Cette semaine, j'habite un peu dans une pièce de théâtre.
Nous partageons avec des amis une grande maison près de la plage. La chambre que nous avons choisie est grande, jolie, confortable, bien décorée, et la table de chevet de mon coté du lit assez grande pour que je puisse y mettre tous les livres que j'ai apportés. La chambre a cependant une caractéristique avec des effets insoupçonnés: On peut y accéder par deux portes, une venant de la cuisine, l'autre du salon. Évidemment, aucune de ces portes n'a de loquet.
Et j'ai l'impression que je suis l'actrice principale d'une pièce de théâtre d'été, avec deux petits acteurs dont l'objectif est d'entrer au moment le plus inopportun avec des répliques plus délirantes les unes que les autres.
En voici un extrait.
Acte 1, Scène 4: La famille se prépare pour aller à la plage. Sur la scène, la maman essaie d'enfiler son bikini. Le haut du bikini est bien joli, mais il s'attache à l'arrière par des cordons croisés qui s'entremêlent facilement. La maman ne porte que le bas du bikini et tient le haut dans ses mains. Elle essaie tant bien que mal de démêler les cordons. En arrière-scène, on entend des voix d'enfants qui cherchent leurs sandales.
La porte s'ouvre coté jardin. Une grande ado rentre, laissant la porte toute grande ouverte.
Grande ado: Maman? Qu'est-ce que tu fais?
Maman (se couvrant rapidement la poitrine avec son haut de bikini, mêlant tous les cordons à nouveau): Ado! Ferme la porte! Tout le monde va me voir nue!
Grande ado (s'avançant vers l'intérieur de la pièce, sans fermer la porte): Ah! Tu mets ton costume de bain! Désolée, je ne savais pas.
Maman (fermant la porte coté jardin): Tu peux cogner la prochaine fois, s'il-te-plait?
Grande ado: Oui, oui, bien sur! As-tu vu Petit frère?
Maman: Non, je ne l'ai pas vu. Je peux m'habiller maintenant?
Grande ado: Oui, oui, désolée!
La grande ado quitte coté cour, oubliant de fermer la porte. La maman ferme la porte coté cour et recommence à essayer de démêler ses cordons. La porte s'ouvre coté jardin. Un petit garçon entre, laissant la porte toute grande ouverte.
Petit garçon: Maman? Qu'est-ce que tu fais?
Maman (se couvrant encore la poitrine, mêlant encore les cordons): Petit garçon! Ferme la porte! Tout le monde va me voir nue!
Petit garçon (s'avançant vers l'intérieur de la pièce, sans fermer la porte): Ah! Tu mets ton costume de bain! Désolé, je ne savais pas.
Maman (fermant la porte coté jardin): Tu peux cogner la prochaine fois, s'il-te-plait?
Petit garçon: Oui, oui, bien sur! As-tu vu Grande Ado?
Maman: Oui, elle vient tout juste de passer par ici. Elle te chercher d'ailleurs. Je peux m'habiller maintenant?
Petit garçon: Oui, oui, désolé!
Le petit garçon quitte coté cour, oubliant de fermer la porte. La maman ferme la porte coté cour et recommence à essayer de démêler ses cordons. La porte s'ouvre coté jardin. Son amoureux entre, refermant la porte derrière lui.
Amoureux: Ooooh... jolie! Tu portes le monokini aujourd'hui?
Maman: Non! Je voudrais bien mettre mon haut de bikini mais tout le montre entre tout le temps!
Amoureux (prenant son amoureuse dans ses bras): Moi je t'aime bien en monokini en tout cas...
Maman (laissant tomber le haut de bikini par terre): Ah oui? ...
La porte s'ouvre coté jardin et Grande Ado rentre.
Grande ado: Maman? Ah non! Pas encore des embrassades! Ça suffit! Papa, tu peux venir m'arranger mon vélo?
Amoureux (à regret): Oui, j'arrive.
Les deux quittent coté cour, et l'amoureux ferme la porte derrière lui. La maman ramasse son haut de bikini et recommence à arranger les cordons. Au moment même où elle réussit à mettre son bikini, les deux portes s'ouvrent en même temps. Grande ado entre coté jardin, Petit garçon entre coté cour. Les deux sont habillés pour la plage.
Grande ado et Petit garçon: Maman! Maman! Pourquoi c'est si long de t'habiller! On attend après toi pour aller à la plage!
La maman se regarde dans le miroir, soupire et sort, coté jardin.
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vendredi 3 août 2012
mercredi 1 août 2012
Leçon d'humilité
Nous avons une chaise de plage bon marché achetée il y a quelques années. Nous ne l'utilisons presque jamais, puisque nous sommes très souvent dans l'eau, mais je la traîne malgré tout un peu partout.
