dimanche 28 juin 2009

C'est la fête de Mathilde!

 Nous avons fêté aujourd'hui les 10 ans de Mathilde. 10 ans déjà! Mathilde et moi avions décidé de faire une activité cuisine pour la journée. Les copines arrivaient vers 10h du matin. Comme Mathilde avait invité des amies de différents environnements et qui ne se connaissaient pas toutes (amies d'école, voisines, amies de soccer, amie Morgane), nous avons d'abord joué au jeu oû on doit appeler une autre copine; même Étienne s'est bien amusé:



Au lieu d'un sac cadeau au départ des amies, nous avons donné à leur arrivée un petit paquet qui contenait un tablier et une cuiller en bois: 

Les marmitonnes et le petit marmiton sont prêts:

Et on cuisine!


On découvre le plus grand plaisir de faire la cuisine... goûter à ce qu'on prépare :)

Ooooh, regardez, ça va être bon!

On prépare le glaçage... quel plaisir de faire le mélange des couleurs:


Voici les impressionnants résultats!

Le moment tant attendu de Mathilde... les cadeaux (on ne s'en sort pas!):

Étienne avait préparé avec beaucoup d'attention une carte pour sa soeur: il a imprimé une photo de coeur prise sur google image, l'a découpée et collée, puis il a écrit: Je t'aime... très mignon :)

Toutes les copines:

J'ai passé une super jounée à cuisiner avec les filles. Je suis épuisée, j'ai mal aux pieds, mais j'ai beaucoup aimé partager ce bonheur de la cuisine avec 7 petites filles très intéressées et allumées.

vendredi 12 juin 2009

Solitude collective

Texte inspirant aujourd'hui sur le site des (Z)imparfaites, à propos du besoin de temps pour soi quand on est une maman. C'est un thème qui revient constamment sur mon blog, alors un texte comme celui-ci me rassure. Je trouve fascinant de voir comme ce phénomène est commun à tant de mamans.

J'ai réalisé dernièrement que le fait d'avoir besoin de solitude, d'avoir parfois besoin d'une séparation bien claire entre moi et mes enfants pouvait donner l'impression que je n'aimais pas être mère. Il est vrai qu'être simplement mère me comble peut-être moins que d'autres, probablement parce que je n'ai pas une passion des enfants en général. Je n'ai jamais eu envie d'être éducatrice en garderie ou de travailler avec les enfants.

Mais j'adore être la mère de mes enfants. Ma vie tourne autour d'eux; ils sont pour moi une sorte de havre, de repère, de bonheur assuré. Mon rôle de mère est, sans aucun doute, le plus important pour moi. Si je devais choisir entre celui-ci et tous les autres, c'est celui que je prendrais, sans hésitation.

Je refuse cependant de n'être qu'une mère. J'ai besoin d'écrire, de me perdre seule dans mes pensées, de jardiner, de danser, de courir, de lire, d'aimer. J'ai besoin d'être aussi une amie, une soeur, une amoureuse, une amante. Ces moments de recul me permettent d'apprécier pleinement les moments de bonheur que je vis avec mes enfants, ceux que je décris parfois ici et qui donnent l'impression que j'ai une vie de famille idyllique, pour reprendre l'expression d'un ami.

Je suis très proche de mes enfants. Mon mec me trouve parfois un peu trop en fusion avec eux, mais j'aime cette proximité. Mais pour pouvoir leur donner autant de moi, je dois avoir des bouts qui ne sont qu'à moi. Avec le temps, j'apprends à accepter que je suis ainsi, sans culpabilité. Voir comme mes enfants sont heureux, équilibrés, souriants, créatifs, passionnés me permet de me rappeler que je fais un pas si mal boulot.

Et je garderai ce texte des (z)imparfaites à proximité pour mes moments de doutes...

vendredi 22 mai 2009

Un été tout en soccer

Ca y est, le soccer est recommencé à temps plein. Mathilde joue dans l'équipe intercité, ce qui implique des pratiques tous les lundis soirs à 18h30 et des matchs (à Lachine ou ailleurs sur l'île) tous les mercredis à 18h30. Étienne commence sa première saison de soccer; ses pratiques sont... tous les lundis et mercredis à 18h30. :-) L'été sent le soccer... 

