dimanche 26 décembre 2010

Mathilde à la messe

Mes enfants ne sont pas baptisés. La décision s'est prise presque seule. À la naissance de Mathilde, on m'a dit que, pour la faire baptiser, je n'avais qu'à expliquer pourquoi je voulais "élever mon enfant dans la foi catholique". Comme je n'arrivais pas à répondre à cette question, nous ne sommes jamais passés à l'étape suivante. Mes enfants ne sont donc jamais allés à la messe.

L'introduction à la religion catholique pour Mathilde fut plutôt saugrenue. Nous sommes de grands fans du Seigneur des anneaux. Nos enfants ont vu plusieurs fois tous les films (avec, évidemment, une censure parentale des scènes de violence). Lorsque Mathilde avait environ 4 ans, nous sommes allés visiter une jolie église à l’Île du Prince Édouard. En entrant dans l'église, Mathilde demande: "c'est quoi une église maman?" "C'est un peu comme la maison de Dieu." Et comme je commence à lui expliquer qui est Dieu, j'entends: "Maman! Regarde, c'est Gandalf!" Elle est devant une peinture qui représente Jésus, avec sa barbe et ses longs cheveux blonds, habillé d'une grande robe blanche et tenant un bâton de berger à la main. Malgré nos explications, Mathilde a longtemps été convaincue que l'église était la maison de Gandalf.

Cette année, Mathilde et moi sommes allées à la messe de Noël parce que ma nièce chantait dans la chorale des enfants. Étienne est resté à la maison avec ses cousins. Je n'ai jamais regretté ma décision de ne pas élever mes enfants "dans la foi", mais pendant la messe les questions de Mathilde me faisaient réaliser à quel point elle ignorait tout de la religion catholique: l'histoire de la naissance de Jésus, Bethléem, les rois mages, les histoires de la Bible, le Saint-Esprit. Je ne regrette pas ma décision, mais je suis triste de l'impact sur sa culture. Son manque de connaissance l'empêchera de comprendre les références à la religion catholique si souvent présentes dans les films, les livres, les journaux.

Mais bon. Je me dis que si un jour les enfants en ont envie, ils pourront toujours s'intéresser à la religion. Mais je ne crois pas qu'aller à la messe aura inspiré Mathilde:

- Comment tu as trouvé ça, la messe, Math?
- Vraiment plate.

Difficile de la contredire.

lundi 20 décembre 2010

Discussions de salle de bain

Dimanche, 9:30 a.m., salle de bain du sous-sol. Je m'asseois sur la toilette, espérant un petit moment tranquille pour faire ce que j'ai à faire. Mathilde m'appelle:

- Maman?
- Je suis ici.

Elle entre dans la salle de bain.

- Ça va? Tu fais caca?
- Euh, je voudrais bien, oui.
- Ok, je te dérange pas longtemps. Tu as vu mon chandail de I love LA? Je vais chez Audrey.
- Oui, il est dans le panier là.
- Super, merci. Hey, tu savais que .... blah blah blah...

Elle commence à me raconter un truc sur son ami Mathieu pendant qu'elle s'habille. Étienne arrive.

- Maman?
- Étienne, tu peux pas rentrer, maman veut faire caca.
- Mais pourquoi t'es là, toi?
- Je m'habille et après je m'en vais.
- Oui, mais t'as fini de t'habiller!
- Oui, mais j'ai quelque chose à dire à maman!

Étienne a sur lui son super fusil intergalactique, qui fait des bruits très cool. Étienne a décidé que le shhhtou-touv! gèle les gens sur place alors que le tchlink! les ramène à la vie. Depuis samedi matin, il se promène et nous gèle à volonté.

- Donc, comme je te disais maman, après il lui a dit...
shhhtou-touv!!!
Mathilde s'immobilise.
tchlink! 
- ...que ça ne lui dérangeait pas de sortir avec, mais dans le fond ça voulait dire qu'il...
shhhtou-touv!!!
Mathilde s'immobilise à nouveau.
tchlink! 
- ... voulait, mais il ne voulait pas lui dire. Maman, tu m'écoutes?
- Oui, oui, bien sur, tu disais que...
shhhtou-touv!!!
Je m'immobilise.
tchlink! 

Je repends vie. Je regarde Étienne. Je regarde Mathilde. L'absurdité de la situation me frappe... et l'envie m'appelle sérieusement.

- Euh, vous pourriez aller jouer ailleurs?

***

Dimanche soir, 19h. Les enfants jouent au playmobil en bas, je ne les ai pas entendus depuis plus de 30 minutes. La vaisselle est rangée, le linge plié et rangé dans les tiroirs. Mes tâches sont terminées. J'ai besoin d'un moment Calgon, alors je me coule un bain chaud et je m'installe bien confortablement avec mon livre.

Je jure, je suis dans le bain depuis moins de deux minutes, 120 petites secondes, quand j'entends:

- Maman?

Je suis convaincue qu'ils ont un détecteur. Peut-être croient-ils que j'ai peur de la solitude?

J'ai répondu à la question, et j'ai établi un nouveau règlement. Quand la porte de la salle de bain est fermée, personne n'a le droit d'entrer, à moins que ce soit une urgence ("non, si t'as envie de caca, c'est pas une urgence, tu peux aller en bas. Non, t'as pas besoin de te brosser les dents tout de suite, ça non plus c'est pas urgent. Faut que ça saigne. Si ça saigne, ça c'est une urgence").

Pendant ma pause Calgon, ça cogne à la porte:

- Maman?
- Est-ce que c'est urgent?
- Ben, un peu.
- Est-ce que ça saigne?
- ...
- Est-ce que ça saigne?
- Euh, non.
- Ok, alors on s'en reparle dans 10 minutes.

Je n'ai pas eu d'autre visite.

Mieux vaut tard que jamais pour mettre ses limites, non?

mercredi 8 décembre 2010

Une question de perspective

La semaine dernière, Étienne avait comme devoir dans son cahier Astuce d'écrire une "phrase drôle". Il y avait des exemples en haut de la page, du genre "une bicyclette à boutons" (on voyait une bicyclette dont les roues étaient remplacées par des boutons) ou encore "un mouton qui vole dans le ciel."

Étienne, après y avoir pensé un peu, a finalement trouvé sa phrase:

"Un volcan qui explose comme du caca."

Je ne sais si c'est à force de côtoyer des petits mecs de 6 ans, mais j'ai trouvé ça hilarant. Pas mal plus drôle qu'une bicyclette à boutons en tout cas.

Sauf que Madame Karine n'a pas trouvé ça très drôle.

Étienne n'a donc pas "réussi" son devoir. Madame Karine a souligné le mot "drôle" dans les directives du devoir et a écrit en rouge, sous la phrase d'Étienne: "Ce n'est pas drôle."

Mon petit mec était bien triste, "surtout que je n'avais même pas fait de faute, maman!" Je n'ai rien dit, mais je comprends que Mme Karine ne peut ouvertement approuver l'utilisation du mot caca comme objet d'humour dans une classe de première année. Je peux facilement imaginer le délire de pipi-caca-vomi-pénis-vagin que ça pourrait créer.

Sauf que j'aurais bien aimé voir le visage de Madame Karine (qui est une excellente professeur et a un très bon sens de l'humour) à la lecture de cette phrase...

lundi 6 décembre 2010

Première neige

Le plaisir de revenir de l'école, de mettre son habit de neige et d'aller jouer dehors... tant pis pour les devoirs.
Et, au coucher, le rêve secret que demain, peut-être, s'il neige cette nuit, et s'il neige encore, ils pourront rester à la maison et jouer dehors... encore...