mardi 25 décembre 2012

Conte de Noël

L'histoire qui suit pourrait être un conte de Noël ou une histoire inventée, mais ça n'est pas le cas. L'échange qui suit a bel et bien eu lieu entre une grande soeur qui adore son petit frère, et un petit frère qui n'est pas encore tout à fait prêt à laisser aller la magie de Noël. 

***

C'était un 23 décembre. Mathilde se reposait sur le divan, bien contente que sa session d'automne soit enfin terminée. Son iPod dans une main, un livre dans l'autre, son cellulaire pas trop loin, elle chillait. En voyant sur Facebook un vidéo du Père Noël portable, cette application qui permet de créer une vidéo du Père Noël personnalisée par enfant, elle eut une idée. En quelques minutes, elle créa une vidéo pour son petit frère et lui envoya par courriel.

- Éti?
- Oui Math?
- Tu as regardé des courriels dernièrement?

Étienne a bien une adresse courriel, mais il la regarde trois fois par année.

- Euh non, pourquoi?
- Bah, tu devrais regarder, on ne sait jamais.
- Okay.

Quelques minutes plus tard, on entend les cris d'Étienne:
- Maman! Papa! Mathilde! Venez voir! J'ai reçu une vidéo du Père Noël!!! Regardez, il connait mon nom! Et mon âge! Hey, c'est une photo de moi!  Wow...

Il a les yeux plein d'étoiles. Bien qu'il sait maintenant que ce sont les parents qui achètent les cadeaux à Noël, il doute un peu. Comment une vidéo avec autant d'information sur lui peut-elle avoir été envoyée par le Père Noël s'il n'existe pas?

Un peu plus tard, il prend Mathilde à part:
- Math?
- Oui?
- Ne le dis pas aux parents, je sais qu'ils disent que le Père Noël n'existe pas et que ce sont eux qui ont acheté nos cadeaux.... mais moi je pense que le Père Noël existe vraiment...

Mathilde, qui aimait tant quand son frère croyait encore au Père Noël, décide de se créer un compte gmail et lui envoie un autre courriel:


Le dimanche 23 décembre 2012 à 11:27, Père Noël (leperenoel101@gmail.com)  a écrit : 


Bonjour Étienne!

Je sais que je t'ai déjà envoyé un message, mais je veux juste t'annoncer que ton cadeau est terminé! De plus, je voulais te dire que ta soeur est quelqu'un de très aimable, alors écoute-la quand elle te dit quelque chose. Je ne te dis pas d'être son esclave, au contraire, je te dis qu'elle est quelqu'un de très bien qui essaie de te faire comprendre que la magie de Noël est très importante.

Je te souhaite un joyeux Noël! Ho Ho Ho!

Le Père Noël et ses lutins

p.s : N'oublie pas, tu peux me répondre en tout temps, je te répondrai le plus vite possible.


Le dimanche 23 décembre 2012  à 14:12, Étienne Goulet a écrit :

Cher Père Noël, vu que tu m'as écris deux lettres, je crois en toi.J'impatiente de voir mon cadeau.Mais est-ce que je vais vraiment avoir un cadeaux?Car avant j'ai toujours eu beaucoup de cadeaux.Mais si j'ai juste un cadeau ce n'est pas grave.Le but de la vie n'est pas d'avoir beaucoup de cadeaux.Le but c'est de bien vivre et de s'amuser. joyeux Noël et bonne année! 

Étienne

***
C'est ainsi que cette petite histoire se termine. Qu'on se le tienne donc pour dit: Le but dans la vie c'est de bien vivre et de s'amuser. Je vous souhaite donc un joyeux Noël plein de vie où vous vous amuserez beaucoup!  

mercredi 21 novembre 2012

Du Père Noël à la Fée des dents

C'est la conversation que j'avais réussi à esquiver depuis environ un an. Mais elle est revenue furtivement, à la fin d'une autre conversation, sans que je réussisse à l'éviter:

- Maman?
- Oui?
- Mathilde elle sait pour le Père Noël?
- Qu'est-ce que tu veux dire?
-  Ben, elle sait s'il existe pour de vrai, ou si c'est les parents qui mettent les cadeaux sous l'arbre?
Merde. Merde. Merde.
- Pourquoi tu me demandes ça?
- Ben, Antoine m'a dit que le Père Noël n'existe pas. C'est sa mère qui lui a dit.
Bordel, sa mère ne pouvait pas lui dire de garder ça pour lui?!?!
- Ah oui?
- Et Gabriel dit qu'il sait depuis l'année passée, parce qu'il a trouvé les cadeaux dans la chambre de ses parents.

