À 6 ans, Étienne n'a toujours pas perdu une seule dent, mais il a perdu une quantité industrielle de mitaines. Au point où nous lui avons posé un ultimatum en novembre, alors qu'il ne nous restait qu'une seule paire complète: À la prochaine mitaine perdue, on allait attacher ses mitaines avec une corde. La menace a été très efficace ("Non! pas une corde comme un bébé!"), et il n'a plus perdu de mitaines depuis. De plus, l'école a fait un ménage monstre pendant les fêtes, et un tas de mitaines seules se sont retrouvées aux objets perdus, dont deux appartenant à Étienne.
Mardi, Étienne perd une mitaine, la première depuis longtemps. "Mais maman, j'en ai deux autres paires à la maison, je vais faire attention, pas de corde, svp!" J'accepte.
Conversation dans la voiture hier:
- Tu as eu une belle journée, Éti?
- Oui, mais je dois te dire quelque chose.
Je regarde par le rétroviseur. Il ne sourit pas.
- Quoi?
- Ben, j'ai encore perdu une mitaine.
- Ah non! Pour vrai?
- Oui.
Il a l'air vraiment penaud... mais il me semble voir une certaine étincelle dans ses yeux.
- Montre-moi tes mains.
- Pourquoi?
- Je veux voir tes mitaines.
- Tadah!
Il me montre ses deux mains, il a bien ses deux mitaines.
- C'était une blague! Je suis un sacré farceur, hein maman?
Un sacré farceur? Je pense surtout qu'il lit trop de petit Nicolas.
jeudi 24 février 2011
dimanche 20 février 2011
Un vent de changement
Jeudi, 17h30, je suis dans le train en direction Lachine. J'écris dans mon petit cahier. Je reviens d'un saut au 5 à 7 du bureau, tout juste le temps de prendre une Kilkenny.
Ça peut sembler banal comme histoire, mais la situation est un peu inhabituelle, parce que j'ai pu aller au 5 à 7 non pas parce que Stéphan est celui qui est rentré plus tôt aujourd'hui, mais parce que Mathilde gardait son frère. Depuis janvier, Mathilde rentre à la maison après l'école, et je vais chercher Éti au service de garde un peu plus tard. Ce soir, ma voisine a ramené Éti de l'école, et c'est Mathilde qui le garde. Je sais qu'il est arrivé, car ils m'ont appelée il y a quelques minutes: "Allô maman! Éti est arrivé, il veut te parler" "Allô maman! Je te donne un gros câlin, à tantôt!"
C'est un sentiment très étrange. D'un coté, j'apprécie beaucoup cette nouvelle liberté. J'ai l'impression qu'un monde s'ouvre à moi, que j'entre dans une nouvelle ère. Stéphan et moi pourrons peut-être même aller voir Incendies au cinéma, tiens.
Mais en même temps, j'ai tellement hâte d'arriver à la maison que ça me démange. Pendant le 5 à 7, les amis--contents que j'y assiste pour une fois--insistaient pour que je reste un peu plus longtemps, que je prenne le train suivant. Mais je leur ai dit que je ne voulais pas abuser de la première fois, que je voulais laisser à Math la chance de s'habituer à son nouveau rôle tranquillement.
Mais je réalise que ça n'est pas Mathilde qui a besoin de s'habituer.
C'est moi.
Ça peut sembler banal comme histoire, mais la situation est un peu inhabituelle, parce que j'ai pu aller au 5 à 7 non pas parce que Stéphan est celui qui est rentré plus tôt aujourd'hui, mais parce que Mathilde gardait son frère. Depuis janvier, Mathilde rentre à la maison après l'école, et je vais chercher Éti au service de garde un peu plus tard. Ce soir, ma voisine a ramené Éti de l'école, et c'est Mathilde qui le garde. Je sais qu'il est arrivé, car ils m'ont appelée il y a quelques minutes: "Allô maman! Éti est arrivé, il veut te parler" "Allô maman! Je te donne un gros câlin, à tantôt!"
C'est un sentiment très étrange. D'un coté, j'apprécie beaucoup cette nouvelle liberté. J'ai l'impression qu'un monde s'ouvre à moi, que j'entre dans une nouvelle ère. Stéphan et moi pourrons peut-être même aller voir Incendies au cinéma, tiens.
Mais en même temps, j'ai tellement hâte d'arriver à la maison que ça me démange. Pendant le 5 à 7, les amis--contents que j'y assiste pour une fois--insistaient pour que je reste un peu plus longtemps, que je prenne le train suivant. Mais je leur ai dit que je ne voulais pas abuser de la première fois, que je voulais laisser à Math la chance de s'habituer à son nouveau rôle tranquillement.
