J'adore les matins. Je suis une matinale. Certains matins, comme aujourd'hui, je me réveille à l'aube; je sais que je pourrais peut-être parvenir à me rendormir, mais l'idée de descendre au salon et de profiter de la solitude du matin gagne sur le désir de dormir encore un peu. Alors sans faire de bruit, je prends mon livre du moment, mon journal, mon portable, une couverture, je descends doucement les marches et je m'installe sur le divan.
J'ai toujours aimé les matins. Je crois vraiment qu'on nait matinal. Adolescente, je devais me lever tôt pour passer les journaux. J'ai des souvenirs très vifs de ces matins, du bonheur de marcher seule dans les rues à 5h45 a.m. Je me souviens de la pureté de l'air, des couleurs du ciel, du bleu intense de la nuit au bleu mauve de l'aube au bleu clair du jour levé, de cette tranquillité dans les rues de mon quartier, de ce sentiment que la journée, la vie m'appartient, que tout est possible. Mon père aussi était matinal; il était souvent debout à mon retour et nous déjeunions ensembles, en silence, complices du matin.
Mes matins sont un peu différents maintenant, mais ils me sont essentiels. J'aime écrire le matin. Avec des enfants, il est plus difficile d'avoir un peu de temps juste à moi, alors j'en profite le matin. J'aime prendre mon café, seule, assise sur le divan, à regarder le jour qui se lève, à réfléchir, à lire, à rêver, à écrire.
Je prends maintenant le train de 6h24 a.m., et souvent je regarde par la fenêtre le monde qui s'éveille doucement. Les maisons de Montréal-Ouest dont les fenêtres s'éclairent une à une, les phares des voitures qui se suivent sur Décarie, le soleil qui se lève sur le pont Jacques-Cartier. Je suis toujours étonnée de l'aspect lunaire et désertique de la cour Glen, immense site abandonné en face de la station Vendôme, où j'ai pendant quelques secondes l'impression d'être tombée dans un film de science-fiction.
Peut-être nos sens sont-ils plus intacts le matin, non pollués par les bruits, les odeurs, les images de la journée. "L'aube dissout les monstres" a écrit Paul Éluard. Peut-être le matin est-il pour moi simplement la confirmation qu'une nouvelle journée m'est offerte, que tout m'est possible, qu'aucune inquiétude ou tristesse n'est importante. Peut-être tous les matins sont-ils bleus.
4 commentaires:
Les matins sont une catastrophes. Un moment de torture dont l'apres-midi va me delivrer.
Le matin, mon cerveau est une compote de pommes, un moteur de Honda Civic vieux de 12 ans a -25 degree celcius. Il y a rien de tel qu'un bon matin avec une pluie de novembre alors que j'ai oublie mon parapluie et que ca me coule dans le cou et que je vais etre en retard pour mon train parce qu'Etienne est tombe dans l'eau et qu'il a fallu que je le change.
Je crois que je ne suis pas quelqu'un de matin.
Chanceuse va.
Je te reconnais bien là :) Je pense que nous sommes la preuve que c'est biologique! Nous venons d'une planète différente pour les matins. ;-)
Et moi je me reconnais plutôt dans le commentaire de Steph! En fait, j'aime le matin si je n'ai rien de spécial à faire et que je peux prendre mon temps... Sinon bonjour le stress!
Le moment qui me fait le plus rêver, c'est la nuit. J'adore me promener la nuit, surtout en ville, même si je n'ai presque jamais l'occasion de le faire. Le décor le plus familier devient mystérieux, intriguant, magique. Comme le dit la chanson:
«O Nuit, viens apporter à la Terre
Le calme enchantement de ton mystère.»
Je comprends ton attirance pour la nuit... J'avoue qu'il y a quelque chose de magique à simplement marcher, la nuit, dans la ville... Un peu comme si on pouvait s'imaginer, pendant un moment, dans un autre monde complètement...
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