Je ne dis rien. Peut-être qu'il va changer de sujet. La force de mon déni est impressionnante.

- Maman? MAMAN? Tu m'écoutes?
- Oui, oui, mon chéri.
- Alors, il existe le Père Noël?
- Toi, tu en penses quoi?
C'est la question qui fonctionne toujours et me permet de ne pas avoir à répondre. Je croise mes doigts.
- Non maman! Je veux pas qu'on dise ce que je pense, je veux que tu me dises la vérité! Je suis assez grand!
- Veux-tu vraiment le savoir?
Il hésite.
- Oui.
- Voici ce qu'on va faire. Penses-y jusqu'à demain, et si demain tu veux toujours le savoir, je te le dis, okay?
- Okay.

Le lendemain matin, il vient me rejoindre dans la salle de bain, les yeux encore pleins de sommeil.
- Maman, j'y ai pensé
Zut.
- Ah oui?
- Oui. Je veux savoir.
- Ce sont les parents, mon lapin. Le Père Noël n'existe pas.
Il est tout étonné.
- Vraiment?

Il ne savait pas. Je croyais qu'il s'en doutait, et c'était probablement un peu le cas, mais l'envie que ce soit vrai était encore plus forte. Ai-je bien fait de lui dire? Je me le demande encore. Mon amoureux et moi en avions discuté et avions décidé qu'à son âge (il a tout de même 8 ans), il était préférable de lui répondre lorsqu'il insistait autant pour la vérité.

Mais je sentais sa tristesse à perdre cette magie. Et ma propre tristesse. Mon bébé sait maintenant que le Père Noël n'existe pas. J'ai l'impression que le temps file à toute vitesse et que, peu importe mes efforts pour l'arrêter, il continue à me glisser entre les doigts.

***

Mais cette révélation a eu plusieurs répercussions. Discussion de divan quelques semaines plus tard, alors que nous écoutions un film:

Étienne se penche à mon oreille et chuchote:
- Maman?
- Oui?
- Je me demande...
- Oui?
- Si le Père Noël n'existe pas, qui mangeait les biscuits?
- (sourire gêné) euh... ben... moi....
- MAMAN!

*** 


Mathilde:
- Maman?
- Oui Math?
- Je sais qu'Étienne ne croit plus au Père Noël, mais est-ce qu'on pourrait faire semblant qu'il y croit encore? J'aimerais ça qu'on fasse encore nos biscuits cette année et qu'on les mette sous la cheminée?

Ils ont beau être assez grands pour savoir la vérité, ils ont encore envie de la magie...

***

Étienne a perdu une dent avant-hier.

- Maman? Est-ce que Mathilde sait pour la Fée des dents?
Cette fois, j'étais prête.
- C'est pas pareil la Fée des dents Éti, elle existe pour vrai.
- (soulagé) Ah ok, merci! Je vais mettre ma dent sous mon oreiller ce soir alors!

Le lendemain matin, j'ai du être particulièrement créative pour expliquer pourquoi la Fée des dents avait oublié de laisser l'argent sous l'oreiller (non, mais, elle faisait quoi cette Fée des dents? passer la soirée au lit à lire un roman? Pffft! La paresseuse!). Mais mon explication était crédible, et il était tout heureux de trouver ses sous le jour suivant.

L'honneur de la Fée des dents est sauf... pour l'instant.

mardi 2 octobre 2012

Les foulards

J'adore les foulards, autant d'intérieur que d'extérieur. J'aime leurs couleurs, leur folie, leur douceur dans mon cou. J'en ai des rouges, des bleus, des bruns, des mauves, des gris, des roses pétants, des noirs, des argentés, des multicolores. J'en ai des fleuris, des lignés, des unis, à carreaux. Mon préféré, d'un rose ardent, me sert d'antidote pour les journées où mon moral tire sur le gris.

J'en ai tellement que ma très raisonnable Mathilde me répète toujours, lorsqu'elle me voit rêver en touchant un foulard au magasin: « Pas un autre foulard! Maman, tu en as assez! »

Mais non, Math, on n'en a jamais assez.

