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lundi 18 mai 2020

"J'ai lu un livre"

Relire mes anciens textes de blogue me redonne un peu le gout d'écrire. Est-ce que je rajouterai ceci aux livres que je suis en train de publier? Qui sait. On verra. Dans la vie, faut essayer des affaires!

Combien de soupers ont commencé par la phrase "Les enfants, j'ai lu un livre" suivie par des soupirs d'exaspération et le commentaire "Ah non, pas un autre livre!".

Les enfants savent que je ne parle pas du dernier roman de science-fiction que j'ai lu, mais bien d'un livre qui va apporter un changement à ma vie... et donc à la leur. J'ai lu des livres sur comment élever des enfants, les finances, le "growth mindset", l'alimentation, la pleine conscience, la confiance en soi, le minimalisme et j'en passe.

Mon père avait cette expression "On ne redresse pas un arbre croche de 35 ans". Par cela, il voulait dire qu'à 35 ans, il était rendu trop tard pour changer quoi que ce soit à sa vie. 35 ans! Si jeune pour avoir abandonné toute forme de croissance.

J'ai 52 ans, et je lis encore des livres qui remettent en question comment je vois les choses, qui me font réfléchir, qui me permettent de grandir.  En ce moment, je lis un livre intitulé "You're Not Listening" sur l'art de bien écouter. Je réalise que je n'écoute pas très bien et c'est quelque chose que j'ai envie de changer.

Mes enfants ont maintenant 15 et 20 ans. En temps normal, entre leur travail, leurs entraînements, leurs amis, leurs chum/blonde, nous sommes chanceux de les avoir pour souper en même temps deux fois par semaine. En ce moment, nous vivons une pandémie. J'ai donc la chance d'avoir mes enfants avec moi 24 heures par jour.

Et ça tombe bien, parce que j'ai lu un livre. Alors je pourrai les écouter pendant que je les ai encore près de moi.

vendredi 20 mai 2011

Souffrir pour apprendre

Mercredi dernier, Mathilde a failli perdre son iPod. En fait, dans sa tête, pendant une dizaine de minutes, elle l'avait perdu. Elle l'avait apporté au marcheton de l'école et l'avait mis dans la poche de son kangourou, mais lorsqu'elle est revenue dans sa classe, elle a réalisé qu'elle ne l'avait plus.

J'étais encore au parc où avait eu lieu le marcheton quand mon cellulaire sonne, indiquant un appel de l'école. Je réponds. C'est Mathilde, en larmes: "Maman! J'ai perdu mon iPod! Peux-tu le chercher dans le parc?" Pendant 10 minutes j'ai cherché, avec Mathilde toujours au téléphone, sans succès. J'ai fait le tour de tous les arbres, demandé à une des organisatrices, regardé sous les bancs. Rien.

Finalement, alors que je dis à Mathilde que je n'ai pas trouvé son iPod, une autre bénévole m'arrête: "Vous avez perdu un iPod? On en a retrouvé un!" C'était celui de Mathilde. Immense soupir de soulagement au téléphone: "Ah maman, si tu savais comme je me sens mieux! Je vais y faire attention à partir de maintenant!"

Elle savait qu'elle ne devait pas l'apporter à l'école. Elle savait aussi qu'elle devait y faire très attention. Nous lui avions dit tout ça, tant de fois. En tant que parent, on peut donner à nos enfants tous les conseils du monde, leur partager toutes nos connaissances, notre expérience. Mais ça rentre par une oreille et ça sort par une autre. Ça n'est pas de la mauvaise volonté de leur part. Ça ne veut simplement rien dire.

Jusqu'à ce que pendant 10 minutes on est convaincue d'avoir perdu son iPod.

Est-ce donc qu'une forme de souffrance est nécessaire pour apprendre, pour avoir un peu d'expérience? On dirait que oui. Combien de fois ai-je dit à Étienne de ne pas monter debout sur le bout du divan? Il aura fallu qu'il tombe et se fasse mal pour enfin ne plus recommencer.

Mais ça nous semble tellement contre-intuitif en tant que parent, alors qu'on essaie de constamment minimiser la souffrance de nos enfants. On ne veut pas qu'ils soient tristes. On ne veut pas qu'ils se blessent. On ne veut pas qu'ils soient malheureux. On les protège tellement qu'on les empêche peut-être d'expérimenter des situations peut-être un peu plus douloureuses, mais qui les aideraient à apprivoiser tranquillement les moments plus difficiles de la vie.

Pas toujours facile d'être parent.

lundi 7 mars 2011

Interférences

Nous revenons de quelques jours passés dans la région de Charlevoix, dans un minuscule chalet. Une chambre à coucher fermée, une salle de bain, une pièce de grandeur moyenne qui sert de salon-salle à manger-cuisine, un loft avec un autre lit. Pas d'ordinateur ni de connection internet. Pas de Xbox, wii ou autre console. Une vieille télévision qui ne prend aucun poste.

Pendant quelques jours, pas de routine. Des moments qui se succèdent, les uns après les autres, parfois tranquilles, parfois intenses, parfois excités, mais toujours au présent. Des jeux de carte, des rigolades à quatre dans un lit, quatre livres lus sur un divan, un lit ou à la table, des soupers aux chandelles, du plein air. Beaucoup de plein air. De la neige, du froid, du soleil, encore de la neige.

Le silence de la routine.

