Nous avons passé l'après-midi chez Ceramic Café hier, à la demande de Mathilde. J'ai trouvé fascinant de voir comme cette activité faisait ressortir la personnalité des enfants. Mathilde a choisi un très joli bol aux formes originales qu'elle a décoré de grandes fleurs multicolores aux lignes un peu floues. Le résultat est très réussi (en particulier son petit life is good au fond du bol), mais le processus fut intense. Elle poussait des cris de frustration lorsqu'elle n'arrivait pas au résultat voulu, se décourageait souvent, voulait tout abandonner puis se remettait au travail, en parlant beaucoup.
Son amie (qui a beaucoup de talent en dessin) a choisi une assiette sur laquelle elle a tracé avec précision le sigle du Canadien. Elle s'est appliquée, travaillait lentement mais sûrement, prenait souvent des pauses, souriait doucement. Le résultat est aussi très réussi, mais d'un style complètement différent du bol de Mathilde.
Quant à Étienne.... eh bien, il fut Étienne. Il a finalement choisi une assiette, après que j'aie refusé qu'il décore un énorme bibelot de singe, aussi inutile que dispendieux (25$!). Il ne voulait écouter aucune suggestion de notre part et a finalement fait une tête de mort noire sur son assiette qu'il avait d'abord peinte bleue. Puis il a rajouté son nom sur le rebord, mais en refusant d'utiliser le pinceau recommandé pour cette étape. Il a ensuite décidé de faire des fioritures rouges autour de son assiette. Puis, inspiré de ma petite tasse à thé, il a décidé de faire des signes japonais bruns un peu partout sur son assiette. Tout ça, très rapidement et sans aucun effort. Le résultat était... étonnant. :)
Conversation typique de cette journée:
- Étienne, si tu veux faire des lignes, tu devrais prendre ce pinceau plus petit, comme ça les lignes seraient plus droites.
- Non, c'est correct.
- Attends, ça dépasse de partout, je vais t'aider.
- Non, c'est correct comme ça, je vais le faire moi-même.
- Mais c'est tout croche!
- Oui, mais moi j'aime ça quand c'est tout croche!
J'ai finalement abandonné, ce qui fut une excellente décision pour mon état d'esprit. Étienne adore prendre ses propres décisions, faire les choses comme il en a envie. Il n'hésite jamais, ne se questionne jamais, fonce dans le tas et fait ce qui lui plait. Il a déjà tellement de règles à suivre, à la maison, à l'école, il peut bien peinturer son assiette tout croche s'il en a envie.
Pour ma part, j'ai eu un plaisir fou à peinturer une petite tasse de thé pour ma collection de tasses solitaires. J'ai adoré l'ambiance relax du café, les biscuits aux brisures de chocolat et l'espresso double à la mousse parfaite. J'y retournerai surement.
Je mets des photos en ligne dès que je récupère nos pièces!
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jeudi 4 août 2011
mardi 5 août 2008
Il est temps de redécouvrir mes horizons...
La semaine dernière, nous avons décidé à 17h30 d'aller souper au resto en famille. J'ai fait des réservations dans un restaurant vietnamien et nous sommes partis en voiture, direction Laurier/Avenue du Parc. Nous avons très bien mangé, bu un excellent Ravenswood (les adultes, évidemment :), rigolé en famille, puis marché jusqu'au Bilboquet prendre une crème glacée et sommes revenus à la maison vers 21h00.Banal, non? Et pourtant.
Lorsque nos enfants sont bébés, ils dorment n'importe où--poussette, sac ventral, sac à dos, banc d'auto--alors on peut continuer la plupart de nos activités habituelles: manger au restaurant sur un coup de tête, faire l'épicerie au petit marché, bouquiner à la bibliothèque, se balader sur St-Denis, aller sur le Mont-Royal avec une copine, faire de longues randonnées difficiles, ou même aller au Japon si ça nous tente.
Puis ils grandissent et n'ont plus envie d'être spectateurs. C'est particulièrement le cas quand on a des enfants comme les miens, explorateurs, curieux, participants-nés, qui ont refusé la poussette ou le rôle de passager dès qu'ils ont appris à se déplacer d'eux-mêmes. Finies les sorties improvisées au resto, à moins d'aller au St-Hubert; les longues randonnées se transforment en petites marches déambulatoires de 1 à 2 km; les voyages deviennent plus limités (marcher pendant des heures n'est plus possible); le camping avec voiture remplace le camping sauvage.
Bien qu'elles limitent nos activités, les premières années avec nos enfants nous apportent de grands bonheurs; voir son enfant découvrir le monde--et par le fait même le redécouvrir à travers ses yeux--vaut évidemment beaucoup plus qu'un sommet atteint ou un voyage de canot-camping. Mais il nous faut tout de même mettre certains rêves, certains projets de coté pour laisser aux enfants toute la place dont ils ont besoin.
Je réalise qu’avec les enfants j’ai appris à vivre le moment présent. Entre l’école, le soccer, la garderie, les complications de santé d’Étienne, les devoirs, le piano, la maison, le sous-sol qui déborde, l’épicerie, le lavage, je suis souvent en mode survie. J’ai la tête remplie de préoccupations pratiques: que mangera-t-on pour souper, est-ce que j'ai rempli les formulaires pour l'école, Éti va bientôt manquer de médicaments, ai-je lavé les habits de Mathilde pour son match intercité ce soir, et j'en passe. La to-do liste qui trotte dans ma tête est d'une longueur inquiétante, me laissant peu de place pour autre chose.
L’avantage est que je réussis beaucoup à trouver mon bonheur dans les petits moments de la vie avec mes enfants. J'adore faire rigoler Étienne; son rire est tellement vrai, tellement contagieux qu'on voudrait le chatouiller toute la journée, juste pour l'entendre encore. Discuter avec Mathilde est étonnant et fascinant: Je vois parfois percer l'adolescente, l'adulte qu'elle sera, et je suis souvent émue. Je travaille fort aussi à trouver des moments pour moi, des petits bonheurs quotidiens, pour jardiner, écouter ma musique, lire, écrire, courir.
Mais je réalise aussi que j'ai cessé de rêver. Je vis tellement au quotidien que j'ai oublié qu'un jour il y aura à nouveau de la place pour mes grands rêves que j'ai depuis si longtemps mais que j'ai laissé de coté: voyages de randonnée en Patagonie et Alaska, voyage littéraire en Grande-Bretagne, randonnées de plusieurs jours aux États-Unis, voyage de vélo à travers les vignobles français, voyage romantique en Italie dont Stéphan et moi parlons depuis si longtemps.
J'ai de nouveaux rêves aussi: faire des demi-marathons un peu partout dans le monde, avoir une vieille maison de campagne près de l'eau avec un immense jardin et une pièce à moi remplie de plantes, me remettre au piano. Je dois recommencer à rêver, à redécouvrir mes horizons puisque le jour viendra où je pourrai les réaliser...
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Alors, curieusement, la possibilité de décider sur un coup de tête d'aller en famille souper sur Laurier et de marcher jusqu'au Bilboquet, un dimanche soir, n'est plus si banale.
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