J'ai aussi des enfants qui sont très colleux (oui, oui, il y a un lien). Tous les deux sont très affectueux, câlineurs, casaniers. Ils aiment les soirées en famille, surtout celles où nous nous collons tous sur le divan, n'aiment pas beaucoup coucher ailleurs et trouvent difficile lorsque je ne suis pas là à l'heure du dodo. C'est particulièrement le cas d'Étienne.

Mais il m'a trouvé un remplaçant. Mes foulards.

Je ne m'en suis pas rendue compte tout de suite. J'arrivais dans sa chambre pour faire ou changer son lit, et j'y trouvais un de mes foulards. Étrange. Puis un soir, en allant le border après une soirée avec les copines, j'ai compris. Il dormait profondément, la tête sur son oreiller... et le nez dans mon foulard.

Le lendemain, il m'a expliqué que lorsqu'il s'ennuyait de moi, il allait chercher un de mes foulards « parce qu'ils sentent toi, maman, alors c'est comme si tu étais là. » J'ai senti, mais je n'ai perçu aucune odeur particulière. Mathilde a confirmé: « Oh oui, maman, ça sent toi! » C'est la même chose avec mes oreillers, semble-t-il, qui « sentent moi ». Mathilde en a d'ailleurs apporté un avec elle l'été dernier, lorsqu'elle est partie pour un camp de quelques jours. Oreiller qui fut très réconfortant, considérant qu'elle a eu une gastro pendant son camp. Mais c'est une autre histoire.

Je ne sais trop quelle est cette odeur que je ne perçois pas, mais elle est mienne. Je l'imagine rassurante, douce, réconfortante, familière. Qui sait.

Mais je crois que je viens de trouver une nouvelle raison d'acheter des foulards.

samedi 18 août 2012

Dur, dur l'adolescence...

Je dois arrêter de vivre dans le déni. Je parle de ma grande fille comme d'une pré-ado, mais à 13 ans, bientôt en secondaire 2 (et plus grande que moi!), c'est une vrai ado.

Et une ado, c'est pas facile. Pas facile du tout. Même quand c'est un modèle doux, gentil, serviable et souriant comme la mienne.

Je me souviens lorsque j'ai commencé ma carrière en rédaction, alors que j'étais encore toute jeune et naïve, une de mes collègues dans la quarantaine vivait une phase difficile avec son ado. Elle me parlait d'un livre dont le titre était « Get Out Of My Life, but First Could You Drive Me and Cheryl to the Mall? ». Je ne pouvais m'imaginer un titre plus débile, ni l'idée qu'on ait envie de lire un tel livre.

Mais je crois que j'irai l'acheter cet après-midi.

Ce matin, nous avons eu la chicane du siècle. Pendant plus d'une heure, nous avons essayé de discuter, expliquer, converser pour régler la situation. J'ai fait plus de concessions que jamais, j'ai été d'une patience infinie (enfin... la plupart du temps), plusieurs fois j'ai pris sur mes épaules des fautes qui n'étaient pas simplement miennes pour montrer que je voulais régler la situation, pour lui donner une chance de se sortir de cette chicane sans avoir à faire trop de concessions.

Rien à faire.

C'est alors que j'ai eu un flash: Il y a quelques semaines, elle et son frère se chicanaient sans arrêt, pour des pacotilles, au point où Étienne (qui aura 8 ans demain et n'est pas un exemple de sagesse) s'est pourtant mis à rigoler devant le ridicule de la situation. Du coup, Mathilde lui a répondu rageusement : « Mais arrête de rire! On est en train de se chicaner!  » On se serait cru dans un film absurde. Et là j'ai compris: Elle ne voulait pas régler la chicane. Belliqueuse, elle cherchait des manières de mettre le bordel tout en prenant le rôle de la victime. Et peu importe ce que je dirais, nous n'allions pas régler cette chicane comme on le ferait entre deux adultes.

J'ai finalement abandonné. Elle est montée mi-rageuse, mi-larmoyante dans sa chambre, et je suis partie—full rageuse—chercher à dîner. Après quelques heures dans sa chambre, elle est finalement venue nous voir pour s'excuser, puis elle est redevenue souriante et de bonne humeur, affectueuse, comme si rien de tout cela n'était arrivé, alors que j'étais encore toute à l'envers.