Toujours, en bruit de fond dans mon quotidien, il y a des interférences. À la maison, j'ai souvent la tête ailleurs, à planifier la journée, l'épicerie, les tâches, les activités, les devoirs, les rendez-vous. Il y a aussi les inquiétudes, les préoccupations. Je suis un peu dans le futur ou tout juste dans le passé, mais rarement ici, maintenant. Je vis avec des interférences qui m'empêchent d'entendre pleinement, de voir clairement toute la beauté de mon quotidien.

Je voudrais bien ramener un peu du silence des vacances.

dimanche 16 janvier 2011

Page 212 du catalogue Sears

Le week-end dernier, Mathilde arrive en courant dans la cuisine. Elle est clairement dans tous ses états.

- Maman! Tu devineras jamais! C'est épouvantable!
- Quoi?
- C'est Étienne! Je l'ai trouvé en train de lire le catalogue Sears! À LA PAGE DES BRASSIÈRES!!!!

Bon.

Étienne arrive en courant 30 secondes plus tard, le catalogue Sears dans les mains à la page des brassières beiges de matantes, presque en larmes.

- Maman! C'est juste que je lisais le catalogue et que j'étais rendu à cette page-là!

Bon.

J'ai d'abord pris Étienne à part. Je lui ai expliqué que c'était correct, qu'il avait le droit de regarder le catalogue Sears autant qu'il voulait, même les madames en brassière. J'ai ensuite pris Mathilde à part. Je lui ai expliqué que, un, ça n'était pas à elle de jouer à la maman avec Étienne et que, deux, il n'y avait absolument rien de mal à regarder les madames en brassière.

De tous les domaines d'éducation parentale, la sexualité est celui qui me préoccupe le plus. Je n'ai pas envie que la sexualité soit un sujet tabou, un plaisir honteux ou encore un truc dont on ne parle jamais, qu'on ne comprend pas trop. J'ai envie que, lorsqu'ils soient adultes, la sexualité fasse partie intégrante de leur vie amoureuse (on parle encore ici de dopamine et d'endorphine, soit dit en passant). Mais je ne veux pas non plus leur donner l'impression que tout est permis à l'adolescence.

Peut-être parce que ce sujet me préoccupe, j'ai beaucoup lu sur la sexualité et l'adolescence. Et je ne suis pas rassurée. En partie à cause d'internet, la sexualité des jeunes d'aujourd'hui est très différente de celle des générations précédentes. Au lieu de magazines playboy ou d'imagination pour nourrir leurs fantasmes, les jeunes garçons ont accès à des images et films de sexualité très hard sur internet. Cette sexualité devient pour eux la norme, et les effets de cette normalisation sont inquiétants: hypersexualisation des filles, banalisation de pratiques sexuelles extrêmes, incapacité de rentrer en relation à l'âge adule, et j'en passe. En fait, les articles sont souvent si dérangeants que j'ai parfois de la difficulté à les terminer.

Dans les prochaines années, j'aurai à faire l'éducation sexuelle de mes enfants, et ça m'inquiète. Je devrai apprendre à Mathilde à respecter son corps et ne pas se laisser influencer. Je devrais apprendre à Étienne à respecter ses blondes, lui expliquer la différence entre la réalité et ce qui existe sur internet. Je devrai aussi essayer de déterminer quand intervenir ou non, discerner ce qui est une curiosité normale d'un comportement à surveiller. Et avec Mathilde qui débute le secondaire l'an prochain, tout ça s'en vient pas mal plus vite que je ne le voudrais.

Bon.

En attendant, je croise mes doigts qu'Étienne ne découvre pas le catalogue Victoria's Secret trop vite...

dimanche 26 décembre 2010

Mathilde à la messe

Mes enfants ne sont pas baptisés. La décision s'est prise presque seule. À la naissance de Mathilde, on m'a dit que, pour la faire baptiser, je n'avais qu'à expliquer pourquoi je voulais "élever mon enfant dans la foi catholique". Comme je n'arrivais pas à répondre à cette question, nous ne sommes jamais passés à l'étape suivante. Mes enfants ne sont donc jamais allés à la messe.

L'introduction à la religion catholique pour Mathilde fut plutôt saugrenue. Nous sommes de grands fans du Seigneur des anneaux. Nos enfants ont vu plusieurs fois tous les films (avec, évidemment, une censure parentale des scènes de violence). Lorsque Mathilde avait environ 4 ans, nous sommes allés visiter une jolie église à l’Île du Prince Édouard. En entrant dans l'église, Mathilde demande: "c'est quoi une église maman?" "C'est un peu comme la maison de Dieu." Et comme je commence à lui expliquer qui est Dieu, j'entends: "Maman! Regarde, c'est Gandalf!" Elle est devant une peinture qui représente Jésus, avec sa barbe et ses longs cheveux blonds, habillé d'une grande robe blanche et tenant un bâton de berger à la main. Malgré nos explications, Mathilde a longtemps été convaincue que l'église était la maison de Gandalf.

Cette année, Mathilde et moi sommes allées à la messe de Noël parce que ma nièce chantait dans la chorale des enfants. Étienne est resté à la maison avec ses cousins. Je n'ai jamais regretté ma décision de ne pas élever mes enfants "dans la foi", mais pendant la messe les questions de Mathilde me faisaient réaliser à quel point elle ignorait tout de la religion catholique: l'histoire de la naissance de Jésus, Bethléem, les rois mages, les histoires de la Bible, le Saint-Esprit. Je ne regrette pas ma décision, mais je suis triste de l'impact sur sa culture. Son manque de connaissance l'empêchera de comprendre les références à la religion catholique si souvent présentes dans les films, les livres, les journaux.

