dimanche 29 novembre 2009

La route que nous suivons

Dernièrement, Étienne est allé jouer chez un nouvel ami. Le jour d'avant, il avait acheté avec ses sous un Neo Shifter, mélange de transformer, alien, et bonhomme légo full killer. Étienne a passé presque 2 heures à monter le bonhomme, et encore plus de temps à jouer avec. Il en était tellement fier qu'il voulait l'amener chez son nouvel ami. 

Mais, malgré le fait que je trouve le jouet très cool, il a tout de même un coté assez, disons, violent. Il a l'air très méchant, il a des armes, il tire des boulets, clairement il n'a pas été fait pour jouer à la poupée. 

Alors... j'ai refusé qu'Étienne l'amène chez son ami. Parce que j'avais peur du jugement de la maman d'Axel, que je ne connais pas. Peur qu'elle pense que j'élève mon enfant dans la violence, que je ne l'élève pas dans la paix. Peur qu'elle ne veuille pas que mon fils joue avec son fils. 

J'y repense encore, parce que la première chose qu'Étienne a dit en arrivant chez Axel, c'est: "Hey, maman! Regarde! Axel a le même Neo Shifter que moi." 

Ben oui, regarde donc. Il a aussi la même épée de G.I. Joe que toi. Et les mêmes super héros. 

Je vis très bien avec la façon dont j'élève mon fils. C'est un garçon presque stéréotypé tellement il aime les autos, les batailles, les légos, les trains, les bonshommes qui ont l'air méchant et ont envie de se battre. Laissé à lui-même, il trouve des bâtons qu'il transforme en épées, il joue à la bataille avec ses amis, mêmes les plantes qu'il arrache parfois dans mes plates-bandes deviennent des armes. Mais il est doux comme un agneau, n'a jamais frappé personne, est super affectueux et très gentil avec ses amis. Alors je n'hésite pas à lui offrir ces jouets qu'il aime tant, surtout lorsque je vois à quel point ils stimulent son imagination, à quel point il peut être concentré lorsqu'il doit les fabriquer. 

Mais je trouve complètement fou le fait que j'ai essayé de "cacher" ce jouet à cette maman. Que je n'arrive pas à m'assumer complètement. Que, même maintenant, je n'ai pas complètement confiance en mes décisions de mère. Que l'opinion de cette femme, que je ne connaissais même pas, était d'une certaine façon plus importante que mes propres valeurs. 

Il faudrait peut-être que je commence à m'assumer.

dimanche 15 novembre 2009

L'imagination débordante de Mathilde

Mathilde n'aime pas toujours son incroyable imagination parce qu'elle lui joue bien souvent des tours. La combinaison explosive de son imagination et de ses tendances anxieuses lui font passer des moments parfois bien difficiles. Ce fut le cas lorsqu'elle eut son vaccin dimanche dernier; elle a d'abord eu très peur du vaccin lui-même, convaincue qu'il serait incroyablement douloureux (ce ne fut pas le cas). Puis, après le vaccin, elle s'est mise à s'imaginer, en larmes, tous les effets secondaires potentiels du vaccin, convaincue qu'elle en souffrait. Nous avons réussi à la calmer, mais la soirée a été très difficile pour ma belle Mathilde, qui "déteste" son anxiété. Elle n'accepte pas très bien cet aspect de sa personnalité et s'en voulait de s'être laissée emporter par son imagination.

Mais cette imagination est aussi une force incroyablement positive dans sa vie, et je suis souvent impressionnée par ses créations diverses. Hier, en cherchant quelque chose à faire, elle a dit: "Éti! J'ai une bonne idée! On va prendre les boites en carton et on va faire une fusée!" (Stéphan venait de monter deux nouvelles chaises achetées chez Ikea, et les boites étaient dans le salon).

Voici le résultat:

Avec ordinateurs et GPS intégrés!

La conception et le montage sont d'elle. J'ai simplement fait les trous aux endroits demandés (histoire de préserver tous ses doigts). Étienne a aidé un peu, mais il a surtout joué (et fait son propre petit laptop).

Nous avons eu une longue discussion hier, où j'ai essayé de lui faire comprendre que c'était son imagination galopante dans les moments anxieux qui lui permettait aussi de créer des trucs aussi cools, aussi incroyables que cette fusée. Je ne sais pas si j'ai réussi à lui montrer que j'aime toutes ces parties d'elles, à la convaincre à quel point je la trouve géniale. Mais j'espère que j'ai réussi juste un tout petit peu, et qu'elle s'en souviendra lorsque son esprit dérivera vers le coté sombre de son imagination...

mardi 3 novembre 2009

Se rebeller contre les devoirs

La semaine dernière, je lisais un article sur un blog que j'adore, Free-Range Kids. L'auteure du blog, Lenore Skenazy, prône de redonner à nos petits une enfance où ils sont libres d'explorer, sans toutes ces règles de sécurité souvent exagérées qui font qu'ils n'ont plus la liberté d'être simplement des enfants. Ils devraient pouvoir jouer dehors, marcher ou prendre leur vélo pour aller à l'école, aller seuls à la bibliothèque ou au parc, sans être constamment chaperonnés. 

