Depuis que mes enfants sont nés, je fais ce que tous les livres disent de ne jamais faire: je prépare souvent un repas différent pour les enfants. Il y a plusieurs raisons pour lesquelles j'ai été aussi imparfaite. D'abord j'ai des enfants qui ont été très difficiles dès qu'ils ont commencé à manger. Pendant longtemps, Étienne n'a accepté de manger que des poivrons et des concombres comme légumes. Puis on a découvert l’intolérance d'Étienne aux produits laitiers. Puis il y a eu son reflux assez aigu, l’empêchant de manger des aliments acides comme les tomates.
Mais surtout, il y a eu un grand égoïsme derrière tout ça. Je n'avais pas envie de compromettre mes repas pour les rendre plus facile à aimer pour les enfants. Je n'aime pas le pâté chinois. Et j'en ai marre du spaghetti sauce à la viande. Je ne voulais pas arrêter de manger des crevettes parce que mes enfants ne pouvaient en manger avant l'âge de 5 ans (allergies potentielles obligent). J'ai donc continué à faire des sautés aux crevettes à la marocaine, des pennes arrabiata bien épicés ou encore des fondues au fromage. Bien sûr, plusieurs de nos repas étaient communs. Mais lorsque j'avais envie d'un repas qu'ils n'aimeraient pas, ce qui arrivait assez souvent, je ne me battais pas avec eux, je leur préparais des pâtes avec des crudités. Ils en ont mangé des pâtes!
Je me suis souvent sentie coupable, parce que je ne les obligeais pas à manger ce qu'il y avait dans mon assiette. Parce que je leur "passais leurs caprices" comme on m'a déjà dit. Parce que j'allais les ruiner à vie en ne les exposant pas dès leur jeune âge à plein de nouveaux aliments. Mais bon. Je suis paresseuse. Et gourmande. J'ai choisi mes batailles.
Mais le vent commence à tourner. Depuis quelques temps, Mathilde demande à goûter notre repas. Et souvent, après quelques bouchées, elle me dit: "Je peux manger la même chose que vous la prochaine fois?"
Ça me fait si plaisir.
Il reste Étienne.
J'ai refait ce soir le poulet à la citronnelle de la semaine dernière, cette fois sur un riz à la noix de coco. Étienne, peut-être le plus difficile des petits garçons du monde, a non seulement terminé son assiette en un temps record, il a aussi ajouté: "Maman, c'est vraiment bon! C'est presque mon repas préféré! C'est presque aussi bon que des hot-dogs!"
Il y a de l'espoir. Je pense.
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mercredi 16 février 2011
lundi 7 juin 2010
Plaisirs parfumés en famille
J'ai trouvé le restaurant familial idéal.
Il y a quelques mois, pour notre club de lecture, nous avions soupé dans un restaurant vietnamien apportez-votre-vin, Pho Viet, pour discuter de Ru, le très beau roman de Kim Thuy. Après un excellent repas, nous avions eu une agréable surprise lorsque la très sympathique propriétaire, voyant nos exemplaires du livre, nous avait raconté que l'auteure était une de ses amies, entrainant une conversation fascinante.
Samedi dernier, pour fêter une amie, j'ai suggéré ce resto. Je me souvenais de l'atmosphère incroyablement relax de l'endroit, et j'espérais que les enfants y seraient bien accueillis.
Quel bonheur.
Le repas--une série de plats aux milles parfums: soupe tonkinoise, rouleau printanier, salade de papaye verte, sauté de crevettes au cari vert, beignets aux pommes, thé vert--était tout simplement délirant. L'ambiance était idéale pour une famille, très informelle mais chaleureuse, assez bruyante pour dissimuler les conversations animées des enfants sans pour autant gêner la nôtre. Et surtout, il était possible de trouver pour les enfants des mets qu'ils ont mangés avec plaisir sans avoir à tomber dans les foutues croquettes de poulet ou pizza sourire.

Je me suis dit qu'il y avait surement d'autres restaurants ainsi à Montréal, et qu'il ne me restait maintenant qu'à partir en quête pour les découvrir. Qui sait, après le Guide Resto Voir, il pourrait y avoir le Guide Resto en famille version Nathalie, que je pourrais écrire dans mes temps libres (soit entre 2:00 et 3:00 a.m. la nuit prochaine).
