mardi 2 octobre 2012

Les foulards

J'adore les foulards, autant d'intérieur que d'extérieur. J'aime leurs couleurs, leur folie, leur douceur dans mon cou. J'en ai des rouges, des bleus, des bruns, des mauves, des gris, des roses pétants, des noirs, des argentés, des multicolores. J'en ai des fleuris, des lignés, des unis, à carreaux. Mon préféré, d'un rose ardent, me sert d'antidote pour les journées où mon moral tire sur le gris.

J'en ai tellement que ma très raisonnable Mathilde me répète toujours, lorsqu'elle me voit rêver en touchant un foulard au magasin: « Pas un autre foulard! Maman, tu en as assez! »

Mais non, Math, on n'en a jamais assez.

J'ai aussi des enfants qui sont très colleux (oui, oui, il y a un lien). Tous les deux sont très affectueux, câlineurs, casaniers. Ils aiment les soirées en famille, surtout celles où nous nous collons tous sur le divan, n'aiment pas beaucoup coucher ailleurs et trouvent difficile lorsque je ne suis pas là à l'heure du dodo. C'est particulièrement le cas d'Étienne.

Mais il m'a trouvé un remplaçant. Mes foulards.

Je ne m'en suis pas rendue compte tout de suite. J'arrivais dans sa chambre pour faire ou changer son lit, et j'y trouvais un de mes foulards. Étrange. Puis un soir, en allant le border après une soirée avec les copines, j'ai compris. Il dormait profondément, la tête sur son oreiller... et le nez dans mon foulard.

Le lendemain, il m'a expliqué que lorsqu'il s'ennuyait de moi, il allait chercher un de mes foulards « parce qu'ils sentent toi, maman, alors c'est comme si tu étais là. » J'ai senti, mais je n'ai perçu aucune odeur particulière. Mathilde a confirmé: « Oh oui, maman, ça sent toi! » C'est la même chose avec mes oreillers, semble-t-il, qui « sentent moi ». Mathilde en a d'ailleurs apporté un avec elle l'été dernier, lorsqu'elle est partie pour un camp de quelques jours. Oreiller qui fut très réconfortant, considérant qu'elle a eu une gastro pendant son camp. Mais c'est une autre histoire.

Je ne sais trop quelle est cette odeur que je ne perçois pas, mais elle est mienne. Je l'imagine rassurante, douce, réconfortante, familière. Qui sait.

Mais je crois que je viens de trouver une nouvelle raison d'acheter des foulards.