vendredi 16 avril 2010

Correspondance nocturne

Ça a commencé par un mot que Mathilde m'avait laissé un soir sur mon lit, dans un de ses cahiers personnels, me demandant de lui rappeler quelque chose le lendemain et me disant qu'elle m'aimait. Elle avait ajouté, au bas de la feuille: "Tu peux me répondre si tu veux." Elle avait même ajouté un crayon. Je lui ai répondu, j'ai mis le cahier sur sa table de chevet, j'ai remonté sa couverture sur son corps endormi et, comme tous les soirs, déposé un baiser sur son front.

Depuis, j'ai sur mon lit à chaque soir un mot remplissant une page de cahier. Elle me raconte ses inquiétudes, ses envies ou un bonheur de sa journée et me rappelle toujours qu'elle m'aime beaucoup. Je lui réponds chaque soir, essayant de calmer ses inquiétudes, soulignant quelque chose que j'ai beaucoup aimé chez elle dans la journée, lui rappelant toujours que je l'aime beaucoup.

J'adore ces mots, qui sont une façon pour Mathilde d'apaiser ses inquiétudes à l'heure du coucher mais qui sont aussi une superbe façon d'établir le contact, d'engager une discussion plus intime et pas toujours possible quand on est quatre dans une maison.

Je sais que cette méthode perdra un jour de son intérêt, et qu'un soir il n'y aura pas de message sur mon lit. Mais j'espère me souvenir de cette correspondance si, un jour, je sens le besoin d'engager avec elle une discussion plus intime, ou de simplement essayer de reprendre contact si nous nous éloignons un peu.

En attendant, j'attends impatiemment ses messages de fin de journée.

2 commentaires:

Nadine a dit...

Wow! C'est super cool comme rituel!

Mylene a dit...

Ce rituel va certes disparaître mais chose certaine, elle n'oubliera probablement jamais que sa mère est là pour elle et qu'elle pourra toujours rentrer en contact avec toi par l'écriture. Tu lui as ouvert une porte sur un monde dont elle commence à soupçonner la puissance... c'est pas rien. Et quelle belle complicité entre vous mais si cette complicité peut te sembler imparfaite par moment.