dimanche 14 septembre 2008

Des kilomètres sous la pluie

J'ai eu la chance aujourd'hui de partager mon bonheur de la course avec ma famille et mes amis au Marathon de Montréal. Alors que Mathilde, Étienne (avec Stéphan "en accompagnement", comme disait Mathilde :-) et Morgane participaient au P'tit Marathon (course de 1 km), Elsa courait un 5 km et j'étais sur la ligne de départ du 10 km avec André.

Le premier départ était celui des enfants, à 8h30. Les voici en route dans le métro:

On voit que Étienne est très stressé par la course :)

Puis c'est le départ des enfants... 5...4...3...2...1... GO!

Cette photo est floue, mais je l'aime beaucoup: mon fils, heureux, complètement trempé, si content de pouvoir participer à la course:

Les enfants après la course, très fiers de leur médaille:

J'ai beaucoup aimé l'ambiance au stade, particulièrement pour les enfants. Aujourd'hui, faire du sport n'était pas une obligation ou un truc qu'on fait parce que c'est bon pour nous, mais bien une raison de faire la fête. On lit beaucoup ces temps-ci à quel point il est difficile de faire bouger les enfants et les ados. On peut dire aux enfants: "il faut que vous fassiez du sport." On peut aussi leur faire vivre des journées comme aujourd'hui...

Moment intense de la journée pour les enfants: Radio-Canada Jeunesse invitait les jeunes à venir voir leurs héros de la télévision. Les enfants ont donc pris une photo avec les personnages de Toc Toc Toc, une émission qu'ils adorent. Un des personnages est Monsieur Craquepoutte, au centre, qui n'aime pas du tout les enfants. Remarquez comme Étienne tient solidement Mathilde :-)

Avec Annie Brocoli maintenant. Clairement, Étienne est dans son élément ;-)

Ma course à moi a été plus difficile. Alors que courir est en général un grand bonheur pour moi, le départ de cette course a été presque désagréable. Il m'arrive environ une fois par mois d'avoir l'impression de courir avec des blocs de ciment dans les pieds. Ce fut le cas aujourd'hui. Les premiers 4 kilomètres ont été incroyablement pénibles, avec les jambes lourdes et des crampes aux mollets (du jamais vu!) au point où je me suis dit que je n'allais pas finir cette course. Tout s'est replacé vers le 5e kilomètre, alors que je suis revenue dans ma zone de confort, mais je ne réussissais pas à courir à moins de 6:15-6:30 le kilomètre.

Puis, le miracle s'est produit vers le 6-7e kilomètre, grâce à une chanson des Chemical Brothers (Three Little Birdies Down Beats). Cette chanson des Chems complètement géniale a été ce qui m'a propulsée vers la ligne d'arrivée. Je l'ai remis en boucle, non-stop... du bonheur pur, et des temps autour de 5:30, 5:45, avec des pointes à 5:00. Au 9e kilomètre, j'ai mis Final. Évidemment. Comment raconter la 2e minute de cette chanson, le bonheur du rythme, les frissons, l'entrée dans le Stade olympique... Je m'en souviendrai longtemps.

J'ai finalement terminé la course en 61:47, pour un rythme moyen de 6:15, ce qui n'est pas si mal considérant la difficulté du départ.

Et... la seule photo de ma course... notre caméra fait des siennes, alors je suis retournée à l'auto-portrait...

Mon setlist du 10k:
-Temptation (New Order)
-I Love to Move in Here (Moby)
-J'erre (Dumas)
-Lovers in Japan (Coldplay)
-All My Friends (LCD Soundsystem)
-The Stars (Moby)
-Just Like Heaven (Cure)
-Walcott (Vampire Weekend)
-Three Little Birdies Down Beat (Chems) 3x
-Final (Mademoiselle K)

lundi 8 septembre 2008

La petite histoire d'une grande amitié

Je mets en ligne ce soir des photos de Mathilde et Audrey, les deux plus grandes amies du monde, prises hier par mon voisin Sylvain après leur match de soccer, gagné par l'équipe d'Audrey (à noter que Audrey vient tout juste de manger un suçon bleu :-)