Plus tôt cette semaine, je décide de profiter du soleil assise sur ma chaise. J'essaie de l'ouvrir, ça me semble pourtant simple, mais je n'y arrive pas. À force d'essayer, je réussis à l'ouvrir, mais en mode « pitoune de plage » : tellement inclinée vers l'arrière qu'on doit être couchée sur le dos. Je sais qu'il y a un mode « maman surveille ses petits qui se baignent », mais j'ai beau essayer de le trouver, je n'y arrive pas. Je demande à mon amoureux, mais Étienne arrive plus rapidement: « Attends, maman, je te l'arrange. » Il installe la chaise comme s'il avait fait ça toute sa vie, puis repart jouer dans l'eau.
Hier, je sors la chaise à nouveau, mais encore une fois je suis bloquée au mode « pitoune » (un signe?). J'appelle Étienne. Il arrive en courant.
— Tu peux m'aider à placer la chaise?
Il soupire.
— Maman, regarde. Tu mets tes mains ici, tu tiens le bout avec ton genou et ensuite tu pousses avec tes pouces.
Il arrange la chaise.
— Tu vois?
— Oui, oui, Éti, merci!
J'arrive pour m'asseoir, mais il remet la chaise en mode pitoune.
— À toi maintenant maman. Montre-moi si tu as bien compris.
Ben coup donc. C'est pas parce qu'on a juste sept ans qu'on ne peut donner une leçon à sa maman.
Plus tôt cette semaine, je décide de profiter du soleil assise sur ma chaise. J'essaie de l'ouvrir, ça me semble pourtant simple, mais je n'y arrive pas. À force d'essayer, je réussis à l'ouvrir, mais en mode « pitoune de plage » : tellement inclinée vers l'arrière qu'on doit être couchée sur le dos. Je sais qu'il y a un mode « maman surveille ses petits qui se baignent », mais j'ai beau essayer de le trouver, je n'y arrive pas. Je demande à mon amoureux, mais Étienne arrive plus rapidement: « Attends, maman, je te l'arrange. » Il installe la chaise comme s'il avait fait ça toute sa vie, puis repart jouer dans l'eau.
Hier, je sors la chaise à nouveau, mais encore une fois je suis bloquée au mode « pitoune » (un signe?). J'appelle Étienne. Il arrive en courant.
— Tu peux m'aider à placer la chaise?
Il soupire.
— Maman, regarde. Tu mets tes mains ici, tu tiens le bout avec ton genou et ensuite tu pousses avec tes pouces.
Il arrange la chaise.
— Tu vois?
— Oui, oui, Éti, merci!
J'arrive pour m'asseoir, mais il remet la chaise en mode pitoune.
— À toi maintenant maman. Montre-moi si tu as bien compris.
Ben coup donc. C'est pas parce qu'on a juste sept ans qu'on ne peut donner une leçon à sa maman.
vendredi 30 décembre 2011
"Même si on a vomi, c'était de belles vacances!"
Encore une fois, nous avons été victimes de la gastro pendant le temps des fêtes.
Et cette fois, elle fut particulièrement vicieuse. Ce fut d'abord moi qui ai eu mal au coeur et au ventre pendant toute une journée, juste après Noel. Puis Étienne, qui a été malade pendant trois nuits. Le jour, il courait, s'amusait, rigolait, mais mangeait peu. Et la nuit... "maman!!!". Courses folles vers la toilette, larmes, longs moments à caresser un petit dos tout maigre pour aider le mal de ventre à passer. Stéphan se remet tranquillement d'un mal de ventre qui durait depuis quelques jours. Seule Mathilde semblait s'en tirer... jusqu'à la nuit dernière. Mais elle récupère très rapidement, beaucoup plus que nous tous en fait.
Le seul hic est que nous avions réservé dans un hôtel à Tremblant pour quelques jours, histoire de faire un peu de ski et prendre de petites vacances. Lorsque la gastro nous est tombée dessus, il était trop tard pour annuler. Nous sommes donc tout de même partis, et ce fut une excellente idée. Nous avons réussi à faire du ski, nous reposer, lire, dormir. Les enfants ont bien profité de la piscine, source de grand bonheur pour eux. Ce matin, alors qu'ils étaient étendus sur leur lit, Étienne bien reposé de sa longue nuit de sommeil, Mathilde encore un peu blanche de sa nuit difficile, ils se racontaient leurs petits bonheurs des vacances. "Mathilde, même si on a vomi, c'était de belles vacances, hein?"
Rien de tel qu'un enfant pour voir un peu de bonheur partout.