Il y a quelques mois, pour notre club de lecture, nous avions soupé dans un restaurant vietnamien apportez-votre-vin, Pho Viet, pour discuter de Ru, le très beau roman de Kim Thuy. Après un excellent repas, nous avions eu une agréable surprise lorsque la très sympathique propriétaire, voyant nos exemplaires du livre, nous avait raconté que l'auteure était une de ses amies, entrainant une conversation fascinante.
Samedi dernier, pour fêter une amie, j'ai suggéré ce resto. Je me souvenais de l'atmosphère incroyablement relax de l'endroit, et j'espérais que les enfants y seraient bien accueillis.
Quel bonheur.
Le repas--une série de plats aux milles parfums: soupe tonkinoise, rouleau printanier, salade de papaye verte, sauté de crevettes au cari vert, beignets aux pommes, thé vert--était tout simplement délirant. L'ambiance était idéale pour une famille, très informelle mais chaleureuse, assez bruyante pour dissimuler les conversations animées des enfants sans pour autant gêner la nôtre. Et surtout, il était possible de trouver pour les enfants des mets qu'ils ont mangés avec plaisir sans avoir à tomber dans les foutues croquettes de poulet ou pizza sourire.

Je me suis dit qu'il y avait surement d'autres restaurants ainsi à Montréal, et qu'il ne me restait maintenant qu'à partir en quête pour les découvrir. Qui sait, après le Guide Resto Voir, il pourrait y avoir le Guide Resto en famille version Nathalie, que je pourrais écrire dans mes temps libres (soit entre 2:00 et 3:00 a.m. la nuit prochaine).
dimanche 21 mars 2010
De Hawaï à la Thailande
12h10
C'est aujourd'hui que je m'y mets.
Il y a longtemps que je rêve de faire une soupe thaïlandaise aux crevettes. J'ai envie d'un défi dans chacune des recettes que j'essaierai et, cette fois, le défi est de trouver les ingrédients qu'il me faut, puisque le tamarin, la menthe vietnamienne et les feuilles de citronnier kaffir ne se retrouvent pas à mon IGA. Mon collègue de travail Bobby, vietnamien et grand chef cuisiner, m'a conseillé le marché Hawaï. J'y vais donc cet après-midi.
J'ai fait une recherche sur le web pour savoir à quoi ressemble le tamarin et les feuilles de citronnier kaffir, histoire d'avoir une petite idée de ce que je chercherai dans cette immense épicerie...
14h30-Marché Hawaï avec Mathilde.
L'épicerie est si différente de ce que je connais que j'ai un flash du Leader Price en Martinique. Mathilde adore: "Maman, on ne connait rien ici, c'est l'aventure, j'aime ça!" À force de se promener et de lire les petites étiquettes (quand elles sont traduites), nous trouvons ce que nous cherchons. Et je suis bien contente d'avoir fait mes devoirs ce matin: la plupart des fines herbes sont emballées dans un sac de plastique avec comme seule identification: légume vert. C'est qu'il y en a beaucoup des légumes verts ici, et je ne les connais pas tous...
18h00-Ma cuisine
L'angoisse de la nouvelle recette. Toujours, cette inquiétude que je vais peut-être tout rater. Pour enlever un peu de pression, j'avertis toute la famille que ce sera peut-être un échec total. "C'est pas grave, on mangera des œufs s'il le faut" dit mon mec. C'est bon, alors. J'y vais.
Première étape: Préparer le bouillon de la soupe. Faire revenir les têtes de crevettes dans la casserole est un peu déstabilisant, avec tous ces yeux qui me regardent. Mathilde craint d'ailleurs que la soupe goute les yeux de crevettes.
Couper tous ces ingrédients nouveaux est un bonheur de textures et d'arômes. Mathilde aime l'odeur de la citronnelle, qui lui rappelle celle du gingembre. Je suis particulièrement surprise par les feuilles de citronnier kaffir. Elles sont épaisses et brillantes et ont une odeur citronnée, rafraichissante, enivrante. Je rajoute tous ces ingrédients à mon bouillon, et je me retrouve avec un défi imprévu: je cuisine avec tant de nouveaux ingrédients que je ne sais pas trop comment les ajuster lorsque je goute le bouillon. Je le trouve à la fois épicé mais pas aussi gouteux que dans mon souvenir, mais je change quoi? Je décide de ne pas expérimenter pour cette fois et je m'en tiens à la recette. Le rajout de menthe, jus de lime et coriandre plus tard dans la cuisson aidera beaucoup.