J'étais très contente que Mathilde soit choisie pour l'équipe intercité encore cette année, mais j'étais aussi craintive. Pour une raison que j'ignore, je prends ça très à coeur. Souvent l'an dernier je la voyais prendre ça très relax sur le terrain, et je trouvais ça difficile. Pourquoi? Je ne sais pas. Mais je me demande souvent quel doit être notre role de parent. Doit-on pousser nos enfants à se dépasser? Ou les laisser aller, sans jamais les pousser? Je ne veux pas la stresser, mais je crois aussi qu'elle doit apprendre l'importance de faire des efforts, surtout lorsqu'on fait partie d'une équipe de compétition. 

Je suis en train de lire un excellent bouquin sur le sujet (Positive Pushing), qui m'aide beaucoup à prendre du recul. Mathilde adore le soccer, et c'est ce qui compte. Mais j'ai bien aimé une partie du livre qui parle de practical ownership: l'importance de bien faire une activité lorsqu'elle est importante pour nous, d'y mettre les efforts nécessaires, non pas pour gagner ou être le meilleur mais simplement pour la satisfaction envers soi-même. Être fière de soi. 

Dimanche dernier, elle avait une partie hors-concours. Dans l'auto, nous avons discuté elle et moi de son objectif du match. Elle ne savait pas trop, alors je lui ai suggéré deux objectifs: s'amuser et avoir les joues rouges d'effort à la fin de la partie. Elle trouvait que c'était une bonne idée et avait envie d'essayer.  
Le résultat a été génial. Parce qu'elle s'est forcée, elle a très bien joué, ce qui fait que son coach l'a fait jouer plus souvent (comme il manquait une fille), ce qu'elle aime beaucoup. Elles ont perdu le match, mais Mathilde a reçu des félicitations de ses coachs, qui avaient remarqué comme elle fonçait maintenant sur le ballon. Lorsque nous sommes rentrées dans l'auto, je lui ai demandé: "Alors? Tu es fière de toi?" 

Le sourire qu'elle a fait! Elle était si contente! J'ai tout de suite sorti mon téléphone pour prendre une photo:
Pour moi, tout est là, tout est dans ce sourire et ces yeux brillants. Non pas le désir de la victoire, mais le plaisir du jeu, la satisfaction personnelle, cette fierté dans ses yeux. 

*** 

Mercredi dernier, 18h30, nous sommes en route Éti et moi pour sa première pratique de soccer. Il en parle depuis l'été dernier et trouve injuste que sa soeur joue alors qu'il ne peut pas. Il comptait même les dodos avant sa première pratique. Il était très excité, mais j'étais légèrement inquiète. Étienne joue parfois au soccer avec Mathilde et ses copines, mais il utilise souvent la technique du petit-garçon-qui-manipule-les-grandes pour avoir ce qu'il veut: lorsqu'il n'a pas le ballon, il peut se lancer par terre, se mettre à pleurer, faire des mini crises ou tout simplement prendre le ballon dans ses mains et partir en courant. 

Ça marche avec les filles, mais je pouvais juste imaginer le spectacle avec 20 petits garçons de son age. Voici donc notre conversation dans l'auto: 

Moi: Il y a deux choses qu'il ne faut pas faire au soccer. 
Éti: Quoi? 
Moi: On ne peut pas prendre le ballon dans ses mains. 
Éti: Ze sais (il sait toujours tout :). Zuste si il est sorti du terrain. 
Moi: Oui. 
Éti: Ou si tu es le gardien de but. Moi ze vais être le gardien de but. 
Moi: Oui, c'est vrai. Mais il n'y a pas de gardien de but dans ton équipe. 
Éti: Quoi? Alors ze vais pouvoir faire plein de buts? 
Moi: Oui. Aussi, tu ne peux pas pleurer quand tu n'as pas le ballon. 
Éti: Ze sais. De toute façon, ze cours super vite alors ze vais toujours avoir le ballon. 
Moi: Ouen, peut-être. Mais si ça arrive, il ne faut pas pleurer pour ça. 
 Éti: Ze sais. Ze peut pleurer zuste si ze me fais mal. 
Moi: Juste si tu te fais mal pour vrai. 
Éti: Zuste si ça saigne. 
Moi: Voilà. 
Éti: Mais.. si un autre petit garçon a un ciseau et qu'il me découpe, là je peux pleurer? 
Moi: ... Euh, oui. Là tu peux. 