Mathilde est née alors qu'Audrey avait 9 mois. Elles se connaissent donc depuis toujours et sont amies depuis aussi longtemps. Nous avons des photos (non digitales, malheureusement) d'elles alors qu'elles ont un peu plus d'un an, en train de jouer dans les feuilles. Elles sont pratiquement des soeurs, se voient à tous les jours et sont ensembles les week-ends de vendredi 16h30 à dimanche 18h, ne se quittant que pour aller manger ou dormir (et encore là, ça dépend des week-ends). Les voici à leur première journée d'école en maternelle; elles ont alors 5 ans:

Une de mes photos préférées, les deux amies en route vers la maternelle...

Je me demande parfois pendant encore combien de temps elles seront amies, et si l'adolescence les séparera. J'espère parfois que, comme Mathilde le dit souvent, lorsqu'elles seront grandes elles habiteront encore une à coté de l'autre, chacune avec leurs amoureux et enfants respectifs...

vendredi 5 septembre 2008

Protéger... ou préparer

C'est une question que Stéphan et moi nous posons souvent... Doit-on protéger ou préparer nos enfants? La question semble simple, la réponse l'est moins.

Mercredi dernier, Mathilde a commencé sa deuxième année de piano. À mon grand bonheur de maman-chauffeure de taxi, les cours ne se donnent plus à l'autre bout du monde, mais à 3 rues de chez nous. Je peux aller la reconduire et retourner chez moi, évitant ainsi à Étienne une longue attente. Je peux ensuite aller la chercher après son cours... ou je la laisse revenir à pied, comme elle me le demande?

Question si simple, réponse si compliquée...

À 9 ans, Mathilde marche maintenant tous les matins pour aller à l'école, qui est à environ 1 km de la maison. Mais elle marche avec ses copines, et une brigadière les aide à traverser la rue passante. Le trajet du piano est différent. Elle est seule, elle revient à la maison à 18h, heure où les gens ont envie de rentrer à la maison et sont parfois moins prudents en voiture. Elle doit traverser une rue assez passante, sans brigadière cette fois-ci...

Préparer ou protéger?

Il m'est impossible de ne pas penser aux enlèvements ou tentatives d'enlèvement des dernières années au Québec. On a beau se dire que ce sont des cas isolés, qu'on ne peut les protéger de tout, lorsqu'il s'agit de ton enfant qui marchera seule vers la maison, surtout ton enfant insouciante et curieuse, celle qui remarque tous les insectes autour d'elle et s'arrête pour les regarder (ou les rapporter à la maison), je plonge dans l'irrationnel. J'ai envie de l'enfermer à la maison, ne jamais la laisser sortir, la surveiller constamment pour que personne, jamais, ne me l'enlève.

Mais bon.

À la demande de Mathilde, j'ai pris mon courage à deux mains et ravalé mes craintes, et je l'ai laissée revenir à pied. Nous avions comme entente qu'elle m'appellerait avant son départ, et je la rejoindrais en chemin pour cette première fois. J'ai senti une légère inquiétude dans sa voix, mélange de crainte et d'excitation devant cette petite aventure. J'ai presque couru pour la rejoindre.

Si j'avais pu prendre une photo de son sourire et de ses yeux brillants... tellement fière d'elle d'avoir réussi à retrouver son chemin, d'avoir traversé seule la grande rue, d'avoir affronté sa peur... Ma petite fille était un peu plus grande. Et pour grandir, elle doit faire ses propres expériences, affronter ses peurs, et se tromper parfois aussi... Je dois apprendre à lui laisser cette place.

Préparer... tout en protégeant un peu.

mercredi 3 septembre 2008

Pour souligner la fin de l'été

Déjà septembre. L'école recommence, avec les activités automnales, les devoirs, les leçons... Le temps était si beau pour ce long week-end que nous avions envie de souligner la fin de l'été d'une façon spéciale. Nous avons donc décidé que nous allions passer la journée dans la nature, dans un endroit qu'on ne visite pas souvent... les États-Unis.