Mais bon. Je me dis que si un jour les enfants en ont envie, ils pourront toujours s'intéresser à la religion. Mais je ne crois pas qu'aller à la messe aura inspiré Mathilde:

- Comment tu as trouvé ça, la messe, Math?
- Vraiment plate.

Difficile de la contredire.

vendredi 8 octobre 2010

Clé des champs

Samedi dernier, Mathilde passait son examen d'admission au secondaire. Pour souligner cette étape importante, nous avions prévu un massage entre filles en après-midi, mais tout était complet. J'ai donc demandé à Mathilde ce qui lui ferait plaisir. Je m'attendais à ce qu'elle suggère une de ses activités préférées: aller magasiner ensemble, aller au ciné ou au resto. Elle a réfléchi pendant quelques minutes, puis elle a dit:

"Une clé. Je veux ma clé de la maison."

À 11 ans, Mathilde est à la frontière entre l'enfance et l'adolescence, oscillant entre les deux mondes. Elle rêve de liberté, mais dans le confort de la sécurité familiale. À la visite du collège il y a deux semaines, elle a pris ma main un peu avant de passer la porte d'entrée, comme elle le faisait toute petite au moment de traverser la rue. Elle ne voulait pas appliquer à un collège international près d'ici, parce que leur programme est axé sur les voyages, et qu'elle ne peut s'imaginer partir sans nous pour plus d'une soirée.

Mais en même temps, elle veut revenir seule après l'école, demande à garder son frère, rêve d'aller magasiner seule avec sa copine. Et elle fait preuve parfois d'une maturité déroutante. Une de nos inquiétudes avec le secondaire était que l'école publique locale a bien mauvaise réputation et est loin d'être un environnement idéal. Lorsqu'elle a appris mercredi qu'elle avait été admise au collège de son choix, elle nous a dit: "Tu sais maman, je suis bien contente d'aller au collège. Mais je pense que peu importe l'école où on va, si on veut vraiment quelque chose, on va y arriver. Quelqu'un qui a vraiment envie d'être professeur pourrait aller à cette polyvalente et réussir très bien, sans problème. C'est ce qu'on veut qui compte."

Sage Mathilde.

Je lui ai donc acheté un petit porte-clé, à la fois similaire au mien et un peu différent, et nous sommes allés à la quincaillerie en famille samedi lui faire un double de notre clé. Son porte-clé voisine maintenant nos porte-clés à nous, attendant patiemment d'être utilisé, symbole d'un premier pas vers l'indépendance d'une petite fille.

dimanche 4 juillet 2010

C'est la fête de Mathilde

Samedi dernier, nous avons célébré l'anniversaire de Mathilde. Encore une fois, elle avait eu une idée originale et simple pour célébrer sa fête: Avec 6 ami(e)s et son petit frère, nous sommes partis en bicyclette vers un parc à 20 minutes de chez nous. Nous avons fait un pique-nique, puis les enfants se sont baignés pendant plus d'une heure. Après une collation, nous sommes revenus à la maison pour le gâteau et les cadeaux.

Voici quelques photos de cette journée:





Mathilde ouvrant un de ses cadeaux préférés (déjà lu depuis!):



Et la traditionnelle photo prise devant la maison:



Pour le plaisir, j'ai retrouvé celle prise en juillet 2006... tant de changement en quatre ans...




***

J'ai fêté le 4e anniversaire de ce blog dimanche dernier. Ce soir, pour la 4e fois, j'écrivais un texte sur la fête de Mathilde. Je m'interroge parfois sur ce blog. Non pas à savoir si je le continue ou non; il est rendu essentiel à ma vie, et je suis en manque lorsque je ne peux écrire pendant un certain temps, comme ce fut le cas cette semaine. Mais je me questionne parfois sur sa direction; les textes que j'écris se perdent-ils un peu lorsqu'ils disparaissent de ma page principale?

En voulant retrouver une des photos traditionnelles prises sur le balcon, je suis retournée dans mon passé virtuel, ce que je ne fais presque jamais. J'ai lu un texte, puis un autre, puis un autre. J'étais complètement accro. Tant de souvenirs un peu oubliés... C'était comme regarder un album-photo, mais avec des textes relatant tous ces petits détails si simples, si anodins mais qui forment l'histoire d'une famille: les expressions d'Étienne, les histoires de Mathilde, les rigolades, les moments difficiles, mes inquiétudes, mes bonheurs. Tant de bonheur.

Je l'aime, mon long fleuve intranquille.

mardi 1 juin 2010

Chevauchée chaotique

Nous sommes au moment où la saison printanière chevauche la saison estivale. Les cours de piano ne sont pas encore terminés (on double même les pratiques pour le spectacle de dimanche), les examens de la fin de cette si importante cinquième année nous causent bien des soucis, la saison de soccer (multipliée par deux) est commencée. Ma case horaire 16h30-20h30 est souvent plus remplie que mon calendrier Outlook au boulot.

Et à travers ces activités il y a ces trucs si inutiles mais dignes du mythe de Sisyphe, la vaisselle du déjeuner à ranger, le souper à faire, l'épicerie, le lavage, les billets d'école à signer, entrecoupés de moments si importants comme Étienne qui veut me montrer qu'il sait maintenant faire des boucles et Mathilde qui découvre les garçons et veut me raconter tous les détails de sa vie sociale.

Je suis étourdie. Et comme j'ai de la difficulté à dire non, je donne tout ce que je peux jusqu'à ce que j'en aie ras-le-bol et que j'explose. À des moments évidemment tout à fait inopportuns, comme lorsqu'Étienne est si fier d'avoir bu toute sa bouteille d'eau entre le moment où nous quittons la maison et celui où nous arrivons au terrain de soccer.

