Relire mes anciens textes de blogue me redonne un peu le gout d'écrire. Est-ce que je rajouterai ceci aux livres que je suis en train de publier? Qui sait. On verra. Dans la vie, faut essayer des affaires!
Combien de soupers ont commencé par la phrase "Les enfants, j'ai lu un livre" suivie par des soupirs d'exaspération et le commentaire "Ah non, pas un autre livre!".
Les enfants savent que je ne parle pas du dernier roman de science-fiction que j'ai lu, mais bien d'un livre qui va apporter un changement à ma vie... et donc à la leur. J'ai lu des livres sur comment élever des enfants, les finances, le "growth mindset", l'alimentation, la pleine conscience, la confiance en soi, le minimalisme et j'en passe.
Mon père avait cette expression "On ne redresse pas un arbre croche de 35 ans". Par cela, il voulait dire qu'à 35 ans, il était rendu trop tard pour changer quoi que ce soit à sa vie. 35 ans! Si jeune pour avoir abandonné toute forme de croissance.
J'ai 52 ans, et je lis encore des livres qui remettent en question comment je vois les choses, qui me font réfléchir, qui me permettent de grandir. En ce moment, je lis un livre intitulé "You're Not Listening" sur l'art de bien écouter. Je réalise que je n'écoute pas très bien et c'est quelque chose que j'ai envie de changer.
Mes enfants ont maintenant 15 et 20 ans. En temps normal, entre leur travail, leurs entraînements, leurs amis, leurs chum/blonde, nous sommes chanceux de les avoir pour souper en même temps deux fois par semaine. En ce moment, nous vivons une pandémie. J'ai donc la chance d'avoir mes enfants avec moi 24 heures par jour.
Et ça tombe bien, parce que j'ai lu un livre. Alors je pourrai les écouter pendant que je les ai encore près de moi.
lundi 18 mai 2020
dimanche 17 novembre 2013
Pré-adolescence
Étienne aime beaucoup les romans de Géronimo Stilton, une érudite souris qui travaille comme rédacteur en chef à l'Écho des Rongeurs et qui vit des aventures abracadabrantes. Comme les enfants sont en pédago ce vendredi, je leur ai proposé une visite au Salon du livre, qu'ils ont acceptée avec enthousiasme.
En lisant le guide du Salon du livre, je vois justement que Géronimo Stilton signera des autographes vendredi matin. Je suis convaincue que mon petit mec sera excité par l'idée:
— Éti! Devine qui signe des autographes vendredi!
Il me regarde, emballé.
— Qui?
— Géronimo Stilton.
C'est moi, ou son regard semble soudainement plutôt incrédule?
— Géronimo Stilton?
Je rajoute un peu d'enthousiasme dans ma réponse.
— Oui! C'est cool, hein!
— Euh... maman? Géronimo Stilton existe pas pour vrai, tu sais. Ça va être un dude nowhere déguisé en grosse souris qui va signer mon livre... C'est, comme, genre, pas rapport.
Je regarde Mathilde, un peu étonnée. Elle répond:
— Ben... y'a pas mal raison, maman.
"Un dude nowhere?" ... "comme, genre, pas rapport?" ... il est où mon petit garçon déçu de n'avoir pu rencontrer Géronimo Stilton il y a quelques années? Où est la magie des mascottes et marionnettes? Quoi que, à regarder des photos de Géronimo signer des autographes, je ne peux dire qu'il a tort. L'autographe d'une grosse mascotte poilue ne m'exciterait pas vraiment non plus. Mon petit mec est plus près de la pré-adolescence que je ne le croyais. Et ça n'est peut-être pas si mal.
En lisant le guide du Salon du livre, je vois justement que Géronimo Stilton signera des autographes vendredi matin. Je suis convaincue que mon petit mec sera excité par l'idée:
— Éti! Devine qui signe des autographes vendredi!
Il me regarde, emballé.
— Qui?
— Géronimo Stilton.
C'est moi, ou son regard semble soudainement plutôt incrédule?
— Géronimo Stilton?
Je rajoute un peu d'enthousiasme dans ma réponse.
— Oui! C'est cool, hein!
— Euh... maman? Géronimo Stilton existe pas pour vrai, tu sais. Ça va être un dude nowhere déguisé en grosse souris qui va signer mon livre... C'est, comme, genre, pas rapport.
Je regarde Mathilde, un peu étonnée. Elle répond:
— Ben... y'a pas mal raison, maman.
"Un dude nowhere?" ... "comme, genre, pas rapport?" ... il est où mon petit garçon déçu de n'avoir pu rencontrer Géronimo Stilton il y a quelques années? Où est la magie des mascottes et marionnettes? Quoi que, à regarder des photos de Géronimo signer des autographes, je ne peux dire qu'il a tort. L'autographe d'une grosse mascotte poilue ne m'exciterait pas vraiment non plus. Mon petit mec est plus près de la pré-adolescence que je ne le croyais. Et ça n'est peut-être pas si mal.
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jeudi 4 juillet 2013
Chroniques de voyage - Venise
Nous sommes à Venise. Il est environ 8 a.m. Étienne et moi—les deux lève-tôt de la famille—quittons l'appartement en silence, afin de ne pas réveiller Stéphan et Mathilde qui dorment encore profondément.
Comme je me lève tôt, j'aime bien aller chercher à déjeuner pendant que ma marmaille dort encore. J'ai peut-être l'air de celle qui est dévouée, en partant ainsi pour offrir un déjeuner à sa famille, mais je dois être honnête. Ces escapades matinales sont un grand bonheur pour moi. J'aime les matins, encore plus ceux où je découvre les petits cafés du coin, la boulangerie qui fait les meilleurs croissants, les marchés ouverts offrant les meilleurs fruits locaux. Je prends le temps de boire mon espresso sur place, debout au comptoir, puis je termine mes achats et reviens à l'appartement.
Souvent, Étienne m'accompagne. J'aime sa présence. Il marche à mes cotés, me raconte plein de trucs, me fait remarquer des endroits intéressants. C'est un peu notre rituel matinal. À Paris, nous allions chaque matin chercher nos croissants à la boulangerie Chez Paul. Je prends un espresso, Éti prend un jus d'orange et nous revenons à l'appartement.
Ce matin-là, Étienne avait choisi de venir avec moi. C'est mon premier matin à Venise.
Le marché de Venise fut celui qui m'a demandé le plus de courage. Notre appartement était situé dans un quartier peu touristique; les espressos y étaient moins chers (90 centimes au lieu de 4 euros quelques rues plus loin!), les fruits aussi, et les cafés et boutiques sont fréquentés par les vénitiens... dont l'anglais est quasi inexistant. Je devais donc sortir mon italien pour une des premières fois, dans un environnement beaucoup moins simple que le restaurant.
Je suis passée devant le premier étal de fruits et légumes--établi dans une péniche, rien de moins!--sans m'arrêter. Je n'avais pas le courage. J'ai aussi passé devant le deuxième étal, puis le troisième. J'ai regardé par la fenêtre d'une boulangerie, et j'ai continué mon chemin sur Via Garibaldi, jusqu'à la mer.
Bon, je suis rendue au bout. Faut bien revenir.
- Maman? Pourquoi tu n'arrêtes nulle part?
- J'essaie, Éti, j'essaie.
* * *
Au retour, je prends enfin mon courage à deux mains. Nous nous arrêtons à un étal situé entre mon quartier et celui plus touristique (couper la poire en deux est toujours une bonne approche). Nous achetons les fruits pour la journée, et j'en profite pour pratiquer les quelques mots d'italien que je connais. Étienne aime bien pratiquer l'italien avec moi. Nous venons d'ailleurs d'apprendre un nouveau mot à l'étal de fruits et légumes: basta, du verbe bastare, qui signifie "terminé, fini". Nous essayons ensuite une nouvelle boulangerie afin de trouver de bons croissants (un exploit qui s’avérera impossible en Italie), puis je m'arrête boire un espresso bien tassé, debout au comptoir d'un café, alors qu'Étienne court après les pigeons dans la rue piétonnière.
De retour dans notre petite ruelle, nous marchons quelques pas derrière une vieille mamma italienne accompagnée d'un petit garçon d'une dizaine d'années, probablement son petit-fils. Comme nous, ils reviennent du marché. Ils ont une conversation animée; il a la mine piteuse et elle semble lui rabattre les oreilles avec une morale quelconque. Il prend la parole d'un ton plaintif; nous ne comprenons rien, sauf le dernier mot: computer, prononcé à l'italienne.
La vieille mamma s'enflamme soudainement, lève les bras au ciel et se met à crier:
- Il computer? Il computer? Basta! Basta il computer!
Le petit garçon baisse la tête, penaud. Étienne me regarde, surpris, puis il chuchote:
- Maman! Même les petits garçons italiens veulent jouer à l'ordi!
- Oui Éti! Et même les parents italiens les en empêchent parfois!
Il me regarde et sourit.
- Maintenant, maman, toi aussi tu pourras me dire: "Basta! Basta il computer!"
- C'est promis!
Il prend ma main et nous retournons tranquillement à l'appartement, prêts à réveiller nos deux marmottes et leur raconter notre aventure.
Comme je me lève tôt, j'aime bien aller chercher à déjeuner pendant que ma marmaille dort encore. J'ai peut-être l'air de celle qui est dévouée, en partant ainsi pour offrir un déjeuner à sa famille, mais je dois être honnête. Ces escapades matinales sont un grand bonheur pour moi. J'aime les matins, encore plus ceux où je découvre les petits cafés du coin, la boulangerie qui fait les meilleurs croissants, les marchés ouverts offrant les meilleurs fruits locaux. Je prends le temps de boire mon espresso sur place, debout au comptoir, puis je termine mes achats et reviens à l'appartement.
Souvent, Étienne m'accompagne. J'aime sa présence. Il marche à mes cotés, me raconte plein de trucs, me fait remarquer des endroits intéressants. C'est un peu notre rituel matinal. À Paris, nous allions chaque matin chercher nos croissants à la boulangerie Chez Paul. Je prends un espresso, Éti prend un jus d'orange et nous revenons à l'appartement.
Ce matin-là, Étienne avait choisi de venir avec moi. C'est mon premier matin à Venise.
Le marché de Venise fut celui qui m'a demandé le plus de courage. Notre appartement était situé dans un quartier peu touristique; les espressos y étaient moins chers (90 centimes au lieu de 4 euros quelques rues plus loin!), les fruits aussi, et les cafés et boutiques sont fréquentés par les vénitiens... dont l'anglais est quasi inexistant. Je devais donc sortir mon italien pour une des premières fois, dans un environnement beaucoup moins simple que le restaurant.
Je suis passée devant le premier étal de fruits et légumes--établi dans une péniche, rien de moins!--sans m'arrêter. Je n'avais pas le courage. J'ai aussi passé devant le deuxième étal, puis le troisième. J'ai regardé par la fenêtre d'une boulangerie, et j'ai continué mon chemin sur Via Garibaldi, jusqu'à la mer.
Bon, je suis rendue au bout. Faut bien revenir.
- Maman? Pourquoi tu n'arrêtes nulle part?
- J'essaie, Éti, j'essaie.
* * *
Au retour, je prends enfin mon courage à deux mains. Nous nous arrêtons à un étal situé entre mon quartier et celui plus touristique (couper la poire en deux est toujours une bonne approche). Nous achetons les fruits pour la journée, et j'en profite pour pratiquer les quelques mots d'italien que je connais. Étienne aime bien pratiquer l'italien avec moi. Nous venons d'ailleurs d'apprendre un nouveau mot à l'étal de fruits et légumes: basta, du verbe bastare, qui signifie "terminé, fini". Nous essayons ensuite une nouvelle boulangerie afin de trouver de bons croissants (un exploit qui s’avérera impossible en Italie), puis je m'arrête boire un espresso bien tassé, debout au comptoir d'un café, alors qu'Étienne court après les pigeons dans la rue piétonnière.