J'ai sorti mon livre "Randonnées dans le nord-est des États-Unis" de la bibliothèque, je l'ai dépoussiéré un peu, puis j'ai choisi une randonnée qui répondait aux critères suivants: Pas trop loin de Montréal (pour nous, ça voulait dire moins de 2h30 d'auto), pas trop long (il faut après tout respecter les petites jambes de la famille), et surtout avec la possibilité de baignade pour les membres aqua de ma famille. Rocky Falls, une randonnée de 7.7 km partant de Adirondak Loj, répondait à mes critères.

Nous sommes partis à 8h30 et arrivés à Adirondak Loj vers 11h (nous serions arrivés plus tôt mais, fidèles à nos habitudes, nous nous sommes perdus un peu). Après une petite collation... en route pour Rocky Falls.


Tout randonneur qui se respecte ne peut évidemment marcher sans bâton...

Alors qu'en général les randonneurs essaient d'éviter les roches, Étienne s'assure plutôt de toucher à toutes les roches qu'il rencontre sur son chemin...

Près de 90 minutes plus tard, nous arrivons à la chute. Elle n'est pas très impressionnante, comme le niveau de l'eau est bas, mais l'eau est très claire (quoique glaciale). Nous traversons donc le petit bassin à pied, pour pique-niquer sur les roches:





Comme je suis complètement nulle avec les auto-portraits, j'opte maintenant pour les auto-portraits... de mes orteils. Les voici ici, bien contents d'être libres et dans l'eau.

Steph et les enfants partent ensuite en petite exploration:




Puis c'est la baignade. L'eau est complètement glaciale (regardez bien le visage de Mathilde dans la photo suivante). Mais rien n'arrête Étienne et Mathilde...



Seule Mathilde aura le courage de plonger complètement sous l'eau et d'y rester deux (vraies) secondes:

Toute sortie ne saurait être complète sans au moins quelques lancers de roches:

Ce qui est génial avec la randonnée, c'est qu'il n'y a rien d'autre à faire que de marcher et de parler. C'est génial d'écouter les enfants raconter leurs histoires sans avoir l'impression qu'on a une tâche à faire ou un gazon à tondre.

Étonnamment, Étienne a très bien supporté la randonnée. Les dernières 30 minutes ont été plus difficiles pour lui ("mes jambes sont fatiguées! Elle veulent pas avancer!"). Mathilde et Stéphan étaient un peu en avant, jouant à ne pas toucher le sol, alors j'ai du utiliser mon imagination pour changer les idées d'Étienne, discuter de sujets qui l'intéressent vraiment et répondre à ses questions existentielles: Est-ce que Hulk et Spiderman sont amis? Est-ce que Batman est méchant, comme il est toujours en noir? Et... quel est son vrai nom? Est-ce qu'il a une amoureuse comme Peter Parker? Est-ce qu'on peut tuer des gens avec un arc? Non? Mais on peut tuer des roches, non?

Je lui ai demandé ce qu'il voulait faire quand il serait grand, mais il ne comprenait pas ma question. "Mais oui, quand tu seras grand comme papa, tu vas faire quoi comme travail?" "Ah! Je vais aller au camp Edphy!" Son horizon est très court, et être assez grand pour aller au camp Edphy est le plus grand qu'il puisse imaginer :-)

Moins de 5 minutes après notre départ, les enfants se sont endormis, et Stéphan a bientôt suivi. J'ai terminé cette incroyable journée à conduire dans le très bel état de New York, tranquille, en écoutant Massive Attack...


Le coin des artistes
Voici quelques photos prises par les enfants...

Une photo prise par Mathilde, qui tenait absolument à prendre une photo de ses parents en train de s'embrasser (il faut préciser, tout de même :)

Une photo prise par Étienne... J'adore cette photo... Ce n'est pas la photo la plus géniale de moi, mais c'est vraiment ainsi qu'il me voit à tous les jours, sous cet angle, tellement plus grande que lui...