Et je ne vois pas à quoi je pourrais dire non. Car ce sont les enfants qui demandent ces activités. Comment refuser le piano alors que Mathilde me dit qu'en jouer la calme et apaise ses inquiétudes? J'aime tellement voir Étienne si content de jouer lui aussi au soccer, si fier d'être enfin capable de maitriser le ballon, si heureux de rigoler avec ses copains d'école qu'il continuera à voir tout l'été grâce au soccer.

Alors j'attends que la tempête passe. Bientôt le piano sera terminé, l'école aussi. Il y aura le soccer chaque jour de la semaine, mais il y aura aussi le bonheur de manger les popsicles après les parties, de se coucher en même temps que le soleil, de se lever à une heure plus naturelle.

J'essaie aussi de me trouver un rituel de survie, de commencer la case horaire du soir avec un sourire, un verre de rosé, des fleurs coupées sur ma table. D'y aller une journée à la fois, et d'essayer de ne pas voir toutes ces activités comme une série de tâches, mais plutôt de remarquer le sourire d'Étienne sur le terrain ou d'apprécier les jolies mélodies de piano de Mathilde.

Et de penser à moi un peu dans tout ça. De trouver un peu de temps pour écrire, lire, marcher, courir, prendre le thé... Prendre des forces pour traverser cette chevauchée chaotique.

dimanche 9 mai 2010

Un geste à la fois

Le week-end dernier, nous avons participé avec des collègues de travail à la Corvée du Mont-Royal, une activité familiale qui consiste à ramasser des déchets sur le Mont-Royal pendant quelques heures. J'espérais que cette activité sensibiliserait les enfants à l'importance de faire attention à l'environnement. Ils se sont bien amusés, mais avaient-ils retiré quelque chose de tout ça?

J'ai eu ma réponse hier.

Nous sommes devant le dépanneur. Un immense verre à Slush vide en plastique traine par terre. Tout naturellement, Étienne se penche, le ramasse et le met dans la poubelle juste à coté. "C'est pas bien ça, maman, c'est pas gentil pour l'environnement."

Juste pour ça, ça valait la peine d'organiser et de participer à cette activité.

vendredi 7 mai 2010

Une petite histoire de corde à danser

Depuis quelques jours, Étienne a développé une passion pour la corde à danser. Il saute dans le sous-sol, sur le balcon, sur la terrasse. À deux jambes, une jambe, en chantant, en comptant.

Hier matin, Étienne a décidé d'apporter sa corde à danser dans la cour d'école. J'avais des doutes. Dans ma tête, la corde à danser c'est un truc de filles. Je ne voulais pas l'influencer ou partager mes préjugés, mais je ne voulais pas non plus qu'il se fasse taquiner. Il est habituellement très "garçon" dans ses activités, alors qu'allaient dire ses amis?

Nous sommes arrivés à l'école, et je suis restée quelques minutes à le regarder. Il est rentré sur la cour avec confiance. Il a mis son sac par terre et s'est installé. Puis il s'est mis à sauter à la corde, tout fier de lui. Au bout de quelques minutes, trois autres petits mecs sont venus le rejoindre.

-"Hey, Étienne, qu'est-ce que tu fais?"
-"Ben, je saute à la corde."

Je retiens mon souffle.

-"On peut essayer nous aussi?"

Et voilà. Bientôt, les 4 petits gars s'échangeaient la corde à danser d'Étienne, essayant de déterminer qui était le meilleur.

***

Étienne a une confiance en lui inébranlable. Bien qu'il m'avait dit que seules les filles apportaient une corde à danser à l'école, ça ne l'a pas arrêté. Il aime la corde à danser, il avait envie de l'apporter à l'école, alors il l'a fait. Tout simplement. J'admire cette force de caractère, cette confiance, cette capacité à faire abstraction de l'opinion des autres.

Mais ces jours-ci, je me demande comment préserver cette confiance.

L'école n'est pas faite pour les petits garçons comme Étienne, qui débordent d'enthousiasme, qui veulent tout apprendre, mais qui ne sont pas encore prêts à marcher dans un silence complet, à passer une journée entière assis sur une chaise ou à comprendre qu'il y a des moments où il ne faut pas faire le clown, même si les copains trouvent ça très drôle. Il y est très heureux, il a beaucoup d'amis, il aime apprendre. Mais il revient à la maison à tous les jours avec des bonshommes bleus ou rouges (foutus systèmes d'émulation), malgré ses efforts. Certains soirs, au lieu du turbulent petit garçon content de me raconter sa journée, je retrouve un petit garçon qui se rend directement à la voiture en silence, s'assoit tranquillement, le regard si triste que j'ai envie de pleurer.

C'est dans des moments comme celui-ci que je trouve si difficile d'être maman. Il y a ce que je lis dans les livres. Il y a l'opinion du professeur, brandissant les diagnostics et les étiquettes. Il y a la contre-opinion d'une maman bénévole qui a passé une partie de la journée dans la classe d'Éti et remarqué les injustices. Il y a ce que je voudrais pour mon fils, les contraintes avec lesquelles je dois vivre, mon besoin de le protéger et de le préparer.

Et il y a Éti, au sourire contagieux, à l'enthousiasme débordant, à la fois si solide et si fragile...

mardi 3 novembre 2009

Se rebeller contre les devoirs

La semaine dernière, je lisais un article sur un blog que j'adore, Free-Range Kids. L'auteure du blog, Lenore Skenazy, prône de redonner à nos petits une enfance où ils sont libres d'explorer, sans toutes ces règles de sécurité souvent exagérées qui font qu'ils n'ont plus la liberté d'être simplement des enfants. Ils devraient pouvoir jouer dehors, marcher ou prendre leur vélo pour aller à l'école, aller seuls à la bibliothèque ou au parc, sans être constamment chaperonnés. 