De retour dans notre petite ruelle, nous marchons quelques pas derrière une vieille mamma italienne accompagnée d'un petit garçon d'une dizaine d'années, probablement son petit-fils. Comme nous, ils reviennent du marché. Ils ont une conversation animée; il a la mine piteuse et elle semble lui rabattre les oreilles avec une morale quelconque. Il prend la parole d'un ton plaintif; nous ne comprenons rien, sauf le dernier mot: computer, prononcé à l'italienne.
La vieille mamma s'enflamme soudainement, lève les bras au ciel et se met à crier:
- Il computer? Il computer? Basta! Basta il computer!
Le petit garçon baisse la tête, penaud. Étienne me regarde, surpris, puis il chuchote:
- Maman! Même les petits garçons italiens veulent jouer à l'ordi!
- Oui Éti! Et même les parents italiens les en empêchent parfois!
Il me regarde et sourit.
- Maintenant, maman, toi aussi tu pourras me dire: "Basta! Basta il computer!"
- C'est promis!
Il prend ma main et nous retournons tranquillement à l'appartement, prêts à réveiller nos deux marmottes et leur raconter notre aventure.
mardi 16 avril 2013
"Ma tête se remplit d'idées"
Dimanche dernier, alors que je prenais mon bain, on cogne à la porte de la salle de bain.
- Maman?
Étienne entre avant même que je réponde et s’assoit sur la toilette. Il tient dans ses mains un petit papier.
- Je n'arrive pas à dormir, maman.
- C'est normal, coco, c'est toujours plus difficile de s'endormir le dimanche, on est moins fatigué.
- Non maman, c'est pas ça. C'est que quand je me couche, ma tête se remplit d'idées.
Ah, les idées qui émergent quand, pour la première fois de la journée, on s'arrête vraiment. Je connais trop bien.
Étienne a toujours eu beaucoup de difficulté à s'endormir le soir. Depuis quelques mois, j'utilise une nouvelle technique avec lui à l'heure du dodo: la relaxation/méditation. On commence par fermer les yeux, prendre cinq grandes respirations, puis relaxer toutes les parties du corps, et on finit par une version simplifiée de la méditation, soit de compter ses respirations jusqu'à 10, puis de recommencer à nouveau, jusqu'à ce qu'on s'endorme.
Les premières fois furent un peu ardues:
- On commence par relaxer nos pieds.
- Maman?
- Oui?
- Qu'est-ce que ça veut dire relaxer?
- Imagine que tu es sur la plage, au soleil, et que tes pieds sont si mous et lourds qu'ils s'enfoncent dans le sable, qui est tout chaud. Est-ce que tu comprends un peu?
- Oui! Là je comprends. Et on est bien?
- Oui, on est très bien, même.
- Ok, continue.
- D'accord. Alors maintenant, imagine que tes mollets sont mous et lourds.
- Maman?
Je soupire mentalement. Ça risque d'être long.
- Oui?
- Les mollets, c'est où?
Je lui montre.
- Ah, c'est derrière les tibias?
- Oui, c'est ça. Maintenant, Étienne, tu vas relaxer tes cuisses. Imagine que tes cuisses sont lourdes, tellement lourdes qu'elles s'enfoncent dans le sable. Maintenant, tu relaxes tes fesses.
- Maman?
- Oui?
- Comment on relaxe ça des fesses?
- !
Mais malgré les questions des premières fois, cette méthode est quasi-miraculeuse: Lorsque je quitte sa chambre, il est calme, sa respiration est profonde et il s'endort en moins de deux minutes, un véritable miracle pour mon petit bonhomme. On ne l'utilise pas à tous les jours—parfois je suis trop fatiguée, parfois il est si épuisé qu'il s'endort tout seul—mais c'est un moment qu'il aime beaucoup: "Maman, on va faire une relaxation ce soir? J'aime ta voix quand tu me parles, elle est belle et douce."
Après la discussion de dimanche, je comprenais un peu mieux pourquoi la relaxation fonctionne aussi bien: Elle lui permet de calmer ses idées dans sa tête.
- Maman?
Étienne entre avant même que je réponde et s’assoit sur la toilette. Il tient dans ses mains un petit papier.
- Je n'arrive pas à dormir, maman.
- C'est normal, coco, c'est toujours plus difficile de s'endormir le dimanche, on est moins fatigué.
- Non maman, c'est pas ça. C'est que quand je me couche, ma tête se remplit d'idées.
Ah, les idées qui émergent quand, pour la première fois de la journée, on s'arrête vraiment. Je connais trop bien.
***
Étienne a toujours eu beaucoup de difficulté à s'endormir le soir. Depuis quelques mois, j'utilise une nouvelle technique avec lui à l'heure du dodo: la relaxation/méditation. On commence par fermer les yeux, prendre cinq grandes respirations, puis relaxer toutes les parties du corps, et on finit par une version simplifiée de la méditation, soit de compter ses respirations jusqu'à 10, puis de recommencer à nouveau, jusqu'à ce qu'on s'endorme.
Les premières fois furent un peu ardues:
- On commence par relaxer nos pieds.
- Maman?
- Oui?
- Qu'est-ce que ça veut dire relaxer?
- Imagine que tu es sur la plage, au soleil, et que tes pieds sont si mous et lourds qu'ils s'enfoncent dans le sable, qui est tout chaud. Est-ce que tu comprends un peu?
- Oui! Là je comprends. Et on est bien?
- Oui, on est très bien, même.
- Ok, continue.
- D'accord. Alors maintenant, imagine que tes mollets sont mous et lourds.
- Maman?
Je soupire mentalement. Ça risque d'être long.
- Oui?
- Les mollets, c'est où?
Je lui montre.
- Ah, c'est derrière les tibias?
- Oui, c'est ça. Maintenant, Étienne, tu vas relaxer tes cuisses. Imagine que tes cuisses sont lourdes, tellement lourdes qu'elles s'enfoncent dans le sable. Maintenant, tu relaxes tes fesses.
- Maman?
- Oui?
- Comment on relaxe ça des fesses?
- !
Mais malgré les questions des premières fois, cette méthode est quasi-miraculeuse: Lorsque je quitte sa chambre, il est calme, sa respiration est profonde et il s'endort en moins de deux minutes, un véritable miracle pour mon petit bonhomme. On ne l'utilise pas à tous les jours—parfois je suis trop fatiguée, parfois il est si épuisé qu'il s'endort tout seul—mais c'est un moment qu'il aime beaucoup: "Maman, on va faire une relaxation ce soir? J'aime ta voix quand tu me parles, elle est belle et douce."
Après la discussion de dimanche, je comprenais un peu mieux pourquoi la relaxation fonctionne aussi bien: Elle lui permet de calmer ses idées dans sa tête.
***
Dimanche dernier, Étienne avait eu une nouvelle idée en se couchant: M'écrire un joli mot, qu'il m'a donné avant de retourner se coucher. Je lui ai répondu avant de me coucher, et j'ai reçu hier soir un autre mot:
(Chère maman, ton message était si beau à lire. Est-ce que toi tu aimerais bien avoir un autre enfant? Oui, non, Je ne sais pas.)
Un autre enfant! J'ai bien rigolé. Je ne sais d’où venait cette question; il ne veut pas du tout avoir un autre frère ou soeur ("ça pleurerait tout le temps"), et de toute façon, ça n'est même pas une possibilité. Mais je lui ai répondu, et je garde précieusement ces petits mots.
J'aime bien quand il s'endort si bien suite à la méditation, mais j'aime aussi ses idées qui germent à l'heure du dodo...
(Je me demande si le numéro de téléphone au bas du papier—1-866-99ARMEE—est une menace pour le cas où je déciderais d'avoir un autre enfant ;-).
mardi 25 décembre 2012
Conte de Noël
L'histoire qui suit pourrait être un conte de Noël ou une histoire inventée, mais ça n'est pas le cas. L'échange qui suit a bel et bien eu lieu entre une grande soeur qui adore son petit frère, et un petit frère qui n'est pas encore tout à fait prêt à laisser aller la magie de Noël.
***
C'était un 23 décembre. Mathilde se reposait sur le divan, bien contente que sa session d'automne soit enfin terminée. Son iPod dans une main, un livre dans l'autre, son cellulaire pas trop loin, elle chillait. En voyant sur Facebook un vidéo du Père Noël portable, cette application qui permet de créer une vidéo du Père Noël personnalisée par enfant, elle eut une idée. En quelques minutes, elle créa une vidéo pour son petit frère et lui envoya par courriel.
- Éti?
- Oui Math?
- Tu as regardé des courriels dernièrement?
Étienne a bien une adresse courriel, mais il la regarde trois fois par année.
- Euh non, pourquoi?
- Bah, tu devrais regarder, on ne sait jamais.
- Okay.
Quelques minutes plus tard, on entend les cris d'Étienne:
- Maman! Papa! Mathilde! Venez voir! J'ai reçu une vidéo du Père Noël!!! Regardez, il connait mon nom! Et mon âge! Hey, c'est une photo de moi! Wow...
Il a les yeux plein d'étoiles. Bien qu'il sait maintenant que ce sont les parents qui achètent les cadeaux à Noël, il doute un peu. Comment une vidéo avec autant d'information sur lui peut-elle avoir été envoyée par le Père Noël s'il n'existe pas?
Un peu plus tard, il prend Mathilde à part:
- Math?
- Oui?
- Ne le dis pas aux parents, je sais qu'ils disent que le Père Noël n'existe pas et que ce sont eux qui ont acheté nos cadeaux.... mais moi je pense que le Père Noël existe vraiment...
Mathilde, qui aimait tant quand son frère croyait encore au Père Noël, décide de se créer un compte gmail et lui envoie un autre courriel:
***
C'est ainsi que cette petite histoire se termine. Qu'on se le tienne donc pour dit: Le but dans la vie c'est de bien vivre et de s'amuser. Je vous souhaite donc un joyeux Noël plein de vie où vous vous amuserez beaucoup!
***
C'était un 23 décembre. Mathilde se reposait sur le divan, bien contente que sa session d'automne soit enfin terminée. Son iPod dans une main, un livre dans l'autre, son cellulaire pas trop loin, elle chillait. En voyant sur Facebook un vidéo du Père Noël portable, cette application qui permet de créer une vidéo du Père Noël personnalisée par enfant, elle eut une idée. En quelques minutes, elle créa une vidéo pour son petit frère et lui envoya par courriel.
- Éti?
- Oui Math?
- Tu as regardé des courriels dernièrement?
Étienne a bien une adresse courriel, mais il la regarde trois fois par année.
- Euh non, pourquoi?
- Bah, tu devrais regarder, on ne sait jamais.
- Okay.
Quelques minutes plus tard, on entend les cris d'Étienne:
- Maman! Papa! Mathilde! Venez voir! J'ai reçu une vidéo du Père Noël!!! Regardez, il connait mon nom! Et mon âge! Hey, c'est une photo de moi! Wow...
Il a les yeux plein d'étoiles. Bien qu'il sait maintenant que ce sont les parents qui achètent les cadeaux à Noël, il doute un peu. Comment une vidéo avec autant d'information sur lui peut-elle avoir été envoyée par le Père Noël s'il n'existe pas?
Un peu plus tard, il prend Mathilde à part:
- Math?
- Oui?
- Ne le dis pas aux parents, je sais qu'ils disent que le Père Noël n'existe pas et que ce sont eux qui ont acheté nos cadeaux.... mais moi je pense que le Père Noël existe vraiment...
