Depuis que mes enfants sont nés, je fais ce que tous les livres disent de ne jamais faire: je prépare souvent un repas différent pour les enfants. Il y a plusieurs raisons pour lesquelles j'ai été aussi imparfaite. D'abord j'ai des enfants qui ont été très difficiles dès qu'ils ont commencé à manger. Pendant longtemps, Étienne n'a accepté de manger que des poivrons et des concombres comme légumes. Puis on a découvert l’intolérance d'Étienne aux produits laitiers. Puis il y a eu son reflux assez aigu, l’empêchant de manger des aliments acides comme les tomates.
Mais surtout, il y a eu un grand égoïsme derrière tout ça. Je n'avais pas envie de compromettre mes repas pour les rendre plus facile à aimer pour les enfants. Je n'aime pas le pâté chinois. Et j'en ai marre du spaghetti sauce à la viande. Je ne voulais pas arrêter de manger des crevettes parce que mes enfants ne pouvaient en manger avant l'âge de 5 ans (allergies potentielles obligent). J'ai donc continué à faire des sautés aux crevettes à la marocaine, des pennes arrabiata bien épicés ou encore des fondues au fromage. Bien sûr, plusieurs de nos repas étaient communs. Mais lorsque j'avais envie d'un repas qu'ils n'aimeraient pas, ce qui arrivait assez souvent, je ne me battais pas avec eux, je leur préparais des pâtes avec des crudités. Ils en ont mangé des pâtes!
Je me suis souvent sentie coupable, parce que je ne les obligeais pas à manger ce qu'il y avait dans mon assiette. Parce que je leur "passais leurs caprices" comme on m'a déjà dit. Parce que j'allais les ruiner à vie en ne les exposant pas dès leur jeune âge à plein de nouveaux aliments. Mais bon. Je suis paresseuse. Et gourmande. J'ai choisi mes batailles.
Mais le vent commence à tourner. Depuis quelques temps, Mathilde demande à goûter notre repas. Et souvent, après quelques bouchées, elle me dit: "Je peux manger la même chose que vous la prochaine fois?"
Ça me fait si plaisir.
Il reste Étienne.
J'ai refait ce soir le poulet à la citronnelle de la semaine dernière, cette fois sur un riz à la noix de coco. Étienne, peut-être le plus difficile des petits garçons du monde, a non seulement terminé son assiette en un temps record, il a aussi ajouté: "Maman, c'est vraiment bon! C'est presque mon repas préféré! C'est presque aussi bon que des hot-dogs!"
Il y a de l'espoir. Je pense.
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