Mardi soir, 18h10. Je suis en train de faire la file au collège pour inscrire les enfants à la natation. Je suis arrivée à 16h, j'ai la chance (!) d'être la 85e en ligne. Je reçois enfin l'horaire des cours, et je dois absolument parler avec mon mec pour prendre une décision. Évidemment, la batterie de mon cellulaire s'éteint. Merde. On appelle le numéro 35. Je descends deux étages à la course pour trouver le téléphone public. À force de chercher au fond de mon sac, je trouve 50 sous. J'appelle à la maison.
C'est occupé.
J'attends une minute, et j'essaie à nouveau.
Toujours occupé. Merde.
Personne n'aime parler au téléphone chez nous, à part Mathilde. À cette heure, elle est partie au soccer, alors je me dis que ça ne sera pas long. J'essaie à nouveau.
Encore occupé. Merde. Merde.
Je remonte deux étages à la course; on appelle le numéro 48. Je redescends en courant.
Pendant plus de presque 10 minutes, la ligne est toujours occupée. Je remonte. Je redescends. Je rappelle. Je commence à m'impatienter sérieusement. Finalement, ça sonne. Stéphan répond:
- Allo?
- C'est moi. (légèrement contrariée) J'essaie d'appeler depuis tout à l'heure, c'était toujours occupé!
- C'était Étienne.
- Étienne? Au téléphone depuis 10 minutes? Il parlait avec qui?
- Agathe.
- Agathe!?! (Jamais entendu parler d'Agathe).
- La nouvelle amie d'Étienne.
- Ah.
- Ils veulent se rejoindre au parc pour aller jouer au tennis.
- Au tennis?
- Au tennis.
Aller jouer au tennis. Au parc. Avec Agathe. À six ans. Ben coup donc.
Depuis, nous entendons parler d'Agathe à tous les jours. Mercredi, elle a donné à Étienne sa pierre la plus précieuse. Et hier, elle a insisté pour qu'il l'invite ce samedi à son party de fête. Étienne est ravi.
Mon petit mec est un don juan.