vendredi 22 mai 2009

Un été tout en soccer

Ca y est, le soccer est recommencé à temps plein. Mathilde joue dans l'équipe intercité, ce qui implique des pratiques tous les lundis soirs à 18h30 et des matchs (à Lachine ou ailleurs sur l'île) tous les mercredis à 18h30. Étienne commence sa première saison de soccer; ses pratiques sont... tous les lundis et mercredis à 18h30. :-) L'été sent le soccer... 

J'étais très contente que Mathilde soit choisie pour l'équipe intercité encore cette année, mais j'étais aussi craintive. Pour une raison que j'ignore, je prends ça très à coeur. Souvent l'an dernier je la voyais prendre ça très relax sur le terrain, et je trouvais ça difficile. Pourquoi? Je ne sais pas. Mais je me demande souvent quel doit être notre role de parent. Doit-on pousser nos enfants à se dépasser? Ou les laisser aller, sans jamais les pousser? Je ne veux pas la stresser, mais je crois aussi qu'elle doit apprendre l'importance de faire des efforts, surtout lorsqu'on fait partie d'une équipe de compétition. 

Je suis en train de lire un excellent bouquin sur le sujet (Positive Pushing), qui m'aide beaucoup à prendre du recul. Mathilde adore le soccer, et c'est ce qui compte. Mais j'ai bien aimé une partie du livre qui parle de practical ownership: l'importance de bien faire une activité lorsqu'elle est importante pour nous, d'y mettre les efforts nécessaires, non pas pour gagner ou être le meilleur mais simplement pour la satisfaction envers soi-même. Être fière de soi. 

Dimanche dernier, elle avait une partie hors-concours. Dans l'auto, nous avons discuté elle et moi de son objectif du match. Elle ne savait pas trop, alors je lui ai suggéré deux objectifs: s'amuser et avoir les joues rouges d'effort à la fin de la partie. Elle trouvait que c'était une bonne idée et avait envie d'essayer.  
Le résultat a été génial. Parce qu'elle s'est forcée, elle a très bien joué, ce qui fait que son coach l'a fait jouer plus souvent (comme il manquait une fille), ce qu'elle aime beaucoup. Elles ont perdu le match, mais Mathilde a reçu des félicitations de ses coachs, qui avaient remarqué comme elle fonçait maintenant sur le ballon. Lorsque nous sommes rentrées dans l'auto, je lui ai demandé: "Alors? Tu es fière de toi?" 

Le sourire qu'elle a fait! Elle était si contente! J'ai tout de suite sorti mon téléphone pour prendre une photo:
Pour moi, tout est là, tout est dans ce sourire et ces yeux brillants. Non pas le désir de la victoire, mais le plaisir du jeu, la satisfaction personnelle, cette fierté dans ses yeux. 

*** 

Mercredi dernier, 18h30, nous sommes en route Éti et moi pour sa première pratique de soccer. Il en parle depuis l'été dernier et trouve injuste que sa soeur joue alors qu'il ne peut pas. Il comptait même les dodos avant sa première pratique. Il était très excité, mais j'étais légèrement inquiète. Étienne joue parfois au soccer avec Mathilde et ses copines, mais il utilise souvent la technique du petit-garçon-qui-manipule-les-grandes pour avoir ce qu'il veut: lorsqu'il n'a pas le ballon, il peut se lancer par terre, se mettre à pleurer, faire des mini crises ou tout simplement prendre le ballon dans ses mains et partir en courant. 

Ça marche avec les filles, mais je pouvais juste imaginer le spectacle avec 20 petits garçons de son age. Voici donc notre conversation dans l'auto: 

Moi: Il y a deux choses qu'il ne faut pas faire au soccer. 
Éti: Quoi? 
Moi: On ne peut pas prendre le ballon dans ses mains. 
Éti: Ze sais (il sait toujours tout :). Zuste si il est sorti du terrain. 
Moi: Oui. 
Éti: Ou si tu es le gardien de but. Moi ze vais être le gardien de but. 
Moi: Oui, c'est vrai. Mais il n'y a pas de gardien de but dans ton équipe. 
Éti: Quoi? Alors ze vais pouvoir faire plein de buts? 
Moi: Oui. Aussi, tu ne peux pas pleurer quand tu n'as pas le ballon. 
Éti: Ze sais. De toute façon, ze cours super vite alors ze vais toujours avoir le ballon. 
Moi: Ouen, peut-être. Mais si ça arrive, il ne faut pas pleurer pour ça. 
 Éti: Ze sais. Ze peut pleurer zuste si ze me fais mal. 
Moi: Juste si tu te fais mal pour vrai. 
Éti: Zuste si ça saigne. 
Moi: Voilà. 
Éti: Mais.. si un autre petit garçon a un ciseau et qu'il me découpe, là je peux pleurer? 
Moi: ... Euh, oui. Là tu peux. 

