samedi 27 février 2010

Mémoire musicale

Ce matin, samedi tranquille, tout le monde s'occupe doucement. Mathilde dessine avec Audrey et Étienne en bas, Stéphan prend sa douche en haut. Je déjeune, j'ai envie de musique. Je regarde les CDs, j'hésite. Et je le vois. Contra de Vampire Weekend. 

Je souris. 

Contra est l'album des vacances. J'ai un peu fait exprès. C'est le seul CD que j'avais apporté en vacances, de façon préméditée. Je l'avais acheté quelques jours avant de partir et, dès la première écoute, j'ai su qu'avec ses influences africaines, world beat, funk c'était une musique idéale pour les vacances. Alors je l'ai mis de coté. Et lorsque nous nous sommes avancés sur la N5 avec la voiture de location, j'ai mis Contra. 

C'était parfait. 

Nous l'avons écouté toute la semaine pendant nos déplacements. Assez souvent pour s'imprégner de l'album, mais pas assez pour s'en lasser. Et lorsque nous sommes revenus, je l'ai mis de coté sans trop y penser. 

Je l'ai remis ce matin. Dès le début d'Horchata, la première chanson de l'album, Stéphan descend, se met à danser avec un grand sourire: "Tu t'en souviens?" Et il me raconte les images que la musique lui rappelle. Puis Mathilde monte: "Maman, c'est la musique des vacances!" La maison prend un air de fête pendant un moment. 

Depuis, je me reprends à chanter "he was a diplomat's son" en souriant, avec l'impression que je n'ai qu'à ouvrir la porte pour retrouver le bonheur des vacances.

mercredi 24 février 2010

"Ma place dans la vie"

Cette semaine, Mathilde a un sujet d'étude qui me passionne: la poésie. Nous révisons toujours ses devoirs et leçons ensemble, et j'ai beaucoup de difficulté à m'exciter pour l'histoire du Québec au 18e siècle ou la composition du sous-sol des régions géologiques québécoises. Mais la terminologie des poèmes, les figures de style, la différence entre les sonnets et les haïkus m'ont tellement enchantée que j'ai pu partager ma passion avec elle.

Hier soir, je lui ai composé des poèmes pour illustrer tous ces termes qu'elle devait apprendre par cœur mais ne comprenait pas (elle a bien aimé mon petit haïku improvisé: Ma jolie Titi / Des devoirs de poésie / En un mardi gris). Elle s'est ensuite amusée à écrire en vers libres (un des termes à apprendre et un de mes styles de poésie préférés) des petits poèmes selon un titre que je lui donnais. Elle m'en a montré quelques uns, tous très joyeux, et a continué à en écrire tranquillement au bout de la table jusqu'à l'heure du dodo.

Ce soir, j'ai ramassé la feuille qu'elle avait laissée sur la table. J'ai été très touchée par les poèmes qu'elle avait composés hier. (Je les avais d'abord reproduit ici mais, même si j'avais eu sa permission, je les trouvais trop personnels pour les exposer publiquement.) Mathilde est une enthousiaste de la vie douée pour le bonheur, mais elle est aussi une grande inquiète qui apprend tranquillement à vivre avec ses inquiétudes. Elle a une étonnante capacité à identifier et exprimer ses émotions, surtout pour une petite fille de son âge. Et elle avait utilisé la poésie pour exprimer ses inquiétudes, ses doutes avec une justesse, une perspicacité qui m'ont bouleversée. Je garderai ses poèmes précieusement.

J'ai particulièrement aimé celui-ci:
Des fois, j'ai l'impression
Que j'ai de la misère à trouver ma place dans la vie
Ma place est bien cachée
Comme trouver un élastique dans le noir

Malgré ses doutes, j'ai la conviction qu'elle trouvera sa place bien à elle dans la vie. Et que cette place sera aussi extraordinaire que l'est ma petite fille adorée.

mercredi 3 février 2010

Le pouvoir de la lecture

Dimanche dernier, au déjeuner, je bois tranquillement mon café en lisant mon journal. Mathilde m'approche: "Maman, je veux faire un site web pour sauver la planète."

Pardon?

Elle a lu, semble-t-il, un Max et Lili sur l'environnement. Et Lili a mis sur pied un club pour sauver la planète, qui porte le très cool nom de "verts de terre". Alors Mathilde veut partir son propre club, créer un site web, faire des affiches, vendre des trucs écolo pour ramasser des sous pour Haiti (on mélange un peu les causes ici ;-). Pendant plusieurs minutes elle m'a raconté tous ses plans. La première étape: Trouver un nom au club. L'idée d'Étienne (les "g-forces de la planète") a rapidement été éliminée. Mais elle allait y penser avec son amie Audrey.

Il n'y a pas eu de développement depuis. Rien ne ressortira peut-être de tout cela, mais pendant quelques jours, grâce à un livre, Mathilde aura eu l'impression qu'elle et ses amis pouvaient sauver la planète.

C'est déjà beaucoup.

***

C'est la deuxième fois en quelques semaines que je suis surprise par l'impact d'une lecture sur notre perception du monde. Ça ne fait que renforcer cette idée qui me trotte dans la tête depuis quelques temps...