Vivre avec une adolescente est comme s'aventurer en terrain vierge. Toutes les règles établies jusqu'à maintenant disparaissent. Les enjeux ne sont pas ce qu'ils semblent être. Alors que j'essayais de régler la situation comme je le ferais avec un adulte, elle était probablement en train d'expérimenter les cotés rebelles de sa personnalité.

Je n'ai plus de repères. J'ai besoin d'une carte pour déchiffrer ce nouveau terrain, pour naviguer les prochaines années sans trop m'écorcher et surtout en étant capable de soutenir cette belle grande fille que j'aime tant mais qui me fait parfois sortir de mes gonds.

Renaud-Bray, me voici...

vendredi 3 août 2012

Coté cour, coté jardin

Cette semaine, j'habite un peu dans une pièce de théâtre.

Nous partageons avec des amis une grande maison près de la plage. La chambre que nous avons choisie  est grande, jolie, confortable, bien décorée, et la table de chevet de mon coté du lit assez grande pour que je puisse y mettre tous les livres que j'ai apportés. La chambre a cependant une caractéristique avec des effets insoupçonnés: On peut y accéder par deux portes, une venant de la cuisine, l'autre du salon. Évidemment, aucune de ces portes n'a de loquet.

Et j'ai l'impression que je suis l'actrice principale d'une pièce de théâtre d'été, avec deux petits acteurs dont l'objectif est d'entrer au moment le plus inopportun avec des répliques plus délirantes les unes que les autres.

En voici un extrait.

Acte 1, Scène 4: La famille se prépare pour aller à la plage. Sur la scène, la maman essaie d'enfiler son bikini. Le haut du bikini est bien joli, mais il s'attache à l'arrière par des cordons croisés qui s'entremêlent facilement. La maman ne porte que le bas du bikini et tient le haut dans ses mains. Elle essaie tant bien que mal de démêler les cordons. En arrière-scène, on entend des voix d'enfants qui cherchent leurs sandales.

La porte s'ouvre coté jardin. Une grande ado rentre, laissant la porte toute grande ouverte.

Grande ado: Maman? Qu'est-ce que tu fais?
Maman (se couvrant rapidement la poitrine avec son haut de bikini, mêlant tous les cordons à nouveau): Ado! Ferme la porte! Tout le monde va me voir nue!
Grande ado (s'avançant vers l'intérieur de la pièce, sans fermer la porte): Ah! Tu mets ton costume de bain! Désolée, je ne savais pas.
Maman (fermant la porte coté jardin): Tu peux cogner la prochaine fois, s'il-te-plait?
Grande ado: Oui, oui, bien sur! As-tu vu Petit frère?
Maman: Non, je ne l'ai pas vu. Je peux m'habiller maintenant?
Grande ado: Oui, oui, désolée!

La grande ado quitte coté cour, oubliant de fermer la porte. La maman ferme la porte coté cour et recommence à essayer de démêler ses cordons. La porte s'ouvre coté jardin. Un petit garçon entre, laissant la porte toute grande ouverte.

Petit garçon: Maman? Qu'est-ce que tu fais?
Maman (se couvrant encore la poitrine, mêlant encore les cordons): Petit garçon! Ferme la porte! Tout le monde va me voir nue!
Petit garçon (s'avançant vers l'intérieur de la pièce, sans fermer la porte): Ah! Tu mets ton costume de bain! Désolé, je ne savais pas.
Maman (fermant la porte coté jardin): Tu peux cogner la prochaine fois, s'il-te-plait?
Petit garçon: Oui, oui, bien sur! As-tu vu Grande Ado?
Maman: Oui, elle vient tout juste de passer par ici. Elle te chercher d'ailleurs. Je peux m'habiller maintenant?
Petit garçon: Oui, oui, désolé!

Le petit garçon quitte coté cour, oubliant de fermer la porte. La maman ferme la porte coté cour et recommence à essayer de démêler ses cordons. La porte s'ouvre coté jardin. Son amoureux entre, refermant la porte derrière lui.

Amoureux: Ooooh... jolie! Tu portes le monokini aujourd'hui?
Maman: Non! Je voudrais bien mettre mon haut de bikini mais tout le montre entre tout le temps!
Amoureux (prenant son amoureuse dans ses bras): Moi je t'aime bien en monokini en tout cas...
Maman (laissant tomber le haut de bikini par terre): Ah oui? ...