Mathilde, qui aimait tant quand son frère croyait encore au Père Noël, décide de se créer un compte gmail et lui envoie un autre courriel:
Le dimanche 23 décembre 2012 à 11:27, Père Noël (leperenoel101@gmail.com) a écrit :
Bonjour Étienne!
Je sais que je t'ai déjà envoyé un message, mais je veux juste t'annoncer que ton cadeau est terminé! De plus, je voulais te dire que ta soeur est quelqu'un de très aimable, alors écoute-la quand elle te dit quelque chose. Je ne te dis pas d'être son esclave, au contraire, je te dis qu'elle est quelqu'un de très bien qui essaie de te faire comprendre que la magie de Noël est très importante.
Je te souhaite un joyeux Noël! Ho Ho Ho!
Le Père Noël et ses lutins
p.s : N'oublie pas, tu peux me répondre en tout temps, je te répondrai le plus vite possible.
Bonjour Étienne!
Je sais que je t'ai déjà envoyé un message, mais je veux juste t'annoncer que ton cadeau est terminé! De plus, je voulais te dire que ta soeur est quelqu'un de très aimable, alors écoute-la quand elle te dit quelque chose. Je ne te dis pas d'être son esclave, au contraire, je te dis qu'elle est quelqu'un de très bien qui essaie de te faire comprendre que la magie de Noël est très importante.
Je te souhaite un joyeux Noël! Ho Ho Ho!
Le Père Noël et ses lutins
p.s : N'oublie pas, tu peux me répondre en tout temps, je te répondrai le plus vite possible.
Le dimanche 23 décembre 2012 à 14:12, Étienne Goulet a écrit :
Cher Père Noël, vu que tu m'as écris deux lettres, je crois en
toi.J'impatiente de voir mon cadeau.Mais est-ce que je vais vraiment
avoir un cadeaux?Car avant j'ai toujours eu beaucoup de cadeaux.Mais
si j'ai juste un cadeau ce n'est pas grave.Le but de la vie n'est pas
d'avoir beaucoup de cadeaux.Le but c'est de bien vivre et de s'amuser.
joyeux Noël et bonne année!
Étienne
***
C'est ainsi que cette petite histoire se termine. Qu'on se le tienne donc pour dit: Le but dans la vie c'est de bien vivre et de s'amuser. Je vous souhaite donc un joyeux Noël plein de vie où vous vous amuserez beaucoup!
mercredi 21 novembre 2012
Du Père Noël à la Fée des dents
C'est la conversation que j'avais réussi à esquiver depuis environ un an. Mais elle est revenue furtivement, à la fin d'une autre conversation, sans que je réussisse à l'éviter:
- Maman?
- Oui?
- Mathilde elle sait pour le Père Noël?
- Qu'est-ce que tu veux dire?
- Ben, elle sait s'il existe pour de vrai, ou si c'est les parents qui mettent les cadeaux sous l'arbre?
Merde. Merde. Merde.
- Pourquoi tu me demandes ça?
- Ben, Antoine m'a dit que le Père Noël n'existe pas. C'est sa mère qui lui a dit.
Bordel, sa mère ne pouvait pas lui dire de garder ça pour lui?!?!
- Ah oui?
- Et Gabriel dit qu'il sait depuis l'année passée, parce qu'il a trouvé les cadeaux dans la chambre de ses parents.
Je ne dis rien. Peut-être qu'il va changer de sujet. La force de mon déni est impressionnante.
- Maman? MAMAN? Tu m'écoutes?
- Oui, oui, mon chéri.
- Alors, il existe le Père Noël?
- Toi, tu en penses quoi?
C'est la question qui fonctionne toujours et me permet de ne pas avoir à répondre. Je croise mes doigts.
- Non maman! Je veux pas qu'on dise ce que je pense, je veux que tu me dises la vérité! Je suis assez grand!
- Veux-tu vraiment le savoir?
Il hésite.
- Oui.
- Voici ce qu'on va faire. Penses-y jusqu'à demain, et si demain tu veux toujours le savoir, je te le dis, okay?
- Okay.
Le lendemain matin, il vient me rejoindre dans la salle de bain, les yeux encore pleins de sommeil.
- Maman, j'y ai pensé
Zut.
- Ah oui?
- Oui. Je veux savoir.
- Ce sont les parents, mon lapin. Le Père Noël n'existe pas.
Il est tout étonné.
- Vraiment?
Il ne savait pas. Je croyais qu'il s'en doutait, et c'était probablement un peu le cas, mais l'envie que ce soit vrai était encore plus forte. Ai-je bien fait de lui dire? Je me le demande encore. Mon amoureux et moi en avions discuté et avions décidé qu'à son âge (il a tout de même 8 ans), il était préférable de lui répondre lorsqu'il insistait autant pour la vérité.
Mais je sentais sa tristesse à perdre cette magie. Et ma propre tristesse. Mon bébé sait maintenant que le Père Noël n'existe pas. J'ai l'impression que le temps file à toute vitesse et que, peu importe mes efforts pour l'arrêter, il continue à me glisser entre les doigts.
Mais cette révélation a eu plusieurs répercussions. Discussion de divan quelques semaines plus tard, alors que nous écoutions un film:
Étienne se penche à mon oreille et chuchote:
- Maman?
- Oui?
- Je me demande...
- Oui?
- Si le Père Noël n'existe pas, qui mangeait les biscuits?
- (sourire gêné) euh... ben... moi....
- MAMAN!
Mathilde:
- Maman?
- Oui Math?
- Je sais qu'Étienne ne croit plus au Père Noël, mais est-ce qu'on pourrait faire semblant qu'il y croit encore? J'aimerais ça qu'on fasse encore nos biscuits cette année et qu'on les mette sous la cheminée?
Ils ont beau être assez grands pour savoir la vérité, ils ont encore envie de la magie...
Étienne a perdu une dent avant-hier.
- Maman? Est-ce que Mathilde sait pour la Fée des dents?
Cette fois, j'étais prête.
- C'est pas pareil la Fée des dents Éti, elle existe pour vrai.
- (soulagé) Ah ok, merci! Je vais mettre ma dent sous mon oreiller ce soir alors!
Le lendemain matin, j'ai du être particulièrement créative pour expliquer pourquoi la Fée des dents avait oublié de laisser l'argent sous l'oreiller (non, mais, elle faisait quoi cette Fée des dents? passer la soirée au lit à lire un roman? Pffft! La paresseuse!). Mais mon explication était crédible, et il était tout heureux de trouver ses sous le jour suivant.
L'honneur de la Fée des dents est sauf... pour l'instant.
- Maman?
- Oui?
- Mathilde elle sait pour le Père Noël?
- Qu'est-ce que tu veux dire?
- Ben, elle sait s'il existe pour de vrai, ou si c'est les parents qui mettent les cadeaux sous l'arbre?
Merde. Merde. Merde.
- Pourquoi tu me demandes ça?
- Ben, Antoine m'a dit que le Père Noël n'existe pas. C'est sa mère qui lui a dit.
Bordel, sa mère ne pouvait pas lui dire de garder ça pour lui?!?!
- Ah oui?
- Et Gabriel dit qu'il sait depuis l'année passée, parce qu'il a trouvé les cadeaux dans la chambre de ses parents.
Je ne dis rien. Peut-être qu'il va changer de sujet. La force de mon déni est impressionnante.
- Maman? MAMAN? Tu m'écoutes?
- Oui, oui, mon chéri.
- Alors, il existe le Père Noël?
- Toi, tu en penses quoi?
C'est la question qui fonctionne toujours et me permet de ne pas avoir à répondre. Je croise mes doigts.
- Non maman! Je veux pas qu'on dise ce que je pense, je veux que tu me dises la vérité! Je suis assez grand!
- Veux-tu vraiment le savoir?
Il hésite.
- Oui.
- Voici ce qu'on va faire. Penses-y jusqu'à demain, et si demain tu veux toujours le savoir, je te le dis, okay?
- Okay.
Le lendemain matin, il vient me rejoindre dans la salle de bain, les yeux encore pleins de sommeil.
- Maman, j'y ai pensé
Zut.
- Ah oui?
- Oui. Je veux savoir.
- Ce sont les parents, mon lapin. Le Père Noël n'existe pas.
Il est tout étonné.
- Vraiment?
Il ne savait pas. Je croyais qu'il s'en doutait, et c'était probablement un peu le cas, mais l'envie que ce soit vrai était encore plus forte. Ai-je bien fait de lui dire? Je me le demande encore. Mon amoureux et moi en avions discuté et avions décidé qu'à son âge (il a tout de même 8 ans), il était préférable de lui répondre lorsqu'il insistait autant pour la vérité.
Mais je sentais sa tristesse à perdre cette magie. Et ma propre tristesse. Mon bébé sait maintenant que le Père Noël n'existe pas. J'ai l'impression que le temps file à toute vitesse et que, peu importe mes efforts pour l'arrêter, il continue à me glisser entre les doigts.
***
Mais cette révélation a eu plusieurs répercussions. Discussion de divan quelques semaines plus tard, alors que nous écoutions un film:
Étienne se penche à mon oreille et chuchote:
- Maman?
- Oui?
- Je me demande...
- Oui?
- Si le Père Noël n'existe pas, qui mangeait les biscuits?
- (sourire gêné) euh... ben... moi....
- MAMAN!
***
Mathilde:
- Maman?
- Oui Math?
- Je sais qu'Étienne ne croit plus au Père Noël, mais est-ce qu'on pourrait faire semblant qu'il y croit encore? J'aimerais ça qu'on fasse encore nos biscuits cette année et qu'on les mette sous la cheminée?
Ils ont beau être assez grands pour savoir la vérité, ils ont encore envie de la magie...
***
Étienne a perdu une dent avant-hier.
- Maman? Est-ce que Mathilde sait pour la Fée des dents?
Cette fois, j'étais prête.
- C'est pas pareil la Fée des dents Éti, elle existe pour vrai.
- (soulagé) Ah ok, merci! Je vais mettre ma dent sous mon oreiller ce soir alors!
Le lendemain matin, j'ai du être particulièrement créative pour expliquer pourquoi la Fée des dents avait oublié de laisser l'argent sous l'oreiller (non, mais, elle faisait quoi cette Fée des dents? passer la soirée au lit à lire un roman? Pffft! La paresseuse!). Mais mon explication était crédible, et il était tout heureux de trouver ses sous le jour suivant.
L'honneur de la Fée des dents est sauf... pour l'instant.
mardi 2 octobre 2012
Les foulards
J'adore les foulards, autant d'intérieur que d'extérieur. J'aime leurs couleurs, leur folie, leur douceur dans mon cou. J'en ai des rouges, des bleus, des bruns, des mauves, des gris, des roses pétants, des noirs, des argentés, des multicolores. J'en ai des fleuris, des lignés, des unis, à carreaux. Mon préféré, d'un rose ardent, me sert d'antidote pour les journées où mon moral tire sur le gris.
J'en ai tellement que ma très raisonnable Mathilde me répète toujours, lorsqu'elle me voit rêver en touchant un foulard au magasin: « Pas un autre foulard! Maman, tu en as assez! »
Mais non, Math, on n'en a jamais assez.
J'ai aussi des enfants qui sont très colleux (oui, oui, il y a un lien). Tous les deux sont très affectueux, câlineurs, casaniers. Ils aiment les soirées en famille, surtout celles où nous nous collons tous sur le divan, n'aiment pas beaucoup coucher ailleurs et trouvent difficile lorsque je ne suis pas là à l'heure du dodo. C'est particulièrement le cas d'Étienne.
Mais il m'a trouvé un remplaçant. Mes foulards.