Finalement, ça n'était pas vraiment une pratique, c'était seulement la remise des chandails. Nous sommes donc allés voir Mathilde jouer (et gagner! Yeah!) son premier match de la saison. Mais Étienne a tout de même passé la soirée en uniforme... :-)

 

mardi 19 mai 2009

Petit Étienne deviendra grand

 Ce matin, Étienne et moi avons visité "son" école, là ou il ira en septembre. Il a tellement hâte qu'il en parle souvent. Il était en fait très déçu ce matin lorsque je lui ai expliqué que je le reconduirais à la garderie après la visite, parce qu'il avait compris qu'il commençait l'école ce matin, "pour vrai". Comme ça, sans aucune autre préparation. Il est vraiment prêt. Moi... c'est une autre histoire :) 


La visite était simple; pendant que les parents assistaient à une séance d'information, les enfants faisaient un bricolage avec une éducatrice. La directrice nous a expliqué que l'objectif était en fait d'observer les enfants pour essayer de mieux les distribuer dans les différentes classes en septembre. Comme l'activité principale était le coloriage, j'ai bien peur qu'Étienne soit déjà recalé. Il peut chanter toute la trame sonore des Choristes, reconnaît mes disques à la pochette et sait quelle chanson il préfère ("Franz Ferdinand! Moi j'aime la 2 et la 4!"), est un king des télécommandes et du Xbox, me bat parfois aux dames et souvent à Uno, mais il dessine et colorie comme un enfant de 3 ans légèrement déficient. Enfin. L'important est qu'il a eu beaucoup de plaisir et qu'il a bien hâte de commencer. 

J'ai un peu le coeur gros, mais j'étais rassurée de voir que les autres enfants sont aussi petits que lui, qu'ils sont aussi encore un peu des bébés... Mais je sens que ce sera difficile pour moi en septembre. Je voudrais bien qu'il reste toujours mon petit garçon...



***

Image du futur?

Étienne a le droit de jouer au Xbox le week-end seulement; il attend donc le vendredi impatiemment. Il n'est plus autant accro qu'il l'était au début, mais c'est quand même un moment qu'il aime beaucoup. Vendredi dernier, Mathilde soupait chez la voisine, Étienne avait terminé son repas, et Stéphan et moi profitions de la bouteille de vin du vendredi (à chacun ses dépendances :) lorsqu'il est disparu quelques minutes. Au bout d'un moment, je me suis retournée et je l'ai vu, ainsi:

Il était allé chercher en douce le iPod de Mathilde, l'avait installé comme un pro à ses pantalons et s'était installé bien confo pour jouer au Xbox...

J'ai comme un pressentiment que dans 10 ans, je pourrai prendre une photo similaire. Il aura probablement les cheveux plus longs et des jambes qui tombent du sofa... et sûrement d'autres différences que je n'ose m'imaginer ;-)

lundi 18 mai 2009

Le blues du blog

Depuis fin avril, je manquais d'inspiration. Un genre de manque d'énergie, manque d'intérêt. J'ai écrit la semaine dernière, mais ça m'avait demandé beaucoup de travail, et je n'en ai pas retiré autant de plaisir qu'à l'habitude. Cette léthargie s'était aussi propagée ailleurs dans ma vie. J'avais perdu l'envie de lire, d'aller courir. J'ai même touché le fond jeudi dernier, alors qu'un vendredi Nathalie passé à jardiner ne m'excitait même pas. C'en était trop. 

À essayer d'écrire comment je me sentais, j'ai finalement compris. Il y a eu fin avril beaucoup de changements à mon travail (des mises à pied), et je me retrouve dans une situation stressante depuis. Bon, il y a bien une certaine résistance au changement de ma part, qui est difficile temporairement, mais qui améliorera mon intérêt au travail à long terme. Mais je dois aussi faire face à des situations qui sont difficiles au niveau politique et personnel, et ces situations m'épuisent. Au point où je n'ai plus d'énergie à la fin de la journée pour ce qui, je réalise, m'intéresse vraiment: mes enfants, ma famille, écrire, lire, jardiner. 