La porte s'ouvre coté jardin et Grande Ado rentre.

Grande ado: Maman? Ah non! Pas encore des embrassades! Ça suffit! Papa, tu peux venir m'arranger mon vélo?
Amoureux (à regret): Oui, j'arrive.

Les deux quittent coté cour, et l'amoureux ferme la porte derrière lui. La maman ramasse son haut de bikini et recommence à arranger les cordons. Au moment même où elle réussit à mettre son bikini, les deux portes s'ouvrent en même temps. Grande ado entre coté jardin, Petit garçon entre coté cour. Les deux sont habillés pour la plage.

Grande ado et Petit garçon: Maman! Maman! Pourquoi c'est si long de t'habiller! On attend après toi pour aller à la plage!

La maman se regarde dans le miroir, soupire et sort, coté jardin.

mercredi 1 août 2012

Leçon d'humilité

Nous avons une chaise de plage bon marché achetée il y a quelques années. Nous ne l'utilisons presque jamais, puisque nous sommes très souvent dans l'eau, mais je la traîne malgré tout un peu partout.

Plus tôt cette semaine, je décide de profiter du soleil assise sur ma chaise. J'essaie de l'ouvrir, ça me semble pourtant simple, mais je n'y arrive pas. À force d'essayer, je réussis à l'ouvrir, mais en mode « pitoune de plage » : tellement inclinée vers l'arrière qu'on doit être couchée sur le dos. Je sais qu'il y a un mode « maman surveille ses petits qui se baignent », mais j'ai beau essayer de le trouver, je n'y arrive pas. Je demande à mon amoureux, mais Étienne arrive plus rapidement: « Attends, maman, je te l'arrange. » Il installe la chaise comme s'il avait fait ça toute sa vie, puis repart jouer dans l'eau.

Hier, je sors la chaise à nouveau, mais encore une fois je suis bloquée au mode « pitoune » (un signe?). J'appelle Étienne. Il arrive en courant.

— Tu peux m'aider à placer la chaise?

Il soupire.

— Maman, regarde. Tu mets tes mains ici, tu tiens le bout avec ton genou et ensuite tu pousses avec tes pouces.

Il arrange la chaise.

— Tu vois?
— Oui, oui, Éti, merci!

J'arrive pour m'asseoir, mais il remet la chaise en mode pitoune.

— À toi maintenant maman. Montre-moi si tu as bien compris.

 Ben coup donc. C'est pas parce qu'on a juste sept ans qu'on ne peut donner une leçon à sa maman.

dimanche 27 mai 2012

Petit lapin deviendra grand...mais pas tout de suite

Étienne est en amour avec son nouveau skateboard. Il a passé une partie de la journée dans l'entrée à rouler, arrêter, faire tourner son skate, rouler, arrêter, essayer de le rattraper dans ses mains. S'il avait pu, il aurait probablement dormi avec.

Discussion cet après-midi, pendant une de ses pauses:
- Maman?
- Oui chaton?
- Je pense qu'il faudrait qu'on me trouve un nouveau surnom.
- Un surnom?
- Oui, quand j'étais petit, vous m'appeliez Douda, mais là personne m'appelle Douda. Toi tu m'appelles mon lapin ou mon chaton.
- Oui?
- Ben... je suis pas un bébé, je suis un grand garçon maintenant. Lapin ou chaton, c'est pour les bébés, tu trouves pas?
- Oui, c'est vrai, peut-être. Tu as des idées?
- Heu... ben...
- Oui?
Il fait le petit mec qui hésite et qui, comme par hasard, vient d'avoir une super idée:
- Je sais! Tu pourrais m'appeler Skater Boy! Ou Skate Boy?
- Hummm....
- C'est cool, non?
- Ok, mon ch... euh, Skater Boy, je peux bien t'appeler comme ça.

Il revient me voir de temps en temps pour tester ma mémoire:
- Maman?
- Oui Skater Boy?
Il sourit.
- Rien, rien.

