Jeudi, 17h30, je suis dans le train en direction Lachine. J'écris dans mon petit cahier. Je reviens d'un saut au 5 à 7 du bureau, tout juste le temps de prendre une Kilkenny.
Ça peut sembler banal comme histoire, mais la situation est un peu inhabituelle, parce que j'ai pu aller au 5 à 7 non pas parce que Stéphan est celui qui est rentré plus tôt aujourd'hui, mais parce que Mathilde gardait son frère. Depuis janvier, Mathilde rentre à la maison après l'école, et je vais chercher Éti au service de garde un peu plus tard. Ce soir, ma voisine a ramené Éti de l'école, et c'est Mathilde qui le garde. Je sais qu'il est arrivé, car ils m'ont appelée il y a quelques minutes: "Allô maman! Éti est arrivé, il veut te parler" "Allô maman! Je te donne un gros câlin, à tantôt!"
C'est un sentiment très étrange. D'un coté, j'apprécie beaucoup cette nouvelle liberté. J'ai l'impression qu'un monde s'ouvre à moi, que j'entre dans une nouvelle ère. Stéphan et moi pourrons peut-être même aller voir Incendies au cinéma, tiens.
Mais en même temps, j'ai tellement hâte d'arriver à la maison que ça me démange. Pendant le 5 à 7, les amis--contents que j'y assiste pour une fois--insistaient pour que je reste un peu plus longtemps, que je prenne le train suivant. Mais je leur ai dit que je ne voulais pas abuser de la première fois, que je voulais laisser à Math la chance de s'habituer à son nouveau rôle tranquillement.
Mais je réalise que ça n'est pas Mathilde qui a besoin de s'habituer.
C'est moi.
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