lundi 25 janvier 2010

Les petits bonheurs

Il y a longtemps, j'ai lu un livre suggérant de faire une liste des cinq bonheurs de notre journée avant de s'endormir. La théorie était que cet exercice nous mettait dans un état d'esprit plus positif avant le dodo et, à long terme, faisait de nous des gens plus optimistes. Je ne sais pas trop si c'est vrai, mais j'ai aimé l'idée, que je pratique très souvent. Je voudrais faire l'exercice avec les enfants, mais j'oublie toujours lorsqu'arrive la routine du soir.

Alors aujourd'hui, pendant le souper, j'ai eu une idée. "Est-ce qu'on se dit nos bonheurs de la journée?" J'ai eu peur évidemment qu'Étienne-le-sombre réponde que ça ne lui tentait pas et que de toute façon il "déteste l'école" (sa nouvelle expression). Surprise! Il s'est porté volontaire pour commencer et était tout content de raconter qu'il avait eu une bonne journée à l'école. Ensuite Mathilde m'a longuement raconté le midi impro à l'école, une activité qu'elle adore et dont je n'avais jamais entendu parler. Je leur ai ensuite parlé de mon nouveau livre, Ru, complètement génial, du Vietnam, des Boat people. Puis Étienne a continué avec un autre bonheur. Nous avons finalement parlé de nos bonheurs pendant tout le souper, jusqu'au début de Tactic (émission préférée de Mathilde et un de ses bonheurs).

C'était tout simple, mais une façon tellement incroyable d'avoir plein de détails sur ce que les enfants ont aimé de leur journée.

Et ce souper... est en tête de mes bonheurs de la journée. Avec mon livre auquel je retourne maintenant, et mon lit que je rejoindrai dans 15 minutes...

dimanche 24 janvier 2010

lundi 18 janvier 2010

Conversation de banquette arrière

Dimanche dernier. Nous sommes en voiture. À la radio de Radio-Canada, un reporter interviewe de jeunes enfants Haïtiens dans le cadre d'un reportage spécial sur le séisme en Haïti. Les voix d'enfants attirent l'attention de Mathilde et Étienne.

Conversation de banquette arrière amorcée par Mathilde:

- Étienne, les enfants qui parlent à la radio, ils ne sont pas chanceux parce que dans leur pays il y a eu un gros tremblement de terre, et ça a tout cassé leur maison. Alors ils n'ont plus de maison.
- Moi z'aime pas ça les tremblements de terre. Il y en a des tremblements de terre ici, Mathilde?
- Non, pas ici. Nous on est corrects ici. Mais eux ils n'ont rien à manger, alors nous on leur envoie de la nourriture par avion pour les aider un peu. Et en plus, parce qu'ils n'ont plus de maison, ils marchent dans les rues pour se trouver un autre endroit pour habiter. Ils y en a qui ont perdu leur famille, alors ils n'ont plus de père ou de mère.
(silence)
- Continue, Mathilde.
- Et des fois, ils sont trop fatigués alors ils s'arrêtent et se couchent par terre pour faire dodo. Ils ont même pas de lits. Ils dorment dehors.
- Qu'est-ce qu'ils font quand il neige?
- La-bas il ne neige pas, il fait toujours chaud, alors au moins ils n'ont pas froid.
- Pourquoi il ne neige pas la-bas?

(et suit une discussion sur pourquoi il fait toujours chaud dans certains pays)


***

En soi, cette conversation n'a rien d'extraordinaire. Mais j'y voyais la conscience naissante de Mathilde, sa patience dans l'explication, son désir de partager avec son frère. L'intérêt d'Étienne, sa confiance inébranlable en sa grande sœur, lui qui boit toujours les paroles de Mathilde et ne les met jamais en doute. Mais surtout, surtout... la chance incroyable de savoir que mes enfants vivent dans un monde privilégié où je peux leur offrir un toit, une maison confortable, une sécurité affective, un avenir où tout est possible. Et la réalisation que, pour l'instant, ce genre de tragédie n'est pour eux qu'une conversation de banquette arrière...

samedi 2 janvier 2010

"Le talent, ça n'existe pas. Le talent, c'est d'avoir envie de faire quelque chose." -Jacques Brel

Ce matin, j'ai montré à ma fille comment faire de la couture.

Ceux qui me connaissent bien peuvent comprendre toute l'ironie de cette situation.

Je suis la fille d'une très grande couturière, mais je suis complètement nulle en couture. Dans le meilleur des cas, je pose un bouton, qui s'attache ensuite mal et retombe souvent quelques mois plus tard. Aujourd'hui, j'avais un coussin à recoudre ainsi que deux animaux à opérer: un lapin qui avait perdu sa queue et un éléphant qui avait perdu un bras. C'est dur la vie de maman-chirurgienne.

Je dis que je suis nulle, mais c'est en fait que je n'ai absolument aucun intérêt pour la couture. J'ai longtemps pensé que j'étais nulle en couture, comme j'étais nulle en cuisine et nulle avec les plantes. Je ne suis pas née avec un talent exceptionnel pour aucune de ces activités, et j'en déduisais que ces activités étaient donc hors de ma portée. Quelle horrible conviction! J'ai compris avec le temps qu'avec juste un peu d'intérêt, de patience et un esprit un tant soit peu audacieux, il n'y a rien que je ne peux pas faire. Je dois juste en avoir envie.

Je resterai donc (avec bonheur) nulle en couture, surtout que j'aurai probablement une fille qui sera une grande couturière, à voir son enchantement pour la couture ce matin. Comme je lui ai transmis l'étendue de mes connaissances en couture en moins de 15 minutes, je crois qu'elle aurait besoin d'une visite chez sa grand-maman pour développer son talent...

Pendant ce temps, je m'attaquerai aux mystères de la pâte Filo.

***

Mathilde-la-créative a transformé l'atelier de couture de ce matin en clinique de chirurgie pour animaux... Dr. Étienne et Dr. Mathilde ont donc performé plusieurs chirurgies dans leur hôpital pour animaux:

À voir la file d'attente, ils sont clairement très talentueux ;-)

(je viens de remarquer que l'éléphant et le lapin que j'ai opérés ce matin se sont remis en ligne... je me demande si je dois le prendre personnel... ;-)