Résultat: Mathilde goute mais n'aime pas, Étienne ne veut pas gouter, mon mec aime beaucoup (mais après insistance de ma part il m'avoue préférer celle de chez Tung qui, il faut le dire, est complètement délirante). Pour ma part, j'ai adoré ma soupe et je suis très fière de mon premier essai. Sortir de sa zone de confort n'est pas toujours facile. Mais c'était ô combien amusant :-)
Il m'en reste assez pour un lunch demain. Avis aux intéressés.
(Préparé en écoutant Cooking, Chansons pimentées pour cuisine épicée et 3 de Nouvelle Vague, en buvant un thé vert au jasmin)
C'est aujourd'hui que je m'y mets.
Il y a longtemps que je rêve de faire une soupe thaïlandaise aux crevettes. J'ai envie d'un défi dans chacune des recettes que j'essaierai et, cette fois, le défi est de trouver les ingrédients qu'il me faut, puisque le tamarin, la menthe vietnamienne et les feuilles de citronnier kaffir ne se retrouvent pas à mon IGA. Mon collègue de travail Bobby, vietnamien et grand chef cuisiner, m'a conseillé le marché Hawaï. J'y vais donc cet après-midi.
J'ai fait une recherche sur le web pour savoir à quoi ressemble le tamarin et les feuilles de citronnier kaffir, histoire d'avoir une petite idée de ce que je chercherai dans cette immense épicerie...
14h30-Marché Hawaï avec Mathilde.
L'épicerie est si différente de ce que je connais que j'ai un flash du Leader Price en Martinique. Mathilde adore: "Maman, on ne connait rien ici, c'est l'aventure, j'aime ça!" À force de se promener et de lire les petites étiquettes (quand elles sont traduites), nous trouvons ce que nous cherchons. Et je suis bien contente d'avoir fait mes devoirs ce matin: la plupart des fines herbes sont emballées dans un sac de plastique avec comme seule identification: légume vert. C'est qu'il y en a beaucoup des légumes verts ici, et je ne les connais pas tous...
18h00-Ma cuisine
L'angoisse de la nouvelle recette. Toujours, cette inquiétude que je vais peut-être tout rater. Pour enlever un peu de pression, j'avertis toute la famille que ce sera peut-être un échec total. "C'est pas grave, on mangera des œufs s'il le faut" dit mon mec. C'est bon, alors. J'y vais.
Couper tous ces ingrédients nouveaux est un bonheur de textures et d'arômes. Mathilde aime l'odeur de la citronnelle, qui lui rappelle celle du gingembre. Je suis particulièrement surprise par les feuilles de citronnier kaffir. Elles sont épaisses et brillantes et ont une odeur citronnée, rafraichissante, enivrante. Je rajoute tous ces ingrédients à mon bouillon, et je me retrouve avec un défi imprévu: je cuisine avec tant de nouveaux ingrédients que je ne sais pas trop comment les ajuster lorsque je goute le bouillon. Je le trouve à la fois épicé mais pas aussi gouteux que dans mon souvenir, mais je change quoi? Je décide de ne pas expérimenter pour cette fois et je m'en tiens à la recette. Le rajout de menthe, jus de lime et coriandre plus tard dans la cuisson aidera beaucoup.
Résultat: Mathilde goute mais n'aime pas, Étienne ne veut pas gouter, mon mec aime beaucoup (mais après insistance de ma part il m'avoue préférer celle de chez Tung qui, il faut le dire, est complètement délirante). Pour ma part, j'ai adoré ma soupe et je suis très fière de mon premier essai. Sortir de sa zone de confort n'est pas toujours facile. Mais c'était ô combien amusant :-)
Il m'en reste assez pour un lunch demain. Avis aux intéressés.
(Préparé en écoutant Cooking, Chansons pimentées pour cuisine épicée et 3 de Nouvelle Vague, en buvant un thé vert au jasmin)
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