mercredi 30 mars 2011

Idées roses

Samedi dernier, Mathilde me rejoint dans la salle à manger, bien déterminée.

- Maman, je viens d'envoyer un long courriel à Audrey, c'est décidé, je pars ma compagnie cet été.
- Ah oui?
- Oui, cet été j'aurai du temps, alors on va faire des choses pour se faire de l'argent. On va promener des chiens, garder des enfants, arroser des plantes chez les gens qui seront en vacances, ...

Et elle énumère une longue liste d'activités lucratives, avec des idées pour les implanter: dépliants publicitaires, site web, stand de limonade pour la promotion, etc.

- Ça vient d’où cette nouvelle idée?
- Le dernier roman du divan rose!

Je lui ai acheté la semaine dernière, pour la remercier d'aider autant à la maison. Elle l'a lu d'un trait, comme les cinq précédents.

Dimanche, elle et ses amies ont passé l'après-midi à discuter de leurs plans, échafauder des stratégies, faire des esquisses de dépliants publicitaires. Au souper, ce fut le sujet de conversation principal. Elle était si belle à voir, tellement enthousiaste, excitée, la tête pleine d'idées, convaincue de son succès.

Merci Nadine.

***

Je n'ai pas osé lui avouer que certaines idées étaient farfelues ou avaient peu de chance de succès. Peu de gens laisseraient la responsabilité de leur maison à des filles de 11 ans et elles sont trop jeunes pour tondre le gazon.

Mais il m'est arrivé trop souvent que des gens « bienveillants », pour « m'éviter des déceptions », brisent mes rêves. J'ai besoin de rêver, de m'emballer, de m'exciter. Et je suis assez intelligente pour savoir quand une idée est impossible. Mais je dois faire ce chemin toute seule. Et souvent, cette idée de base un peu folle débouche sur une idée plus réaliste.

Alors qui sait. Je trouve l'idée de Mathilde et de ses amies un peu folle. Mais elles me prouveront peut-être que j'ai complètement tort.

Et je serai bien contente de l'admettre.

lundi 7 mars 2011

Interférences

Nous revenons de quelques jours passés dans la région de Charlevoix, dans un minuscule chalet. Une chambre à coucher fermée, une salle de bain, une pièce de grandeur moyenne qui sert de salon-salle à manger-cuisine, un loft avec un autre lit. Pas d'ordinateur ni de connection internet. Pas de Xbox, wii ou autre console. Une vieille télévision qui ne prend aucun poste.

Pendant quelques jours, pas de routine. Des moments qui se succèdent, les uns après les autres, parfois tranquilles, parfois intenses, parfois excités, mais toujours au présent. Des jeux de carte, des rigolades à quatre dans un lit, quatre livres lus sur un divan, un lit ou à la table, des soupers aux chandelles, du plein air. Beaucoup de plein air. De la neige, du froid, du soleil, encore de la neige.

Le silence de la routine.

Toujours, en bruit de fond dans mon quotidien, il y a des interférences. À la maison, j'ai souvent la tête ailleurs, à planifier la journée, l'épicerie, les tâches, les activités, les devoirs, les rendez-vous. Il y a aussi les inquiétudes, les préoccupations. Je suis un peu dans le futur ou tout juste dans le passé, mais rarement ici, maintenant. Je vis avec des interférences qui m'empêchent d'entendre pleinement, de voir clairement toute la beauté de mon quotidien.

Je voudrais bien ramener un peu du silence des vacances.