J'aime bien ces petites pauses hors de chez nous. Nous n'allons pas très loin, mais j'ai pourtant l'impression de me retirer complètement de cette routine dans laquelle on peut s'enliser si facilement. Il n'y a pas de télé, d'ordi ou de jeux vidéo, pas de tâches à faire non plus, alors nous prenons le temps d'être ensemble, de s'écouter, de rigoler.
Je prends un peu de recul, je révise mes priorités, je choisis ce que je décide de garder et ce que, enfin, je décide de laisser aller. Je reviens à la maison plus tranquille, plus focalisée, plus convaincue de vers où je veux aller.
Amour fraternel
Mathilde a une peur bleue de la gastro. C'est une vraie phobie et elle en parle à l'année, vivant toujours dans la crainte de l'attraper.
Mardi dernier, à 4 a.m., alors qu'Étienne vomissait à s'en arracher l'estomac, Mathilde est sortie de sa chambre en courant.
- Maman! Étienne vomit! Il est malade?
- Oui, Math, il a la gastro.
Moment de panique chez Mathilde. Étienne se retourne, d'une blancheur inquiétante, et entre deux vomissements lui dit, d'une voix qu'il veut rassurante:
- Ne t'en fais pas Math, c'est une toute petite gastro de rien du tout, tout ira bien.
Ça c'est de l'amour fraternel.
Et cette fois, elle fut particulièrement vicieuse. Ce fut d'abord moi qui ai eu mal au coeur et au ventre pendant toute une journée, juste après Noel. Puis Étienne, qui a été malade pendant trois nuits. Le jour, il courait, s'amusait, rigolait, mais mangeait peu. Et la nuit... "maman!!!". Courses folles vers la toilette, larmes, longs moments à caresser un petit dos tout maigre pour aider le mal de ventre à passer. Stéphan se remet tranquillement d'un mal de ventre qui durait depuis quelques jours. Seule Mathilde semblait s'en tirer... jusqu'à la nuit dernière. Mais elle récupère très rapidement, beaucoup plus que nous tous en fait.
Le seul hic est que nous avions réservé dans un hôtel à Tremblant pour quelques jours, histoire de faire un peu de ski et prendre de petites vacances. Lorsque la gastro nous est tombée dessus, il était trop tard pour annuler. Nous sommes donc tout de même partis, et ce fut une excellente idée. Nous avons réussi à faire du ski, nous reposer, lire, dormir. Les enfants ont bien profité de la piscine, source de grand bonheur pour eux. Ce matin, alors qu'ils étaient étendus sur leur lit, Étienne bien reposé de sa longue nuit de sommeil, Mathilde encore un peu blanche de sa nuit difficile, ils se racontaient leurs petits bonheurs des vacances. "Mathilde, même si on a vomi, c'était de belles vacances, hein?"
Rien de tel qu'un enfant pour voir un peu de bonheur partout.
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J'aime bien ces petites pauses hors de chez nous. Nous n'allons pas très loin, mais j'ai pourtant l'impression de me retirer complètement de cette routine dans laquelle on peut s'enliser si facilement. Il n'y a pas de télé, d'ordi ou de jeux vidéo, pas de tâches à faire non plus, alors nous prenons le temps d'être ensemble, de s'écouter, de rigoler.
Je prends un peu de recul, je révise mes priorités, je choisis ce que je décide de garder et ce que, enfin, je décide de laisser aller. Je reviens à la maison plus tranquille, plus focalisée, plus convaincue de vers où je veux aller.
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Amour fraternel
Mathilde a une peur bleue de la gastro. C'est une vraie phobie et elle en parle à l'année, vivant toujours dans la crainte de l'attraper.
Mardi dernier, à 4 a.m., alors qu'Étienne vomissait à s'en arracher l'estomac, Mathilde est sortie de sa chambre en courant.
- Maman! Étienne vomit! Il est malade?
- Oui, Math, il a la gastro.
Moment de panique chez Mathilde. Étienne se retourne, d'une blancheur inquiétante, et entre deux vomissements lui dit, d'une voix qu'il veut rassurante:
- Ne t'en fais pas Math, c'est une toute petite gastro de rien du tout, tout ira bien.
Ça c'est de l'amour fraternel.
vendredi 20 août 2010
38 Celcius, 2 enfants, 2 pandas, 0 éléphant, 0 singe et 1 Ravenswood
Vendredi après-midi, zoo de Washington, D.C. Il fait 38 degrés Celcius, les enfants ne veulent plus marcher. Ils ont chaud, ils ont mal aux pieds, ils se plaignent sans arrêt. "Quand on s'en va?" "Il fait chaud!" "Est-ce qu'on peut aller se baigner?" "Je voulais voir les singes et les éléphants! Pourquoi c'est fermé ce bout! C'est pas juste! Tu me l'avais pas dit!" "J'ai faim!"
