Hier soir, en ouvrant mon cellulaire, je découvre un message texte dans mes brouillons, écrit par Mathilde un peu plus tôt (les enfants aiment bien prendre mon cellulaire et écrire des messages textes dans mes brouillons):
Poème
Argent
argent
argent
argent
pourquoi?
Pour rien
Nous avons beaucoup de discussions sur l'argent ces jours-ci. Mathilde n'a qu'une obsession depuis quelques temps: Avoir un téléphone cellulaire. Et pas n'importe quel. Elle en veut un avec plein de gadgets, un grand écran (tactile, évidemment) et tous les services possibles: internet, textos, emails, etc.
Évidemment, il n'est pas question que nous lui en achetions un. Ni Steph ni moi ne payons pour un cellulaire (le mien est fourni par le boulot), et je trouve tout à fait farfelu qu'une petite fille de 11 ans ait son propre téléphone. Mais elle en rêve. Elle peut passer une heure à les étudier sur le web, à prendre des notes sur les fonctions qui l'intéressent, sur les modèles qu'elle trouve beaux.
Elle a donc décidé qu'elle devra se payer elle-même ce téléphone. Comme elle ne peut encore travailler ("maman, est-ce qu'il y a une section dans le journal avec des emplois pour les filles de mon âge?"), elle a offert de prendre une certaine partie de nos tâches en échange d'une légère rémunération. Nous avons accepté. Elle ne fera jamais assez d'argent pour pouvoir se payer ce cellulaire (et je suis toujours contre l'idée d'un cellulaire à son âge, qu'elle se le paye ou non), mais je crois qu'il y a une certaine valeur dans cette exercice. Que cela lui permettra de comprendre que l'argent durement gagné n'est pas facile à dépenser.
Qui sait.
vendredi 27 mai 2011
Étienne et le dentiste
Étienne a une relation particulière avec le dentiste. Dès son premier rendez-vous, lorsqu'il était tout petit, il était incroyablement relax. Il s'installait dans la chaise, prenait une respiration, et devenait... tout mou. À chaque fois, l'hygiéniste passait la remarque: "Comme il est drôle, lui! J'en n'ai pas beaucoup des comme ça!" Et ça n'est pas qu'il aime le dentiste.
Mais cet état de relaxation a atteint un autre niveau mardi, alors qu'il était chez le dentiste pour faire réparer deux caries. Le début a été plus difficile, alors que la piqure pour geler la gencive lui a fait un peu mal, et qu'il n'aimait pas du tout le sentiment d'anesthésie locale. "J'aime pas ça maman, c'est tout gluant ma joue!" Mais encore une fois, lorsque le dentiste a commencé la réparation (qui allait durer 30 minutes), il a repris son état relax.
Tellement relax... qu'il s'est endormi :)
Il est vraiment drôle mon petit mec.
Mais cet état de relaxation a atteint un autre niveau mardi, alors qu'il était chez le dentiste pour faire réparer deux caries. Le début a été plus difficile, alors que la piqure pour geler la gencive lui a fait un peu mal, et qu'il n'aimait pas du tout le sentiment d'anesthésie locale. "J'aime pas ça maman, c'est tout gluant ma joue!" Mais encore une fois, lorsque le dentiste a commencé la réparation (qui allait durer 30 minutes), il a repris son état relax.
Tellement relax... qu'il s'est endormi :)
Il est vraiment drôle mon petit mec.
vendredi 20 mai 2011
Souffrir pour apprendre
Mercredi dernier, Mathilde a failli perdre son iPod. En fait, dans sa tête, pendant une dizaine de minutes, elle l'avait perdu. Elle l'avait apporté au marcheton de l'école et l'avait mis dans la poche de son kangourou, mais lorsqu'elle est revenue dans sa classe, elle a réalisé qu'elle ne l'avait plus.
J'étais encore au parc où avait eu lieu le marcheton quand mon cellulaire sonne, indiquant un appel de l'école. Je réponds. C'est Mathilde, en larmes: "Maman! J'ai perdu mon iPod! Peux-tu le chercher dans le parc?" Pendant 10 minutes j'ai cherché, avec Mathilde toujours au téléphone, sans succès. J'ai fait le tour de tous les arbres, demandé à une des organisatrices, regardé sous les bancs. Rien.
Finalement, alors que je dis à Mathilde que je n'ai pas trouvé son iPod, une autre bénévole m'arrête: "Vous avez perdu un iPod? On en a retrouvé un!" C'était celui de Mathilde. Immense soupir de soulagement au téléphone: "Ah maman, si tu savais comme je me sens mieux! Je vais y faire attention à partir de maintenant!"
Elle savait qu'elle ne devait pas l'apporter à l'école. Elle savait aussi qu'elle devait y faire très attention. Nous lui avions dit tout ça, tant de fois. En tant que parent, on peut donner à nos enfants tous les conseils du monde, leur partager toutes nos connaissances, notre expérience. Mais ça rentre par une oreille et ça sort par une autre. Ça n'est pas de la mauvaise volonté de leur part. Ça ne veut simplement rien dire.
Jusqu'à ce que pendant 10 minutes on est convaincue d'avoir perdu son iPod.
