dimanche 28 décembre 2008

Plaisirs d'un Noël (relativement) tranquille

Voici quelques photos de notre Noël relativement tranquille cette année. Pas de voyage, pas de grande sortie, et moins de la moitié des vacances avec des activités planifiées (une première pour nous!). Nous avons plus d'une fois oublié quel jour de la semaine nous étions et passé beaucoup de temps collés sur le divan à se reposer et reprendre contact, doucement.

Vive la neige!
Nous avons bien profité de la neige du début des vacances. Nous avons aussi trouvé une nouvelle méthode pour immobiliser nos enfants quand ils sont tellement tannants qu'on les balancerait par la fenêtre: L'enterrement dans le banc de neige:



Noël chez les Laroche
Nous avons réveillonné chez ma soeur Sophie, qui nous avait préparé avec sa belle-maman un repas extraordinaire.

La grande surprise cette année était la visite du père Noël, incarné par le beau-frère du chum de Sophie. Malheureusement, une partie essentielle du costume--la barbe et les lunettes--avaient été oubliés en Gaspésie. Le résultat a été légèrement... terrifiant pour les adultes, qui trouvaient que le père Noel ressemblait surtout à un pédophile en liberté à la recherche de victimes potentielles:

Mais les petits enfants (ceux qui croyaient encore au Père Noël) ont été enchantés, sauf peut-être la perspicace Gaëlle, 6 ans, qui a tout de suite déclaré: "C'est le faux!"




Je crois que ce que j'aime le plus du réveillon de Noël c'est de pouvoir passer du temps avec ma famille, que je ne vois pas assez souvent. J'ai eu beaucoup de plaisir avec ma moyenne soeur préférée:

Et ma petite soeur préférée:

Les cousins peuvent aussi passer du temps ensemble et voir leur mamie chérie:




Mathilde était tellement belle, avec son linge qu'elle avait choisi elle-même au magasin, ses cheveux relevés... j'ai toujours un tiraillement quand je la trouve si belle, si grande; je suis contente de la voir grandir, mais je sais aussi que je perds tranquillement ma toute petite fille...

Doux matin de Noël
Le 24 décembre, avant le dodo (à 2 heures du matin!), Mathilde a mis près du foyer les biscuits que nous avions préparés dans la journée. Le père Noël est passé pendant la nuit, alors nous avons déballé les cadeaux le matin, dès le lever, les yeux encore pleins de sommeil:

Mathilde aime beaucoup les boucles d'oreilles choisies par le père Noel:

Et Étienne est impressionné par la grandeur de sa boite: "Moi ze suis fort!"

Stéphan et moi avons reçu, pour Noël, un poème composé par Mathilde, que j'ai trouvé très mignon :)
La magie de Noël

Les cadeaux cachés sous le sapin,
ma vie ressemble à un lutin.
C'est le meilleur moment de l'année
pour déballer les cadeaux sous la sapin décoré.

Mes cadeaux préférés sont: un cadre d'High School musical, une chaise à massage,
des papiers pour envoyer des messages,
un gros toutou de loup
et un coussin de hibou.

Ce que j'aime le plus à Noël, c'est de découvrir les cadeaux
que le père Noël cache en dessous du piano.
J'aime préparer les biscuits pour le père Noël.
J'espère que le père Noël va en donner à la mère Noël.

La magie de Noël c'est super chouette.
Des fois, j'ai l'impression que le Père Noël ajoute un coup de baguette.

Nous avons aussi passé des journées en pyjama, à jouer au Xbox en famille:

Noël chez les Goulet
Nous avons passé la soirée du 25 chez la famille de Stéphan, où nous avons encore une fois eu beaucoup de plaisir:



Éti et les girls spectaculaires
On ne s'ennuie jamais chez nous avec l'imagination de mes enfants...

La nouvelle star du hockey
Le soir du réveillon, Étienne a été fasciné par le cadeau de son cousin Christophe, un habit de gardien de but. Il l'a mis une partie de la soirée (son cousin a été bien gentil de lui prêter son cadeau préféré):

Nous avons donc décidé de lui acheter des bâtons et un filet pour qu'il puisse jouer un peu aussi:




C'est la fête de Stéphan!
La famille de Stéphan a été très gentille pour sa fête, en offrant de garder les enfants pour la nuit. Nous avons donc d'abord brunché chez grand-maman Cine, et Étienne a aidé Stéphan à souffler ses 41 chandelles:

Nous avons laissé les enfants chez Francine et sommes partis en ville, avec plein d'idées pour notre temps en amoureux. Nous avons vu au cinéma l'excellent The Reader, où j'ai pleuré d'émotion plus d'une fois, puis avons rigolé aux larmes au spectacle des Zapartistes au métropolis avec les amis.