Je ne m'en suis pas rendue compte tout de suite. J'arrivais dans sa chambre pour faire ou changer son lit, et j'y trouvais un de mes foulards. Étrange. Puis un soir, en allant le border après une soirée avec les copines, j'ai compris. Il dormait profondément, la tête sur son oreiller... et le nez dans mon foulard.
Le lendemain, il m'a expliqué que lorsqu'il s'ennuyait de moi, il allait chercher un de mes foulards « parce qu'ils sentent toi, maman, alors c'est comme si tu étais là. » J'ai senti, mais je n'ai perçu aucune odeur particulière. Mathilde a confirmé: « Oh oui, maman, ça sent toi! » C'est la même chose avec mes oreillers, semble-t-il, qui « sentent moi ». Mathilde en a d'ailleurs apporté un avec elle l'été dernier, lorsqu'elle est partie pour un camp de quelques jours. Oreiller qui fut très réconfortant, considérant qu'elle a eu une gastro pendant son camp. Mais c'est une autre histoire.
Je ne sais trop quelle est cette odeur que je ne perçois pas, mais elle est mienne. Je l'imagine rassurante, douce, réconfortante, familière. Qui sait.
Mais je crois que je viens de trouver une nouvelle raison d'acheter des foulards.
J'en ai tellement que ma très raisonnable Mathilde me répète toujours, lorsqu'elle me voit rêver en touchant un foulard au magasin: « Pas un autre foulard! Maman, tu en as assez! »
Mais non, Math, on n'en a jamais assez.
J'ai aussi des enfants qui sont très colleux (oui, oui, il y a un lien). Tous les deux sont très affectueux, câlineurs, casaniers. Ils aiment les soirées en famille, surtout celles où nous nous collons tous sur le divan, n'aiment pas beaucoup coucher ailleurs et trouvent difficile lorsque je ne suis pas là à l'heure du dodo. C'est particulièrement le cas d'Étienne.
Mais il m'a trouvé un remplaçant. Mes foulards.
Je ne m'en suis pas rendue compte tout de suite. J'arrivais dans sa chambre pour faire ou changer son lit, et j'y trouvais un de mes foulards. Étrange. Puis un soir, en allant le border après une soirée avec les copines, j'ai compris. Il dormait profondément, la tête sur son oreiller... et le nez dans mon foulard.
Le lendemain, il m'a expliqué que lorsqu'il s'ennuyait de moi, il allait chercher un de mes foulards « parce qu'ils sentent toi, maman, alors c'est comme si tu étais là. » J'ai senti, mais je n'ai perçu aucune odeur particulière. Mathilde a confirmé: « Oh oui, maman, ça sent toi! » C'est la même chose avec mes oreillers, semble-t-il, qui « sentent moi ». Mathilde en a d'ailleurs apporté un avec elle l'été dernier, lorsqu'elle est partie pour un camp de quelques jours. Oreiller qui fut très réconfortant, considérant qu'elle a eu une gastro pendant son camp. Mais c'est une autre histoire.
Je ne sais trop quelle est cette odeur que je ne perçois pas, mais elle est mienne. Je l'imagine rassurante, douce, réconfortante, familière. Qui sait.
Mais je crois que je viens de trouver une nouvelle raison d'acheter des foulards.
samedi 18 août 2012
Dur, dur l'adolescence...
Je dois arrêter de vivre dans le déni. Je parle de ma grande fille comme d'une pré-ado, mais à 13 ans, bientôt en secondaire 2 (et plus grande que moi!), c'est une vrai ado.
Et une ado, c'est pas facile. Pas facile du tout. Même quand c'est un modèle doux, gentil, serviable et souriant comme la mienne.
Je me souviens lorsque j'ai commencé ma carrière en rédaction, alors que j'étais encore toute jeune et naïve, une de mes collègues dans la quarantaine vivait une phase difficile avec son ado. Elle me parlait d'un livre dont le titre était « Get Out Of My Life, but First Could You Drive Me and Cheryl to the Mall? ». Je ne pouvais m'imaginer un titre plus débile, ni l'idée qu'on ait envie de lire un tel livre.
Mais je crois que j'irai l'acheter cet après-midi.
Ce matin, nous avons eu la chicane du siècle. Pendant plus d'une heure, nous avons essayé de discuter, expliquer, converser pour régler la situation. J'ai fait plus de concessions que jamais, j'ai été d'une patience infinie (enfin... la plupart du temps), plusieurs fois j'ai pris sur mes épaules des fautes qui n'étaient pas simplement miennes pour montrer que je voulais régler la situation, pour lui donner une chance de se sortir de cette chicane sans avoir à faire trop de concessions.
Rien à faire.
C'est alors que j'ai eu un flash: Il y a quelques semaines, elle et son frère se chicanaient sans arrêt, pour des pacotilles, au point où Étienne (qui aura 8 ans demain et n'est pas un exemple de sagesse) s'est pourtant mis à rigoler devant le ridicule de la situation. Du coup, Mathilde lui a répondu rageusement : « Mais arrête de rire! On est en train de se chicaner! » On se serait cru dans un film absurde. Et là j'ai compris: Elle ne voulait pas régler la chicane. Belliqueuse, elle cherchait des manières de mettre le bordel tout en prenant le rôle de la victime. Et peu importe ce que je dirais, nous n'allions pas régler cette chicane comme on le ferait entre deux adultes.
J'ai finalement abandonné. Elle est montée mi-rageuse, mi-larmoyante dans sa chambre, et je suis partie—full rageuse—chercher à dîner. Après quelques heures dans sa chambre, elle est finalement venue nous voir pour s'excuser, puis elle est redevenue souriante et de bonne humeur, affectueuse, comme si rien de tout cela n'était arrivé, alors que j'étais encore toute à l'envers.
Vivre avec une adolescente est comme s'aventurer en terrain vierge. Toutes les règles établies jusqu'à maintenant disparaissent. Les enjeux ne sont pas ce qu'ils semblent être. Alors que j'essayais de régler la situation comme je le ferais avec un adulte, elle était probablement en train d'expérimenter les cotés rebelles de sa personnalité.
Je n'ai plus de repères. J'ai besoin d'une carte pour déchiffrer ce nouveau terrain, pour naviguer les prochaines années sans trop m'écorcher et surtout en étant capable de soutenir cette belle grande fille que j'aime tant mais qui me fait parfois sortir de mes gonds.
Renaud-Bray, me voici...
Et une ado, c'est pas facile. Pas facile du tout. Même quand c'est un modèle doux, gentil, serviable et souriant comme la mienne.
Je me souviens lorsque j'ai commencé ma carrière en rédaction, alors que j'étais encore toute jeune et naïve, une de mes collègues dans la quarantaine vivait une phase difficile avec son ado. Elle me parlait d'un livre dont le titre était « Get Out Of My Life, but First Could You Drive Me and Cheryl to the Mall? ». Je ne pouvais m'imaginer un titre plus débile, ni l'idée qu'on ait envie de lire un tel livre.
Mais je crois que j'irai l'acheter cet après-midi.
Ce matin, nous avons eu la chicane du siècle. Pendant plus d'une heure, nous avons essayé de discuter, expliquer, converser pour régler la situation. J'ai fait plus de concessions que jamais, j'ai été d'une patience infinie (enfin... la plupart du temps), plusieurs fois j'ai pris sur mes épaules des fautes qui n'étaient pas simplement miennes pour montrer que je voulais régler la situation, pour lui donner une chance de se sortir de cette chicane sans avoir à faire trop de concessions.
Rien à faire.
C'est alors que j'ai eu un flash: Il y a quelques semaines, elle et son frère se chicanaient sans arrêt, pour des pacotilles, au point où Étienne (qui aura 8 ans demain et n'est pas un exemple de sagesse) s'est pourtant mis à rigoler devant le ridicule de la situation. Du coup, Mathilde lui a répondu rageusement : « Mais arrête de rire! On est en train de se chicaner! » On se serait cru dans un film absurde. Et là j'ai compris: Elle ne voulait pas régler la chicane. Belliqueuse, elle cherchait des manières de mettre le bordel tout en prenant le rôle de la victime. Et peu importe ce que je dirais, nous n'allions pas régler cette chicane comme on le ferait entre deux adultes.
J'ai finalement abandonné. Elle est montée mi-rageuse, mi-larmoyante dans sa chambre, et je suis partie—full rageuse—chercher à dîner. Après quelques heures dans sa chambre, elle est finalement venue nous voir pour s'excuser, puis elle est redevenue souriante et de bonne humeur, affectueuse, comme si rien de tout cela n'était arrivé, alors que j'étais encore toute à l'envers.
Vivre avec une adolescente est comme s'aventurer en terrain vierge. Toutes les règles établies jusqu'à maintenant disparaissent. Les enjeux ne sont pas ce qu'ils semblent être. Alors que j'essayais de régler la situation comme je le ferais avec un adulte, elle était probablement en train d'expérimenter les cotés rebelles de sa personnalité.
Je n'ai plus de repères. J'ai besoin d'une carte pour déchiffrer ce nouveau terrain, pour naviguer les prochaines années sans trop m'écorcher et surtout en étant capable de soutenir cette belle grande fille que j'aime tant mais qui me fait parfois sortir de mes gonds.
Renaud-Bray, me voici...
vendredi 3 août 2012
Coté cour, coté jardin
Cette semaine, j'habite un peu dans une pièce de théâtre.
Nous partageons avec des amis une grande maison près de la plage. La chambre que nous avons choisie est grande, jolie, confortable, bien décorée, et la table de chevet de mon coté du lit assez grande pour que je puisse y mettre tous les livres que j'ai apportés. La chambre a cependant une caractéristique avec des effets insoupçonnés: On peut y accéder par deux portes, une venant de la cuisine, l'autre du salon. Évidemment, aucune de ces portes n'a de loquet.
Et j'ai l'impression que je suis l'actrice principale d'une pièce de théâtre d'été, avec deux petits acteurs dont l'objectif est d'entrer au moment le plus inopportun avec des répliques plus délirantes les unes que les autres.
En voici un extrait.
Acte 1, Scène 4: La famille se prépare pour aller à la plage. Sur la scène, la maman essaie d'enfiler son bikini. Le haut du bikini est bien joli, mais il s'attache à l'arrière par des cordons croisés qui s'entremêlent facilement. La maman ne porte que le bas du bikini et tient le haut dans ses mains. Elle essaie tant bien que mal de démêler les cordons. En arrière-scène, on entend des voix d'enfants qui cherchent leurs sandales.
La porte s'ouvre coté jardin. Une grande ado rentre, laissant la porte toute grande ouverte.
Grande ado: Maman? Qu'est-ce que tu fais?
Maman (se couvrant rapidement la poitrine avec son haut de bikini, mêlant tous les cordons à nouveau): Ado! Ferme la porte! Tout le monde va me voir nue!
Grande ado (s'avançant vers l'intérieur de la pièce, sans fermer la porte): Ah! Tu mets ton costume de bain! Désolée, je ne savais pas.
Maman (fermant la porte coté jardin): Tu peux cogner la prochaine fois, s'il-te-plait?
Grande ado: Oui, oui, bien sur! As-tu vu Petit frère?
Maman: Non, je ne l'ai pas vu. Je peux m'habiller maintenant?
Grande ado: Oui, oui, désolée!
La grande ado quitte coté cour, oubliant de fermer la porte. La maman ferme la porte coté cour et recommence à essayer de démêler ses cordons. La porte s'ouvre coté jardin. Un petit garçon entre, laissant la porte toute grande ouverte.
Petit garçon: Maman? Qu'est-ce que tu fais?
Maman (se couvrant encore la poitrine, mêlant encore les cordons): Petit garçon! Ferme la porte! Tout le monde va me voir nue!