Je me dis que j'ai tout raté.
Nous passons 3 jours à Washington. C'est ma quatrième visite, mais c'est la première pour mon mec et les enfants. J'avais en tête tout ce que je voulais leur montrer: Le Mall, les musées, la maison blanche, le Washington Monument, le Lincoln Memorial, le National zoo.
Beaucoup d'activités sur le programme. Trop, même. J'avais oublié qu'il est difficile de voyager avec des enfants. C'était rendu si pénible en fait que nous avons renoncé au programme prévu en plein après-midi et nous sommes revenus à l'hôtel. Dans le métro, nous nous sommes dit: ça y est, c'est le dernier voyage du genre qu'on fait. Finis les voyages plus touristiques, les visites, les villes. Ça ne sera plus que de la plage et de la piscine. Et on ne va pas en France pour notre prochain grand voyage, tel que rêvé. C'est une perte totale de temps et d'argent.
En chemin, je fais un arrêt au Beer and Wine Store du coin, pour ramasser une bouteille de Ravenswood à un prix dérisoire. Faute de pause-thé, je me ferai une pause-vin.
***
Pourtant, pendant le souper dans un pub irlandais très sympathique, les enfants parlent de leur journée avec bonheur. "Moi j'ai beaucoup aimé les pandas aujourd'hui!" "Oui, c'était trop cool! Moi, j'ai aimé les gorilles!" "Non, ce que j'ai le plus aimé c'est le musée de l'air et de l'espace hier!" "Oui, moi aussi c'est ça! C'était trop cool les fusées!"
De retour à l'air climatisé, après une pause piscine incroyablement rafraichissante (et un verre de délicieux Ravenswood), je prends un peu de recul. Oui, il est possible de voyager avec des enfants et oui, ils en retirent quelque chose. Mais je dois le faire à leur rythme. Je dois comprendre qu'ils ne peuvent marcher pendant des heures et que faire des visites touristiques toute la journée est beaucoup trop pour eux. Pour le prochain voyage, je planifierai des demi-journées de visites touristiques, avec juste assez de marche pour les fatiguer un peu, mais pas assez pour les décourager.
Et je continuerai à trouver des hôtels avec piscine, source de bonheur pour mes aqua kids et récompense bien méritée à la fin de la journée.
Je me dis que j'ai tout raté.
Nous passons 3 jours à Washington. C'est ma quatrième visite, mais c'est la première pour mon mec et les enfants. J'avais en tête tout ce que je voulais leur montrer: Le Mall, les musées, la maison blanche, le Washington Monument, le Lincoln Memorial, le National zoo.
Beaucoup d'activités sur le programme. Trop, même. J'avais oublié qu'il est difficile de voyager avec des enfants. C'était rendu si pénible en fait que nous avons renoncé au programme prévu en plein après-midi et nous sommes revenus à l'hôtel. Dans le métro, nous nous sommes dit: ça y est, c'est le dernier voyage du genre qu'on fait. Finis les voyages plus touristiques, les visites, les villes. Ça ne sera plus que de la plage et de la piscine. Et on ne va pas en France pour notre prochain grand voyage, tel que rêvé. C'est une perte totale de temps et d'argent.
En chemin, je fais un arrêt au Beer and Wine Store du coin, pour ramasser une bouteille de Ravenswood à un prix dérisoire. Faute de pause-thé, je me ferai une pause-vin.
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Pourtant, pendant le souper dans un pub irlandais très sympathique, les enfants parlent de leur journée avec bonheur. "Moi j'ai beaucoup aimé les pandas aujourd'hui!" "Oui, c'était trop cool! Moi, j'ai aimé les gorilles!" "Non, ce que j'ai le plus aimé c'est le musée de l'air et de l'espace hier!" "Oui, moi aussi c'est ça! C'était trop cool les fusées!"
De retour à l'air climatisé, après une pause piscine incroyablement rafraichissante (et un verre de délicieux Ravenswood), je prends un peu de recul. Oui, il est possible de voyager avec des enfants et oui, ils en retirent quelque chose. Mais je dois le faire à leur rythme. Je dois comprendre qu'ils ne peuvent marcher pendant des heures et que faire des visites touristiques toute la journée est beaucoup trop pour eux. Pour le prochain voyage, je planifierai des demi-journées de visites touristiques, avec juste assez de marche pour les fatiguer un peu, mais pas assez pour les décourager.
Et je continuerai à trouver des hôtels avec piscine, source de bonheur pour mes aqua kids et récompense bien méritée à la fin de la journée.
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