Finalement, ça n'était pas vraiment une pratique, c'était seulement la remise des chandails. Nous sommes donc allés voir Mathilde jouer (et gagner! Yeah!) son premier match de la saison. Mais Étienne a tout de même passé la soirée en uniforme... :-)

 

mardi 19 mai 2009

Petit Étienne deviendra grand

 Ce matin, Étienne et moi avons visité "son" école, là ou il ira en septembre. Il a tellement hâte qu'il en parle souvent. Il était en fait très déçu ce matin lorsque je lui ai expliqué que je le reconduirais à la garderie après la visite, parce qu'il avait compris qu'il commençait l'école ce matin, "pour vrai". Comme ça, sans aucune autre préparation. Il est vraiment prêt. Moi... c'est une autre histoire :) 


La visite était simple; pendant que les parents assistaient à une séance d'information, les enfants faisaient un bricolage avec une éducatrice. La directrice nous a expliqué que l'objectif était en fait d'observer les enfants pour essayer de mieux les distribuer dans les différentes classes en septembre. Comme l'activité principale était le coloriage, j'ai bien peur qu'Étienne soit déjà recalé. Il peut chanter toute la trame sonore des Choristes, reconnaît mes disques à la pochette et sait quelle chanson il préfère ("Franz Ferdinand! Moi j'aime la 2 et la 4!"), est un king des télécommandes et du Xbox, me bat parfois aux dames et souvent à Uno, mais il dessine et colorie comme un enfant de 3 ans légèrement déficient. Enfin. L'important est qu'il a eu beaucoup de plaisir et qu'il a bien hâte de commencer. 

J'ai un peu le coeur gros, mais j'étais rassurée de voir que les autres enfants sont aussi petits que lui, qu'ils sont aussi encore un peu des bébés... Mais je sens que ce sera difficile pour moi en septembre. Je voudrais bien qu'il reste toujours mon petit garçon...



***

Image du futur?

Étienne a le droit de jouer au Xbox le week-end seulement; il attend donc le vendredi impatiemment. Il n'est plus autant accro qu'il l'était au début, mais c'est quand même un moment qu'il aime beaucoup. Vendredi dernier, Mathilde soupait chez la voisine, Étienne avait terminé son repas, et Stéphan et moi profitions de la bouteille de vin du vendredi (à chacun ses dépendances :) lorsqu'il est disparu quelques minutes. Au bout d'un moment, je me suis retournée et je l'ai vu, ainsi:

Il était allé chercher en douce le iPod de Mathilde, l'avait installé comme un pro à ses pantalons et s'était installé bien confo pour jouer au Xbox...

J'ai comme un pressentiment que dans 10 ans, je pourrai prendre une photo similaire. Il aura probablement les cheveux plus longs et des jambes qui tombent du sofa... et sûrement d'autres différences que je n'ose m'imaginer ;-)

lundi 18 mai 2009

Le blues du blog

Depuis fin avril, je manquais d'inspiration. Un genre de manque d'énergie, manque d'intérêt. J'ai écrit la semaine dernière, mais ça m'avait demandé beaucoup de travail, et je n'en ai pas retiré autant de plaisir qu'à l'habitude. Cette léthargie s'était aussi propagée ailleurs dans ma vie. J'avais perdu l'envie de lire, d'aller courir. J'ai même touché le fond jeudi dernier, alors qu'un vendredi Nathalie passé à jardiner ne m'excitait même pas. C'en était trop. 

À essayer d'écrire comment je me sentais, j'ai finalement compris. Il y a eu fin avril beaucoup de changements à mon travail (des mises à pied), et je me retrouve dans une situation stressante depuis. Bon, il y a bien une certaine résistance au changement de ma part, qui est difficile temporairement, mais qui améliorera mon intérêt au travail à long terme. Mais je dois aussi faire face à des situations qui sont difficiles au niveau politique et personnel, et ces situations m'épuisent. Au point où je n'ai plus d'énergie à la fin de la journée pour ce qui, je réalise, m'intéresse vraiment: mes enfants, ma famille, écrire, lire, jardiner. 

Et ça, ce n'est pas acceptable pour moi. Je travaille quatre jours par semaine pour avoir assez d'énergie pour profiter de ma vie. Oui, j'ai envie d'un emploi intéressant, et le mien devenait un peu routinier depuis quelques temps. Mais je réalise aussi que mon travail est assez secondaire dans ma vie. J'aime ce que je fais, même si ça pourrait être parfois un peu plus excitant. Mais j'aime surtout l'équilibre travail-vie personnelle que j'ai réussi à obtenir depuis plusieurs années, et que j'ai perdu depuis un mois, en laissant le travail prendre trop d'importance. 

J'ai beaucoup dormi ce week-end, passé d'excellents moments avec ma famille et mes amis, et j'ai bien l'intention de réussir à prendre une certaine distance face aux événements du travail. Il est plus que jamais clair pour moi que mon travail n'est que mon travail. 

J'ai trop envie du reste de ma vie.