Petit garçon (s'avançant vers l'intérieur de la pièce, sans fermer la porte): Ah! Tu mets ton costume de bain! Désolé, je ne savais pas.
Maman (fermant la porte coté jardin): Tu peux cogner la prochaine fois, s'il-te-plait?
Petit garçon: Oui, oui, bien sur! As-tu vu Grande Ado?
Maman: Oui, elle vient tout juste de passer par ici. Elle te chercher d'ailleurs. Je peux m'habiller maintenant?
Petit garçon: Oui, oui, désolé!
Le petit garçon quitte coté cour, oubliant de fermer la porte. La maman ferme la porte coté cour et recommence à essayer de démêler ses cordons. La porte s'ouvre coté jardin. Son amoureux entre, refermant la porte derrière lui.
Amoureux: Ooooh... jolie! Tu portes le monokini aujourd'hui?
Maman: Non! Je voudrais bien mettre mon haut de bikini mais tout le montre entre tout le temps!
Amoureux (prenant son amoureuse dans ses bras): Moi je t'aime bien en monokini en tout cas...
Maman (laissant tomber le haut de bikini par terre): Ah oui? ...
La porte s'ouvre coté jardin et Grande Ado rentre.
Grande ado: Maman? Ah non! Pas encore des embrassades! Ça suffit! Papa, tu peux venir m'arranger mon vélo?
Amoureux (à regret): Oui, j'arrive.
Les deux quittent coté cour, et l'amoureux ferme la porte derrière lui. La maman ramasse son haut de bikini et recommence à arranger les cordons. Au moment même où elle réussit à mettre son bikini, les deux portes s'ouvrent en même temps. Grande ado entre coté jardin, Petit garçon entre coté cour. Les deux sont habillés pour la plage.
Grande ado et Petit garçon: Maman! Maman! Pourquoi c'est si long de t'habiller! On attend après toi pour aller à la plage!
La maman se regarde dans le miroir, soupire et sort, coté jardin.
Nous partageons avec des amis une grande maison près de la plage. La chambre que nous avons choisie est grande, jolie, confortable, bien décorée, et la table de chevet de mon coté du lit assez grande pour que je puisse y mettre tous les livres que j'ai apportés. La chambre a cependant une caractéristique avec des effets insoupçonnés: On peut y accéder par deux portes, une venant de la cuisine, l'autre du salon. Évidemment, aucune de ces portes n'a de loquet.
Et j'ai l'impression que je suis l'actrice principale d'une pièce de théâtre d'été, avec deux petits acteurs dont l'objectif est d'entrer au moment le plus inopportun avec des répliques plus délirantes les unes que les autres.
En voici un extrait.
Acte 1, Scène 4: La famille se prépare pour aller à la plage. Sur la scène, la maman essaie d'enfiler son bikini. Le haut du bikini est bien joli, mais il s'attache à l'arrière par des cordons croisés qui s'entremêlent facilement. La maman ne porte que le bas du bikini et tient le haut dans ses mains. Elle essaie tant bien que mal de démêler les cordons. En arrière-scène, on entend des voix d'enfants qui cherchent leurs sandales.
La porte s'ouvre coté jardin. Une grande ado rentre, laissant la porte toute grande ouverte.
Grande ado: Maman? Qu'est-ce que tu fais?
Maman (se couvrant rapidement la poitrine avec son haut de bikini, mêlant tous les cordons à nouveau): Ado! Ferme la porte! Tout le monde va me voir nue!
Grande ado (s'avançant vers l'intérieur de la pièce, sans fermer la porte): Ah! Tu mets ton costume de bain! Désolée, je ne savais pas.
Maman (fermant la porte coté jardin): Tu peux cogner la prochaine fois, s'il-te-plait?
Grande ado: Oui, oui, bien sur! As-tu vu Petit frère?
Maman: Non, je ne l'ai pas vu. Je peux m'habiller maintenant?
Grande ado: Oui, oui, désolée!
La grande ado quitte coté cour, oubliant de fermer la porte. La maman ferme la porte coté cour et recommence à essayer de démêler ses cordons. La porte s'ouvre coté jardin. Un petit garçon entre, laissant la porte toute grande ouverte.
Petit garçon: Maman? Qu'est-ce que tu fais?
Maman (se couvrant encore la poitrine, mêlant encore les cordons): Petit garçon! Ferme la porte! Tout le monde va me voir nue!
Petit garçon (s'avançant vers l'intérieur de la pièce, sans fermer la porte): Ah! Tu mets ton costume de bain! Désolé, je ne savais pas.
Maman (fermant la porte coté jardin): Tu peux cogner la prochaine fois, s'il-te-plait?
Petit garçon: Oui, oui, bien sur! As-tu vu Grande Ado?
Maman: Oui, elle vient tout juste de passer par ici. Elle te chercher d'ailleurs. Je peux m'habiller maintenant?
Petit garçon: Oui, oui, désolé!
Le petit garçon quitte coté cour, oubliant de fermer la porte. La maman ferme la porte coté cour et recommence à essayer de démêler ses cordons. La porte s'ouvre coté jardin. Son amoureux entre, refermant la porte derrière lui.
Amoureux: Ooooh... jolie! Tu portes le monokini aujourd'hui?
Maman: Non! Je voudrais bien mettre mon haut de bikini mais tout le montre entre tout le temps!
Amoureux (prenant son amoureuse dans ses bras): Moi je t'aime bien en monokini en tout cas...
Maman (laissant tomber le haut de bikini par terre): Ah oui? ...
La porte s'ouvre coté jardin et Grande Ado rentre.
Grande ado: Maman? Ah non! Pas encore des embrassades! Ça suffit! Papa, tu peux venir m'arranger mon vélo?
Amoureux (à regret): Oui, j'arrive.
Les deux quittent coté cour, et l'amoureux ferme la porte derrière lui. La maman ramasse son haut de bikini et recommence à arranger les cordons. Au moment même où elle réussit à mettre son bikini, les deux portes s'ouvrent en même temps. Grande ado entre coté jardin, Petit garçon entre coté cour. Les deux sont habillés pour la plage.
Grande ado et Petit garçon: Maman! Maman! Pourquoi c'est si long de t'habiller! On attend après toi pour aller à la plage!
La maman se regarde dans le miroir, soupire et sort, coté jardin.
mercredi 1 août 2012
Leçon d'humilité
Nous avons une chaise de plage bon marché achetée il y a quelques années. Nous ne l'utilisons presque jamais, puisque nous sommes très souvent dans l'eau, mais je la traîne malgré tout un peu partout.
Plus tôt cette semaine, je décide de profiter du soleil assise sur ma chaise. J'essaie de l'ouvrir, ça me semble pourtant simple, mais je n'y arrive pas. À force d'essayer, je réussis à l'ouvrir, mais en mode « pitoune de plage » : tellement inclinée vers l'arrière qu'on doit être couchée sur le dos. Je sais qu'il y a un mode « maman surveille ses petits qui se baignent », mais j'ai beau essayer de le trouver, je n'y arrive pas. Je demande à mon amoureux, mais Étienne arrive plus rapidement: « Attends, maman, je te l'arrange. » Il installe la chaise comme s'il avait fait ça toute sa vie, puis repart jouer dans l'eau.
Hier, je sors la chaise à nouveau, mais encore une fois je suis bloquée au mode « pitoune » (un signe?). J'appelle Étienne. Il arrive en courant.
— Tu peux m'aider à placer la chaise?
Il soupire.
— Maman, regarde. Tu mets tes mains ici, tu tiens le bout avec ton genou et ensuite tu pousses avec tes pouces.
Il arrange la chaise.
— Tu vois?
— Oui, oui, Éti, merci!
J'arrive pour m'asseoir, mais il remet la chaise en mode pitoune.
— À toi maintenant maman. Montre-moi si tu as bien compris.
Ben coup donc. C'est pas parce qu'on a juste sept ans qu'on ne peut donner une leçon à sa maman.
Plus tôt cette semaine, je décide de profiter du soleil assise sur ma chaise. J'essaie de l'ouvrir, ça me semble pourtant simple, mais je n'y arrive pas. À force d'essayer, je réussis à l'ouvrir, mais en mode « pitoune de plage » : tellement inclinée vers l'arrière qu'on doit être couchée sur le dos. Je sais qu'il y a un mode « maman surveille ses petits qui se baignent », mais j'ai beau essayer de le trouver, je n'y arrive pas. Je demande à mon amoureux, mais Étienne arrive plus rapidement: « Attends, maman, je te l'arrange. » Il installe la chaise comme s'il avait fait ça toute sa vie, puis repart jouer dans l'eau.
Hier, je sors la chaise à nouveau, mais encore une fois je suis bloquée au mode « pitoune » (un signe?). J'appelle Étienne. Il arrive en courant.
— Tu peux m'aider à placer la chaise?
Il soupire.
— Maman, regarde. Tu mets tes mains ici, tu tiens le bout avec ton genou et ensuite tu pousses avec tes pouces.
Il arrange la chaise.
— Tu vois?
— Oui, oui, Éti, merci!
J'arrive pour m'asseoir, mais il remet la chaise en mode pitoune.
— À toi maintenant maman. Montre-moi si tu as bien compris.
Ben coup donc. C'est pas parce qu'on a juste sept ans qu'on ne peut donner une leçon à sa maman.
dimanche 27 mai 2012
Petit lapin deviendra grand...mais pas tout de suite
Étienne est en amour avec son nouveau skateboard. Il a passé une partie de la journée dans l'entrée à rouler, arrêter, faire tourner son skate, rouler, arrêter, essayer de le rattraper dans ses mains. S'il avait pu, il aurait probablement dormi avec.
Discussion cet après-midi, pendant une de ses pauses:
- Maman?
- Oui chaton?
- Je pense qu'il faudrait qu'on me trouve un nouveau surnom.
- Un surnom?
- Oui, quand j'étais petit, vous m'appeliez Douda, mais là personne m'appelle Douda. Toi tu m'appelles mon lapin ou mon chaton.
- Oui?
- Ben... je suis pas un bébé, je suis un grand garçon maintenant. Lapin ou chaton, c'est pour les bébés, tu trouves pas?
- Oui, c'est vrai, peut-être. Tu as des idées?
- Heu... ben...
- Oui?
Il fait le petit mec qui hésite et qui, comme par hasard, vient d'avoir une super idée:
- Je sais! Tu pourrais m'appeler Skater Boy! Ou Skate Boy?
- Hummm....
- C'est cool, non?
- Ok, mon ch... euh, Skater Boy, je peux bien t'appeler comme ça.
Il revient me voir de temps en temps pour tester ma mémoire:
- Maman?
- Oui Skater Boy?
Il sourit.
- Rien, rien.
Ce soir, alors que je prends mon bain, il m'appelle de son lit:
- Maman?
- Oui mon lap... euh, oui Skater Boy?
Il hésite.
- Tu sais... je pense que j'aime quand même ça quand tu m'appelles mon lapin et mon chaton. On dirait que c'est plus... comme des calins. Peut-être que quand je fais du skate, tu peux m'appeler Skater Boy, mais sinon, tu peux m'appeler mon lapin et mon chaton?
- Mais oui mon lapin.
Il est content... et moi aussi.
- Bonne nuit maman!
- Bonne nuit mon chaton.
Discussion cet après-midi, pendant une de ses pauses:
- Maman?
- Oui chaton?
- Je pense qu'il faudrait qu'on me trouve un nouveau surnom.
- Un surnom?
- Oui, quand j'étais petit, vous m'appeliez Douda, mais là personne m'appelle Douda. Toi tu m'appelles mon lapin ou mon chaton.
- Oui?
