J'étais très contente que Mathilde soit choisie pour l'équipe intercité encore cette année, mais j'étais aussi craintive. Pour une raison que j'ignore, je prends ça très à coeur. Souvent l'an dernier je la voyais prendre ça très relax sur le terrain, et je trouvais ça difficile. Pourquoi? Je ne sais pas. Mais je me demande souvent quel doit être notre role de parent. Doit-on pousser nos enfants à se dépasser? Ou les laisser aller, sans jamais les pousser? Je ne veux pas la stresser, mais je crois aussi qu'elle doit apprendre l'importance de faire des efforts, surtout lorsqu'on fait partie d'une équipe de compétition.
Je suis en train de lire un excellent bouquin sur le sujet (Positive Pushing), qui m'aide beaucoup à prendre du recul. Mathilde adore le soccer, et c'est ce qui compte. Mais j'ai bien aimé une partie du livre qui parle de practical ownership: l'importance de bien faire une activité lorsqu'elle est importante pour nous, d'y mettre les efforts nécessaires, non pas pour gagner ou être le meilleur mais simplement pour la satisfaction envers soi-même. Être fière de soi.
Dimanche dernier, elle avait une partie hors-concours. Dans l'auto, nous avons discuté elle et moi de son objectif du match. Elle ne savait pas trop, alors je lui ai suggéré deux objectifs: s'amuser et avoir les joues rouges d'effort à la fin de la partie. Elle trouvait que c'était une bonne idée et avait envie d'essayer.
Le résultat a été génial. Parce qu'elle s'est forcée, elle a très bien joué, ce qui fait que son coach l'a fait jouer plus souvent (comme il manquait une fille), ce qu'elle aime beaucoup. Elles ont perdu le match, mais Mathilde a reçu des félicitations de ses coachs, qui avaient remarqué comme elle fonçait maintenant sur le ballon. Lorsque nous sommes rentrées dans l'auto, je lui ai demandé: "Alors? Tu es fière de toi?"
Le sourire qu'elle a fait! Elle était si contente! J'ai tout de suite sorti mon téléphone pour prendre une photo:
Pour moi, tout est là, tout est dans ce sourire et ces yeux brillants. Non pas le désir de la victoire, mais le plaisir du jeu, la satisfaction personnelle, cette fierté dans ses yeux.
Pour moi, tout est là, tout est dans ce sourire et ces yeux brillants. Non pas le désir de la victoire, mais le plaisir du jeu, la satisfaction personnelle, cette fierté dans ses yeux. ***
Mercredi dernier, 18h30, nous sommes en route Éti et moi pour sa première pratique de soccer. Il en parle depuis l'été dernier et trouve injuste que sa soeur joue alors qu'il ne peut pas. Il comptait même les dodos avant sa première pratique. Il était très excité, mais j'étais légèrement inquiète. Étienne joue parfois au soccer avec Mathilde et ses copines, mais il utilise souvent la technique du petit-garçon-qui-manipule-les-grandes pour avoir ce qu'il veut: lorsqu'il n'a pas le ballon, il peut se lancer par terre, se mettre à pleurer, faire des mini crises ou tout simplement prendre le ballon dans ses mains et partir en courant.
Ça marche avec les filles, mais je pouvais juste imaginer le spectacle avec 20 petits garçons de son age. Voici donc notre conversation dans l'auto:
Moi: Il y a deux choses qu'il ne faut pas faire au soccer.
Éti: Quoi?
Moi: On ne peut pas prendre le ballon dans ses mains.
Éti: Ze sais (il sait toujours tout :). Zuste si il est sorti du terrain.
Moi: Oui.
Éti: Ou si tu es le gardien de but. Moi ze vais être le gardien de but.
Moi: Oui, c'est vrai. Mais il n'y a pas de gardien de but dans ton équipe.
Éti: Quoi? Alors ze vais pouvoir faire plein de buts?
Moi: Oui. Aussi, tu ne peux pas pleurer quand tu n'as pas le ballon.
Éti: Ze sais. De toute façon, ze cours super vite alors ze vais toujours avoir le ballon.
Moi: Ouen, peut-être. Mais si ça arrive, il ne faut pas pleurer pour ça.
Éti: Ze sais. Ze peut pleurer zuste si ze me fais mal.
Moi: Juste si tu te fais mal pour vrai.
Éti: Zuste si ça saigne.