Et ça, ce n'est pas acceptable pour moi. Je travaille quatre jours par semaine pour avoir assez d'énergie pour profiter de ma vie. Oui, j'ai envie d'un emploi intéressant, et le mien devenait un peu routinier depuis quelques temps. Mais je réalise aussi que mon travail est assez secondaire dans ma vie. J'aime ce que je fais, même si ça pourrait être parfois un peu plus excitant. Mais j'aime surtout l'équilibre travail-vie personnelle que j'ai réussi à obtenir depuis plusieurs années, et que j'ai perdu depuis un mois, en laissant le travail prendre trop d'importance. 

J'ai beaucoup dormi ce week-end, passé d'excellents moments avec ma famille et mes amis, et j'ai bien l'intention de réussir à prendre une certaine distance face aux événements du travail. Il est plus que jamais clair pour moi que mon travail n'est que mon travail. 

J'ai trop envie du reste de ma vie.





samedi 25 avril 2009

Les plaisirs de la terre... et autres lectures

Je viens de comprendre pourquoi j'aime tant jouer dans la terre, pourquoi mes enfants passent des heures à creuser au fond du jardin, ramasser des vers de terre, arracher les mauvaises (et bonnes!) herbes, creuser des trous pour trouver des trésors.

Une étude publiée dans le journal Neuroscience suggère qu'une bactérie présente dans la terre activerait les cellules du cerveau produisant la sérotonine et créerait un effet similaire aux antidépressants.

“These studies help us understand how the body communicates with the brain and why a healthy immune system is important for maintaining mental health. They also leave us wondering if we shouldn’t all be spending more time playing in the dirt.” - Dr Chris Lowry, Bristol University -Lu sur l'intéressant site Eco Child's Play

Déjà, à 5 ans, Mathilde avait compris le bonheur de jouer dans la terre au point d'avoir le visage complètement taché...

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J'ai lu avec bonheur un article très inspirant de Boisvert dans la Presse ce matin, sur ce couple qui a fêté ses 50 ans de mariage en courant le marathon de Boston. Je l'ai découpé, il est sur mon frigo. Une histoire toute simple, mais pleine de reflexions et philosophies sur la vie.

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Ma dernière découverte dans le monde du blog, le décapant Conan: Les bibliothécaires. Tenu par des bibliothécaires anonymes, passionnés de livres et parfois découragés de leurs clients, c'est d'un humour jouissif. Je lis chaque entrée avec bonheur.

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Je retourne à mon jardin en ce matin sublime. Je suis en manque de sérotonine. :)

samedi 11 avril 2009

La torture du coiffeur

 Nous avons profité du beau temps hier en allant faire un tour en ville. Le prétexte: coupe de cheveux pour les mecs. Nous sommes partis en fin d'après-midi, histoire de marcher un peu, aller au salon de coiffure sur Rachel, souper chez Frites Alors! et déambuler chez Renaud Bray, le magasin qui comble de bonheur les petits et les grands. 


Contrairement à son habitude, Étienne ne voulait pas du tout se faire couper les cheveux, parce que ça allait lui "faire mal". Il s'est donc assis sur la chaise, boudeur mais immobile, refusant d'adresser la parole à Sophie, sa gentille coiffeuse, refusant même de rencontrer son regard. La douce Sophie lui coupait tranquillement les cheveux, en lui parlant gentiment (sans réponse) pour le rassurer. Au bout d'un moment, Sophie a attiré mon attention: "Oooh! Regarde ton fils!"

Il s'était endormi.



Nous avons essayé de le réveiller, sans succès. J'ai du lui tenir la tête pour le reste de la coupe.



Tout le monde au salon a bien rigolé. Étienne continue de prétendre qu'il n'aime pas se faire couper les cheveux, mais il cherche maintenant une meilleure excuse que la douleur... :)

mardi 7 avril 2009

Étienne et la pluie

Depuis que le printemps est de retour, Étienne est toujours dehors. Il vagabonde à l'arrière de la maison, entre les sapins ou derrière les lilas, brandissant toujours un bâton, clamant des incantations quelconques en regardant le ciel, parfois si fort qu'on l'entend de la maison, les fenêtre fermées. Toujours si souriant. Si heureux.

Hier, il pleuvait, alors je lui ai demandé de garder sa tuque (ce n'est pas la pluie qui arrête ses aventures). Il est revenu plus tard, sans tuque, complètement trempé. Je l'ai un peu chicané, et il m'a dit: "Mais maman, z'aime la pluie! Z'aime quand elle tombe sur ma tête!"