- Ben... je suis pas un bébé, je suis un grand garçon maintenant. Lapin ou chaton, c'est pour les bébés, tu trouves pas?
- Oui, c'est vrai, peut-être. Tu as des idées?
- Heu... ben...
- Oui?
Il fait le petit mec qui hésite et qui, comme par hasard, vient d'avoir une super idée:
- Je sais! Tu pourrais m'appeler Skater Boy! Ou Skate Boy?
- Hummm....
- C'est cool, non?
- Ok, mon ch... euh, Skater Boy, je peux bien t'appeler comme ça.
Il revient me voir de temps en temps pour tester ma mémoire:
- Maman?
- Oui Skater Boy?
Il sourit.
- Rien, rien.
Ce soir, alors que je prends mon bain, il m'appelle de son lit:
- Maman?
- Oui mon lap... euh, oui Skater Boy?
Il hésite.
- Tu sais... je pense que j'aime quand même ça quand tu m'appelles mon lapin et mon chaton. On dirait que c'est plus... comme des calins. Peut-être que quand je fais du skate, tu peux m'appeler Skater Boy, mais sinon, tu peux m'appeler mon lapin et mon chaton?
- Mais oui mon lapin.
Il est content... et moi aussi.
- Bonne nuit maman!
- Bonne nuit mon chaton.
vendredi 20 janvier 2012
Douce amertume
Chaque fois qu'une pédagogique tombe le vendredi, c'est un peu la fête ici. Nous flânons tous les trois en pyjama une partie de la matinée avant de partir en mini-expédition pour le reste de la journée: dîner au resto, cinéma, centre des sciences, grande bibliothèque, visite chez Renaud Bray... les idées ne manquent jamais.
Cette année, comme Mathilde est au secondaire, nos pédagogiques sont un peu différentes, puisque leurs congés ne sont pas les mêmes et je n'ai qu'un enfant à la fois avec moi. Les activités sont plus près des plaisirs de chaque enfant: shopping pour Mathilde, dinosaures pour Étienne. Aujourd'hui, pour la première fois depuis que Math est au secondaire, les deux enfants étaient en pédagogique en même temps. Je planifiais quelques sorties dans ma tête, mais je n'ai pas eu la chance d'en discuter avec eux.
Mardi, Mathilde me dit: "Hey, maman, c'est super cool! Ce vendredi mes amies et moi on va se rencontrer tôt le matin et on va aller magasiner au centre d'achats en autobus! Après on va aller jouer au ouija chez Sophie. Je peux y aller maman? Dis oui!"
C'en était fait de notre journée à trois. Je suis donc allée la reconduire chez son amie ce matin, et Éti et moi sommes revenus à la maison. Nous avons flâné devant nos ordis--moi à écrire, lui à jouer--et maintenant nous allons diner au resto et faire notre visite régulière à la grande bibliothèque.
Ma petite fille devient grande. Dans quelques années, ce sera peut-être au tour d'Étienne d'avoir ses propres plans les journées de pédago. C'est inévitable. Mais aujourd'hui j'ai mon petit garçon à moi toute seule...et je compte bien en profiter.
Cette année, comme Mathilde est au secondaire, nos pédagogiques sont un peu différentes, puisque leurs congés ne sont pas les mêmes et je n'ai qu'un enfant à la fois avec moi. Les activités sont plus près des plaisirs de chaque enfant: shopping pour Mathilde, dinosaures pour Étienne. Aujourd'hui, pour la première fois depuis que Math est au secondaire, les deux enfants étaient en pédagogique en même temps. Je planifiais quelques sorties dans ma tête, mais je n'ai pas eu la chance d'en discuter avec eux.
Mardi, Mathilde me dit: "Hey, maman, c'est super cool! Ce vendredi mes amies et moi on va se rencontrer tôt le matin et on va aller magasiner au centre d'achats en autobus! Après on va aller jouer au ouija chez Sophie. Je peux y aller maman? Dis oui!"
C'en était fait de notre journée à trois. Je suis donc allée la reconduire chez son amie ce matin, et Éti et moi sommes revenus à la maison. Nous avons flâné devant nos ordis--moi à écrire, lui à jouer--et maintenant nous allons diner au resto et faire notre visite régulière à la grande bibliothèque.
Ma petite fille devient grande. Dans quelques années, ce sera peut-être au tour d'Étienne d'avoir ses propres plans les journées de pédago. C'est inévitable. Mais aujourd'hui j'ai mon petit garçon à moi toute seule...et je compte bien en profiter.
dimanche 15 janvier 2012
Erreur d'identité
J'adore mon fils. Il est allumé, drôle, intéressé, passionné. Mais c'est aussi un petit garçon pas toujours évident. Il bouge beaucoup, parle tout le temps, écoute quand ça lui tente et fait ce qu'il veut. Je comprends donc qu'il n'est pas toujours facile à gérer à l'école ou dans ses cours. C'était particulièrement le cas au ski l'an dernier, alors qu'il lui arrivait souvent de ne pas suivre les directives de l'instructeur parce qu'il avait envie de parler à sa soeur, parce que l'exercice suggéré l'ennuyait ou simplement parce qu'il avait vu une bosse qui lui semblait cool.
Hier après-midi, nous bravons le froid pour aller aux cours de ski des enfants, les premiers de la saison. Avant de le laisser à Amélie, son instructrice, je répète mes propres instructions (complètement inutiles, je sais) à Éti:
- Tu écoutes ce qu'Amélie dit, ok?
Il acquiesce vaguement puis va rejoindre son groupe. Deux heures plus tard je vais le chercher. Pendant qu'il enlève ses skis, je vais voir l'instructrice:
- Bonjour, ça s'est bien passé avec Étienne?
- Oui, très bien. Nous avons travaillé la position parallèle et il a bien fait ça.
- Il n'a pas été trop tannant?
- Non, non, il a été super.
- Ah oui? Il écoutait bien?
- Oui, super bien. Il était très calme, très tranquille.
- ... (Je suis confuse.) Étienne? Le petit au casque gris?
- Oui, oui! Vraiment super votre fils.
Ben coudonc.
Je reviens à la voiture, toute contente. Steph est avec Éti, je leur raconte ma discussion:
- Éti! Amélie a dit que tu avais été super! Tu étais bien calme et tranquille. Je suis vraiment contente!
- Maman, je me sentais vraiment pas bien aujourd'hui (il traine une grippe depuis une semaine), alors j'ai rien dit du cours.
Ah. Me semblait aussi.
Amélie risque de trouver le cours un peu plus intense la semaine prochaine.
vendredi 30 décembre 2011
"Même si on a vomi, c'était de belles vacances!"
Encore une fois, nous avons été victimes de la gastro pendant le temps des fêtes.
Et cette fois, elle fut particulièrement vicieuse. Ce fut d'abord moi qui ai eu mal au coeur et au ventre pendant toute une journée, juste après Noel. Puis Étienne, qui a été malade pendant trois nuits. Le jour, il courait, s'amusait, rigolait, mais mangeait peu. Et la nuit... "maman!!!". Courses folles vers la toilette, larmes, longs moments à caresser un petit dos tout maigre pour aider le mal de ventre à passer. Stéphan se remet tranquillement d'un mal de ventre qui durait depuis quelques jours. Seule Mathilde semblait s'en tirer... jusqu'à la nuit dernière. Mais elle récupère très rapidement, beaucoup plus que nous tous en fait.
Le seul hic est que nous avions réservé dans un hôtel à Tremblant pour quelques jours, histoire de faire un peu de ski et prendre de petites vacances. Lorsque la gastro nous est tombée dessus, il était trop tard pour annuler. Nous sommes donc tout de même partis, et ce fut une excellente idée. Nous avons réussi à faire du ski, nous reposer, lire, dormir. Les enfants ont bien profité de la piscine, source de grand bonheur pour eux. Ce matin, alors qu'ils étaient étendus sur leur lit, Étienne bien reposé de sa longue nuit de sommeil, Mathilde encore un peu blanche de sa nuit difficile, ils se racontaient leurs petits bonheurs des vacances. "Mathilde, même si on a vomi, c'était de belles vacances, hein?"
Rien de tel qu'un enfant pour voir un peu de bonheur partout.
J'aime bien ces petites pauses hors de chez nous. Nous n'allons pas très loin, mais j'ai pourtant l'impression de me retirer complètement de cette routine dans laquelle on peut s'enliser si facilement. Il n'y a pas de télé, d'ordi ou de jeux vidéo, pas de tâches à faire non plus, alors nous prenons le temps d'être ensemble, de s'écouter, de rigoler.
Je prends un peu de recul, je révise mes priorités, je choisis ce que je décide de garder et ce que, enfin, je décide de laisser aller. Je reviens à la maison plus tranquille, plus focalisée, plus convaincue de vers où je veux aller.
Amour fraternel
Mathilde a une peur bleue de la gastro. C'est une vraie phobie et elle en parle à l'année, vivant toujours dans la crainte de l'attraper.
Mardi dernier, à 4 a.m., alors qu'Étienne vomissait à s'en arracher l'estomac, Mathilde est sortie de sa chambre en courant.
- Maman! Étienne vomit! Il est malade?
- Oui, Math, il a la gastro.
Moment de panique chez Mathilde. Étienne se retourne, d'une blancheur inquiétante, et entre deux vomissements lui dit, d'une voix qu'il veut rassurante:
- Ne t'en fais pas Math, c'est une toute petite gastro de rien du tout, tout ira bien.
Ça c'est de l'amour fraternel.
Et cette fois, elle fut particulièrement vicieuse. Ce fut d'abord moi qui ai eu mal au coeur et au ventre pendant toute une journée, juste après Noel. Puis Étienne, qui a été malade pendant trois nuits. Le jour, il courait, s'amusait, rigolait, mais mangeait peu. Et la nuit... "maman!!!". Courses folles vers la toilette, larmes, longs moments à caresser un petit dos tout maigre pour aider le mal de ventre à passer. Stéphan se remet tranquillement d'un mal de ventre qui durait depuis quelques jours. Seule Mathilde semblait s'en tirer... jusqu'à la nuit dernière. Mais elle récupère très rapidement, beaucoup plus que nous tous en fait.
Le seul hic est que nous avions réservé dans un hôtel à Tremblant pour quelques jours, histoire de faire un peu de ski et prendre de petites vacances. Lorsque la gastro nous est tombée dessus, il était trop tard pour annuler. Nous sommes donc tout de même partis, et ce fut une excellente idée. Nous avons réussi à faire du ski, nous reposer, lire, dormir. Les enfants ont bien profité de la piscine, source de grand bonheur pour eux. Ce matin, alors qu'ils étaient étendus sur leur lit, Étienne bien reposé de sa longue nuit de sommeil, Mathilde encore un peu blanche de sa nuit difficile, ils se racontaient leurs petits bonheurs des vacances. "Mathilde, même si on a vomi, c'était de belles vacances, hein?"
Rien de tel qu'un enfant pour voir un peu de bonheur partout.
***
J'aime bien ces petites pauses hors de chez nous. Nous n'allons pas très loin, mais j'ai pourtant l'impression de me retirer complètement de cette routine dans laquelle on peut s'enliser si facilement. Il n'y a pas de télé, d'ordi ou de jeux vidéo, pas de tâches à faire non plus, alors nous prenons le temps d'être ensemble, de s'écouter, de rigoler.
Je prends un peu de recul, je révise mes priorités, je choisis ce que je décide de garder et ce que, enfin, je décide de laisser aller. Je reviens à la maison plus tranquille, plus focalisée, plus convaincue de vers où je veux aller.
***
Amour fraternel
Mathilde a une peur bleue de la gastro. C'est une vraie phobie et elle en parle à l'année, vivant toujours dans la crainte de l'attraper.
