mercredi 23 juin 2010

La marche des dinosaures

La semaine dernière, j'ai eu la chance d'assister à la grande marche des dinosaures de la classe d'Étienne, qui les menait à la bibliothèque de Lachine, où ils seront exposés tout l'été. On se souviendra que ces dinosaures avaient eu la chance d'avoir des cous conçus dans un stress intense par une débutante avouée.

En voici quelques uns, juste avant le départ pour la bibliothèque:


La grande marche débute:


À l'arrêt d'autobus, les dinosaures (tous herbivores, semblent-ils) sont bien nourris:




Dans l'autobus (on remarque en premier plan un tricératops, qui m'aura donné des sueurs):



On arrive enfin:





C'est con, mais j'étais fière de savoir qu'il y avait un tout petit peu de moi dans tous ces dinosaures. Que même quelqu'un d'aussi nul que moi en bricolage peut participer à quelque chose d'aussi impressionnant. Tout est vraiment possible.

lundi 7 juin 2010

Mathilde, son papa et le piano

Stéphan aime beaucoup la musique de Philip Glass, en particulier une pièce tirée du film No Reservations qui s'intitule Zoe Goes to the Restaurant. Stéphan et Mathilde ont essayé pendant quelque temps d'en reproduire les notes en l'écoutant sur YouTube, mais ils ont du abandonner, à leur grande déception.

Après quelques recherches, j'ai finalement réussi à trouver la partition sur le web. Depuis, Mathilde l'apprenait en cachette avec l'idée de l'offrir comme cadeau de fête des pères à son papa. Le professeur de Mathilde a plutôt suggéré qu'elle la joue lors de son concert, qui avait lieu hier. Après les deux pièces inscrites sur le programme de la soirée (la Charolaise de Couperin et un Menuet de Bach), Mathilde allait jouer, en surprise, Zoe Goes to the Restaurant.


J'attendais le moment avec fébrilité. La nervosité a eu un peu raison de la première pièce de Mathilde, mais elle a superbement bien réussi le menuet. Après les applaudissements, Mathilde a fait un grand sourire à son papa et elle a joué les premières notes de Zoe. J'ai filmé la performance de Mathilde, mais j'aurais aimé prendre en photo le visage de Stéphan, la surprise dans ses yeux, la rougeur de ses joues, son sourire si heureux. Et celui de Mathilde, radieux, lorsqu'elle s'est assise à coté de lui, et qu'elle a glissé sa main dans la sienne.


***

Pour toi, Mylène, qui est si loin de nous, la performance de Mathilde:

Plaisirs parfumés en famille

J'ai trouvé le restaurant familial idéal.

Il y a quelques mois, pour notre club de lecture, nous avions soupé dans un restaurant vietnamien apportez-votre-vin, Pho Viet, pour discuter de Ru, le très beau roman de Kim Thuy. Après un excellent repas, nous avions eu une agréable surprise lorsque la très sympathique propriétaire, voyant nos exemplaires du livre, nous avait raconté que l'auteure était une de ses amies, entrainant une conversation fascinante.

Samedi dernier, pour fêter une amie, j'ai suggéré ce resto. Je me souvenais de l'atmosphère incroyablement relax de l'endroit, et j'espérais que les enfants y seraient bien accueillis.

Quel bonheur.

Le repas--une série de plats aux milles parfums: soupe tonkinoise, rouleau printanier, salade de papaye verte, sauté de crevettes au cari vert, beignets aux pommes, thé vert--était tout simplement délirant. L'ambiance était idéale pour une famille, très informelle mais chaleureuse, assez bruyante pour dissimuler les conversations animées des enfants sans pour autant gêner la nôtre. Et surtout, il était possible de trouver pour les enfants des mets qu'ils ont mangés avec plaisir sans avoir à tomber dans les foutues croquettes de poulet ou pizza sourire.

Je me suis dit qu'il y avait surement d'autres restaurants ainsi à Montréal, et qu'il ne me restait maintenant qu'à partir en quête pour les découvrir. Qui sait, après le Guide Resto Voir, il pourrait y avoir le Guide Resto en famille version Nathalie, que je pourrais écrire dans mes temps libres (soit entre 2:00 et 3:00 a.m. la nuit prochaine).

vendredi 4 juin 2010

Bonheur du vendredi matin

Le vendredi, comme je ne travaille pas, j'aime bien aller reconduire Étienne à l'école à pied. Mathilde marche seule avec ses copines depuis longtemps, mais Éti est encore un peu petit pour se joindre à elles.