Est-ce donc qu'une forme de souffrance est nécessaire pour apprendre, pour avoir un peu d'expérience? On dirait que oui. Combien de fois ai-je dit à Étienne de ne pas monter debout sur le bout du divan? Il aura fallu qu'il tombe et se fasse mal pour enfin ne plus recommencer.
Mais ça nous semble tellement contre-intuitif en tant que parent, alors qu'on essaie de constamment minimiser la souffrance de nos enfants. On ne veut pas qu'ils soient tristes. On ne veut pas qu'ils se blessent. On ne veut pas qu'ils soient malheureux. On les protège tellement qu'on les empêche peut-être d'expérimenter des situations peut-être un peu plus douloureuses, mais qui les aideraient à apprivoiser tranquillement les moments plus difficiles de la vie.
Pas toujours facile d'être parent.
J'étais encore au parc où avait eu lieu le marcheton quand mon cellulaire sonne, indiquant un appel de l'école. Je réponds. C'est Mathilde, en larmes: "Maman! J'ai perdu mon iPod! Peux-tu le chercher dans le parc?" Pendant 10 minutes j'ai cherché, avec Mathilde toujours au téléphone, sans succès. J'ai fait le tour de tous les arbres, demandé à une des organisatrices, regardé sous les bancs. Rien.
Finalement, alors que je dis à Mathilde que je n'ai pas trouvé son iPod, une autre bénévole m'arrête: "Vous avez perdu un iPod? On en a retrouvé un!" C'était celui de Mathilde. Immense soupir de soulagement au téléphone: "Ah maman, si tu savais comme je me sens mieux! Je vais y faire attention à partir de maintenant!"
Elle savait qu'elle ne devait pas l'apporter à l'école. Elle savait aussi qu'elle devait y faire très attention. Nous lui avions dit tout ça, tant de fois. En tant que parent, on peut donner à nos enfants tous les conseils du monde, leur partager toutes nos connaissances, notre expérience. Mais ça rentre par une oreille et ça sort par une autre. Ça n'est pas de la mauvaise volonté de leur part. Ça ne veut simplement rien dire.
Jusqu'à ce que pendant 10 minutes on est convaincue d'avoir perdu son iPod.
Est-ce donc qu'une forme de souffrance est nécessaire pour apprendre, pour avoir un peu d'expérience? On dirait que oui. Combien de fois ai-je dit à Étienne de ne pas monter debout sur le bout du divan? Il aura fallu qu'il tombe et se fasse mal pour enfin ne plus recommencer.
Mais ça nous semble tellement contre-intuitif en tant que parent, alors qu'on essaie de constamment minimiser la souffrance de nos enfants. On ne veut pas qu'ils soient tristes. On ne veut pas qu'ils se blessent. On ne veut pas qu'ils soient malheureux. On les protège tellement qu'on les empêche peut-être d'expérimenter des situations peut-être un peu plus douloureuses, mais qui les aideraient à apprivoiser tranquillement les moments plus difficiles de la vie.
Pas toujours facile d'être parent.
dimanche 8 mai 2011
Toute vérité est bonne à dire... ou presque
Étienne est dans la cour arrière en train de perfectionner sa dernière invention: une immense catapulte bâtie avec des planches trouvées derrière le cabanon. Le résultat est impressionnant: Une grande planche en bois est en équilibre sur d'autres morceaux de bois. À un bout, il y a la glissade, à l'autre bout est posté un petit bonhomme de Batman, attendant patiemment son ascension vers le ciel. Étienne monte sur la glissade et saute avec enthousiasme sur un bout de la planche. Batman lève si haut qu'il dépasse amplement la toiture de la maison. Étienne ramasse son bonhomme et reprend le manège. Sans arrêt.
Stéphan passe le voir.
- Papa?
- Oui?
- Tu sais tes planches... disons que si peut-être j'en avais brisé une, est-ce que tu serais fâché?
- Les planches qui étaient derrière le cabanon?
- Oui.
- Non, je ne serais pas fâché.
- Pas du tout?
- Non.
- Alors j'ai quelque chose à te dire.
- Ah oui? Je me demande bien quoi.
- Ben, j'ai comme accroché la planche et elle est toute cassée.
Il la montre à Stéphan. Elle est vraiment amochée.
- Mais c'est pas grave, hein?
- Non, c'est pas grave.
- C'est bien que je dise la vérité, hein?
- Oui, c'est très bien.
- Moi je dis toujours la vérité.
Tout est relatif. :)
Stéphan passe le voir.
- Papa?
- Oui?
- Tu sais tes planches... disons que si peut-être j'en avais brisé une, est-ce que tu serais fâché?
- Les planches qui étaient derrière le cabanon?
- Oui.
- Non, je ne serais pas fâché.
- Pas du tout?
- Non.
- Alors j'ai quelque chose à te dire.
- Ah oui? Je me demande bien quoi.
- Ben, j'ai comme accroché la planche et elle est toute cassée.
Il la montre à Stéphan. Elle est vraiment amochée.
- Mais c'est pas grave, hein?
- Non, c'est pas grave.
- C'est bien que je dise la vérité, hein?
- Oui, c'est très bien.
- Moi je dis toujours la vérité.
Tout est relatif. :)
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