Mardi dernier, à 4 a.m., alors qu'Étienne vomissait à s'en arracher l'estomac, Mathilde est sortie de sa chambre en courant.
- Maman! Étienne vomit! Il est malade?
- Oui, Math, il a la gastro.
Moment de panique chez Mathilde. Étienne se retourne, d'une blancheur inquiétante, et entre deux vomissements lui dit, d'une voix qu'il veut rassurante:
- Ne t'en fais pas Math, c'est une toute petite gastro de rien du tout, tout ira bien.
Ça c'est de l'amour fraternel.
samedi 8 octobre 2011
Apprendre à être heureux
Mathilde a commencé le secondaire il y a quelques semaines. L'adaptation sociale se passe très bien, mais elle éprouve plus de difficulté avec la quantité de devoirs, les leçons, les examens parfois très difficiles. Elle se met une pression incroyable, exigeant d'elle-même un effort presque démesuré. Pourtant, nous n'avons aucune exigence, nous ne lui mettons aucune pression. Mais elle est obnubilée par la lourdeur de la tâche et en oublie un peu le reste. Elle se rend malheureuse, et je n'arrive pas à la sortir de cet état.
J'ai très mal dormi pendant la nuit de mercredi à jeudi. Mathilde a fait une forte fièvre, et je me suis levée souvent pour aller la voir, lui donner du tylenol, reprendre sa température pour vérifier si elle baissait. Je suis partie pour le boulot dans un état second, épuisée, inquiète. Mais lorsque je suis sortie du métro, le soleil était si éblouissant, l'air si frais, le ciel si bleu, je n'ai pu faire autrement que de sourire. Et j'ai eu envie, là, maintenant, de sortir de ce mood négatif. J'ai eu envie d'un espresso--double, triple même. J'ai fait un détour de 10 minutes pour chercher mon café, qui était juste parfait. Je suis arrivée au bureau, j'ai mis de la musique. J'étais si bien. Et j'ai passé une très belle journée.
J'ai réalisé il y a quelques années que j'ai une très grande capacité au bonheur. J'ai le bonheur facile, comme dit mon amoureux. Est-ce qu'on naît ainsi? Est-ce qu'on développe cette capacité? Peut-être un peu des deux. Mais en marchant vers le bureau avec mon espresso, le soleil sur mon visage, je réalisais à quel point je voudrais pouvoir enseigner cette capacité à Mathilde, lui montrer qu'il est toujours possible d'être heureux, que ça ne prend parfois qu'un peu de soleil, un peu de musique, un petit geste qui nous fait voir la vie différemment.
Mais je ne sais pas comment. Il est facile de leur apprendre à lire, écrire, faire du vélo. Il est plus difficile d'apprendre à être heureux. Il n'est pas étonnant qu'il existe autant de livres sur le sujet.
Drôle de hasard, dans La presse ce soir-là Marie-Rose Charest disait que « le plus beau cadeau que l'on peut donner à ses enfants, c'est de montrer qu'un adulte peut être heureux. » J'y repense depuis. C'est peut-être ça, le secret. Les enfants apprennent en nous voyant, en nous regardant, en nous imitant. Peut-être que si je partage un peu plus ces moments avec elle, que je lui raconte ce qui me rend heureuse, mes petits bonheurs, peut-être qu'elle apprendra à trouver les siens.
Ça vaut la peine d'essayer.
J'ai très mal dormi pendant la nuit de mercredi à jeudi. Mathilde a fait une forte fièvre, et je me suis levée souvent pour aller la voir, lui donner du tylenol, reprendre sa température pour vérifier si elle baissait. Je suis partie pour le boulot dans un état second, épuisée, inquiète. Mais lorsque je suis sortie du métro, le soleil était si éblouissant, l'air si frais, le ciel si bleu, je n'ai pu faire autrement que de sourire. Et j'ai eu envie, là, maintenant, de sortir de ce mood négatif. J'ai eu envie d'un espresso--double, triple même. J'ai fait un détour de 10 minutes pour chercher mon café, qui était juste parfait. Je suis arrivée au bureau, j'ai mis de la musique. J'étais si bien. Et j'ai passé une très belle journée.
J'ai réalisé il y a quelques années que j'ai une très grande capacité au bonheur. J'ai le bonheur facile, comme dit mon amoureux. Est-ce qu'on naît ainsi? Est-ce qu'on développe cette capacité? Peut-être un peu des deux. Mais en marchant vers le bureau avec mon espresso, le soleil sur mon visage, je réalisais à quel point je voudrais pouvoir enseigner cette capacité à Mathilde, lui montrer qu'il est toujours possible d'être heureux, que ça ne prend parfois qu'un peu de soleil, un peu de musique, un petit geste qui nous fait voir la vie différemment.
Mais je ne sais pas comment. Il est facile de leur apprendre à lire, écrire, faire du vélo. Il est plus difficile d'apprendre à être heureux. Il n'est pas étonnant qu'il existe autant de livres sur le sujet.
Drôle de hasard, dans La presse ce soir-là Marie-Rose Charest disait que « le plus beau cadeau que l'on peut donner à ses enfants, c'est de montrer qu'un adulte peut être heureux. » J'y repense depuis. C'est peut-être ça, le secret. Les enfants apprennent en nous voyant, en nous regardant, en nous imitant. Peut-être que si je partage un peu plus ces moments avec elle, que je lui raconte ce qui me rend heureuse, mes petits bonheurs, peut-être qu'elle apprendra à trouver les siens.
Ça vaut la peine d'essayer.
jeudi 25 août 2011
Le temps qui passe
Mathilde commençait le secondaire ce matin. C'est fou comme le temps passe vite. Il me semble que, hier encore, nous allions à sa première journée de maternelle, avec Bébé Étienne dans le porte-bébé.
Hier, Mathilde a demandé à aller magasiner avec ses amies au Centre Angrignon. Elles ont pris l'autobus, elles ont dîné sur place, puis elles sont revenues en fin de journée. Elle a été très raisonnable dans ses achats, m'a-t-elle dit, et ne s'est achetée que deux ombres à paupières.
Du maquillage. Ma petite fille prend maintenant l'autobus de la ville pour aller s'acheter du maquillage au centre d'achat. Tout va si vite.
Elle était si belle ce matin dans son uniforme du collège, à la fois inquiète et excitée. Elle tenait absolument à ce que je l'accompagne à l'école ("si tu ne viens pas, je n'y vais pas!). Mais arrivée sur place, toute anxiété s'est rapidement envolée en reconnaissant plein d'amis: amis d'écoles, amies du soccer, amies du camp Edphy. Elle m'a rapidement abandonnée avec les autres parents, à tenir sa boîte à lunch, pendant qu'elle passait d'un groupe d'amies à l'autre ("Tu es dans le groupe 111? Moi aussi!"). Lorsque les classes ont commencé, elle est venue en courant chercher sa boîte à lunch, m'a embrassée rapidement et m'a dit avec un immense sourire: "Je t'aime maman! À ce soir!"
Elle reviendra en autobus de la ville cet après-midi, après ses cours. J'attendrai impatiemment, en regardant par la fenêtre, comme je le faisais lorsqu'elle était en maternelle et revenait de l'école en autobus scolaire.
Le temps passe si vite. La vie passe si vite.
know it while you have it.
Hier, Mathilde a demandé à aller magasiner avec ses amies au Centre Angrignon. Elles ont pris l'autobus, elles ont dîné sur place, puis elles sont revenues en fin de journée. Elle a été très raisonnable dans ses achats, m'a-t-elle dit, et ne s'est achetée que deux ombres à paupières.
Du maquillage. Ma petite fille prend maintenant l'autobus de la ville pour aller s'acheter du maquillage au centre d'achat. Tout va si vite.
Elle était si belle ce matin dans son uniforme du collège, à la fois inquiète et excitée. Elle tenait absolument à ce que je l'accompagne à l'école ("si tu ne viens pas, je n'y vais pas!). Mais arrivée sur place, toute anxiété s'est rapidement envolée en reconnaissant plein d'amis: amis d'écoles, amies du soccer, amies du camp Edphy. Elle m'a rapidement abandonnée avec les autres parents, à tenir sa boîte à lunch, pendant qu'elle passait d'un groupe d'amies à l'autre ("Tu es dans le groupe 111? Moi aussi!"). Lorsque les classes ont commencé, elle est venue en courant chercher sa boîte à lunch, m'a embrassée rapidement et m'a dit avec un immense sourire: "Je t'aime maman! À ce soir!"
Elle reviendra en autobus de la ville cet après-midi, après ses cours. J'attendrai impatiemment, en regardant par la fenêtre, comme je le faisais lorsqu'elle était en maternelle et revenait de l'école en autobus scolaire.
Le temps passe si vite. La vie passe si vite.
know it while you have it.
jeudi 4 août 2011
Entre fleurs, têtes de mort et signes japonais
Nous avons passé l'après-midi chez Ceramic Café hier, à la demande de Mathilde. J'ai trouvé fascinant de voir comme cette activité faisait ressortir la personnalité des enfants. Mathilde a choisi un très joli bol aux formes originales qu'elle a décoré de grandes fleurs multicolores aux lignes un peu floues. Le résultat est très réussi (en particulier son petit life is good au fond du bol), mais le processus fut intense. Elle poussait des cris de frustration lorsqu'elle n'arrivait pas au résultat voulu, se décourageait souvent, voulait tout abandonner puis se remettait au travail, en parlant beaucoup.
Son amie (qui a beaucoup de talent en dessin) a choisi une assiette sur laquelle elle a tracé avec précision le sigle du Canadien. Elle s'est appliquée, travaillait lentement mais sûrement, prenait souvent des pauses, souriait doucement. Le résultat est aussi très réussi, mais d'un style complètement différent du bol de Mathilde.
Quant à Étienne.... eh bien, il fut Étienne. Il a finalement choisi une assiette, après que j'aie refusé qu'il décore un énorme bibelot de singe, aussi inutile que dispendieux (25$!). Il ne voulait écouter aucune suggestion de notre part et a finalement fait une tête de mort noire sur son assiette qu'il avait d'abord peinte bleue. Puis il a rajouté son nom sur le rebord, mais en refusant d'utiliser le pinceau recommandé pour cette étape. Il a ensuite décidé de faire des fioritures rouges autour de son assiette. Puis, inspiré de ma petite tasse à thé, il a décidé de faire des signes japonais bruns un peu partout sur son assiette. Tout ça, très rapidement et sans aucun effort. Le résultat était... étonnant. :)
Conversation typique de cette journée:
- Étienne, si tu veux faire des lignes, tu devrais prendre ce pinceau plus petit, comme ça les lignes seraient plus droites.
- Non, c'est correct.
- Attends, ça dépasse de partout, je vais t'aider.
- Non, c'est correct comme ça, je vais le faire moi-même.
- Mais c'est tout croche!
- Oui, mais moi j'aime ça quand c'est tout croche!
J'ai finalement abandonné, ce qui fut une excellente décision pour mon état d'esprit. Étienne adore prendre ses propres décisions, faire les choses comme il en a envie. Il n'hésite jamais, ne se questionne jamais, fonce dans le tas et fait ce qui lui plait. Il a déjà tellement de règles à suivre, à la maison, à l'école, il peut bien peinturer son assiette tout croche s'il en a envie.
Pour ma part, j'ai eu un plaisir fou à peinturer une petite tasse de thé pour ma collection de tasses solitaires. J'ai adoré l'ambiance relax du café, les biscuits aux brisures de chocolat et l'espresso double à la mousse parfaite. J'y retournerai surement.
Je mets des photos en ligne dès que je récupère nos pièces!
