Mercredi dernier, Mathilde a commencé sa deuxième année de piano. À mon grand bonheur de maman-chauffeure de taxi, les cours ne se donnent plus à l'autre bout du monde, mais à 3 rues de chez nous. Je peux aller la reconduire et retourner chez moi, évitant ainsi à Étienne une longue attente. Je peux ensuite aller la chercher après son cours... ou je la laisse revenir à pied, comme elle me le demande?
Question si simple, réponse si compliquée...
À 9 ans, Mathilde marche maintenant tous les matins pour aller à l'école, qui est à environ 1 km de la maison. Mais elle marche avec ses copines, et une brigadière les aide à traverser la rue passante. Le trajet du piano est différent. Elle est seule, elle revient à la maison à 18h, heure où les gens ont envie de rentrer à la maison et sont parfois moins prudents en voiture. Elle doit traverser une rue assez passante, sans brigadière cette fois-ci...
Préparer ou protéger?
Il m'est impossible de ne pas penser aux enlèvements ou tentatives d'enlèvement des dernières années au Québec. On a beau se dire que ce sont des cas isolés, qu'on ne peut les protéger de tout, lorsqu'il s'agit de ton enfant qui marchera seule vers la maison, surtout ton enfant insouciante et curieuse, celle qui remarque tous les insectes autour d'elle et s'arrête pour les regarder (ou les rapporter à la maison), je plonge dans l'irrationnel. J'ai envie de l'enfermer à la maison, ne jamais la laisser sortir, la surveiller constamment pour que personne, jamais, ne me l'enlève.
Mais bon.
À la demande de Mathilde, j'ai pris mon courage à deux mains et ravalé mes craintes, et je l'ai laissée revenir à pied. Nous avions comme entente qu'elle m'appellerait avant son départ, et je la rejoindrais en chemin pour cette première fois. J'ai senti une légère inquiétude dans sa voix, mélange de crainte et d'excitation devant cette petite aventure. J'ai presque couru pour la rejoindre.
Si j'avais pu prendre une photo de son sourire et de ses yeux brillants... tellement fière d'elle d'avoir réussi à retrouver son chemin, d'avoir traversé seule la grande rue, d'avoir affronté sa peur... Ma petite fille était un peu plus grande. Et pour grandir, elle doit faire ses propres expériences, affronter ses peurs, et se tromper parfois aussi... Je dois apprendre à lui laisser cette place.
Préparer... tout en protégeant un peu.
2 commentaires:
comme tu grandi toi aussi maman
Encore, j'ai pas pus m'empêcher de verser une larme. C'est vrai qu'elle grandie notre Mathilde. Et je suis pas mal fière de vous deux.
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