jeudi 25 mars 2010

Grand moment pour un petit garçon

Étienne essayait d'apprendre à roulet en vélo sans arrêt dans notre entrée depuis samedi, mais c'est depuis ce soir qu'il pédale sans arrêt. Évidemment, dès qu'il a commencé à être en contrôle, il a essayé de rouler par dessus les bouts de bois dans la cour, entre les blocs de béton, à travers les trous. 

Vive les mini mecs :-)

mardi 23 mars 2010

Designer de brachiosaure

Cet après-midi, j'allais faire du bénévolat dans la classe d'Étienne. J'arrive pour 12h50, tel que prévu. Alors que les enfants se préparent pour un petit repos sur leur serviette, Mme Solange, la professeure, m'installe à une table et dépose devant moi des dizaines de rouleaux de carton vides, des boules de styromousse de grosseurs différentes, des ciseaux, de la colle, des assiettes en carton, du papier de soie. Elle me sort une grande affiche illustrant différents dinosaures, puis me dit:

- Il faut faire des cous pour 5 stégosaures, 5 brontosaures, 3 brachiosaures, 2 diplodocus, 3 tricératops et un pélorosaure. Votre première étape va être de déterminer comment vous allez faire les cous pour chaque dinosaure, et ensuite vous faites venir les enfants un à un pour qu'ils fassent comme vous. Pendant ce temps, je vais les aider à terminer les queues en papier mâché.

Ouf. Clairement, Madame Solange surestime mes capacités à designer des cous de dinosaures. Pendant une minute, je panique. Solidement. Puis je prends mon courage et je lui dis:

- C'est que moi, le bricolage, je veux bien aider, mais je suis pas très bonne.
- (Elle rit) Bah, vous pouvez pas être pire qu'un enfant de 6 ans!
- Euh... c'est encore drôle.

Voyant mon désespoir, elle me fait une mini-démonstration. Madame Solange, c'est la reine du bricolage. Avec un rouleau, deux balles, un petit casseau de fraise et une assiette, elle fait une maquette de tête de tricératops. C'est étonnamment ressemblant.

- Les autre sont faciles. Ça n'est que des grands cous avec des têtes au bout. Allez-y.

Ben oui. Des grands cous avec des têtes au bout. Quand on y pense, c'est évident, non? Alors j'ai fait des maquettes pour tous les autres types de dinosaures et j'ai aidé les enfants à faire leurs propres cous, qu'ils ont ensuite enduit de papier mâché. Enfin, commencé à enduire, parce que j'ai réalisé que faire du bricolage avec 19 enfants, c'est une tâche énorme qui demande une patience infinie et beaucoup de temps.

J'ai eu énormément de plaisir à pouvoir partager un peu la journée d'Étienne, à voir son environnement, à apprendre à connaître ses amis. Je me suis même amusée à faire ces bricolages.

Mais je suis surtout repartie avec une immense admiration pour cette femme, si douce et souriante, qui passe sa journée avec des enfants qui disent "Madame Solange" en moyenne aux 30 secondes, qui ont besoin d'aller aux toilettes, qui ont mal à la tête ou un petit bobo sur le bras, qui veulent raconter une histoire ou savoir quand ils pourront manger leur collation. Elle gère toutes ces interruptions avec patience, calme, bonne humeur, alors que j'étais si dépassée par mon boulot de designer de cous de dinosaures que je n'ai même pas pris une seule photo.

Elle m'a promis de m'inviter à nouveau, pour que je puisse prendre des photos. J'espère simplement que ça sera pour nettoyer les pinceaux.

dimanche 21 mars 2010

De Hawaï à la Thailande

12h10
C'est aujourd'hui que je m'y mets.

Il y a longtemps que je rêve de faire une soupe thaïlandaise aux crevettes. J'ai envie d'un défi dans chacune des recettes que j'essaierai et, cette fois, le défi est de trouver les ingrédients qu'il me faut, puisque le tamarin, la menthe vietnamienne et les feuilles de citronnier kaffir ne se retrouvent pas à mon IGA. Mon collègue de travail Bobby, vietnamien et grand chef cuisiner, m'a conseillé le marché Hawaï. J'y vais donc cet après-midi.

J'ai fait une recherche sur le web pour savoir à quoi ressemble le tamarin et les feuilles de citronnier kaffir, histoire d'avoir une petite idée de ce que je chercherai dans cette immense épicerie...

14h30-Marché Hawaï avec Mathilde.
L'épicerie est si différente de ce que je connais que j'ai un flash du Leader Price en Martinique. Mathilde adore: "Maman, on ne connait rien ici, c'est l'aventure, j'aime ça!" À force de se promener et de lire les petites étiquettes (quand elles sont traduites), nous trouvons ce que nous cherchons. Et je suis bien contente d'avoir fait mes devoirs ce matin: la plupart des fines herbes sont emballées dans un sac de plastique avec comme seule identification: légume vert. C'est qu'il y en a beaucoup des légumes verts ici, et je ne les connais pas tous...

18h00-Ma cuisine
L'angoisse de la nouvelle recette. Toujours, cette inquiétude que je vais peut-être tout rater. Pour enlever un peu de pression, j'avertis toute la famille que ce sera peut-être un échec total. "C'est pas grave, on mangera des œufs s'il le faut" dit mon mec. C'est bon, alors. J'y vais.

Première étape: Préparer le bouillon de la soupe. Faire revenir les têtes de crevettes dans la casserole est un peu déstabilisant, avec tous ces yeux qui me regardent. Mathilde craint d'ailleurs que la soupe goute les yeux de crevettes.

Couper tous ces ingrédients nouveaux est un bonheur de textures et d'arômes. Mathilde aime l'odeur de la citronnelle, qui lui rappelle celle du gingembre. Je suis particulièrement surprise par les feuilles de citronnier kaffir. Elles sont épaisses et brillantes et ont une odeur citronnée, rafraichissante, enivrante. Je rajoute tous ces ingrédients à mon bouillon, et je me retrouve avec un défi imprévu: je cuisine avec tant de nouveaux ingrédients que je ne sais pas trop comment les ajuster lorsque je goute le bouillon. Je le trouve à la fois épicé mais pas aussi gouteux que dans mon souvenir, mais je change quoi? Je décide de ne pas expérimenter pour cette fois et je m'en tiens à la recette. Le rajout de menthe, jus de lime et coriandre plus tard dans la cuisson aidera beaucoup.

Résultat: Mathilde goute mais n'aime pas, Étienne ne veut pas gouter, mon mec aime beaucoup (mais après insistance de ma part il m'avoue préférer celle de chez Tung qui, il faut le dire, est complètement délirante). Pour ma part, j'ai adoré ma soupe et je suis très fière de mon premier essai. Sortir de sa zone de confort n'est pas toujours facile. Mais c'était ô combien amusant :-)

Il m'en reste assez pour un lunch demain. Avis aux intéressés.

(Préparé en écoutant Cooking, Chansons pimentées pour cuisine épicée et 3 de Nouvelle Vague, en buvant un thé vert au jasmin)