Je n'ai pu résister. Il a pu retourner jouer sans tuque, mon Étienne au bonheur facile.

dimanche 22 mars 2009

Fébrilité fragile

Il y a de ces expériences qui vous rentrent dedans.

Hier soir, 6:18 p.m. Je suis à la maison, j'attends le retour de Stéphan, Mathilde et Étienne de l'épicerie pour préparer le souper. Le téléphone sonne. C'est Stéphan. Il me dit calmement qu'Étienne est tombé en convulsions à l'épicerie, l'ambulance s'en vient, est-ce que je pourrais aller à l'épicerie, où il laissera des détails sur l'hôpital où ils seront?

Ouf.

(Tout finira bien. Il a eu un épisode classique d'un "febrile seizure", une convulsion causée par une montée de fièvre. Il avait fait de la fièvre samedi matin (38.7). À l'hôpital, sa fièvre était de 38.5 sous le bras, donc autour de 39.5. Ces convulsions touchent environ 5% des enfants de 6 mois à 5 ans, surtout les garçons. Ce n'est pas dangereux, c'est relativement commun et les chances qu'ils en refassent sont assez faibles.)

J'ai mis mes souliers (sans bas!), mon manteau, je suis partie à l'épicerie. Je tremblais, au bord des larmes, je n'ai jamais fait le chemin aussi rapidement. Je suis même arrivée avant l'ambulance (!). Je me souviendrai toujours de cette scène, l'attroupement autour d'eux, Étienne par terre, sur le coté, tellement blanc, tellement inerte, Stéphan à coté de lui, lui parlant doucement, Mathilde tournant autour, paniquée. Étienne avait repris conscience, mais il était dans un état second, épuisé de sa crise.

L'ambulance est arrivée quelques minutes après moi, et nous sommes allés à l'hôpital de Montréal pour enfants, Étienne et moi en ambulance, Stéphan et Mathilde nous suivant en voiture. Éti allait déjà un peu mieux; il était encore épuisé, encore aussi blanc, mais il arrivait à répondre à nos questions. L'ambulancier était très rassurant, tout comme la médecin que nous avons vue à l'hôpital. Éti s'était rapidement endormi d'épuisement. Nous sommes revenus à la maison vers 10 p.m., après un arrêt chez McDo (demande spéciale d'Étienne, qui s'était réveillé à la sortie de l'hôpital et était redevenu lui-même, parlant non-stop, rêvant d'écouter Star Wars en arrivant à la maison et rigolant comme un petit fou parce qu'il avait pété sur Stéphan).

***

À l'épicerie, Étienne mangeait des morceaux de melon, se promenant tranquillement pendant que Stéphan faisait l'épicerie. Il s'était éloigné une dizaine de secondes, et Stéphan avait demandé à Mathilde d'aller le chercher. Elle est revenue en criant. Stéphan a retrouvé Étienne par terre, sur le ventre, ses morceaux de melons éparpillés autour de lui. Il était crispé et immobile, mais complètement absent, ne répondant pas à ses questions. Il est revenu à lui-même en moins d'une minute, mais il était complètement amorphe.

Je ne peux même pas imaginer avoir été à la place de Stéphan. Voir son enfant effondré ainsi. Nous en avons longuement discuté, et sommes arrivés à la conclusion que nous n'avons peut-être pas été assez à l'écoute de son état hier. Peut-être aurions-nous du essayer de le forcer à se reposer, le garder à l'intérieur. Je ne sais pas. Mais je sais que nous ne sommes pas préparés à ce type d'urgence. Nous avons l'intention de suivre un cours de premiers soins. Ça n'aurait pas prévenu la crise d'hier, mais ça nous aurait préparé à la gérer. Stéphan a très bien réagi, mais j'ai peur que j'aurais paniqué.

****

Nous l'avons gardé au lit avec nous pour la nuit. Depuis ce matin, je regarde son petit visage parfait, sa petite tête, sa concentration alors qu'il joue au Xbox, son sourire lorsqu'il réussit une manœuvre difficile, et j'essaie de superposer ces images à celle de lui par terre à l'épicerie, si blanc, si inerte.

Je ne sais trop quel est le but de ce texte aujourd'hui. Peut-être une façon d'exorciser cette expérience. Ou de me rappeler notre fragilité. Je ne sais pas.

vendredi 6 février 2009

Ici, ainsi, tout petits...

