Mathilde a commencé le secondaire il y a quelques semaines. L'adaptation sociale se passe très bien, mais elle éprouve plus de difficulté avec la quantité de devoirs, les leçons, les examens parfois très difficiles. Elle se met une pression incroyable, exigeant d'elle-même un effort presque démesuré. Pourtant, nous n'avons aucune exigence, nous ne lui mettons aucune pression. Mais elle est obnubilée par la lourdeur de la tâche et en oublie un peu le reste. Elle se rend malheureuse, et je n'arrive pas à la sortir de cet état.
J'ai très mal dormi pendant la nuit de mercredi à jeudi. Mathilde a fait une forte fièvre, et je me suis levée souvent pour aller la voir, lui donner du tylenol, reprendre sa température pour vérifier si elle baissait. Je suis partie pour le boulot dans un état second, épuisée, inquiète. Mais lorsque je suis sortie du métro, le soleil était si éblouissant, l'air si frais, le ciel si bleu, je n'ai pu faire autrement que de sourire. Et j'ai eu envie, là, maintenant, de sortir de ce mood négatif. J'ai eu envie d'un espresso--double, triple même. J'ai fait un détour de 10 minutes pour chercher mon café, qui était juste parfait. Je suis arrivée au bureau, j'ai mis de la musique. J'étais si bien. Et j'ai passé une très belle journée.
J'ai réalisé il y a quelques années que j'ai une très grande capacité au bonheur. J'ai le bonheur facile, comme dit mon amoureux. Est-ce qu'on naît ainsi? Est-ce qu'on développe cette capacité? Peut-être un peu des deux. Mais en marchant vers le bureau avec mon espresso, le soleil sur mon visage, je réalisais à quel point je voudrais pouvoir enseigner cette capacité à Mathilde, lui montrer qu'il est toujours possible d'être heureux, que ça ne prend parfois qu'un peu de soleil, un peu de musique, un petit geste qui nous fait voir la vie différemment.
Mais je ne sais pas comment. Il est facile de leur apprendre à lire, écrire, faire du vélo. Il est plus difficile d'apprendre à être heureux. Il n'est pas étonnant qu'il existe autant de livres sur le sujet.
Drôle de hasard, dans La presse ce soir-là Marie-Rose Charest disait que « le plus beau cadeau que l'on peut donner à ses enfants, c'est de montrer qu'un adulte peut être heureux. » J'y repense depuis. C'est peut-être ça, le secret. Les enfants apprennent en nous voyant, en nous regardant, en nous imitant. Peut-être que si je partage un peu plus ces moments avec elle, que je lui raconte ce qui me rend heureuse, mes petits bonheurs, peut-être qu'elle apprendra à trouver les siens.
Ça vaut la peine d'essayer.
2 commentaires:
Bien sûr que ça vaut la peine d'essayer... vous savez très bien communiquer votre goût du bonheur dans vos billets en tout cas, ça doit être pas mal contagieux tout autour de vous!
Merci beaucoup de ce gentil message! Il sera parmi les bonheurs de ma journée :)
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