Son amie (qui a beaucoup de talent en dessin) a choisi une assiette sur laquelle elle a tracé avec précision le sigle du Canadien. Elle s'est appliquée, travaillait lentement mais sûrement, prenait souvent des pauses, souriait doucement. Le résultat est aussi très réussi, mais d'un style complètement différent du bol de Mathilde.
Quant à Étienne.... eh bien, il fut Étienne. Il a finalement choisi une assiette, après que j'aie refusé qu'il décore un énorme bibelot de singe, aussi inutile que dispendieux (25$!). Il ne voulait écouter aucune suggestion de notre part et a finalement fait une tête de mort noire sur son assiette qu'il avait d'abord peinte bleue. Puis il a rajouté son nom sur le rebord, mais en refusant d'utiliser le pinceau recommandé pour cette étape. Il a ensuite décidé de faire des fioritures rouges autour de son assiette. Puis, inspiré de ma petite tasse à thé, il a décidé de faire des signes japonais bruns un peu partout sur son assiette. Tout ça, très rapidement et sans aucun effort. Le résultat était... étonnant. :)
Conversation typique de cette journée:
- Étienne, si tu veux faire des lignes, tu devrais prendre ce pinceau plus petit, comme ça les lignes seraient plus droites.
- Non, c'est correct.
- Attends, ça dépasse de partout, je vais t'aider.
- Non, c'est correct comme ça, je vais le faire moi-même.
- Mais c'est tout croche!
- Oui, mais moi j'aime ça quand c'est tout croche!
J'ai finalement abandonné, ce qui fut une excellente décision pour mon état d'esprit. Étienne adore prendre ses propres décisions, faire les choses comme il en a envie. Il n'hésite jamais, ne se questionne jamais, fonce dans le tas et fait ce qui lui plait. Il a déjà tellement de règles à suivre, à la maison, à l'école, il peut bien peinturer son assiette tout croche s'il en a envie.
Pour ma part, j'ai eu un plaisir fou à peinturer une petite tasse de thé pour ma collection de tasses solitaires. J'ai adoré l'ambiance relax du café, les biscuits aux brisures de chocolat et l'espresso double à la mousse parfaite. J'y retournerai surement.
Je mets des photos en ligne dès que je récupère nos pièces!
vendredi 27 mai 2011
Argent, argent, argent, argent
Hier soir, en ouvrant mon cellulaire, je découvre un message texte dans mes brouillons, écrit par Mathilde un peu plus tôt (les enfants aiment bien prendre mon cellulaire et écrire des messages textes dans mes brouillons):
Poème
Argent
argent
argent
argent
pourquoi?
Pour rien
Nous avons beaucoup de discussions sur l'argent ces jours-ci. Mathilde n'a qu'une obsession depuis quelques temps: Avoir un téléphone cellulaire. Et pas n'importe quel. Elle en veut un avec plein de gadgets, un grand écran (tactile, évidemment) et tous les services possibles: internet, textos, emails, etc.
Évidemment, il n'est pas question que nous lui en achetions un. Ni Steph ni moi ne payons pour un cellulaire (le mien est fourni par le boulot), et je trouve tout à fait farfelu qu'une petite fille de 11 ans ait son propre téléphone. Mais elle en rêve. Elle peut passer une heure à les étudier sur le web, à prendre des notes sur les fonctions qui l'intéressent, sur les modèles qu'elle trouve beaux.
Elle a donc décidé qu'elle devra se payer elle-même ce téléphone. Comme elle ne peut encore travailler ("maman, est-ce qu'il y a une section dans le journal avec des emplois pour les filles de mon âge?"), elle a offert de prendre une certaine partie de nos tâches en échange d'une légère rémunération. Nous avons accepté. Elle ne fera jamais assez d'argent pour pouvoir se payer ce cellulaire (et je suis toujours contre l'idée d'un cellulaire à son âge, qu'elle se le paye ou non), mais je crois qu'il y a une certaine valeur dans cette exercice. Que cela lui permettra de comprendre que l'argent durement gagné n'est pas facile à dépenser.
Qui sait.
Poème
Argent
argent
argent
argent
pourquoi?
Pour rien
Nous avons beaucoup de discussions sur l'argent ces jours-ci. Mathilde n'a qu'une obsession depuis quelques temps: Avoir un téléphone cellulaire. Et pas n'importe quel. Elle en veut un avec plein de gadgets, un grand écran (tactile, évidemment) et tous les services possibles: internet, textos, emails, etc.
Évidemment, il n'est pas question que nous lui en achetions un. Ni Steph ni moi ne payons pour un cellulaire (le mien est fourni par le boulot), et je trouve tout à fait farfelu qu'une petite fille de 11 ans ait son propre téléphone. Mais elle en rêve. Elle peut passer une heure à les étudier sur le web, à prendre des notes sur les fonctions qui l'intéressent, sur les modèles qu'elle trouve beaux.
Elle a donc décidé qu'elle devra se payer elle-même ce téléphone. Comme elle ne peut encore travailler ("maman, est-ce qu'il y a une section dans le journal avec des emplois pour les filles de mon âge?"), elle a offert de prendre une certaine partie de nos tâches en échange d'une légère rémunération. Nous avons accepté. Elle ne fera jamais assez d'argent pour pouvoir se payer ce cellulaire (et je suis toujours contre l'idée d'un cellulaire à son âge, qu'elle se le paye ou non), mais je crois qu'il y a une certaine valeur dans cette exercice. Que cela lui permettra de comprendre que l'argent durement gagné n'est pas facile à dépenser.
Qui sait.
Étienne et le dentiste
Étienne a une relation particulière avec le dentiste. Dès son premier rendez-vous, lorsqu'il était tout petit, il était incroyablement relax. Il s'installait dans la chaise, prenait une respiration, et devenait... tout mou. À chaque fois, l'hygiéniste passait la remarque: "Comme il est drôle, lui! J'en n'ai pas beaucoup des comme ça!" Et ça n'est pas qu'il aime le dentiste.
Mais cet état de relaxation a atteint un autre niveau mardi, alors qu'il était chez le dentiste pour faire réparer deux caries. Le début a été plus difficile, alors que la piqure pour geler la gencive lui a fait un peu mal, et qu'il n'aimait pas du tout le sentiment d'anesthésie locale. "J'aime pas ça maman, c'est tout gluant ma joue!" Mais encore une fois, lorsque le dentiste a commencé la réparation (qui allait durer 30 minutes), il a repris son état relax.
Tellement relax... qu'il s'est endormi :)
Il est vraiment drôle mon petit mec.
Mais cet état de relaxation a atteint un autre niveau mardi, alors qu'il était chez le dentiste pour faire réparer deux caries. Le début a été plus difficile, alors que la piqure pour geler la gencive lui a fait un peu mal, et qu'il n'aimait pas du tout le sentiment d'anesthésie locale. "J'aime pas ça maman, c'est tout gluant ma joue!" Mais encore une fois, lorsque le dentiste a commencé la réparation (qui allait durer 30 minutes), il a repris son état relax.
Tellement relax... qu'il s'est endormi :)
Il est vraiment drôle mon petit mec.
vendredi 20 mai 2011
Souffrir pour apprendre
Mercredi dernier, Mathilde a failli perdre son iPod. En fait, dans sa tête, pendant une dizaine de minutes, elle l'avait perdu. Elle l'avait apporté au marcheton de l'école et l'avait mis dans la poche de son kangourou, mais lorsqu'elle est revenue dans sa classe, elle a réalisé qu'elle ne l'avait plus.
J'étais encore au parc où avait eu lieu le marcheton quand mon cellulaire sonne, indiquant un appel de l'école. Je réponds. C'est Mathilde, en larmes: "Maman! J'ai perdu mon iPod! Peux-tu le chercher dans le parc?" Pendant 10 minutes j'ai cherché, avec Mathilde toujours au téléphone, sans succès. J'ai fait le tour de tous les arbres, demandé à une des organisatrices, regardé sous les bancs. Rien.
Finalement, alors que je dis à Mathilde que je n'ai pas trouvé son iPod, une autre bénévole m'arrête: "Vous avez perdu un iPod? On en a retrouvé un!" C'était celui de Mathilde. Immense soupir de soulagement au téléphone: "Ah maman, si tu savais comme je me sens mieux! Je vais y faire attention à partir de maintenant!"
Elle savait qu'elle ne devait pas l'apporter à l'école. Elle savait aussi qu'elle devait y faire très attention. Nous lui avions dit tout ça, tant de fois. En tant que parent, on peut donner à nos enfants tous les conseils du monde, leur partager toutes nos connaissances, notre expérience. Mais ça rentre par une oreille et ça sort par une autre. Ça n'est pas de la mauvaise volonté de leur part. Ça ne veut simplement rien dire.
Jusqu'à ce que pendant 10 minutes on est convaincue d'avoir perdu son iPod.
Est-ce donc qu'une forme de souffrance est nécessaire pour apprendre, pour avoir un peu d'expérience? On dirait que oui. Combien de fois ai-je dit à Étienne de ne pas monter debout sur le bout du divan? Il aura fallu qu'il tombe et se fasse mal pour enfin ne plus recommencer.
Mais ça nous semble tellement contre-intuitif en tant que parent, alors qu'on essaie de constamment minimiser la souffrance de nos enfants. On ne veut pas qu'ils soient tristes. On ne veut pas qu'ils se blessent. On ne veut pas qu'ils soient malheureux. On les protège tellement qu'on les empêche peut-être d'expérimenter des situations peut-être un peu plus douloureuses, mais qui les aideraient à apprivoiser tranquillement les moments plus difficiles de la vie.
Pas toujours facile d'être parent.
J'étais encore au parc où avait eu lieu le marcheton quand mon cellulaire sonne, indiquant un appel de l'école. Je réponds. C'est Mathilde, en larmes: "Maman! J'ai perdu mon iPod! Peux-tu le chercher dans le parc?" Pendant 10 minutes j'ai cherché, avec Mathilde toujours au téléphone, sans succès. J'ai fait le tour de tous les arbres, demandé à une des organisatrices, regardé sous les bancs. Rien.
Finalement, alors que je dis à Mathilde que je n'ai pas trouvé son iPod, une autre bénévole m'arrête: "Vous avez perdu un iPod? On en a retrouvé un!" C'était celui de Mathilde. Immense soupir de soulagement au téléphone: "Ah maman, si tu savais comme je me sens mieux! Je vais y faire attention à partir de maintenant!"
Elle savait qu'elle ne devait pas l'apporter à l'école. Elle savait aussi qu'elle devait y faire très attention. Nous lui avions dit tout ça, tant de fois. En tant que parent, on peut donner à nos enfants tous les conseils du monde, leur partager toutes nos connaissances, notre expérience. Mais ça rentre par une oreille et ça sort par une autre. Ça n'est pas de la mauvaise volonté de leur part. Ça ne veut simplement rien dire.
Jusqu'à ce que pendant 10 minutes on est convaincue d'avoir perdu son iPod.
Est-ce donc qu'une forme de souffrance est nécessaire pour apprendre, pour avoir un peu d'expérience? On dirait que oui. Combien de fois ai-je dit à Étienne de ne pas monter debout sur le bout du divan? Il aura fallu qu'il tombe et se fasse mal pour enfin ne plus recommencer.
Mais ça nous semble tellement contre-intuitif en tant que parent, alors qu'on essaie de constamment minimiser la souffrance de nos enfants. On ne veut pas qu'ils soient tristes. On ne veut pas qu'ils se blessent. On ne veut pas qu'ils soient malheureux. On les protège tellement qu'on les empêche peut-être d'expérimenter des situations peut-être un peu plus douloureuses, mais qui les aideraient à apprivoiser tranquillement les moments plus difficiles de la vie.
Pas toujours facile d'être parent.
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