Voilà, c'est fait.

J'ai inscrit Étienne à la maternelle ce matin.

Je sais, ça fait cliché, mais il me semble que c'est hier que j'inscrivais Mathilde, ma grande maintenant en 4e année. J'avais d'ailleurs bien rigolé parce que je l'avais amenée avec moi à l'école et, après seulement 10 minutes, la dame responsable des inscriptions connaissait déjà son nom: "Mathilde! Non, non, tu ne peux monter sur la table!" J'étais à la fois amusée et gênée, convaincue que Mathilde allait être une terreur à l'école (ce n'est pas le cas; oui, c'est vrai, elle parle tout le temps, mais bon, ça court dans la famille).

Je trouve que le temps passe trop vite. Aujourd'hui, je voudrais pouvoir le ralentir un peu, juste un peu, m'obliger à vivre intensément chaque minute avec mes enfants. J'ai parfois peur de me retourner et de réaliser que le temps à passer ensembles raccourcit, qu'il y en a plus derrière que devant nous.

Je voudrais pouvoir arrêter tout, là, maintenant. Les garder avec moi, ici, ainsi, tout petits, encore à moi.

mercredi 21 janvier 2009

Mathilde et la guerre

À 9 ans, Mathilde est de plus en plus exposée à ce qui se passe un peu partout sur la planète, surtout avec La Presse, que mon mec lit à tous les matins. (Étienne est, pour l'instant, seulement intéressé à savoir si le Canadien a gagné). Les photos et les titres qu'elle y lit génèrent souvent des questions pas toujours faciles à répondre.

Je ne sais jamais trop quelle approche prendre. J'avoue que, dans ce domaine, j'ai souvent tendance à vouloir la protéger plutôt que la préparer. Une partie de moi se dit qu'elle découvrira tout cela bien assez vite; le monde est si dur parfois, elle peut bien garder son innocence un peu plus longtemps.

Mais, une chose est claire, les discussions ne sont jamais banales.

Dernièrement, Mathilde me montre une photo troublante d'une jeune enfant palestinienne morte. Sous la photo, la légende suivante: "Un homme transporte le corps d'une jeune palestinienne touchée par un tir fratricide."

- Maman, c'est quoi "un tir fratricide"?

- C'est quand quelqu'un est tué par quelqu'un de son camp, qui est du même coté que lui.

- Ben, comment ça peut arriver?

J'entame une discussion plus technique qui, clairement, est beaucoup trop abstraite pour Mathilde. Je prends donc une approche plus terre à terre:

- Imagine que tu es en guerre avec Monsieur Lalonde.

Monsieur Lalonde, c'est le voisin d'en face.

- Ok.

- Il est caché dans sa haie et tire sur ta maison, et toi tu fais la même chose.

- Oui, je comprends.

- Ben, un tir fratricide c'est comme si Étienne décidait de passer sur le gazon en avant, mais tu ne l'as pas vu, et en voulant tirer sur Monsieur Lalonde, tu tires sur Étienne et il meurt.

Mathilde est au bord des larmes:


- Ben la! Qu'est-ce qu'il faisait là Étienne? Je ne veux pas qu'il meurt!

- C'est hypothétique, Mathilde, c'est pas vraiment Étienne, c'est une façon de te montrer ce que je veux dire. C'est cette petite fille que tu as vue dans le journal, et c'est comme si un soldat de son même pays avait tiré dessus par erreur.

- (maintenant peu impressionnée) En tout cas, la mère du soldat devait pas être contente!

Bon, peut-être que certains de ces concepts sont un peu trop abstraits pour elle.

Hier, elle est arrivée à la maison un peu anxieuse, parce qu'une de ses amies lui avait dit que le Canada serait bientôt en guerre contre la Chine, qui lancerait une bombe et on mourrait tous. (!) La pauvre Mathilde en avait eu mal au ventre d'inquiétude. Après une longue discussion pour la rassurer, on a droit pendant le souper à plusieurs questions sur la guerre, sur les batailles, la différence entre les deux, etc. Puis, on a droit à du grand Mathilde:

- Papa, est-ce que ça peut durer longtemps les guerres?

- Oui. Il y en a même une tellement longue qu'on l'a appelée la Guerre de cent ans.