Moi: Voilà.
Éti: Mais.. si un autre petit garçon a un ciseau et qu'il me découpe, là je peux pleurer?
Moi: ... Euh, oui. Là tu peux.
Finalement, ça n'était pas vraiment une pratique, c'était seulement la remise des chandails. Nous sommes donc allés voir Mathilde jouer (et gagner! Yeah!) son premier match de la saison. Mais Étienne a tout de même passé la soirée en uniforme... :-)
2 commentaires:
Quelques commentaires (pendant que j'attend après un serveur du bureau qui prend son temps pour faire ce que je lui demande).
Je crois que de montrer aux enfants de trouver dans ce qu'il font une source de fierté est une bonne idée. Faut que ça vienne de leur intérieur, pas juste de leur parent qui leur dit constamment et même un peu mécaniquement: c'est bon mon grand ! Wow, ! Super, c'est vraiment bon ce que tu as fait là, et patati et tralala.
L'importance des compliments est claire mais ce qui est encore plus clair c'est que la personne qui trouve en elle ses sources de fierté est plus struturente pour la personne en devenir je trouve... Je pourrais parler longtemps de mon Nicolas pour qui il a tellement à faire à ce niveau là: depuis qu'il sait parler qu'il me demande toujours de le regarder avec des yeux qui doivent monter l'émerveillement et la fierté. Je trouve ça lourd des fois. Je tente petit peu par petit peu de lui dire qu'il doit lui-même se trouver bon, pas juste son père ou sa mère... C'est un long travail.
Anecdote parentale. Aujourd'hui vendredi, j'attends mes enfants avec impatiente. Ils arrivent. La première chose que me demande mon plus vieux: est-ce qu'on va aller à la cremerie après souper papa ? Euh... on verra je lui répond.
Le souper passe. On arrive au moment du dessert. Nicolas me repose la question. Moi mon verre de vin n'est pas terminé. Je lui dit que je vais y réfléchir et qu'entre temps, il pouvait aller dehors pratiquer son diabolo. Il revient après 10 minutes plus tard. Mon verre de vin terminé, je lui dit qu'on va y aller à la cremerie. Lui et son frère jubilent. Il me reste juste un peu de choses à ramasser. Il retourne dehors. Au bout de 5 minutes, mon plus jeune me dit: papa, papa, Nicolas a fait plein de marques sur la rampe d'escalier. Je sors dehors, Émile me montre ce que Nicolas a fait avec un trombonne (un trombonne ? trouvé par terre). Je me suis dit que c'était poche et probablement que mon air le montrait aussi.... Nicolas répond un peu en voulant se justifier: ce sont des petits graffitis. Merde! On en a tellement parlé. Quand il vient à Mtl, il trouve qu'il y a plein de graffitis pis je lui dis à chaque fois que c'est pas fort d'écrire avec de la peinture ou quoi que ce soit d'autre des choses sur les murs. Pis lui me parle de son graffiti. J'en reviens pas. Je lui répond: Nicolas, tout à l'heure, tu nous regarderas manger de la crème glacé.
Ce qui me dérange dans tout ça c'est le poids de la conséquence que je donne et le fait de me priver en même temps du bonheur de voir mon plus grand manger de la crème glacé avec nous. J'étais presque aussi désolé que lui. Il a bien voulu négocier avec moi le temps de l'ordi pur sa crème glacée. J'ai refusé. Finalement, c'est peut-être pas si pire et j'espère qu'il retiendra sa leçon.
J'ai hâte de retourner manger une crème glacée avec lui.
Je me suis toujours dit que si je n'arrivais qu'à "montrer" une seule chose à mes enfants, je voudrais que ce soit la confiance en soi... Mais c'est tellement difficile. Comme tu dis, nos enfants ont beaucoup besoin de notre regard, mais si on pouvait leur apprendre à trouver cette fierté d'eux-même... Ça serait génial.
Re: l'anecdote de la crèmerie. C'est si difficile d'être parent! Cet aspect que tu décris, de devoir mettre les limites et parfois punir, et le plus difficile. En même temps, je crois que c'est aussi un des aspects les plus importants. Nos enfants doivent apprendre qu'il y a des conséquences à leurs gestes. Mais je peux comprendre que tu as trouvé ça si désolant, surtout que je sais que tu devais travailler samedi... J'espère que vous pourrez recommencer la sortie aujourd'hui...
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