
L'expression de la petite fille encore en elle et de la pré-adolescente qui s'en vient était si évidente dans sa liste de cadeaux cette année: une montre sport, une carte-cadeau de Build-a-Bear... ainsi qu'un fer plat et du maquillage. Une minute elle joue encore au toutou, l'autre elle rêve d'aplatir ses cheveux et de se mettre du gloss pour être jolie.
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Lorsqu'Étienne était tout petit, j'ai eu une révélation qui m'avait beaucoup troublée. En tant que maman, je passe ma vie à m'éloigner physiquement de mes enfants. Ils ont vécu les neuf premiers mois de leur vie en moi... une fusion totale. Nous étions reliés directement par un cordon, coupé par le papa à la naissance. Les premiers mois sont passés en contact physique quasi constant. Puis ils apprennent à marcher, ils s'éloignent tranquillement. Et cette distance physique ne fait que s'agrandir.
J'avais eu cette réflexion alors qu'Étienne était tout petit. À cette époque, je n'avais qu'à m'assoir par terre et en moins de 30 secondes il venait s'installer sur moi, à la recherche de bisous et câlins. J'avais soudainement réalisé que cette période passerait, qu'un jour il serait adulte et (s'il se développait normalement!) il n'aurait plus ce réflexe. Déjà, à 10 ans, les câlins avec Mathilde commencent à être un peu plus gauches, un peu moins faciles. Étienne est toujours aussi colleux, mais ses câlins sont un peu moins longs, un peu moins urgents.
Cette réalisation m'avait beaucoup attristée; les enfants grandiraient... et s'éloigneraient peu à peu.
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Le mois dernier, j'avais une "journée de filles" avec Mathilde. Pour la féliciter de ses bons efforts à l'école, nous allions nous faire masser (ce qu'elle adore, vive les assurances!), diner au resto sur St-Denis et ensuite nous faire couper les cheveux.
Pendant le diner, j'ai eu l'impression que le temps s'arrêtait, et que je voyais Mathilde pour la première fois. Elle me racontait une histoire, et je remarquais son intelligence, son humour mordant, sa sensibilité. Je voyais l'adulte qu'elle deviendra, tout le plaisir que j'aurai à échanger avec elle, tout la complicité potentielle, impossible entre une adulte et une enfant.
J'ai eu une nouvelle révélation, qui me rassure un peu. Oui, nous nous éloignons physiquement, et cette affection me manquera beaucoup, mais nous nous rapprochons intellectuellement, émotivement. Nous avons la vie devant nous. Nous nous éloignerons... pour mieux nous rapprocher.
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