- Cent ans? Ça a duré cent ans?

- Pas exactement, mais à peu près.

Mathilde est un peu incrédule et convaincue que son père dit n'importe quoi:


- Ben la, ils faisaient comment pour se battre les gens quand ils étaient tous rendus des vieux? (sur un ton un peu ironique) Les mémés, elles tapaient sur les autres à coup de sacoches? Pis les pépés à coup de canes?

On a ri aux larmes, même Étienne qui ne comprenait rien mais qui est toujours prêt à rigoler. Il a fallu expliquer que ce n'était pas les mêmes soldats qui se battaient tout au long de la guerre de cent ans, mais qu'il y avait eu une certaine rotation.

Je ne sais peut-être pas toujours comment répondre aux questions de Mathilde... mais on s'amuse bien chez nous.

mardi 20 janvier 2009

Les matins

J'adore les matins. Je suis une matinale. Certains matins, comme aujourd'hui, je me réveille à l'aube; je sais que je pourrais peut-être parvenir à me rendormir, mais l'idée de descendre au salon et de profiter de la solitude du matin gagne sur le désir de dormir encore un peu. Alors sans faire de bruit, je prends mon livre du moment, mon journal, mon portable, une couverture, je descends doucement les marches et je m'installe sur le divan.

J'ai toujours aimé les matins. Je crois vraiment qu'on nait matinal. Adolescente, je devais me lever tôt pour passer les journaux. J'ai des souvenirs très vifs de ces matins, du bonheur de marcher seule dans les rues à 5h45 a.m. Je me souviens de la pureté de l'air, des couleurs du ciel, du bleu intense de la nuit au bleu mauve de l'aube au bleu clair du jour levé, de cette tranquillité dans les rues de mon quartier, de ce sentiment que la journée, la vie m'appartient, que tout est possible. Mon père aussi était matinal; il était souvent debout à mon retour et nous déjeunions ensembles, en silence, complices du matin.

Mes matins sont un peu différents maintenant, mais ils me sont essentiels. J'aime écrire le matin. Avec des enfants, il est plus difficile d'avoir un peu de temps juste à moi, alors j'en profite le matin. J'aime prendre mon café, seule, assise sur le divan, à regarder le jour qui se lève, à réfléchir, à lire, à rêver, à écrire.

Je prends maintenant le train de 6h24 a.m., et souvent je regarde par la fenêtre le monde qui s'éveille doucement. Les maisons de Montréal-Ouest dont les fenêtres s'éclairent une à une, les phares des voitures qui se suivent sur Décarie, le soleil qui se lève sur le pont Jacques-Cartier. Je suis toujours étonnée de l'aspect lunaire et désertique de la cour Glen, immense site abandonné en face de la station Vendôme, où j'ai pendant quelques secondes l'impression d'être tombée dans un film de science-fiction.

Peut-être nos sens sont-ils plus intacts le matin, non pollués par les bruits, les odeurs, les images de la journée. "L'aube dissout les monstres" a écrit Paul Éluard. Peut-être le matin est-il pour moi simplement la confirmation qu'une nouvelle journée m'est offerte, que tout m'est possible, qu'aucune inquiétude ou tristesse n'est importante. Peut-être tous les matins sont-ils bleus.

dimanche 28 décembre 2008

Plaisirs d'un Noël (relativement) tranquille

Voici quelques photos de notre Noël relativement tranquille cette année. Pas de voyage, pas de grande sortie, et moins de la moitié des vacances avec des activités planifiées (une première pour nous!). Nous avons plus d'une fois oublié quel jour de la semaine nous étions et passé beaucoup de temps collés sur le divan à se reposer et reprendre contact, doucement.

Vive la neige!
Nous avons bien profité de la neige du début des vacances. Nous avons aussi trouvé une nouvelle méthode pour immobiliser nos enfants quand ils sont tellement tannants qu'on les balancerait par la fenêtre: L'enterrement dans le banc de neige:



Noël chez les Laroche
Nous avons réveillonné chez ma soeur Sophie, qui nous avait préparé avec sa belle-maman un repas extraordinaire.