J'ai besoin de lire ces textes pour me rappeler de ne pas me laisser aller à la panique générale qui suggère de garder nos enfants à la maison afin qu'il ne leur arrive rien. Justement... il ne leur arrive rien. Ils n'ont donc jamais la chance de faire de simples choix, peut-être de petites erreurs, et ainsi apprendre à prendre de bonnes décisions. Et on s'attend pourtant à ce qu'ils soient aptes à faire de bons choix plus tard dans leur vie lorsque les conséquences sont plus importantes (par exemple, je fume ou non?), sans jamais leur avoir donné la chance de prendre de petites décisions. Mais je m'égare. 

Le blog était sur l'importance des devoirs, et un extrait m'a beaucoup troublée:
What struck me most about the real-life stories, though, was how many moms and dads are allowing hours and hours of homework eat up their children’s childhood—as if it just isn’t under their control. As a society it seems that we have forgotten how to be parents; we are letting “systems”—be it after-school sports, media, toy companies, or schools—parent for us. So next time your child sighs and lugs his/her backpack to the “well-lit, quiet homework space”, say, “Forget about it! Go outside! I’ll write you a note!”
Cet extrait m'a troublée, parce que je m'y suis reconnue. Je ne proteste jamais la quantité incroyable de devoirs de Mathilde cette année; elle passe pourtant facilement 1.5 heures par jour, après l'école, à faire des devoirs et leçons de toute sorte, sans compter les études qu'elle fait le week-end. Elle en devient fatiguée, découragée, démotivée. C'est normal... elle a 10 ans! Elle devrait pouvoir s'amuser un peu et non pas chercher 15 mots dans le dictionnaire qu'elle copie ensuite sans y porter aucune attention. 

Je ne sais pas si c'est la lecture de cet article (sûrement), ou le fait d'être d'une humeur massacrante hier à force d'être séquestrée à l'intérieur à cause d'une vilaine grippe (un peu), mais je me suis fâchée hier. Ou plutôt, j'ai décidé de protester. Mathilde devait étudier un gros examen de maths pour aujourd'hui, en plus de faire son devoir. J'ai décidé qu'on sautait le devoir. Elle a tout de même passé 2 heures à étudier son examen... alors j'ai écrit au prof que considérant le temps passé à étudier l'examen, il ne restait plus de temps pour faire le devoir. Et tant pis si elle n'est pas contente. 

J'ai aussi trouvé sur le blog de Mme Skenazy une critique très positive de Under Pressure de Carl Honoré, qu'on m'avait recommandé, qui prône aussi un retour à une enfance plus libre, moins organisée. Je l'ai réservé à la bibliothèque, et je vais le chercher cet après-midi, avant d'aller chercher les enfants à l'école. 

Ensuite, on profitera du fait que j'ai un peu retrouvé ma forme et qu'il fait super beau pour jouer dans les feuilles. 

Et tant pis pour les devoirs.

vendredi 11 septembre 2009

Un vendredi...

Un vendredi
matin ensoleillé
air d'automne

un autobus
le rire d'un enfant
de l'inquiétude à la confiance

Envoyer la main
regards complices
coeurs légers

rentrer chez soi
douce solitude
baigner
dans la beauté du moment

vendredi 28 août 2009

We carry on

Finalement, la vraie première journée était ce matin.

Mathilde, Étienne et moi sommes partis vers 7h35, après avoir écouté une chanson des petites tounes, à la demande d'Éti. Il a choisi "Belle journée", qui raconte l'histoire d'un enfant heureux parce qu'enfin il pleut. Nous avons tous les quatre chanté avec enthousiasme "C'est une belle journée / Je peux enfin me promener / Avec mes bottes de pompiers". Moment de grands sourires et d'intensité.

En route, Étienne me demande:
-Maman, aujourd'hui est-ce que tu restes avec moi, ou je vais y aller tout seul?
-Tu y vas tout seul, mon lapin.
-YESSS!!!

Bon.

Dans la petite cour des maternelles, tout allait bien, malgré l'air à la fois excité et légèrement inquiet d'Étienne, malgré que je le trouvais soudainement si petit parmi tous ces enfants, son sac à dos de Transformers si grand.

Et puis la cloche a sonné.

Et j'ai compris que, pour moi, c'était là, maintenant, la vraie première journée. La dernière première journée d'école. J'avais le coeur si gros que j'ai du mettre mes lunettes de soleil pour qu'il ne voit pas le débordement. Il s'est digiré vers sa professeure, sans même un regard pour moi. Lorsque son groupe a pris son rang pour rentrer en classes, il s'est retourné une dernière fois, d'une voix un peu tremblante a crié: "Bye maman!" puis il est reparti, en gambadant, rigolant avec sa copine de garderie Kayla.

J'ai marché vers le bord de l'eau, si à l'envers que je respirais à peine, larmes coulant sur mes joues. Et je me suis mise à courir. Magnifique exutoire... Sur fond de Portishead (A taste of life / I can't describe), Vampire Weekend, Moby, Chemical Brothers, j'ai exorcisé ma peine pendant près de 50 minutes. Il me semblait qu'à chaque pas je laissais derrière moi ma tristesse, le désir illusoire de vouloir arrêter le temps, mes rêves impossibles, ma nostalgie de ce qui a été mais ne sera plus. Je suis rentrée chez moi le coeur un peu plus léger.