Mais je réalise que ça n'est pas Mathilde qui a besoin de s'habituer.
C'est moi.
mercredi 16 février 2011
Compliment ultime
Depuis que mes enfants sont nés, je fais ce que tous les livres disent de ne jamais faire: je prépare souvent un repas différent pour les enfants. Il y a plusieurs raisons pour lesquelles j'ai été aussi imparfaite. D'abord j'ai des enfants qui ont été très difficiles dès qu'ils ont commencé à manger. Pendant longtemps, Étienne n'a accepté de manger que des poivrons et des concombres comme légumes. Puis on a découvert l’intolérance d'Étienne aux produits laitiers. Puis il y a eu son reflux assez aigu, l’empêchant de manger des aliments acides comme les tomates.
Mais surtout, il y a eu un grand égoïsme derrière tout ça. Je n'avais pas envie de compromettre mes repas pour les rendre plus facile à aimer pour les enfants. Je n'aime pas le pâté chinois. Et j'en ai marre du spaghetti sauce à la viande. Je ne voulais pas arrêter de manger des crevettes parce que mes enfants ne pouvaient en manger avant l'âge de 5 ans (allergies potentielles obligent). J'ai donc continué à faire des sautés aux crevettes à la marocaine, des pennes arrabiata bien épicés ou encore des fondues au fromage. Bien sûr, plusieurs de nos repas étaient communs. Mais lorsque j'avais envie d'un repas qu'ils n'aimeraient pas, ce qui arrivait assez souvent, je ne me battais pas avec eux, je leur préparais des pâtes avec des crudités. Ils en ont mangé des pâtes!
Je me suis souvent sentie coupable, parce que je ne les obligeais pas à manger ce qu'il y avait dans mon assiette. Parce que je leur "passais leurs caprices" comme on m'a déjà dit. Parce que j'allais les ruiner à vie en ne les exposant pas dès leur jeune âge à plein de nouveaux aliments. Mais bon. Je suis paresseuse. Et gourmande. J'ai choisi mes batailles.
Mais le vent commence à tourner. Depuis quelques temps, Mathilde demande à goûter notre repas. Et souvent, après quelques bouchées, elle me dit: "Je peux manger la même chose que vous la prochaine fois?"
Ça me fait si plaisir.
Il reste Étienne.
J'ai refait ce soir le poulet à la citronnelle de la semaine dernière, cette fois sur un riz à la noix de coco. Étienne, peut-être le plus difficile des petits garçons du monde, a non seulement terminé son assiette en un temps record, il a aussi ajouté: "Maman, c'est vraiment bon! C'est presque mon repas préféré! C'est presque aussi bon que des hot-dogs!"
Il y a de l'espoir. Je pense.
Mais surtout, il y a eu un grand égoïsme derrière tout ça. Je n'avais pas envie de compromettre mes repas pour les rendre plus facile à aimer pour les enfants. Je n'aime pas le pâté chinois. Et j'en ai marre du spaghetti sauce à la viande. Je ne voulais pas arrêter de manger des crevettes parce que mes enfants ne pouvaient en manger avant l'âge de 5 ans (allergies potentielles obligent). J'ai donc continué à faire des sautés aux crevettes à la marocaine, des pennes arrabiata bien épicés ou encore des fondues au fromage. Bien sûr, plusieurs de nos repas étaient communs. Mais lorsque j'avais envie d'un repas qu'ils n'aimeraient pas, ce qui arrivait assez souvent, je ne me battais pas avec eux, je leur préparais des pâtes avec des crudités. Ils en ont mangé des pâtes!
Je me suis souvent sentie coupable, parce que je ne les obligeais pas à manger ce qu'il y avait dans mon assiette. Parce que je leur "passais leurs caprices" comme on m'a déjà dit. Parce que j'allais les ruiner à vie en ne les exposant pas dès leur jeune âge à plein de nouveaux aliments. Mais bon. Je suis paresseuse. Et gourmande. J'ai choisi mes batailles.
Mais le vent commence à tourner. Depuis quelques temps, Mathilde demande à goûter notre repas. Et souvent, après quelques bouchées, elle me dit: "Je peux manger la même chose que vous la prochaine fois?"
Ça me fait si plaisir.
Il reste Étienne.
J'ai refait ce soir le poulet à la citronnelle de la semaine dernière, cette fois sur un riz à la noix de coco. Étienne, peut-être le plus difficile des petits garçons du monde, a non seulement terminé son assiette en un temps record, il a aussi ajouté: "Maman, c'est vraiment bon! C'est presque mon repas préféré! C'est presque aussi bon que des hot-dogs!"
Il y a de l'espoir. Je pense.
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