Pendant ce temps, Francine, Jean, Martin et Mylène s'occupaient bien des enfants, qui se sont amusés comme des petits fous:



Mathilde trouve toujours la séparation avec ses parents difficiles, surtout pour une nuit complète. Mais elle m'a dit: "Je me suis tellement amusée maman que j'ai presque oublié que je m'ennuyais". Un grand compliment de la part de Mathilde :) Mais l'éloignement permet aussi le rapprochement, alors que j'ai eu droit à une pluie de calins et de bisous à mon retour. Étienne m'a même dit: "Maman, tu sens tellement belle!". Que demander de plus? ;-)

Merci encore pour ce beau cadeau!

samedi 20 décembre 2008

Chansons Étienne

Ce matin, je préparais le diner en écoutant 12 hommes rapaillés, le recueil de poèmes musical de Gaston Miron. Je me suis retournée, et j'ai vu Étienne ainsi, les yeux fermés, les bras étendus, tournant sur lui-même au son de la musique:

Il m'a expliqué ensuite: "Je l'aime cette chanson."

J'ai depuis longtemps ce principe des "chansons Nathalie." Je découvre parfois une chanson que j'aime tellement qu'elle me donne envie de fermer les yeux, étendre les bras et tourner sur moi-même. Comme dans Heaven des P Furs, une de mes premières chansons Nathalie. Mais je ne le fais jamais, évidemment, sauf peut-être dans mon salon, seule, les rideaux fermés.

Mais de voir Étienne le faire si candidement, être autant à l'écoute de ses émotions et les exprimer sans gêne, sans hésitation, avec bonheur... J'ai eu envie d'avoir l'audace d'être un peu plus moi-même...

dimanche 14 décembre 2008

Fragile et colorée

Décembre 2002. Un dimanche matin. Nous attendons fébrilement l'appel de la clinique Procréa. C'est aujourd'hui l'étape finale d'un long processus in vitro: L'implantation des blastocystes. Il y a une semaine, 14 ovules ont été extraites de mon utérus infertile; il y a 4 jours, 7 embryons bien en forme s'étaient développés et attendaient de se transformer en blastocyste pour l'implantation. Le taux de succès de l'implantation de blastocyste--un état atteint par l'embryon entre 5 à 7 jours de vie, alors qu'il passe de 16 à une centaine de cellules--est très élevé.

Je me souviens de notre déjeuner à la Brulerie St-Denis sur Cote-des-Neiges le jour d'avant. Mathilde est chez ma mère, nous profitons de ce tête à tête pour discuter des implications. Avec 7 embryons à la journée 3, il devrait y avoir au moins 3 blastocystes à la journée 7. Le docteur nous recommande l'implantation des 3, ce qui veut dire que nous avons une (mince) chance de nous retrouver avec des triplets et de bonnes chances d'avoir des jumeaux. Nous oscillons entre la panique et l'exaltation. Pendant quelques heures, nous bâtissons des rêves sur toutes ces possibilités, Mathilde qui n'est plus toute seule, Mathilde et ses trois petits frères, une maison avec plein de petits pieds qui courent partout.

Le téléphone sonne enfin, la nouvelle tombe. Aucun des embryons n'est passé à l'état blastocyste. Ils sont tous morts.

Tous. Zéro. Le vide.

J'ai pleuré. Pleuré ma frustration, ma tristesse. Pleuré mon sentiment d'incompétence, mon infertilité, mon incapacité à faire une chose si simple, un enfant. Pleuré jusqu'à ce que je n'aie plus envie de pleurer.

Puis je suis partie. Mon refuge à cette époque était les librairies, où j'errais parmi les livres souvent sans rien acheter, juste pour me retrouver seule avec moi-même. Mais cette fois-ci je suis allée chez Pier Import. Et je les ai vues.

Des boules de Noël, juste... parfaitement imparfaites. Fragiles, mais colorées. Toutes complètement inégales, mélange de rouge, mauve, vert. Tellement délicates que j'avais l'impression qu'elles briseraient à rien. Un coup de cœur total. Alors je les ai prises. Huit boules, à un prix indécent.

Je suis revenue chez moi, et je les ai mises dans l'arbre. La vie a continué.

***

6 ans et un Étienne plus tard, je ne peux ressortir mes boules de Noël sans éprouver un certain pincement. Mais avec le temps, la tristesse s'est transformée. Mes décorations me rappellent que la vie est fragile, mais que tout passe, même les moments les plus gris. La vie a continué, différente de ce que j'avais imaginé ce matin dans un café, mais pourtant si belle et si intense.

Les boules sont maintenant entourées de décorations fabriquées par quatre petites mains, qui m'aident aussi à faire mon sapin. Il a chaque année un look complètement bordélique, et je trouve pourtant que c'est le plus beau des sapins. Comme les boules, mon arbre est toujours chaotique, fragile et coloré. Comme ma vie. Je ne la voudrais pas autrement.