Moi aussi, peut-être, j'amorce une nouvelle aventure.

jeudi 27 août 2009

Cet espace entre la fin et le début

Ce matin était la première journée d'école pour Mathilde et une visite de la maternelle pour Étienne. C'était une première qui n'en était pas vraiment une, puisque que nous restions ensembles dans sa classe. Il commence l'école pour vrai demain, mais pour deux heures seulement. Lundi est la vraie première journée complète, mais ça ne sera pas vraiment une première, puisqu'il sera déjà allé à l'école seul sans moi.

Cette rentrée progressive est très frustrante pour Étienne, qui était prêt pour "la vraie école" ce matin. Mais, en fait, je crois que cette rentrée est pour les parents. Je deviens si confuse avec toutes ces premières qui n'en sont pas vraiment que bientôt ça fera une semaine qu'il sera à l'école et je n'aurai pas encore pleuré cette étape, parce que j'attendrai encore la vraie première.

Alors que je vogue dans la nostalgie, Étienne ne voit que ce qui s'en vient, l'ivresse de ce nouveau projet. Hier, nous avons dit adieu aux éducatrices de la garderie. J'avais les larmes aux yeux et la gorge si serrée que je n'arrivais plus à parler, mais Étienne avait juste envie de rentrer à la maison, me regardait bizarrement, répétait que non, il n'allait pas "dire au revoir à tout le monde, c'était quoi ce truc?"

À son âge, il ne voit que ce qui s'en vient, mais ne réalise pas que toujours, lorsque qu'on amorce une nouvelle aventure, on laisse quelque chose--ou quelqu'un--derrière soi.

Il semble détaché, indifférent à tout ceci, mais je crois qu'il sent lui aussi qu'il est à l'aube d'un passage. Je le sens très fébrile, très sensible. Après une enième chicane avec sa soeur tout à l'heure, il est venu me voir et m'a tendu les bras, comme lorsqu'il était tout petit et voulait que je le prenne.

Je l'ai pris dans mes bras et nous avons dansé doucement sur Elsiane. Pendant au moins deux chansons nous sommes restés ainsi, ses petits bras me serrant très fort, sa tête enfouie profondément dans mon cou. Puis, rassuré, il s'est éloigné et est reparti jouer.

Et je suis restée là, les bras vides, entre la fin et le début...

jeudi 6 août 2009

Apprendre à ne rien faire

Après une semaine passée à la plage, nous en sommes à notre dernière semaine de vacances. Mon mec est de retour au travail, alors les enfants et moi en profitons pour faire des petites excursions--Parc Safari avec tante Mylène, achats de fournitures scolaires (quoi de plus excitant qu'un sac à dos de Transformers pour commencer la maternelle?), la Ronde avec les amies vendredi.

Et entre ces activités... on ne fait rien. Avec bonheur.

J'ai beaucoup besoin de temps à moi, et je remarque la même chose chez mes enfants. Ils ne le demandent pas directement, mais l'expriment dans leurs gestes. Ils sont restés en pyjama jusqu'à 13h00 hier, et c'est l'idée d'aller acheter les fournitures scolaires (ils adorent) qui les a poussés à bouger.

Nous avons encore passé la matinée en pyjama aujourd'hui, eux à jouer aux playmobil dans le salon (ils ont construit une ville incroyable), moi assise dans mon grand fauteuil blanc, prenant le temps de boire mon café, le soleil chauffant mon visage, à lire un petit bonheur de livre.

Une partie de moi trouvait un peu poche l'idée d'une semaine de vacances à ne pas faire grand chose. Mais je réalise que mes enfants en ont besoin... et moi aussi. Peu importe ce qu'on en dit, nos petits vivent leur enfance à un rythme beaucoup plus intense que nous l'avons vécue. Je me souviens d'étés passés à lire, de longues marches vers la bibliothèque du Séminaire pour aller chercher mon maximum de 3 livres, que je lisais en une journée ou deux, pour retourner encore à la bibliothèque. Aucune heure de levée imposée, aucune heure de coucher obligatoire. On pouvait vivre à notre rythme.

Mes enfants connaissent probablement peu leur propre rythme, puisqu'ils vivent toute l'année à un rythme qu'on leur impose. Mathilde est en congé d'école, mais elle doit tout de même se lever pour aller au camp de jour. Elle adore le soccer, mais jouer intercité implique qu'elle a un match et maintenant deux pratiques par semaine. Je suis souvent en train de la pousser pour qu'on ne soit pas en retard: "Math, prépare ton sac de soccer. Math, on doit partir dans 5 minutes si on ne veut pas être en retard. Non, tu n'as pas le temps de manger tes biscuits; apporte-les dans l'auto."

Je réalise que je trouve ça un peu triste. J'aurais envie qu'ils aient plus souvent le temps de s'ennuyer, de découvrir leur propre rythme. C'est peut-être le temps de lire de livre de Carl Honoré.

Il nous reste au moins encore quelques journées à ne pas faire grand chose. Avec bonheur.

samedi 18 juillet 2009

À la frontière de l'enfance et l'adolescence

J'ai le cœur un peu triste.

Mathilde vient de partir en camping pour la fête de son meilleur ami, Mathieu ("ben, mon meilleur ami gars, là, parce que ma best c'est Audrey"). Mathieu a invité Mathilde et deux autres amis au camping de ses grands-parents; avec la maman de Mathieu, ils ont prévu jouer au soccer, se baigner, aller à une fête sur la plage ce soir, coucher dans une tente (avec la maman, condition essentielle pour que je la laisse partir :), et revenir demain en après-midi.