C'est un grand bonheur pour lui de marcher avec sa soeur, mais ça en est un pour moi aussi. Au début, il n'y a que nous et les copines de Mathilde. Puis, sur Jean Renou, on rencontre d'autres écoliers en route, parfois même une amie qui se joint à nous. J'aime surtout lorsque nous arrivons sur la 43e avenue. Nous marchons sur le trottoir, sous les arbres si vieux et immenses qu'ils touchent presque à leur alter ego de l'autre coté de la rue. Et les enfants arrivent de partout: à pied, en trottinette, en vélo, en skate, sur le trottoir, dans la rue. Toujours en rigolant, en se saluant, avec un enthousiasme qui me surprend chaque fois. Il y a dans l'air une fébrilité, un plaisir évident à l'idée de retrouver les amis. Je ne peux faire autrement que sourire.

J'embrasse Mathilde devant la cour des grands, et je suis Étienne qui court maintenant vers celle des petits. J'aime entendre les rires et les cris des élèves qui sautent à la corde ou à cloche-pied, jouent à la tag, se racontent des histoires qui semblent passionnantes. J'embrasse Étienne, et je reste un peu à le regarder à travers la clôture. Il est souriant, content de voir ses copains Daniel, Axel, Antoine, Alexandre. Puis la cloche sonne, et à chaque fois je suis émue. Ils s'empressent tous de prendre leur rang. Le silence s'installe tranquillement, interrompu par un dernier rire, un dernier cri joyeux. Bientôt on n'entend plus que le vent entre les feuilles des arbres, quelques mamans qui se disent au revoir.

Je reviens tranquillement chez moi, habitée de ce sentiment d'être devant le début de quelque chose de nouveau, que j'ai la journée devant moi, que tout est possible.

mardi 1 juin 2010

Chevauchée chaotique

Nous sommes au moment où la saison printanière chevauche la saison estivale. Les cours de piano ne sont pas encore terminés (on double même les pratiques pour le spectacle de dimanche), les examens de la fin de cette si importante cinquième année nous causent bien des soucis, la saison de soccer (multipliée par deux) est commencée. Ma case horaire 16h30-20h30 est souvent plus remplie que mon calendrier Outlook au boulot.

Et à travers ces activités il y a ces trucs si inutiles mais dignes du mythe de Sisyphe, la vaisselle du déjeuner à ranger, le souper à faire, l'épicerie, le lavage, les billets d'école à signer, entrecoupés de moments si importants comme Étienne qui veut me montrer qu'il sait maintenant faire des boucles et Mathilde qui découvre les garçons et veut me raconter tous les détails de sa vie sociale.

Je suis étourdie. Et comme j'ai de la difficulté à dire non, je donne tout ce que je peux jusqu'à ce que j'en aie ras-le-bol et que j'explose. À des moments évidemment tout à fait inopportuns, comme lorsqu'Étienne est si fier d'avoir bu toute sa bouteille d'eau entre le moment où nous quittons la maison et celui où nous arrivons au terrain de soccer.

Et je ne vois pas à quoi je pourrais dire non. Car ce sont les enfants qui demandent ces activités. Comment refuser le piano alors que Mathilde me dit qu'en jouer la calme et apaise ses inquiétudes? J'aime tellement voir Étienne si content de jouer lui aussi au soccer, si fier d'être enfin capable de maitriser le ballon, si heureux de rigoler avec ses copains d'école qu'il continuera à voir tout l'été grâce au soccer.

Alors j'attends que la tempête passe. Bientôt le piano sera terminé, l'école aussi. Il y aura le soccer chaque jour de la semaine, mais il y aura aussi le bonheur de manger les popsicles après les parties, de se coucher en même temps que le soleil, de se lever à une heure plus naturelle.

J'essaie aussi de me trouver un rituel de survie, de commencer la case horaire du soir avec un sourire, un verre de rosé, des fleurs coupées sur ma table. D'y aller une journée à la fois, et d'essayer de ne pas voir toutes ces activités comme une série de tâches, mais plutôt de remarquer le sourire d'Étienne sur le terrain ou d'apprécier les jolies mélodies de piano de Mathilde.

Et de penser à moi un peu dans tout ça. De trouver un peu de temps pour écrire, lire, marcher, courir, prendre le thé... Prendre des forces pour traverser cette chevauchée chaotique.