Ce soir, alors que je prends mon bain, il m'appelle de son lit:
- Maman?
- Oui mon lap... euh, oui Skater Boy?
Il hésite.
- Tu sais... je pense que j'aime quand même ça quand tu m'appelles mon lapin et mon chaton. On dirait que c'est plus... comme des calins. Peut-être que quand je fais du skate, tu peux m'appeler Skater Boy, mais sinon, tu peux m'appeler mon lapin et mon chaton?
- Mais oui mon lapin.
Il est content... et moi aussi.
- Bonne nuit maman!
- Bonne nuit mon chaton.




vendredi 20 janvier 2012

Douce amertume

Chaque fois qu'une pédagogique tombe le vendredi, c'est un peu la fête ici. Nous flânons tous les trois en pyjama une partie de la matinée avant de partir en mini-expédition pour le reste de la journée: dîner au resto, cinéma, centre des sciences, grande bibliothèque, visite chez Renaud Bray... les idées ne manquent jamais.

Cette année, comme Mathilde est au secondaire, nos pédagogiques sont un peu différentes, puisque leurs congés ne sont pas les mêmes et je n'ai qu'un enfant à la fois avec moi. Les activités sont plus près des plaisirs de chaque enfant: shopping pour Mathilde, dinosaures pour Étienne. Aujourd'hui, pour la première fois depuis que Math est au secondaire, les deux enfants étaient en pédagogique en même temps. Je planifiais quelques sorties dans ma tête, mais je n'ai pas eu la chance d'en discuter avec eux.

Mardi, Mathilde me dit: "Hey, maman, c'est super cool! Ce vendredi mes amies et moi on va se rencontrer tôt le matin et on va aller magasiner au centre d'achats en autobus! Après on va aller jouer au ouija chez Sophie. Je peux y aller maman? Dis oui!"

C'en était fait de notre journée à trois. Je suis donc allée la reconduire chez son amie ce matin, et Éti et moi sommes revenus à la maison. Nous avons flâné devant nos ordis--moi à écrire, lui à jouer--et maintenant nous allons diner au resto et faire notre visite régulière à la grande bibliothèque.

Ma petite fille devient grande. Dans quelques années, ce sera peut-être au tour d'Étienne d'avoir ses propres plans les journées de pédago. C'est inévitable. Mais aujourd'hui j'ai mon petit garçon à moi toute seule...et je compte bien en profiter.

dimanche 15 janvier 2012

Erreur d'identité


J'adore mon fils. Il est allumé, drôle, intéressé, passionné. Mais c'est aussi un petit garçon pas toujours évident. Il bouge beaucoup, parle tout le temps, écoute quand ça lui tente et fait ce qu'il veut. Je comprends donc qu'il n'est pas toujours facile à gérer à l'école ou dans ses cours. C'était particulièrement le cas au ski l'an dernier, alors qu'il lui arrivait souvent de ne pas suivre les directives de l'instructeur parce qu'il avait envie de parler à sa soeur, parce que l'exercice suggéré l'ennuyait ou simplement parce qu'il avait vu une bosse qui lui semblait cool.

Hier après-midi, nous bravons le froid pour aller aux cours de ski des enfants, les premiers de la saison. Avant de le laisser à Amélie, son instructrice, je répète mes propres instructions (complètement inutiles, je sais) à Éti:

- Tu écoutes ce qu'Amélie dit, ok?

Il acquiesce vaguement puis va rejoindre son groupe. Deux heures plus tard je vais le chercher. Pendant qu'il enlève ses skis, je vais voir l'instructrice:

- Bonjour, ça s'est bien passé avec Étienne?
- Oui, très bien. Nous avons travaillé la position parallèle et il a bien fait ça.
- Il n'a pas été trop tannant?
- Non, non, il a été super.
- Ah oui? Il écoutait bien?
- Oui, super bien. Il était très calme, très tranquille.
- ... (Je suis confuse.) Étienne? Le petit au casque gris?
- Oui, oui! Vraiment super votre fils.

Ben coudonc.

Je reviens à la voiture, toute contente. Steph est avec Éti, je leur raconte ma discussion:

- Éti! Amélie a dit que tu avais été super! Tu étais bien calme et tranquille. Je suis vraiment contente!
- Maman, je me sentais vraiment pas bien aujourd'hui (il traine une grippe depuis une semaine), alors j'ai rien dit du cours.

Ah. Me semblait aussi.

Amélie risque de trouver le cours un peu plus intense la semaine prochaine.