Je suis un peu à l'envers, parce que les préparatifs pour cette fête me faisaient réaliser à quel point elle est à la frontière entre l'enfance et l'adolescence. Elle tenait absolument à aller chez le coiffeur pour avoir les cheveux bien droits pour la fête, mais elle a apporté son pyjama de petite fille avec de grosses grenouilles. Elle avait coquettement passé une petite sacoche en bandouillère, mais elle y avait mis son toutou préféré. Nous sommes allés magasiner dernièrement, et déjà elle planifiait ce qu'elle allait porter pour ce week-end, pour "être très jolie"; en même temps, elle ne voulait pas de jupe "parce que je ne pourrai pas grimper dans les arbres sinon."

Elle n'est plus une enfant, n'est pas encore une adolescente, mais elle est à la fois un peu des deux.

Je la regardais ce matin, alors qu'elle était chez le coiffeur, et je la trouvais si belle. Et ce n'était pas tant son visage que je trouve si joli (même si c'est le cas, je suis sa maman tout de même :) autant que tout ce qu'on pouvait y lire: l'excitation dans son regard, l'enthousiasme dans son sourire, la fierté de se trouver jolie.

Je l'aime, ma fille, à la fois si grande et si petite.

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Mots d'enfants

Sur un tout autre sujet, hier je suis allée visiter Heathcliff, mon coiffeur littéraire préféré. Il a suggéré de lisser mes cheveux, pour faire changement. J'oublie toujours à quel point ça me change complètement (et non, malheureusement, je n'ai pas de photo :). Lorsque je suis arrivée à la garderie, Félix, 5 ans, a dit: "Étienne, regarde, tu as une nouvelle maman!" Sophie, une petite amie anglophone, a ensuite dit: "Wow, you got new hair!" Puis, elle m'a demandé d'un air perplexe, très sérieusement: "But... how does one get new hair, I wonder?"

J'adore les enfants de 5 ans. :)

lundi 18 mai 2009

Le blues du blog

Depuis fin avril, je manquais d'inspiration. Un genre de manque d'énergie, manque d'intérêt. J'ai écrit la semaine dernière, mais ça m'avait demandé beaucoup de travail, et je n'en ai pas retiré autant de plaisir qu'à l'habitude. Cette léthargie s'était aussi propagée ailleurs dans ma vie. J'avais perdu l'envie de lire, d'aller courir. J'ai même touché le fond jeudi dernier, alors qu'un vendredi Nathalie passé à jardiner ne m'excitait même pas. C'en était trop. 

À essayer d'écrire comment je me sentais, j'ai finalement compris. Il y a eu fin avril beaucoup de changements à mon travail (des mises à pied), et je me retrouve dans une situation stressante depuis. Bon, il y a bien une certaine résistance au changement de ma part, qui est difficile temporairement, mais qui améliorera mon intérêt au travail à long terme. Mais je dois aussi faire face à des situations qui sont difficiles au niveau politique et personnel, et ces situations m'épuisent. Au point où je n'ai plus d'énergie à la fin de la journée pour ce qui, je réalise, m'intéresse vraiment: mes enfants, ma famille, écrire, lire, jardiner. 

Et ça, ce n'est pas acceptable pour moi. Je travaille quatre jours par semaine pour avoir assez d'énergie pour profiter de ma vie. Oui, j'ai envie d'un emploi intéressant, et le mien devenait un peu routinier depuis quelques temps. Mais je réalise aussi que mon travail est assez secondaire dans ma vie. J'aime ce que je fais, même si ça pourrait être parfois un peu plus excitant. Mais j'aime surtout l'équilibre travail-vie personnelle que j'ai réussi à obtenir depuis plusieurs années, et que j'ai perdu depuis un mois, en laissant le travail prendre trop d'importance. 

J'ai beaucoup dormi ce week-end, passé d'excellents moments avec ma famille et mes amis, et j'ai bien l'intention de réussir à prendre une certaine distance face aux événements du travail. Il est plus que jamais clair pour moi que mon travail n'est que mon travail. 

J'ai trop envie du reste de ma vie.





samedi 25 avril 2009

Les plaisirs de la terre... et autres lectures

Je viens de comprendre pourquoi j'aime tant jouer dans la terre, pourquoi mes enfants passent des heures à creuser au fond du jardin, ramasser des vers de terre, arracher les mauvaises (et bonnes!) herbes, creuser des trous pour trouver des trésors.

Une étude publiée dans le journal Neuroscience suggère qu'une bactérie présente dans la terre activerait les cellules du cerveau produisant la sérotonine et créerait un effet similaire aux antidépressants.

“These studies help us understand how the body communicates with the brain and why a healthy immune system is important for maintaining mental health. They also leave us wondering if we shouldn’t all be spending more time playing in the dirt.” - Dr Chris Lowry, Bristol University -Lu sur l'intéressant site Eco Child's Play

Déjà, à 5 ans, Mathilde avait compris le bonheur de jouer dans la terre au point d'avoir le visage complètement taché...

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J'ai lu avec bonheur un article très inspirant de Boisvert dans la Presse ce matin, sur ce couple qui a fêté ses 50 ans de mariage en courant le marathon de Boston. Je l'ai découpé, il est sur mon frigo. Une histoire toute simple, mais pleine de reflexions et philosophies sur la vie.

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Ma dernière découverte dans le monde du blog, le décapant Conan: Les bibliothécaires. Tenu par des bibliothécaires anonymes, passionnés de livres et parfois découragés de leurs clients, c'est d'un humour jouissif. Je lis chaque entrée avec bonheur.