La grande surprise cette année était la visite du père Noël, incarné par le beau-frère du chum de Sophie. Malheureusement, une partie essentielle du costume--la barbe et les lunettes--avaient été oubliés en Gaspésie. Le résultat a été légèrement... terrifiant pour les adultes, qui trouvaient que le père Noel ressemblait surtout à un pédophile en liberté à la recherche de victimes potentielles:

Mais les petits enfants (ceux qui croyaient encore au Père Noël) ont été enchantés, sauf peut-être la perspicace Gaëlle, 6 ans, qui a tout de suite déclaré: "C'est le faux!"




Je crois que ce que j'aime le plus du réveillon de Noël c'est de pouvoir passer du temps avec ma famille, que je ne vois pas assez souvent. J'ai eu beaucoup de plaisir avec ma moyenne soeur préférée:

Et ma petite soeur préférée:

Les cousins peuvent aussi passer du temps ensemble et voir leur mamie chérie:




Mathilde était tellement belle, avec son linge qu'elle avait choisi elle-même au magasin, ses cheveux relevés... j'ai toujours un tiraillement quand je la trouve si belle, si grande; je suis contente de la voir grandir, mais je sais aussi que je perds tranquillement ma toute petite fille...

Doux matin de Noël
Le 24 décembre, avant le dodo (à 2 heures du matin!), Mathilde a mis près du foyer les biscuits que nous avions préparés dans la journée. Le père Noël est passé pendant la nuit, alors nous avons déballé les cadeaux le matin, dès le lever, les yeux encore pleins de sommeil:

Mathilde aime beaucoup les boucles d'oreilles choisies par le père Noel:

Et Étienne est impressionné par la grandeur de sa boite: "Moi ze suis fort!"

Stéphan et moi avons reçu, pour Noël, un poème composé par Mathilde, que j'ai trouvé très mignon :)
La magie de Noël

Les cadeaux cachés sous le sapin,
ma vie ressemble à un lutin.
C'est le meilleur moment de l'année
pour déballer les cadeaux sous la sapin décoré.

Mes cadeaux préférés sont: un cadre d'High School musical, une chaise à massage,
des papiers pour envoyer des messages,
un gros toutou de loup
et un coussin de hibou.

Ce que j'aime le plus à Noël, c'est de découvrir les cadeaux
que le père Noël cache en dessous du piano.
J'aime préparer les biscuits pour le père Noël.
J'espère que le père Noël va en donner à la mère Noël.

La magie de Noël c'est super chouette.
Des fois, j'ai l'impression que le Père Noël ajoute un coup de baguette.

Nous avons aussi passé des journées en pyjama, à jouer au Xbox en famille:

Noël chez les Goulet
Nous avons passé la soirée du 25 chez la famille de Stéphan, où nous avons encore une fois eu beaucoup de plaisir:



Éti et les girls spectaculaires
On ne s'ennuie jamais chez nous avec l'imagination de mes enfants...

La nouvelle star du hockey
Le soir du réveillon, Étienne a été fasciné par le cadeau de son cousin Christophe, un habit de gardien de but. Il l'a mis une partie de la soirée (son cousin a été bien gentil de lui prêter son cadeau préféré):

Nous avons donc décidé de lui acheter des bâtons et un filet pour qu'il puisse jouer un peu aussi:




C'est la fête de Stéphan!
La famille de Stéphan a été très gentille pour sa fête, en offrant de garder les enfants pour la nuit. Nous avons donc d'abord brunché chez grand-maman Cine, et Étienne a aidé Stéphan à souffler ses 41 chandelles:

Nous avons laissé les enfants chez Francine et sommes partis en ville, avec plein d'idées pour notre temps en amoureux. Nous avons vu au cinéma l'excellent The Reader, où j'ai pleuré d'émotion plus d'une fois, puis avons rigolé aux larmes au spectacle des Zapartistes au métropolis avec les amis.

Pendant ce temps, Francine, Jean, Martin et Mylène s'occupaient bien des enfants, qui se sont amusés comme des petits fous:



Mathilde trouve toujours la séparation avec ses parents difficiles, surtout pour une nuit complète. Mais elle m'a dit: "Je me suis tellement amusée maman que j'ai presque oublié que je m'ennuyais". Un grand compliment de la part de Mathilde :) Mais l'éloignement permet aussi le rapprochement, alors que j'ai eu droit à une pluie de calins et de bisous à mon retour. Étienne m'a même dit: "Maman, tu sens tellement belle!". Que demander de plus? ;-)

Merci encore pour ce beau cadeau!