imprévu: je cuisine avec tant de nouveaux ingrédients que je ne sais pas trop comment les ajuster lorsque je goute le bouillon. Je le trouve à la fois épicé mais pas aussi gouteux que dans mon souvenir, mais je change quoi? Je décide de ne pas expérimenter pour cette fois et je m'en tiens à la recette. Le rajout de menthe, jus de lime et coriandre plus tard dans la cuisson aidera beaucoup.
Résultat: Mathilde goute mais n'aime pas, Étienne ne veut pas gouter, mon mec aime beaucoup (mais après insistance de ma part il m'avoue préférer celle de chez Tung qui, il faut le dire, est complètement délirante). Pour ma part, j'ai adoré ma soupe et je suis très fière de mon premier essai. Sortir de sa zone de confort n'est pas toujours facile. Mais c'était ô combien amusant :-)
Il m'en reste assez pour un lunch demain. Avis aux intéressés.
(Préparé en écoutant Cooking, Chansons pimentées pour cuisine épicée et 3 de Nouvelle Vague, en buvant un thé vert au jasmin)
samedi 27 février 2010
Mémoire musicale
Ce matin, samedi tranquille, tout le monde s'occupe doucement. Mathilde dessine avec Audrey et Étienne en bas, Stéphan prend sa douche en haut. Je déjeune, j'ai envie de musique. Je regarde les CDs, j'hésite. Et je le vois. Contra de Vampire Weekend.
Je souris.
Contra est l'album des vacances. J'ai un peu fait exprès. C'est le seul CD que j'avais apporté en vacances, de façon préméditée. Je l'avais acheté quelques jours avant de partir et, dès la première écoute, j'ai su qu'avec ses influences africaines, world beat, funk c'était une musique idéale pour les vacances. Alors je l'ai mis de coté. Et lorsque nous nous sommes avancés sur la N5 avec la voiture de location, j'ai mis Contra.
C'était parfait.
Nous l'avons écouté toute la semaine pendant nos déplacements. Assez souvent pour s'imprégner de l'album, mais pas assez pour s'en lasser. Et lorsque nous sommes revenus, je l'ai mis de coté sans trop y penser.
Je l'ai remis ce matin. Dès le début d'Horchata, la première chanson de l'album, Stéphan descend, se met à danser avec un grand sourire: "Tu t'en souviens?" Et il me raconte les images que la musique lui rappelle. Puis Mathilde monte: "Maman, c'est la musique des vacances!"
La maison prend un air de fête pendant un moment.
Depuis, je me reprends à chanter "he was a diplomat's son" en souriant, avec l'impression que je n'ai qu'à ouvrir la porte pour retrouver le bonheur des vacances.
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