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Je retourne à mon jardin en ce matin sublime. Je suis en manque de sérotonine. :)

dimanche 22 mars 2009

Fébrilité fragile

Il y a de ces expériences qui vous rentrent dedans.

Hier soir, 6:18 p.m. Je suis à la maison, j'attends le retour de Stéphan, Mathilde et Étienne de l'épicerie pour préparer le souper. Le téléphone sonne. C'est Stéphan. Il me dit calmement qu'Étienne est tombé en convulsions à l'épicerie, l'ambulance s'en vient, est-ce que je pourrais aller à l'épicerie, où il laissera des détails sur l'hôpital où ils seront?

Ouf.

(Tout finira bien. Il a eu un épisode classique d'un "febrile seizure", une convulsion causée par une montée de fièvre. Il avait fait de la fièvre samedi matin (38.7). À l'hôpital, sa fièvre était de 38.5 sous le bras, donc autour de 39.5. Ces convulsions touchent environ 5% des enfants de 6 mois à 5 ans, surtout les garçons. Ce n'est pas dangereux, c'est relativement commun et les chances qu'ils en refassent sont assez faibles.)

J'ai mis mes souliers (sans bas!), mon manteau, je suis partie à l'épicerie. Je tremblais, au bord des larmes, je n'ai jamais fait le chemin aussi rapidement. Je suis même arrivée avant l'ambulance (!). Je me souviendrai toujours de cette scène, l'attroupement autour d'eux, Étienne par terre, sur le coté, tellement blanc, tellement inerte, Stéphan à coté de lui, lui parlant doucement, Mathilde tournant autour, paniquée. Étienne avait repris conscience, mais il était dans un état second, épuisé de sa crise.

L'ambulance est arrivée quelques minutes après moi, et nous sommes allés à l'hôpital de Montréal pour enfants, Étienne et moi en ambulance, Stéphan et Mathilde nous suivant en voiture. Éti allait déjà un peu mieux; il était encore épuisé, encore aussi blanc, mais il arrivait à répondre à nos questions. L'ambulancier était très rassurant, tout comme la médecin que nous avons vue à l'hôpital. Éti s'était rapidement endormi d'épuisement. Nous sommes revenus à la maison vers 10 p.m., après un arrêt chez McDo (demande spéciale d'Étienne, qui s'était réveillé à la sortie de l'hôpital et était redevenu lui-même, parlant non-stop, rêvant d'écouter Star Wars en arrivant à la maison et rigolant comme un petit fou parce qu'il avait pété sur Stéphan).

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À l'épicerie, Étienne mangeait des morceaux de melon, se promenant tranquillement pendant que Stéphan faisait l'épicerie. Il s'était éloigné une dizaine de secondes, et Stéphan avait demandé à Mathilde d'aller le chercher. Elle est revenue en criant. Stéphan a retrouvé Étienne par terre, sur le ventre, ses morceaux de melons éparpillés autour de lui. Il était crispé et immobile, mais complètement absent, ne répondant pas à ses questions. Il est revenu à lui-même en moins d'une minute, mais il était complètement amorphe.

Je ne peux même pas imaginer avoir été à la place de Stéphan. Voir son enfant effondré ainsi. Nous en avons longuement discuté, et sommes arrivés à la conclusion que nous n'avons peut-être pas été assez à l'écoute de son état hier. Peut-être aurions-nous du essayer de le forcer à se reposer, le garder à l'intérieur. Je ne sais pas. Mais je sais que nous ne sommes pas préparés à ce type d'urgence. Nous avons l'intention de suivre un cours de premiers soins. Ça n'aurait pas prévenu la crise d'hier, mais ça nous aurait préparé à la gérer. Stéphan a très bien réagi, mais j'ai peur que j'aurais paniqué.

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Nous l'avons gardé au lit avec nous pour la nuit. Depuis ce matin, je regarde son petit visage parfait, sa petite tête, sa concentration alors qu'il joue au Xbox, son sourire lorsqu'il réussit une manœuvre difficile, et j'essaie de superposer ces images à celle de lui par terre à l'épicerie, si blanc, si inerte.

Je ne sais trop quel est le but de ce texte aujourd'hui. Peut-être une façon d'exorciser cette expérience. Ou de me rappeler notre fragilité. Je ne sais pas.

vendredi 6 février 2009

Ici, ainsi, tout petits...

Voilà, c'est fait.

J'ai inscrit Étienne à la maternelle ce matin.

Je sais, ça fait cliché, mais il me semble que c'est hier que j'inscrivais Mathilde, ma grande maintenant en 4e année. J'avais d'ailleurs bien rigolé parce que je l'avais amenée avec moi à l'école et, après seulement 10 minutes, la dame responsable des inscriptions connaissait déjà son nom: "Mathilde! Non, non, tu ne peux monter sur la table!" J'étais à la fois amusée et gênée, convaincue que Mathilde allait être une terreur à l'école (ce n'est pas le cas; oui, c'est vrai, elle parle tout le temps, mais bon, ça court dans la famille).

Je trouve que le temps passe trop vite. Aujourd'hui, je voudrais pouvoir le ralentir un peu, juste un peu, m'obliger à vivre intensément chaque minute avec mes enfants. J'ai parfois peur de me retourner et de réaliser que le temps à passer ensembles raccourcit, qu'il y en a plus derrière que devant nous.

Je voudrais pouvoir arrêter tout, là, maintenant. Les garder avec moi, ici, ainsi, tout petits, encore à moi.