J'ai besoin de lire ces textes pour me rappeler de ne pas me laisser aller à la panique générale qui suggère de garder nos enfants à la maison afin qu'il ne leur arrive rien. Justement... il ne leur arrive rien. Ils n'ont donc jamais la chance de faire de simples choix, peut-être de petites erreurs, et ainsi apprendre à prendre de bonnes décisions. Et on s'attend pourtant à ce qu'ils soient aptes à faire de bons choix plus tard dans leur vie lorsque les conséquences sont plus importantes (par exemple, je fume ou non?), sans jamais leur avoir donné la chance de prendre de petites décisions. Mais je m'égare. 

Le blog était sur l'importance des devoirs, et un extrait m'a beaucoup troublée:
What struck me most about the real-life stories, though, was how many moms and dads are allowing hours and hours of homework eat up their children’s childhood—as if it just isn’t under their control. As a society it seems that we have forgotten how to be parents; we are letting “systems”—be it after-school sports, media, toy companies, or schools—parent for us. So next time your child sighs and lugs his/her backpack to the “well-lit, quiet homework space”, say, “Forget about it! Go outside! I’ll write you a note!”
Cet extrait m'a troublée, parce que je m'y suis reconnue. Je ne proteste jamais la quantité incroyable de devoirs de Mathilde cette année; elle passe pourtant facilement 1.5 heures par jour, après l'école, à faire des devoirs et leçons de toute sorte, sans compter les études qu'elle fait le week-end. Elle en devient fatiguée, découragée, démotivée. C'est normal... elle a 10 ans! Elle devrait pouvoir s'amuser un peu et non pas chercher 15 mots dans le dictionnaire qu'elle copie ensuite sans y porter aucune attention. 

Je ne sais pas si c'est la lecture de cet article (sûrement), ou le fait d'être d'une humeur massacrante hier à force d'être séquestrée à l'intérieur à cause d'une vilaine grippe (un peu), mais je me suis fâchée hier. Ou plutôt, j'ai décidé de protester. Mathilde devait étudier un gros examen de maths pour aujourd'hui, en plus de faire son devoir. J'ai décidé qu'on sautait le devoir. Elle a tout de même passé 2 heures à étudier son examen... alors j'ai écrit au prof que considérant le temps passé à étudier l'examen, il ne restait plus de temps pour faire le devoir. Et tant pis si elle n'est pas contente. 

J'ai aussi trouvé sur le blog de Mme Skenazy une critique très positive de Under Pressure de Carl Honoré, qu'on m'avait recommandé, qui prône aussi un retour à une enfance plus libre, moins organisée. Je l'ai réservé à la bibliothèque, et je vais le chercher cet après-midi, avant d'aller chercher les enfants à l'école. 

Ensuite, on profitera du fait que j'ai un peu retrouvé ma forme et qu'il fait super beau pour jouer dans les feuilles. 

Et tant pis pour les devoirs.

lundi 2 novembre 2009

Vieillir

Ce week-end, Stéphan et moi discussions de la qualité poétique de certains titres d'albums CDs québécois lorsqu'Étienne se mêle à la conversation: "Tu peux me les lire, papa? Qu'est-ce que ça veut dire?" 

Alors Stéphan lui lit et explique. Rendu à "La plus belle fille de la prison", Stéphan lui demande: "Tu sais que ce ça veut dire, la plus belle fille?" Et là, sans aucune hésitation, Étienne se retourne, me pointe du doigt et dit: "Ben, c'est elle." Quel bonheur dans mon coeur de maman, écrasée sur le fauteuil à cause d'une vilaine grippe. Ben oui, c'est moi. Qui d'autre? 

*** 

J'ai l'intention d'imprimer un jour ce blog et de le donner à mes enfants, pour qu'ils aient des souvenirs d'eux lorsqu'ils étaient petits, et pour qu'ils aient un peu idée de qui était leur maman. Je réalise que je parle moins de Mathilde que d'Étienne depuis quelques temps. Mathilde est maintenant rendue à un âge où ses confidences se font souvent avec la promesse de n'en parler à personne. Ses inquiétudes, intérêts ou rêves ne sont pas encore adolescents, mais ils ne sont plus enfants non plus. Notre relation tombe maintenant dans le domaine du privé...